lundi, avril 21, 2014

piteux pantoum pour jour de paix


Cloches balancées, hors des pierres,
dans l'air cristallin, les tintements.
Debout dans la cour, ciel sur pierres,
je reste sans pensées, si calmement.

Dans l'air cristallin, les tintements
entrent dans les chambres, dans le palais.
Je reste sans pensée, si calmement,
usée comme carreaux vieux au palais.

Entrent dans les chambres, dans le palais,
échos de la paix bleue au ciel rêvée.
Usée comme carreaux vieux au palais
cherche traces d'élans, si j'en avais.

dimanche, avril 20, 2014

Peu, l'essentiel et puis paresse


Prendre couffin, racler le reste de volonté disponible, sortir dans la ville parcourue par mistral de force adolescente,

sous le ciel bleu, avancer couffin au bras et doigts dans les oreilles dans les rues baignées d'animation sonore (mystère : qui a fait croire aux commerçants que cela attirait qui que ce soit ?), dans la gaité d'une ville en vacance, sillonnée par les premiers groupes cornaqués..

halles et petite foule (sans doute juste un peu moins que demain) acheteurs, touristes, commerçants souriants de plaisir affairé

être attirée en sortant par la vue d'une botte de foins, et retrouver amis et la fête des salades – admirer leur production avec tout le détachement nostalgique de la gourmande de verdures pour qui c'est maintenant souvenir du temps où elles n'étaient pas déconseillées par carcasse...

et rentrer, un sac pendant à un coude, le couffin à l'autre, les doigts dans les oreilles en approchant de l'antre, bousculée par moments par le souffle un peu froid de l'air.
Un peu sonnée, un peu crevée, prendre un moment, et puis rangement, cuisine, un poco ménage avant de sombrer en sieste engloutissante
N'émerger que pour lire un peu du numéro du Canard sur Vive les vieux ! et retrouver, loin de notre monde, la comparaison par Monsieur de Saint Simon entre grands d'Espagne (avec tous les rites, privilèges, droits et devoirs) et ducs de France.
Une billet d'un prodigieux intérêt.

samedi, avril 19, 2014

Peupler journée de petites fleurs et d'une découverte


Le grand bleu nous a quitté, et je me suis cassée le nez à la banque, me ferai riche un autre jour.
Même si ce vendredi aurait dû être voué à l'humble pénitence, me suis arrêtée sur le chemin du retour pour acheter trois petites plantes fleuries

pour encourager l'effort du calamondin, et persuader ses minuscules fleurs blanches de ne plus tomber aussi vite qu'elles éclosent...

fait un peu plus qu'effleurer des petites tâches que je néglige trop d'ordinaire - sieste sans honte, promenade dans un livre pour lequel j'ai des sentiments partagés au premier abord, et puis, un peu avant la nuit, monter la petite côte vers l'opéra, avec curiosité

pour découvrir, sous la direction Michel Piquemal, la version de concert d'un opéra comique créé à l'Opéra comique le 7 novembre 1829, joué une centaine de fois, mais plus jamais depuis cette époque – un acte intitulé le dilettante d'Avignon, sur un livret resté inachevé de l'autre Hoffmann, le dramaturge strasbourgeois, prénommé François Benoît, achevé par Léon Halévy et proposé par ce dernier à son frère ainé Jacques-Fromental. Petite bouffonnerie pour moquer le goût de l'époque qui se portait uniquement vers la musique italienne, au grand dam des compositeurs français dont JF Halévy.
Une façon de se moquer de ces prétendus connaisseurs, qui sans avoir fait aucune étude, décident en souverains du mérite des auteurs, des acteurs, des ouvrages..
L'histoire d'un directeur de théâtre à Avignon, qui ne parle pas un mot d'italien, mais ne jure que par cette langue et se fait appeler Casanova comme il a donné des noms italiens à sa fille, sa nièce, son régisseur (lequel lui a fait embaucher pour le choeur des chanteurs français sous le nom des italiens qu'il ne trouvait pas)... l'histoire du ténor qu'il veut engager, qui bien entendu s'appelle Dubreuil, et bien sûr est l'amoureux caché de sa fille. Au final tout le monde tombe d'accord sur l'égale qualité des langues, des styles...
Le directeur est un rôle parlé, et nous a gentiment joué l'équivalent (de qualité légèrement affaiblie) de Monsieur Jourdain aux prises avec les maîtres... Le ténor était bon acteur et très honnête chanteur, le régisseur, baryton, imitait si bien l'accent imité (le seul à s'y essayer) que ma foi il en a peut être eu des traces, les deux sopranos jouaient moyennement bien, mais de façon sympathique, et chantaient agréablement.
La musique n'est pas inoubliable, mais agréable et il y a un choeur plein d'entrain pour louer l'Italie, un joli duo entre les deux amoureux, et un air (plein du souvenir de la musique italienne mais avec interposition de Malbrough s'en va-t-en-guerre) sur deux vers de Malebranche gentiment farcesque.

