samedi, octobre 01, 2011

Degré zéro



Brigetoun, haut les coeurs, marchait les yeux levés vers l'orée du ciel, ou plutôt vers l'achèvement des façades

comparant la façon dont prennent fin : poutres saillantes sous toute petite avancée du toit de tuiles, espace planchéié brutalement, gouttière, simple corniche en harmonieuse gorge sur les rythmes simples, plus ou moins nobles, du dix-huitième,

ou gros galon travaillé avec cabochons sculptés sur décor boursouflé avec charme (lourde formule, comme ce truc atroce, pour lequel ai l'indulgence que donne la familiarité)

Brigetoun marchait les yeux levés sur les surhaussements – et trouvait bien du charme à une galerie – sur les denticules, les frises des temps de bourgeoisie triomphante

et Brigetoun s'interrompait, avançait yeux baissés sur les dalles des trottoirs quand avait vertige de tant lever la tête - ce qui est une chance pour Paumée et les passants

Brigetoun passait sous la gentillesse sans façon qui s'intercale entre les façades ostensoirs


Brigetoun se souvenait qu'elle levait les yeux, et obéissait à ces mots, en longeant les principaux bâtiments

tentait de voir la fin des façades stupides sur le haut desquelles glissaient ses yeux, au fond de la place,

en redescendant vers ses poutres saillantes, ses corniches en gorge.

Brigetoun a un peu honte de ce billet.