mercredi, février 10, 2010

Pluie, petits problèmes domestiques pour savoir que l'on existe, solitude réelle et virtuelle décidée, regardé les deux sacs de linge pour blanchisseur et teinturier, consulté forces, laissé, et suis partie tout doux pour acheter des pommes, par la rue Joseph Vernet, sous un souvenir de pluie, presque absente, juste suffisante pour faire ressortir le rose effacé d'une ancienne annonce que je n'avais jamais remarquée, que je n'ai pas déchiffrée, qui jouait joliment avec la sophistication réservée de la boutique Cacharel.

Les portes cochères, habituellement fermées, de la rue de la petite fustrerie baillaient dans la mollesse du jour et m'ont offert des pauses contemplatives devant l'idée de végétation, bien contenue entre les pierres de l'ancien Collège de Sénanque,

et la chaleur dessinée d'une cour que j'aurais aimée mienne ou amie.

Et puis me suis cachée de la vie et de moi (avec des petites incursions pour lire les autres) et suis repartie au Québec, révisant les films oubliés, presque, ou jamais vus de Michel Brault et Pierre Perrault, sur le site de l'ONF, découvert grâce à François Bon, http://www.onf.ca/explorez-par/titre/ et j'étais bien, si bien que j'ai jeté un oeil sur Gilles Carle, et ce que je trouvais de leurs successeurs.

mardi, février 09, 2010

entre deux terrains vagues,

au creux, au bout de l'ennui,

dans la clôture, un portail


et nous restons là, figés

en désir, sur terrain nu,

entre deux terrains vagues


tendus pour voir au delà

du néant suivant néant

sans fin après le portail


même si il n'y a rien,

même s'il est ligoté,

entre deux terrains vagues,

dans la clôture un portail

les « impromptus littéraires » http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/ , aux petites heures de lundi, proposaient cette photo comme point de départ, et réfugiée sous la couette, avant de me rendormir, ai pondu ceci qui, au milieu de textes pleins de sens, est le petiot invisible (mais m'en moque, sincèrement)

M'en moquant, je continue à peupler ma page de mon ego, parce que me plait de regrouper sur « paumée » ce avec quoi je squatte les autres blogs ou sites, ou avec quoi je tâche d'être presque digne d'eux, quand invitée. Alors, pour les vases communicants (et ne manquera que celui de février trop récent), ce qui faisait pendant au trop gentil et très beau billet de Christine Jeanney http://brigetoun.blogspot.com/2009/11/ce-mois-ci-paumee-accueille-christine.html

tentative de vieillir


Avoir longtemps cheminé – avoir aimé, perdu, oublié – avoir appris à penser, l'avoir fait, ou pour le moins l'avoir cru – avoir traversé de loin (même si plongée au coeur, en corps ou en esprit) les bouleversements du monde – et avoir glissé sans le sentir d'un âge à l'autre jusqu'à ne plus pouvoir faire comprendre, par ces mots qui se sont modifiés, la matérialité de l'univers où vous avez grandi, ne plus pouvoir le faire toucher, sentir et ne plus le connaître, n'en savoir le goût que par éclairs, quand une photo amène l'odeur de l'encre sur les doigts ou de la vapeur moutonnant dans la gare, quand la vue d'un sarrau sur un bout d'écossais plissé fait que le froid piquant revienne sur vos genoux et que vous mettiez un moment à comprendre qu'il est scandaleux d'interdire la cigarette ou les pantalons au lycée – n'avoir pas créé, ni êtres, ni choses, ni idées.

Retrouver des visages perdus et voir dans leurs yeux se ruer vos rides et votre corps à l'assaut de l'image d'une enfant qui disparaît - parfois renouer, avec une joie légère, tendre et sincère, des complicités qui n'ont peut être jamais existé.

Avoir glissé au long des ans, sans les voir, sans grandes actions ni aventures, et garder en vous des chemins qui suivent un ruisseau, une plage, des rues, beaucoup de rues qui se croisent, qui se modifient, des arbres et des objets, le contact d'un pain de glace, le poids d'un petit bidon plein de lait dansant sous son anse, les jupons de crin, les escarpins troués, les jupes droites et grises et les twin-sets en attente d'un collier de perles, les surprise parties dans des maisons au dessus de la mer où vous vous êtes si tragiquement ennuyée, les robes longues en laine que vous étiez quelques unes à porter au milieu des dernières très courtes jupes claires et la recherche des quelques pièces manquantes pour aller voir un film au Champolion ou, le weekend end, au Mac Mahon – plus loin, plus tard, une éclosion, un groupe, un amour discret dont vous ne savez plus exactement ce qu'ils étaient en réalité, ou ce qu'on nomme ainsi – et puis une accélération indistincte.

Demeurer tranquille, ou le voulant, au bord de l'agitation, vous réduisant, mais grosse de mots effilochés, de convictions devenues étranges, de sensations évanouies, de traces de livres, de tableaux, de vos pas dans des salles, d'architectures, d'odeurs de terre gorgée de pluie, de poussière et de sable mouillé, de musiques et de morts, de tant de morts.