applaudissements nourris pour ce qui tout de même ne méritait peut-être pas vraiment d'être exhumé. (pas frapper Monsieur Léon Halévy, pas frapper, vous demande pardon..)

vendredi, avril 18, 2014

Sourire, rencontre et rendez-vous


goûter le plaisir de ronronner un peu dans l'air calme contre le mur, maintenant que le soleil touche presque le sol de la cour, et ne la transforme pas en four

une rencontre avec un étrange conducteur sur une route que je suivais, aux alentours de Cholet et Maulévrier, pour fixer mon attention pendant que j'écoutais les interventions des représentants de la Commission européenne, du Ministère de l'intérieur, de la Cimade, de l'ECRE, du forum des réfugiés et d'Amnesty International devant commission des affaires européennes de l'Assemblée, au sujet du régime de l'asile.. et se demander si ce n'est pas de cette rencontre que je me souviendrai

Le soir venant, m'en suis allée vers le rendez-vous que me donnait mon billet avec une marionnette nommée Zazie (plusieurs en fait) au Théâtre du Chêne noir.

dans un spectacle de la Compagnie Dominique Houdard à partir du roman de Queneau, ou plutôt à partir du spectacle d'Evelyne Levasseur adapté du roman et d'une interview de Queneau par Marguerite Duras pour l'Express...
alléchée par ce qui en était dit dans ce passage d'un article de la Marseillaise, repris sur le site du théâtre http://www.chenenoir.fr/programmations/saison-d-hiver-2013-2014/article/zazie-dans-le-metro
Pour représenter l’insolence, la naïveté, la curiosité, la franchise, l’égocentrisme, l’intrépidité de Zazie, cette gavroche provinciale, Dominique Houdart et Jeanne Heulin manipulent non pas une, mais dix-huit marionnettes. Jeanne Heuclin, jolie dame aux cheveux gris, lui prête voix et on entend une gamine effrontée, candide, boudeuse, chagrinée. Dominique Houdart, en père Queneau indulgent, lui offre le refuge d’un corps et d’une barbe de patriarche. Si vous ajoutez que cette marionnette multiple se glisse en tiers dans le dialogue entre l’écrivain Raymond Queneau (joué par Dominique Houdart) et
l’écrivaine Marguerite Duras (jouée par Jeanne Heuclin), vous aurez une idée de la densité de ce spectacle : magie de la manipulation, rigueur des mouvements, beauté des accessoires, virtuosité des voix, maîtrise des changements à vue.....

photo provenant du site de la compagnie http://d.houdart.free.fr/zazie.php (qui comporte une petite vidéo)
En fait, j'ai aimé Jeanne Heuclin, surtout en Marguerite Duras, qu'elle n'essaie d'ailleurs pas d'imiter, sauf pour l'assurance tranquille et tranchante, presque toujours en voix de Zazie, et de sa mère, sauf parfois quand elle se croie obligée de masquer trop ostensiblement sa bouche... mais est-ce le désir de multiplier par trop les marionnettes (de toutes tailles) qui jaillissent du paquet de cigarette, d'une tasse, de la cravate ou de la poche de Queneau, qui se posent sur le petit castelet etc.. peut être aussi le jeu si bonhomme qu'il en devient étiré de Dominique Houdard, cela se traîne un peu et j'ai été prise, un moment de bâillements – légèrement dommage (ou était-ce moi ?, je ne crois pas, les applaudissements étaient alanguis)

un retour dans les rues qui, un peu après huit heures, n'entrent pas encore dans la nuit.
et, en prime, Queneau parlant de Zazie

jeudi, avril 17, 2014

bleu d'Avignon, Mistral et Mallarmé


Ces images de mon ciel, de ma ville ce matin... et Brigetoun les yeux dans l'un, les pieds sur les trottoirs de l'autre

