jeudi, janvier 17, 2013

Glèbe macadamisée


Ce serait dans le froid de la rue une rencontre.
Ce serait dans le froid du matin, un égaré sur une route de la campagne gelée.
Ce serait une sympathie rêvée, un attrait instinctif, l'illusion d'un passé qui ne fut pas celui de mes ancêtres (ou il faudrait remonter, et pour une seule branche, celle du nom, au dix huitième siècle).
Ce serait sur la route, rentrant avec les chevaux d'une ferme ou d'un hameau, sur une terre qui dort son hiver, une rêvasserie de l'homme.
Ce serait l'outil inutile sur l'épaule, comme un insigne, ce seraient les grands pas lourds qui s'étonnent de la fermeté dure du sol, ce serait l'avancée régulière vers un but qui se serait évanoui, ce seraient les soucis tournant dans ce crâne, sous le chapeau protecteur, ce serait l'irruption d'un monde autre, comme une fuite hors de la pesanteur des jours, ce serait un pas qui ralentirait, le plaisir, la curiosité et la crainte de cette translation improbable.
Ce serait Brigetoun forçant l'allure, pressée par le froid, dépassant ce rêve.
Ce serait Brigetoun ne voyant pas l'homme enfourcher la bicyclette et les chevaux se mettre au petit trot pour le suivre.

13 commentaires:

joye a dit…

J'aime beaucoup tes textes "Ce serait" !!! ♥

Pierre R. Chantelois a dit…

Vivement retrouver les chaleurs de l'âtre avant que ne nous gagne l'aquilon de la nuit

Dominique Hasselmann a dit…

Les vitrines nous renvoient à d'autres images : rêves de glace...

Julien Boutonnier a dit…

Bel épanchement du songe...

JEA a dit…

ce serait ce rêve faisant son nid dans les branches de ce blog...

arlettart a dit…

Domaine des illusions quand les images se chevauchent et la pensée en selle

lignes bleues a dit…

imprévisibles reflets

Danielle a dit…

ah oui, moi aussi j'aime les petits contes !

Chri a dit…

Et moi pareil!

jeandler a dit…

À pied, à cheval ou en vélo, le rêve n'a de limite et tous les moyens sont bons pour y parvenir.

Très belle image.

mémoire du silence a dit…

Sublime
J'aime
les mots
l'image

brigitte celerier a dit…

un peu trop peut-être le premier mot !

DUSZKA a dit…

Sortant de ma prosaïque campagne frigorifiée, tes mots rêveurs me vont fort bien. Les mains à peine réchauffées je vais préparer le premier grog de cet hiver, bien mérité après quelques travaux dehors de couverture de plantes qui frissonnent dangereusement (le camélia entre autres. Ravie de t'avoir suivie un instant.