Avoir des sursauts, des colères, des joies brusques, mais ne pas bouger, ne pas brusquer ce paquet que la vie vous a confié – attendre avec une plénitude un peu bovine.


P.S. Je devrais être aujourd'hui sur les 807 saison 2 http://dcccvii.blogspot.com (chaque jour, comme sur l'autofictif de http://l-autofictif.over-blog.com/ ) trois petits paragraphes avec référence à Chevillard ou plus précisément au 807)

lundi, février 08, 2010

Mini rapport météorologique et résumé journée par crâne engourdi

En poussant les volets dont le bleu était encore indistinct dans la cuisine obscure, samedi matin, regard sur les carreaux luisant dans l'aube, et le bruit d'une pluie fine qui franchit la somnolence.

En partant, un peu après dix heures vers la rue de la République, harnachée pour la pluie qui n'était plus là, la promesse de bleu repoussant les nuages vers le bout de la rue, bleu qui a envahi le ciel, s'est installé.

Dimanche matin, en se tordant le cou, le ciel semblait clair au dessus des murs. Volets ouverts, en mordant dans un toast au miel, le bleu était là, encore pâle dans le jour qui se levait, et l'olivier girafon se balançait sans véhémence.

J'ai persuadé carcasse qu'elle était forte, constaté que j'avais pris quelques grammes, mordu dans un autre toast et un carré de chocolat pour plus de sécurité, et suis partie vers les halles dans un vent un peu plus que moyen et bien méchamment frais.

Donc, il faisait frisquette, les quelques passants marchaient le cou dans les épaules, et j'ai eu une pensée pour les coureurs du «tour des remparts» (heureusement le vent est tombé en fin de matinée).

J'allais tracter sur la place, en arrivant un peu en avance pour acheter morue et fromages.

Constaté qu'il y avait longtemps que je ne m'étais pas risquée jusque là (pas bien loin pourtant) et que mon marchand d'huile et morue avait eu le temps de transformer complètement son stand. Plutôt réussi, dans l'absolu, mais un peu trop «habillé», «épicerie des beaux quartiers», pour le cadre, comme une verrue.

Avec fromages, morue et poissons, j'ai rejoint les deux responsables du tractage, réfugiés à l'abri de l'auvent, pendant que je circulai dans le vent de l'esplanade, essayant d'attirer l'attention de ceux qui arrivaient et ne pensaient qu'à pénétrer dans les halles pour échapper au froid et faire leur marché du dimanche.

J'ai distribué mon petit tas, en une demie-heure, j'ai été remplacée sur la place, et j'ai attendu, quelques minutes, les blogueurs avec lesquels j'avais rendez-vous, pour en rencontrer «pour de vrai« un qui l'avait demandé.

Qui l'avait demandé, mais n'est pas venu

Nous nous sommes consolés en discutant d'un peu tout, et surtout du mur des offrandes et de la réunion de lundi où nos deux hérauts tenteront d'orienter la décision, en buvant vin, coca ou café.

Voilà, voilà.

Et, tant pis pour les éventuels lecteurs, vais être encore trop longue, en reprenant un petit paragraphe écrit pour le convoi des glossolales, http://leconvoidesglossolales.blogspot.com pour meubler une partie de l'attente, l'autre jour, chez petit toubib.

Il attendait. La lumière était blanche, dure, très forte, pénétrant par une petite fenêtre qui s'ouvrait sur la grande cour lugubre et filtrant des vasques, découpant, détaillant tout, les meubles, les rides des visages, les plis des tissus, les cuirs brillants et fatigués, une douce joue égarée. Il attendait. Il s'habituait peu à peu à ne plus sentir l'odeur un peu fade, un peu piquante, médicamenteuse, mais en gardait dans la gorge un vide humide, un écoeurement. Il attendait. Et chaque nouvelle personne qui entrait, et qu'il saluait sous le regard neutre des autres, déplaçait légèrement, en s'asseyant, les pieds métalliques de sa chaise avec un bruit qui rebondissait, sonnait dans le silence, persistait un moment, comme deviné. Il attendait. L'homme à la courte veste blanche a ouvert la porte, a souri dans le vague, a appelé un nom, et derrière il y avait son ami avec un visage lumineux qui lui a souri. Il a soupiré, il s'est levé et l'a rejoint. Une fausse alerte.


dimanche, février 07, 2010

Rétropédalage et exercice d'admiration

Jeudi soir, (et cela ne trouvait pas sa place vendredi) suis allée, sous pluie fine et obstinée, assister à Fuenteovejuna par la Compagnie Antonio Gadès, dernier spectacle repris par la Fondation après sa mort, avec mon habituelle petite appréhension devant les spectacles qui tournent beaucoup.