J'ai lu, en rentrant, chez Philippe Aigrain http://www.atelierdebricolage.net/?p=5778 ce quatrain intitulé «tamis»
bleu sans fond du ciel
et ventre serré
l'esprit en friche
tamise les herbes
et avec son autorisation, je le lui emprunte, parce que, sauf peut être le talent de tamiser les herbes, ai reconnu mon matin.


Et comme, pour une raison inconnue, j'étais dans un jour de toute petite forme, en mode faiblarde-résistante, n'ai pas grand chose à y ajouter..
Juste l'admiration devant la belle résistance au vent, à la pluie, au temps, du petit chapeau ou de la houppe en argile dont quelqu'un a affublé, comme je l'avais vu il y a quelque chose sur un blog ami, la dignité de Frédéric Mistral... et j'avoue que je ne suis pas assez familière avec lui pour deviner ce qu'il en aurait pensé.
Suis partie à sa rencontre dans la correspondance de Mallarmé, et ma foi, en ai tiré impressions variées
dimanche 31 décembre 1865
Mon cher Mistral,
Voici une triste année pour moi, puisque je ne vous ai pas vu. Il en est toujours ainsi : vous ayant connu, et sachant que vous habitez un des diamants de la voie lactée, j'inventerais des ailes insensées pour vous y rejoindre : quarante lieu nous séparent, et je ne trouve pas moyen de vous presser la main. Laissez-moi vous promettre, j'aime les voeux qui me lient, en commençant cette nouvelle année, que nous nous rencontrerons, n'importe comment, n'importe où. Cette heure sera divine pour moi, car, alors, j'aurais lu votre poème splendide, (dont l'attente me désespère) et, de mon côté, je vous offrirai sans doute un des premiers exemplaires de l'Hérodiade, oeuvre de mes nuits ravies....
mais, à Madame Mallarmé, le 17 août 1866, d'Avignon
Ma bonne petite Marie,
Je n'ai pu t'écrire hier, parce que j'ai été visiter Mistral, à Maillane, et passé une charmante journée, car il m'a, cette fois, parfaitement reçu...
ou, de Bezançon, à la fin d'une lettre à Henri Cazalis, le 14 mai 1867
J'ai lu ces temps-ci le poème de Mistral, que je n'ai pas lu plus tôt, mais qui m'a semblé vraiment faible... (Calendau)
et, cependant, de Bezançon, toujours, en août 1867
Pardon, mon bon Mistral ! je souffre cruellement du cerveau, depuis une saison, et toute lettre m'est interdite. Aux rares heures de répit, je reprenais votre beau livre (Calendau), afin de me rapprocher un peu de vous avant de vous écrire, mais quand la douleur tyrannique me rappelait au mauvais rêve de ma vie, j'étais au dernier chant, et j'avais laissé passer, dans un enchantement coupable, les minutes qui vous étaient destinées – doublement ingrat.
Aujourd'hui je profite d'une excessive fatigue, qui, par sa tension suprême, m'arrache aux tourments quotidiens, non pour vous parler de ce beau poème qui s'ouvre sur la vie de l'homme comme son décor sur la mer lointaine de Provence, mais pour vous serrer simplement la main, avec toute l'émotion que mes yeux fixes, quand je venais de vous lire, ont souvent plongé dans la rivière qui coule sous ma fenêtre vers ce Midi que vous êtes et que je regrette tant.
Tant de sensations exquises, vous me permettrez de ne pas les analyser dans cette lettre, et de les garder pour le temps, proche je l'espère, où revenant parmi le soleil, loin du noir et humide climat qui m'achèverait, je vous reverrai à Maillane comme il y a un an.
En attendant, je vous aime et vous emporte pour un mois que je vais passer dans les sapins, afin d'incendier ces noirs solitaires de l'or bourdonnant de vos vers, plus abeilles que cigales encore...
et j'en suis restée là, pensant qu'au delà de la petite hypocrisie de rigueur, Mallarmé semblait avoir surtout plaisir à rencontrer l'homme, sans la respectueuse soumission des disciples (plus facile de s'entendre avec le gentil Aubanel), que le poète...
m'en suis allée, grâce à Gallica, lire le début de Calendau dans l'édition de Roumanille, (et n'ai pas trouvé le nom de Mallarmé parmi ceux des critiques louangeurs cités comme une introduction avant le portrait de l'auteur) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102760z/f3.image – pas bien longtemps, je l'avoue, parce que venait l'heure d'arroser, de me pencher sur le buis malade, de découvrir une puis deux puis trois... toutes petites chenilles et d'entreprendre chasse, coupe etc... longuement
O princesso di Baus ! Ugueto,
Sibilo, Blanco-flor, Bausseto,
Que trounavias amount sus li roucas aurin
Cors subebéu, amo galoio..
ou plutôt, selon la «traduction en français en regard», parce que plus à ma portée (moi qui dit fadate pour fadade)
O princesses des Beaux ! Huguette,
Sibylle, Blanchefleur, Baussette,
vous qui là-haut pour trône aviez les rochers d'or,
corps exquis en beauté, âmes allègres,
donnant l'amour, versant la joie
et la lumière, les monticules
de Mont-Pahon, les landes azurées de la Crau,

