Le gris et le froid nous sont tombés dessus, cela fait ressortir mes rides, et j'ai regretté après coup le choix fait à midi par nous d'un déjeuner "en terrasse"? Transie j'étais..les plages de l'automne
Les plages de l'automne que doivent-elles être ?
Les plages évoquées par Elvire http://le-phare-elvire.hautetfort.com/
Une plage de la mer du nord s'étendant immensément, grise sur gris de la mer, sous gris du ciel - se souvenir qu'il y eut un soleil - rêver à une salle basse où nous boirons une belle bière.Les maisons abandonnées à la fin de l'été, entre les arbres de La Baulle, leur ridicule qu'il faut trouver distingué, le long macadam bordant la longue étendue de sable, la mer ayant fuit là-bas très loin - traverser la plage, jambes frissonnantes dans un pantalon de toile, épaules auxquelles il manque le bras d'un homme pour les réchauffer mieux que le caban - où trouverons nous un chocolat ?
Sortir de la hotte de la cheminée, traverser le hall - granit des murs, granit du sol - et, dans un rayon de soleil qui souligne les buis de la cour, avancer jusqu'au pigeonnier et, là, dominer la plage et le clapotis de l'eau autour de la petite jetée, hocher la tête, retourner vite s'asseoir sur le banc, jambes tendues vers la flambée, pendant que l'une d'entre nous s'occupe de la soupe.
Du balcon je regarde l'avenue qui descend et, juste après le virage, rejoint le boulevard du Littoral. Il y a une semaine encore nos rires dans la douceur de l'été finissant. La plage est là, sous le soleil, mais les classes ont repris, les internes sont partis. Je prends une pomme et en la rongeant vais retrouver mon emploi du temps.Une plage qui a été - et puis ces photos que je viens de recevoir, le chemin sous les pins de Porquerolles, et la plage Notre Dame qui a oublié que l'été est parti. Tomates, jambon, du pain aux olives et aux noix, de vrais nourritures dans des boites de plastique, des chèvres et du raisin dans nos couffins. Étendues sur un paréo ou une serviette, le soleil pesant sur le dos, cou tordu vers le bleu vert de la mer sous le bleu rayonnant du ciel, nous évoquons avec un regret très paresseux le réchauffement de la planète.
J'ai encore cédé à la tentation des impromptus littéraires http://impromptus.fr/dotclear/ me mettant en retard pour le marché.
Mais depuis cet envoi : il y a aussi les pieds nus dans le sable qui est glacé en profondeur et les orteils en s'y enfonçant se recroquevillent - le petit vent aigre qui s'insinue dans les mailles du chandail, qui traverse la peau, imprègne les épaisseurs de chair et l'on sent ses os comme des sources de douleur glaciale - les yeux gelés par la lumière nette, froide, humide, et une petite idée recroquevillée dans un coin de la boite crânienne : "l'été reviendra-t-il ?"