Et, avec raison ou non, avec raison certainement, j'ai beaucoup aimé cela, mélange d'énergie et de rigueur extrême, la simplicité, l'harmonie beige, grise, rousse, rose, brune des costumes des paysans (et la grâce des robes des femmes, qui renouvelait les quelques passages de danse flamenca), le rouge du seigneur, le noir agressif de ses suivants, le noir digne du vieil alcade et du novio, le décor sobre, le château suggéré par des bottes de paille, les armes-outils et l'utilisation des draps et des capes comme accessoires pour la danse.

La danse précise et vive, la géométrie des groupes et des déplacements et l'impression de spontanéité, danse mariant le flamenco, un rappel des danses de village, un raffinement contemporain. La façon dont les passages de la musique de Moussorgski s'intercalent d'une façon qui semble évidente entre les airs de guitare, les choeurs de musique populaire, les chanteurs de flamenco. Le récit clair à travers la stylisation. La liesse et l'affrontement entre paysans et puissants, l'humilité pleine de réserve et de méfiance, l'humiliation, la révolte. Une façon d'évoquer Lope de Vega, sans prétendre en remplacer l'écriture.

Une grâce simple, une sobriété dans la fantaisie et l'emportement, une construction qui se sent et se fait oublier.

Suis rentrée, lavée de ma mauvaise humeur du jour (et pas par la fin de l'ondée)

Un narcissisme annoncé qui, en fait, est surtout admiration. J'ai beaucoup aimé cette photo de Nathalie (un des beaux blogs de photos avignonnais, hautement recommandable http://avignon-in-photos.blogspot.com), recherche discrète par le sépia inhabituel adopté pour ses photos prises au bar Utopia après notre rendez-vous devant le mur, et par la distorsion lui permettant de tenir compte gentiment de mon refus de voir ma gueule, surtout ce jour là, fixée. Je voulais la mettre hier en tête de mon effarement devant les vases, mais n'ai pu avoir à temps son autorisation, puisque cette image est à elle, mon rôle se bornant à fournir des os et une façon d'être déjetée et trop gesticulante (et je trouvais qu'elle exprimait mieux cela que celle qu'elle avait choisie pour son blog http://avignon-in-photos.blogspot.com/2010/02/utopia-cafe.html – je préfère aussi sa composition, les goûts sont choses mystérieuses). Ceci dit, je ne peux que conseiller la fréquentation du blog, de ses très belles photos d'Avignon et des villages, de la malice de certains instantanés et compositions, et même de la gourmandise des deux derniers billets consacrés aux desserts de son petit restaurant préféré.

Et pour continuer le plaisir d'admirer, ma lecture dans la soirée de vendredi, au sortir des vases, de «Ton nom dans mon oui» de Serge Ritman http://www.publie.net/tnc/spip.php?article306, merveilleux chant d'amour en une trentaine de pages et 14 strophes en prose, d'une langue simple, réservée, délicatement construite, avec des retours toujours variés, un élan.

«De tes yeux qui brillent d’une lumière noire pour que mes pas portent ta lumière. Ton désespoir porte mes pas vers ta lumière noire. Ton désespoir fait l’éclair de tes yeux pleins de buée.»

«C’est la ronde de tes dunes qui fait le vent des caresses de l’herbe. Le vent des vagues qui caressent le bas de la dune. Qui touchent de leur écume la folie des herbes face à la mer. Face à l’immensité du temps qui entasse le sable des dunes où nous roulons depuis toujours.»

«Nous respirons autrement dans les bras enlacés des arbres et cherchons l’air des enfouissements. Si la mort vit dans l’étagement des saisons, elle met le ciel sous nos pas et nous couche.»

Il y a les corps, et les livres lus ensemble, le jardin créé ensemble, les peurs, la lumière de la nudité, etc.. et

«J’entends ton écoute du bout des doigts et ton écoute parcourt mon corps. Tout mon corps jusqu’à mes doigts qui entendent tes clairs de lune.»

«Que toujours j’entends sans comprendre cette incompréhension qui nous met dans le désir. Dans la réponse à l’appel incompréhensible de ta pudeur dans ma retenue et de ta retenue dans ma pudeur.«

samedi, février 06, 2010

Brigetoun, nageant dans la variété des paires de vases communicants, et s'en dressant un petit memento, va être longuisssime et en passant révèle de plus en plus son narcissisme baroque parce que pour illustrer sa confusion, elle voulait mettre ici une photo superbement indéchiffrable (et très vraie) qui ne sera disponible que demain (où elle l'exhibera) et qu'incapable d'y renoncer elle a tenté d'y pallier

Il y avait, pour ma délectation personnelle, les lieux où la vie a passé, avec les mots goûteux d'Isabelle Bullertin, qui sonnaient en moi, la maison de vacances de l'enfance http://tentatives.eklablog.fr/ce-qu-ils-disent-c138976 «Même du côté de la cuisine, au soir tombé, quelque chose a fini de dérailler. La pauvre vaisselle sèche encore sur les carreaux de l’évier, propres jusqu’à l’obsession. Tout le reste, dans le cellier, s’est aligné sur des lignes rigoureuses et fixes, que plus rien ne dérangera », et en réponse le fauteuil qui reste témoin d'une présence dans le texte de Christine Jeanney http://yzabel2046.blogspot.com/2010/02/le-fauteuil-vase-communicant-avec.html et ce début «Le fauteuil est placé dos à la cuisine, un rectangle marron et orange, visible lorsqu’on s’essuie les mains sur le torchon en posant des questions comme Qu’est-ce que tu dis ? Avec le bruit de l’eau je n’ai pas entendu. »

