
trois vierges sur mon chemin, lundi matin.
Sur le site du Monde, outre les doctes considérations sur les positions des "membres de la communauté internationale" à propos de Cana, l'indignation d'un moment devant le dopage et le compte-rendu de la conférence de presse de Villepin dans l'indifférence générale, j'ai trouvé les textes que fait paraître de Tabucchi, délectation un rien morose entre le plaisir de la lecture et la navrante justesse du constat sur notre monde.

Et dimanche, chez un bouquiniste qui remballait devant le Syndicat d'initiative, j ai trouvé, pour deux euros, un exemplaire pas trop défraîchi d'un numéro de Sud de septembre 1985, autour de Yannis Ritsos, qui a occupé ma soirée. Neuf éclairages différents, plus ou moins personnels, sur l'engagement, l'attachement à une réalité qui devient étrangeté, l'utilisation de la mythologie et de la littérature ancienne etc... et j'ai noté deux poèmes, assez distancés de ces images et pleins de blancheur et de calme apparent.
BlancheurIl posa sa main sur la page
pour ne pas voir la feuille blanche.
Et il vit dessus sa main nue. Alors
il ferma aussi les deux yeux, et en entendit
monter en lui, ensevelie
la ténébreuse, l'indescriptible blancheur. (à Léros, le 10 XI 67, dans "le mur dans le miroir")
Le jour se lève
Profondeur terrestre, et sombre jusqu'au bout. Une seule fenêtre éclairée - un grand diamant vert dérobé. Le ciel tout blanc, tout nu. O secret lever du jour - dit-il - peau blanche et mouchetée avec des pores rouges ; rêve, rêve cicatrisé, ta cicatrice plus blanche à notre tempe. Dans "le lointain", traduit pour la revue.