Dans leur mirage d'aujourd'hui
reproduisent encore votre image...
Les thyms eux-mêmes ont conservé l'odeur
de vos traces ; et il me semble
que je vois encore, guillerets,
courtois, coureurs et guerroyeurs,
que je vois à vos pieds chanter les troubadours..
Pardon, sais pas ce qui m'a pris (la faute en revient à celui qui a ainsi coiffé le buste auguste)

mercredi, avril 16, 2014

Le vent me rend fadate, reprise d'un vase


Chant sourd et violent du vent sur la cour, chant tournant dans l'antre.

Bien lestée par poids du linge, m'en suis allée dans les rues où les vents nous sculptait et me rendait oblique, penchée à sa rencontre, à chaque débouché de rue le canalisant. Je pense que tous les avignonnais sont fadas ce soir. Moi je le suis...
et je reprends (pensant avec plaisir et appréhension à l'échange de mai) ma contribution aux vases communicants d'avril que Marlen Sauvage avait gentiment publiée http://les-ateliers-du-deluge.com/2014/04/04/il-y-avait-donc-quarante-ans-echange-avec-brigitte-celerier/

Il y avait donc quarante ans 


Il revenait.
Dans le train il n'avait pas d'âge.
Il était heureux, oui assez heureux, de renouer...
Il y avait quarante ans que les avait quittés.... le savait. Il n'y pensait pas.
Il revenait.
Il n'y avait plus de voix, aillée ou non, annonçant son train, sous la verrière...
Mais il a reconnu la gare, les différences étaient de détails, de propreté, d'un peu de clinquant surajouté, comme partout... Il ne les a pas vues.
Mais il a vu l'homme qui lui faisait signe, qui avançait, et il a cru que le temps avait fait volte face... il a eu, un instant, dix-huit ans.
Et puis non, il revenait... l'homme a pris sa valise en l'appelant oncle.
Il l'a suivi.
Les immeubles du front de mer avaient vieilli, avaient été rénovés, les peintures des volets se dégradaient lentement à nouveau.
La voiture est passée le long du stade, a tourné vers le quartier des villas, il regardait... comme partout le trou entre la ville et cette banlieue résidentielle avait disparu, les terrains vagues étaient traversés d'immeubles en épi..
il regardait, indifférent, ce nouvel aspect du vide neutre.