Pour retrouver la trace de sensations passées, d'un monde délicieux d'être ancien, et même si ce n'était pas exactement le même, la pause champêtre dit par le tenancier des « lignes de vie » http://epaminondas-lesesperluettesdepamin.blogspot.com/ avec une précision sensuelle, le vin, l'eau, « ..des tomates au col vergeté de cicatrices dures, une douzaine d'œufs durs au jaune presque noir, deux ou trois couronnes de pain de quatre livres, quelques fromages de chèvre cannelés de la paille du séchoir.. », et le souvenir des vieux qui avaient donné à Epamin' http://www.lignesdevie.com/2010/02/vases-communicants-epamin/ accès à ce monde et à la vie « Si j’ai aujourd’hui le vieux couteau de mon grand-père dans un des tiroirs de ma cuisine, la vieille machine à coudre à pédale de ma grand-mère dans mon salon et leur petit miroir baroque sur le palier, c’est pour avoir un peu d’eux tout près de moi, chaque jour. »

Le monde où est née l'employée aux écritures, http://hublots.over-blog.com/article-martine-sonnet-sa-vie-mise-en-pieces-d-eau-44215075.html le rapport à l'eau et l'accès peu à peu à la salle de bains de notre modernité bourgeoise, avec les jolies notations qui font revivre des souvenirs « virée hebdomadaire le samedi après-midi aux bains-douches municipaux les plus proches ; le savon qu’on apporte au fond du gant roulé lui-même dans la serviette.. », évoqué à travers le hublot pendant que le maître des lieux http://www.martinesonnet.fr/blogwp/?p=5367 revit un départ à la guerre dans un passé qui nous a de peu précédés « Dans mes mains, je retourne ma convocation. C’est un petit papier cartonné rectangulaire et allongé, horizontal. Sans doute sa couleur blanc cassé est-elle censée marquer l’époque ancienne. »

Il y avait le bel extrait du journal du brise-lame de Juliette Mezenc (suis fan) http://futilesetgraves.blogspot.com/2010/02/vases-communicants-le-journal-du-brise.html et la zone derrière le lazaret « Mais elle n’y a plus accès. Les barreaux lui évoquent, vaguement, des échelles à n’en plus finir. L’odeur douceâtre de cave qui en émane lui rappelle qu’elle y a ses entrées. Pas plus. » et, au delà de l'eau, l'archipel des hétéroclites d'Anthony Poiraudeau http://juliette.mezenc.over-blog.com/article-vases-communicants-44309636.html et l'île des « érotomanes à la chasteté contrainte » ou « l'île des ambitieux, dont la peau de chagrin s'érode de jour en jour en peau de chagrin.. » tout un archipel à visiter en sécurité à travers les mots.

L'invocation «Tu voguais et tu n’es plus et tu es cette feuille posée sur l’eau et il me plaisait de te nommer galet dans le ricochet infini de tes souvenirs en fuite.. » de la sérénissime des « enfantissages » http://www.luclamy.net/blog/?p=4187 pendant qu'en rupture, Luc racontait avec verve un bureau d'enquête militaire (avec dessins) « un univers de petites mesquineries à mettre au point pour détourner le minotaure,
des blagues de blondes et des troisièmes mi-temps de foot... » http://pantarei.hautetfort.com/archive/2010/02/04/a3c344a64b8817541e9d29875e67da9e.html

la carte trouvée sur le trottoir par Sarah de Haro http://www.scriptopolis.fr/?p=1471 et l'accueil du voeu inconnu, « un vœu que je n’aurais osé formuler, que Richard n'a pas écrit davantage, respectant la superstition qu'il faut toujours taire ce qu'on désire.. », pendant que Philippe Artières de Scriptopolis http://cultenews.wordpress.com/2010/02/05/vase-communicant-welcome-to-scriptopolis/ parle à une adolescente des livres qu'elle lui tend, et se souvient et « on pensait ne faire que passer, on s’arrête, on écoute cet homme dire les livres, dire l’histoire »

Un autre bel échange, avec l'histoire de deux êtres qui me sont fraternels dans leur fragilité étrange Soleil-sur-un-mur et la vieille dame sur la berge « nue comme lui » pendant qu'il pêche avec des croutons coincés entre ses orteils http://koukistories.blogspot.com/2010/02/les-vases-communiquants.html pendant que Kouki Roussi raconte une dérive dans Prague à la sortie «du restaurant, les ventres comme des oreillers tendus aux quatre coins » http://annadesandre.wordpress.com/2010/02/05/prague/ et cette jolie fin "Riant, dardées de rayons, emmitouflées de givre."

