et mes larmes sont venuesmais larmes d'exaspération,
éternellement à moi adressées -
pour affronter notre rencontre,
puisque sacrifier ce que l'on nomme dignité n'aurait rien donné,
me suis armée de silence,
au risque de paraître butée,
front gonflé et visage mort,
mutique, cou de pierre,
et pendant que les larmes me secouaient,
bien enfermées,
que le désarroi me creusait,
que je raidissais ma faiblesse grandissante,
émolliente, abrutissante,
tu pérorais,
tu t'agaçais, puis méprisais,
t'en es allé,
me laissant avec mon bâillon -
et je crois le sentir,
fictif, il tire cependant ma peau,
et ne sais comment l'enlever
sans que la douleur explose -
j'avais mis en réserve cette photo, sujet de l'exercice 53 d'écriture ludique proposé par Michel http://www.ecritureludique.net/article-22887898.html qui appelait un texte dramatique, beau, grave et responsable. Je butais devant cette évidence, alors, dans ma journée de boffitude, m'en suis débarrassé.
Et de grands vents me tenaient compagnie, mais je n'ose leur faire porter la responsabilité.











