lundi, février 22, 2010


Cul sur la pierre,
mes jambes tendues,
en grand besoin suis.
Par vent chahutée,
j'endors mes pensées,
cul sur la pierre.
Mes yeux enfoncés,
mains tétanisées,
en grand besoin suis.
Les gens qui marchent,
vite, neutres, moi,
mes jambes tendues.
Yeux à vous jetés
par ma détresse,
cul sur la pierre.
Un cri silencieux,
un repli honteux,
mes jambes tendues.
Désir de regards,
mots et chevance,
cul sur la pierre.
En temps arrêté,
au bord des passants,
mes jambes tendues.
Le soleil descend,
et moi je coule.
En grand besoin suis.
Ma détresse là,
cul sur la pierre.
Et la vie devant
mes jambes tendues.

18 commentaires:

  1. Quelle émotion... devant la détresse, sa forme et son fond...

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  2. Des jambes tendues qui n'attendent qu'une chose : une main tendue.
    Bouleversant.

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  3. Poème bien tourné, sans masque et sans détour qui montre, sans complexe, la déprime d'un jour.
    Mais, une âme si blessée, si sensible, ne peut aussi que percevoir les rayons lumineux qui lui font de l'œil !
    Pas besoin d'attendre un rayon de soleil, la lumière est omniprésente, pas toujours visible, souvent bien cachée, mais elle est bien quelque part.
    Il suffit après un temps nécessaire, plus ou moins long, de repli sur soi, de se lever et de marcher vers toutes les sources non encore taries.
    Les jours se suivent et peuvent souvent sembler identiques.
    Jusqu'au jour où...

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  4. ces pierres en escalier..?
    qui nous attendent...pour monter ou descendre..
    que vienne un rayon de soleil nous aider....

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  5. un peu déprime - un peu beaucoup deux textes le dernier publie.net "mangez-moi" et puis une découverte, un poète "boucle-ça"
    http://www.publie.net/tnc/spip.php?article235

    bon plus rien à manger - départ dans mollesse grise

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  6. mais quelles pierres!...

    les marches usées
    polies à force de fatigues
    montées et descendues

    Prends garde au vent
    au vent méchant.
    En mieux:

    Si, par hasard
    Sur l'Pont des Arts
    Tu croises le vent, le vent fripon
    Prudenc', prends garde à ton jupon
    Si, par hasard
    Sur l'Pont des Arts
    Tu croises le vent, le vent maraud
    Prudent, prends garde à ton chapeau

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  7. Il arrive
    qu’on ne possède plus
    qu’une force enlisée
    qu’on ne discerne que le passage
    vide déserté…

    Alors on cherche
    les mots humains
    à dire…
    Mais, rien.

    On s’égare on se défait
    on se dilue.
    Rien ne reste
    qu’une buée un étouffement.
    On n’atteint plus
    on n’entend plus
    sinon le bruit des mains affolées
    le froid d’une déchirure.
    Sinon, rien.

    On sait que tout sera
    à reprendre
    qu’il faudra porter
    notre inertie ou l’ignorer.
    On sait l’à peine frémissant
    de notre existence.
    On sait. On ne répond plus.

    On sait l’appel
    lointain inaccessible
    infiniment résonnant
    infiniment blessant.
    On sait l’irréalité
    l’absence insupportable
    où une prière seule pourrait…
    Mais, rien.

    agnès

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  8. J'aurais dû signer de mon pseudo "Dusha" et pas de mon prénom agnès... ;-)

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  9. Brige over troubled waters, c'est excellent ! Bravíssima !

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  10. La pierre usée est belle pourtant, mais la détresse peut-elle encore voir la beauté ?

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  11. donnez-nous des pierres pour le repos,
    leur bogue de granit ocre
    connivente au coeur,
    en projection
    l'enlisement des silhouettes jetées, cassées dessus ces marches
    et toute l'aumône des
    mouvements d'hommes
    bordant nos peines comme fleuves équarris
    à grandes enjambées de désirs

    qu'on puisse mourir de la longueur d'un arbre
    ou de son vêt d'ombre
    jetés bas par le midi trop plein
    par la touffeur trop dense
    et quoi?

    un main, simple,
    ses lignes en miroir des vôtres
    passerelle dessus
    cette cascade pierreuse
    une main simple
    lisse de vouloir
    escale d'un vivre encore
    est-ce trop pauvre monde
    est-ce trop ?



    [pour vous en écho]

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  12. intimidée suis, Jeandler, Agnès, Florence

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  13. Détresse du corps
    Détresse de l'âme à la dérive
    et la pierre reste dure.. Pourtant on dit qu'elle une "Ame " par l'usure des pas

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  14. C'est ton côté que je préfère, j'aime !

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  15. Les mots pour "le" dire... Sur tes pierres qui vont bientôt se réchauffer, je pense.

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  16. Anonyme12:35 AM

    Vous avez une manière étonnante et prenante de dire des choses, de décrire un état

    je vous écoute et je visualise

    Cordialement,
    librellule

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