Il y avait des voyages, des trajets

Le départ vers une destination inconnue, au petit matin, de Joachim Séné http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2038 «A deux-cent cinquante mètres, tournez à gauche – je connaissais par cœur ce début de trajet que le GPS me répétait, le jardin public aux bancs déserts, avec son tourniquet et sa balançoire immobiles, les platanes, bouleaux, et le marronnier – tournez à gauche – les façades d’immeubles laissèrent la place aux maisons, petites cours devant séparées de la rue par des murets de briques, des arbres, des fleurs, les lampadaires s’effacèrent, le premier promeneur – dans huit-cent mètres,... » et l'avancée pendant que l'esprit note le décor et flotte, à côté de la route, vers le nord, le froid, de François Bon http://www.joachimsene.fr/txt/spip.php?article95, toutes les routes, la monotonie, la rumination et les livres qui en naissent, d'elle et de la fatigue « Est-ce qu’un livre mène à un lieu qui cesse, où il n’y a plus rien après lui, que l’immensité vierge où vous n’entrerez pas ? Les livres ramènent à eux-mêmes, les livres sont le temps clos de la nuit où on les a lus.. »

En route, encore, Anne Collongues, première d'un très bel échange, http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article238, qui pourrait habiter Lod et rouler avec une arme contre sa cuisse, si son lieu de naissance en avait ainsi décidé. « Si j’étais née ici, j’aurais peut être deux ans de moins ou trois fois mon âge, je serais quelque part ailleurs ou ici même, dans ces pensées glissantes qui suivent le mouvement des choses que l’on approche et qui disparaissent. » Et; en mouvement, Arnaud Maïsetti, sur cette rue qui tranche le cimetière http://aout-en-attendant.blogspot.com/2010/02/la-necropole-arnaud-maisetti.html et, bien entendu l'important est sa façon de mettre en mots l'idée qu'il en a, et la découverte d'un lieu inconnu par léger détour de sa marche familière (ma lourdeur !) «.. de ne reconnaître rien vraiment, comme une langue qu’on aurait appris de la bouche d’un seul et qu’on entendrait pour la première fois dite par quelqu’un d’autre de plus empesé, de plus évident peut-être aussi »

Voyage encore de Nathanaël Gobenceaux jonglant avec NewYork, Florence, le déplacement, la mémoire http://abadon.fr/spip.php?article46 « Echangeurs et 2x3 voies. Des immeubles et l’église des irlandais, comme noyée entre. impression de passer 20 minutes devant le Tondo Doni, impression de passer 20 minutes devant un Giotto, impression de passer 15 minutes devant un Botticelli à l’écouter analyser et commenter. » et l'autre face de ce bel échange avec Michèle Dujardin http://leslignesdumonde.wordpress.com/2010/02/05/autres-noms-du-froid-michele-dujardin/ visitant les noms « noms du Nord, écrits à partir du vide – aveugle, tenseur de l’espace avec ses lettres, abandonnées à l’air : écrire, saisir les ombres, les masses en reptation sur la glace, jusqu’au bord du feuillet de granit, où ça casse »

L'avancée dans les mots et le texte, en une longue coulée, de Pierre Ménard, sous quelques lignes de Jacques Ancet http://litoteentete.blogspot.com/2010/02/commencer-comme-ca.html «avancer, faire de cet instant là, les premiers pas, les premiers mots, le moteur de la suite, dans les traces duquel s'inscrire » mais j'ai été incapable de trouver un vase correspondant.

Alors, reprendre ici Dominique Hasselmann qui s'est raccroché à « toute blinde» à l'ensemble des textes, http://dominiquehasselmann.blog.lemonde.fr/2010/02/05/a-toute-blinde/ sur une photo de Dominique Autrou « Vous vous laissez emporter à toute blinde par ce qui se trame derrière la vitrine – elle n’est pas en gélatine – avec ses reflets qui vous montrent à l’intérieur déjà, sans qu’elle vous ait demandé votre avis... »

Il y avait, rencontre entre deux blogs que j'aime suivre, l'avancée insistante, persistante, par dessus et avec les obstacles, distractions, dans la fuite inutile, impossible, refusée chez Michel Brosseau

http://rvjeanney.wordpress.com/2010/02/05/vase-communicant-michel-brosseau/

"il suffit d’un mot, d’un regard, et c’est plus qu’une plaie qui fait surface, pas de cloisons étanches, non, tout est là disponible, pas d’enchâssement au passé, matériau volatile," avec une magnifique photo de masque et de draperie, et une des histoires en images, qui se font trop rares de rv.Jeanney (je n'arrive jamais à faire des liens vers le site de Michel Brosseau, suivez celui figurant sur son billet précité) histoire de destruction et de traces qui, avec lui, devient délectable.

