jeudi, septembre 24, 2026

Intermède 2

 


30° annoncés comme chaleur maximale, cent grammes reperdus,  plus guère de marque sur le pansement mais douleur inchangée si ce n’est augmentée.. humecter plantes, internet, repasser un jean et un tee-shirt bleu, douche, nouveau pansement, cheveux coiffés comme puis et chapeau pour les maintenir, (original n’est-il pas ?).. J’ai pris en main ma canne et un sac d’ordures, je suis allée le jeter près des remparts 



et j’ai continué dans la splendeur bleue et l’air calme par les rues tranquilles à dix heures du matin vers le Carrefour de la rue de la République d’où je suis ressortie avec de la purée, un cookie, un plat à réchauffer, un paquet de café et des crevettes 



auxquels j’ai rajouté sur le chemin du retour des cigarillos et le Canard enchainé… internet, cuisine, déjeuner lentement, une longue sieste… rassemblement de ce qui doit être mis dans mon valison en tentant de ne rien oublier et après  la tisane d’orange et curcuma, j’ai repris le recueil des poètes de la Méditerranée et, en Israël, j’ai trouvé chez


Avrom Sutzkzver


La lune chevauche un chameau de granit bossu.

Écoute :

Des frémissements traversent la terre

Comme des nuées.

Un éclair aux cornes violettes

Plonge dans la mer, allumant

La courbure d’une vague.

Mais la lune méfiante regarde

Comme un vieux fossoyeur qui voit un nouveau-né.


et chez Nathan Zach


Nous sommes montés de la mer comme du fond du brouillard

continent perdu parsemé d’ossements humains de vestiges archéologiques : habitation provisoire, cinq couches

de tombes et par-ci par-là un temple et un bureau de placement. Nous avons lu

les inscriptions en écriture cruciforme : elles parlaient de nous

aussi n’avons-nous pas compris…


Je n’ai pas trouvé le mot « mer » chez Israël Eliraz ni chez Nurith Zarchi, Ronny Somecket Haviva Pedaya.

Franchissant une des frontière séparant en principe les « deux états » je n’ai trouvé en Palestine le mot « mer » ni chez Taha Mohammed Ali, ni chez Ghassan Zaqtan mais chez


Walid Khaznadar


La nuit redoute d’attention

Les autobus, lentement, s’éloignent

Les petites filles, qui sont si jeunes, disparaissent en hâte dans l’obscurité

Et les fenêtres, comme des navires

L’une après l’autre ont allumé leurs lanternes

Et pris la mer

Les cafés sont désormais hostiles

Et les rues, où il a égaré ses clés

Ferment leurs carrefours

Les pierres l’ont vu et l’ont renié

Le long banc de bois peint en fer, face à la mer lui aussi l’a renié

Le vendeur de châtaigne l’a renié


Pourquoi les oiseaux perdent-ils leurs plus belles plumes

Dans le chant des capitales ?

Et que fait l’étranger dans une ville qu’il connait ?


Je me suis arrêté au seuil de l’Egypte et de l’Afrique.

6 commentaires:

  1. cjeanney7:05 AM

    C'est sidérant ce
    "Mais la lune méfiante regarde
    Comme un vieux fossoyeur qui voit un nouveau-né." (parce que ce n'est pas une image décorative ou savante, ça fait naître une image dans le cerveau très réelle) (merci Brigitte)

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    1. bonjour Christine et merci à Avrom Sutzkzver

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  2. Bonjour Brigitte, contente de vous retrouver... Vous lire est mon p'tit plaisir matinal depuis si longtemps, c'est égoïste je sais mais bon. Super l'oreiller en vitrine, j'adore ! Belle journée à vous amie.

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  3. Anonyme11:20 AM

    J'ai pensé à la mer dans ce poème de Mahmoud Darwich:

    Orangé, le soleil entre dans la mer
    et l'orange est une lanterne d'eau
    sur des arbres froids.

    Orangé, le soleil déverse son eau
    dans la bouche de la mer
    et l'orange a peur d'une bouche affamée.

    C'est bien de Palestine qu'il s'agit...
    Bonne journée Brigitte.

    Claudine C

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    1. très beau comme toujours mais il n'était pas dans le recueil - merci Claudine (j'ai eu envie de prendre des poèes de lui et d'autres palestiniens dans un très beau recueil que j'ai mais ça n'auurait pas été juste)

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