Ils ont retrouvé la mer. Il a senti qu'un sourire lui venait, visible ou non.
Après le petit port, après le fort, après la première bande de sable naissante, la plage s'élargissait sous la rue, ou le boulevard comme on l'appelait, devenait terre-plein, espace, avec quelques palmiers, de petites constructions, des jeux, du sable, de vraies plages, de fausses criques séparées par des petites jetées avançant dans l'eau.
Il regardait avec une approbation un peu distraite, une curiosité. Il était prévenu.
Il savait qu'il ne reconnaîtrait rien.
Il s'est étonné, plutôt, de reconnaître, justement, les courbes, les virages que suivait la voiture, ou du moins il le lui semblait, et des villas, encore, beaucoup des villas qu'il avait connues.. et il cherchait les noms de leurs habitants.
Le neveu l'a regardé, lui a demandé s'il avait suffisamment salué la mer, a tourné brusquement, au coin de la maison framboise passée - juste le temps que sa mémoire murmure un nom - pour grimper vers le ciel au dessus des pins.
Il s'est redressé, les immeubles blancs étaient toujours là, les dominant.
Il rentrait.

Et puis, sur le plat, la voiture a continué, au delà de son ancien monde, est entrée dans un quartier de villas, petits immeubles, lauriers roses, avenues sinuant entre portails, et déjà certaines peintures écaillées parlaient de vétusté... là où étaient, derrière un grillage, un terrain vague, une garrigue, épineux, fleurs d'ail, terre éboulée, poussière, le petit blockhaus où ils avaient eu tant de chance le jour où un des petits avait voulu jouer avec une grenade, le saut de loup qui séparait des chambres d'enfants, et d'adolescentes surprises en jupons, ce grand terrain de jeux interdits et tolérés ...
et il a senti que les ans se ruaient sur lui, l'attaquaient, le ravinaient, l'usaient, jusqu'à le dissoudre.

A vrai dire, le vent s'est calmé vers midi, mais j'étais trop plongée dans tout ce que François Bon nous livre autour de «paysage fer» dont http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3936.... et puis les photos http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3934 d'autres liens, et avec attention ou parfois oeil survolant un picorage dans les facsimilés de cahiers qu'il propose (prendre abonnement à l'espace WIP http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3608 )

mardi, avril 15, 2014

photos pour m'occuper en marchant


partir en tout début d'après-midi, le long de la rue Joseph Vernet, tourner à l'angle de l'ancienne école d'art aux prises avec le besoin d'agrandissement de la collection Lambert, suivre le boulevard Raspail

de plot en ombre,
de reflet en platane
frisson vert tendre

tourner, s'arrêter avant les remparts, adresser un salut fraternel aux pierres de la chapelle du Miracle
et puis attendre
en évitant de penser
chez gentil toubib
Lire et aimer une journée de début d'automne de Sôseki, en parfaite harmonie avec mon humeur
idées qui tournent, qui font leur petit numéro habituel, comme si souvent, depuis tant de temps, se font fermes, se renversent... petite crainte que l'on croit sans raison, désir s'il le faut de se battre, se souvenir que le désir de vivre n'est pas si fort, se moquer un peu de soi,
reprendre livre, regarder entre les lattes du store des fleurs blanches sur lesquels ricochent le soleil, jouer à je te vois/je ne te vois pas/tu me vois avec une petite fille
et près de deux heures plus tard entrer dans le cabinet, satisfaction analyses, mais perplexité devant scanner, demande avis spécialiste
je dis oui (euh, pas très envie de recommencer circuit pneumologue, examens..)... mais comme il se méfie, sous prétexte que le rendez-vous sera plus rapidement accordé, il le prend pour moi, dans huit jours
et me voilà coincée

refaire trajet en sens inverse, passer par pharmacie et rue de la République, dans la gaité du bleu, du petit vent léger
laisser toute spéculation de côté, ne plus y penser, savoir qu'il y a de fortes chances pour que ce ne soit rien de nouveau

mais oui Monsieur, être sérieuse (et attendre pour tout projet)
Faire cuisine, un peu de ménage, regarder un film gentiment bêtassou Marchands d'illusions avec belles gens Déborah Kerr, Ava Gardner, Clark Gable.