Immobiles, mais parfois dans le livre ou l'imagination, nous derrière les volets, dits par Florence Noël http://ericdubois.over-blog.fr/article-derriere-les-volets-texte-de-florence-noel-44279700 pendant qu'Eric Dubois, en quelques vers clairs, parlait de la distance entre les êtreshttp://pantarei.hautetfort.com/archive/2010/02/04/a3c344a64b8817541e9d29875e67da9e.html

Et puis Michel Brosseau, encore et raconter des histoires, avec un formidable texte comme un long discours ruminé par nous les gens d'en bas, des idées que nous acceptons sur les autres, comme nous acceptons que c'est à nous de payer toujours, pour la crise, pour tout, nous qui n'avons que ce que les journaux nous disent, à la une, et les « romans populaires, qu’ils ont appelé ça, quand on parlait de nous, au début. De la sous-littérature, du genre mineur... », http://www.pendantleweekend.net/2010/02/frictions/ et puis quand nous comprenons nous la masse silencieuse : « elle gronde, elle gronde fort. Ça explose ! » - et là, en réponse, en échange, « Pendant le weekend » est allé sur « Kill the Marquise » donner un épisode du feuilleton que je ne manque jamais, et qui pour ce jour devient vraiminteractifractif » http://killthatmarquise.wordpress.com/2010/02/05/ou-la-marquise-rentre-chez-elle/

Il y a ce superbe échange entre Philippe Ramy http://soubresauts.net/drupal/content/imaginer-maison-paluvie-marcel-michel-extrait la violence subie, sentie par le corps aux prises avec la ville, les policiers, la maladie, et qui dit le travail, la promiscuité, les porcs, le gamin qui « n’a pas l’âge de mourir, trop vieux déjà, même s’il n’a aucun talent particulier les occasions ne manquent pas de s’en apercevoir, le foot peut-être, et l’éloquence, cette éloquence qui trouble ses parents, il faut voir à quoi ils sont habitués, cette platitude, il utilise des formules mouvantes ».. et Olivier Guéry http://kafkatransports.net/2010/02/05/imaginer-curseur/ en un long et très beau texte sur la douleur, l'indicible « Et à crier sans cesse, que lui resterait-il pour la nouvelle douleur à venir, le 10 (dix) de l’échelle, « la pire que vous puissiez imaginer » lui dit-on, elle sourit un peu, 10 jusqu’auquel elle n’a jamais vraiment osé pousser le curseur de la réglette en plastique » (cette façon qu'ont les soignants d'exiger qu'on mesure)

Enfin, et si, de façon improbable et miraculeuse, vous êtes arrivés jusque là, sachez que j'ai peiné dans la crainte de ne pas comprendre,ne pas lire vraiment, et pire encore ne pas transmettre, il y a la concordance, je trouve, entre l'installation dans un paysage, la tentative d'y faire sa demeure, la difficulté et la porte, mandorle, sur « cette autre demeure d’où il considère intact ce qui n’a jamais disparu, le pays de la première heure dont on s’éloigne immanquablement lorsqu’on veut vivre » que Jean Prod'hom a bien voulu confier à « paumée » et mes petites lignes sur l'arrivée, le tâtonnement de Brigetoun pour se faire accepter par l'antre. « Dire un ou deux mots. Ecouter le son que l'on a, là. Se faire nez, délicatement, pour sentir les odeurs endormies, les promesses. » http://www.lesmarges.net/files/0f00481cf36777e636538a9db932136c-833.html

vendredi, février 05, 2010

Pour demeurer enfin quelque part


Pourquoi nous en aller alors que les nécessités qui talonnent ceux qui n’ont rien ne nous y obligent pas ?


Lorsqu’il arriva dans les parages de ce qui devait lui apparaître presque aussitôt avec les traits de l’accompli, il se mit à croire. Croire qu’il avait rejoint le pays rêvé dans lequel il allait désormais vivre, un pays sans heurt et sans couture, avec dedans le silence, l’herbe, les couleurs, les plis des pâturages, quelques habitants, guère plus. La modestie des lieux, leur étrangeté convenue, leur retenue aussi, tout concourait à le retenir. C’était un dimanche, l’invitation semblait ferme. Sa décision fut irrévocable. Quand bien même aucune place ne lui était destinée et que personne ne l’attendait, il conçut le projet d’y demeurer, proche des lisières, à l’autre bout des préjugés, sans rien toucher. Il se fit un nid de fortune et vécut là sans que rien ne lui appartienne.


Il voulut maintenir le pays à bonne distance de son coeur pour en disposer toujours. Mais rien n’y fit, ni les égards ni les ruses. Il s’en éloignait à mesure qu’il y demeurait, incapable de résister aux habitudes qui se glissent dans nos vie – alors qu’on s’était promis de tout faire pour leur interdire l’accès. Il avait l’impression de disparaître à l’intérieur de ce qu’il voulait protéger, comme le fer des clôtures que les arbres avalent. Pris au piège au coeur de ce qu’il avait voulu laisser intact, il se mit à rôder pour retrouver plus loin dans les prés, plus profond dans les bois ce qu’il avait laissé filer, il emprunta le chemin des pâtures en grignotant des biscuits de sésame, s’enfonça dans les ronciers, cartographia les bois, épuisa les carrefours, leva des plans. Il s’y employa avec passion mais c’en était trop, il ne put rien contre les attaques de sérieux dont il lui fut de plus en plus difficile de se déprendre.


Le paradis escompté fondait et ce qui l’avait amené à jeter son dévolu sur ce pays le fuyait. Il ne renonça pourtant pas et s’enfonça plus loin encore dans les bois, il allait à petits pas, ne désespérant pas de rencontrer ailleurs ce qui lui avait filé entre les mains près de sa demeure. Mais c’est l’empire du familier qu’il cadastrait par cercles concentriques, il tirait derrière lui des ruines, comme le parachutiste son barda, il s’empâtait et la peau de chagrin qui grandissait sous ses pas allait l’étouffer.


Il faudra un imprévu sec, l'implacable, la maladie d’un enfant et le sentiment d’abandon qui suivit pour endiguer cette crue. Un matin avant l’aube il infléchit le destin en déposant l’inadmissible dans une mandorle, rendant vie à ce qu’il avait voulu taire ou tout au moins tenir en laisse. Ce jour-là il écrivit pour la première fois, des mots qui le font trembler encore aujourd’hui.


Cette mandorle est toujours là, c’est la porte par laquelle chaque jour ouvrable il quitte un bref instant sa demeure pour retrouver cette autre demeure d’où il considère intact ce qui n’a jamais disparu, le pays de la première heure dont on s’éloigne immanquablement lorsqu’on veut vivre – et on le doit – avec les siens. Il s'arrête d’aller, ramasse un tesson, une miette, celle qui est là ou une autre, pour retrouver dans la mesure de ses moyens, de mot en mot et de proche en proche, comme une prière, le lieu d’où il vient et où nous ne serons bientôt plus, improbable mosaïque, petits voyages successifs, collier de babioles.


Dans cette autre demeure – en est-il d’autres ? – , on n’est presque rien, un filet d’eau, une rumeur transparente, à peine une ombre qui passe, assez maigre pour ne plus faire écran à ce qui fait la joie d’être: pays sans heurt et sans couture, avec dedans le silence, l’herbe, les couleurs, les plis des pâturages. Voici la montage de Lure, la Pierreuse, la dent de Brenleire, le ballon de Servance, voici l’Aigoual, le mont Amiata, j’y suis depuis le début, j’y reste jusqu’à la fin, pays non plus rêvé mais pays de la première heure, de nulle part et partout à demeure, j’y suis comme un plus qui ne compte pas. Ici chez vous ou là-bas chez moi, quelques instants de veille sur un monde qui va qui va. Nous sommes des surnuméraires et c’est bien comme ça.

Jean Prod'hom


aujourd'hui « Paumée » a le plaisir de profiter de ce texte de Jean Prod'hom de http://www.lesmarges.net/ qui accueille Brigetoun petiote.

« Tiers Livre et Scriptopolis sont à l'initiative d'un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »

liste des vases communicants de ce mois (lecture certainement délectable) ci-dessous

jeudi, février 04, 2010

liste vases communicants de février (sauf ceux non annoncés)

aedificavit http://yzabel2046.blogspot.com/ et tentatives http://tentatives.eklablog.fr/

futiles et graves http://futilesetgraves.blogspot.com/ et Juliette Mezenc http://juliette.mezenc.over-blog.com/

à chat perché http://www.àchatperché.net et rv.jeaney http://rvjeanney.wordpress.com/

lieux http://aout-en-attendant.blogspot.com/ et Arnaud Maïsetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip

l'employée aux écritures http://www.martinesonnet.fr/blogwp et les hublots http://hublots.over-blog.com/

le blog à Luc http://www.luclamy.net/blog et enfantissages http://enfantissages.free.fr/

Kouki http://koukistories.blogspot.com/ et biffures chroniques http://annadesandre.wordpress.com/

soubresauts http://soubresauts.net/drupal/ et kafka transports http://kafkatransports.net/

pendant le week-end http://www.pendantleweekend.net et kill that marquise http://killthatmarquise.wordpress.com/

tiers livre http://www.tierslivre.net et fragments, chutes et conséquences http://www.joachimsene.fr

scriptopolis http://www.scriptopolis.fr et CultEnews http://cultenews.wordpress.com

liminaire http://liminaire.fr/spip et litote en tête http://litoteentete.blogspot.com

Lignes de vie http://www.lignesdevie.com/ et Epamin' http://epaminondas-lesesperluettesdepamin.blogspot.com/

les lignes du monde http://leslignesdumonde.wordpress.com et abadôn http://abadon.fr

Pantareï http://pantarei.hautetfort.com et Eric Dubois http://ericdubois.over-blog.fr

les marges http://www.lesmarges.net/ et paumée http://brigetoun.blogspot.com

encéphalogramme plat et paresse grande (désert de surcroit) – J'ai, en pensant aux vases communicants de vendredi, dont le menu (liste telle que j'aurai pu l'établir en ligne ce soir) me semble prometteur, repris mes petites contributions, dont la première en septembre 2009, ci-dessous, avec mes photos améliorées, en en prenant des détails, par François Bon qui avait la gentillesse de m'accueillir sur « tiers.livre » http://www.tierslivre.net

Reviendra la lumière, la géométrie dure, mais gorgée d’allégresse, quand l’air est plein d’or en fusion, et que je cherche l’ombre pour la regarder, elle et ses jeux.

J’y pensais, sans y croire, jeudi, quand je cheminais vers mon spécialiste au beau crâne, et nos conversations mondaines, moi floue, sans appuis, dans l’air tiède et mou, vide dans vide, tentative de franchir un monde de platitude grise, éclairé de lumière morte, sous une boursouflure de nuages d’un blanc sale.

Impression que rien n’existait où accrocher mes yeux, mes vagues pensées, pour haler ma volonté.

Mais là, face à sa porte, pendant que je concentrais tout mon corps pour peser et l’ouvrir cette sombre, dure, bourgeoise porte de bois et son ressort férocement résolu - et quand elle a enfin cédé, me suis retrouvée dansant au milieu du hall pour reprendre équilibre -, le cadeau prématuré de la beauté future, sur une branche qui descendait vers moi dans le jardin, de l’autre côté de la rue, et dont les feuilles éclataient, dorées, sur les feuillages ternis.

Et puis, en sortant, peu de temps après, le constat des pouvoirs de cet homme - ne sais s’il me soigne, mais le ciel oui - et peu à peu celui-ci me donnait, à défaut de forces extraordinaires, une petite joie timide qui allait grandissant, et il y avait même un avion, petite fusée blanche, pour jouer sur le bleu..

Avant le dur éclairage de l’hiver, avant la mollesse morne du fond de l’automne, viendront les jours tendres, le jeu délicat, l’effleurement, des lumières douces sur la peau des pierres, un peu roussies, ou je le croirai, par les feuillages qu’elles projetteront, par une humidité presque imperceptible.

Et puis, petit tour conseillé dans l'écriture de Joachim Séné.

Avec, sur son site « fragments, chutes et conséquences », le guide de voyage en Imrie, îles assez inhospitalières, et guide savoureux

« .. Des bateaux doivent partir, il le faut, tous les jours, ils ne le savent pas mais vont vers l’inconnu : nous ne saurons trop leur conseiller que d’emporter ce guide, au cas où. Mais s’ils découvrent l’Imrie, en reviendront-ils ? » http://www.joachimsene.fr/txt/

avec, peut-être, Viéjan, la ville de la musique

« D’autres galeries, de la taille d’un bras à celle d’un cheveu, plutôt des conduits soniques, qu’on appelle à Viéjan des « tosseries », s’éparpillent depuis les galeries principales et conduisent et produisent elles aussi du vent, du chant. La hauteur du son varie selon la taille et la forme de ces conduits, et ce sont ces réseaux qui participent à faire de la ville ce qu’elle est : un immense instrument de musique, joué en permanence par le vent.. »

avec la reprise des 14 pages de « Hapax » (1,30 euros sur Publie.net présentation et téléchargement http://www.publie.net/tnc/spip.php?article159) toute la vie d'un couple, découverte, installation, week-end chez parents, travail, enfant etc... jusqu'à "Surprises inassouvies. Rêves ne reviennent plus. Véracité nouvelle possible à nouveau. Mensonge fonctionne, une seule reprise. L’épouse rencontrée jadis, demain encore exceptionnelle. Naissance, mort, vivant désormais. »

Et puis, la parution, le 2 février, toujours chez Publie.net de «la crise» http://www.publie.net/tnc/spip.php?article305 succession d'aphorismes, courtes sentences, petites histoires, un poème, humour aigre-doux, couvre en formules efficaces à peu près tout l'éventail de la réalité concrète de la crise sur nos vies, des images que nous en avons, que l"on nous en donne, de l'exploitation du thème etc... Savoureux et salubre

en choisissant parmi les courtes phrases

«»La crise » c’est la liberté sans la justice.»

« »La crise » a beaucoup, beaucoup, de clauses en petits caractères »

«« La crise » est jean-T-shirt et te tutoie.»

« « La crise » est un suspens à durée déterminé renouvelé à l’identique à chaque fin de mois. Une tension dramatique nécessaire. Un climax leitmotiv. Une errance cyclique. Une addiction involontaire. »

« « La crise » investit profitablement dans « la crise ». «

Et le début :

Sur la photo, «La crise c’est chaque fin de mois», le S de «mois» est effacé, ou écrit plus vite, moins fort.

La crise c’est chaque fin de moi....

Fin de moi.

Chaque fin de mois je meurs un peu. »

je me demande si je vais être aussi invisible qu'hier - à propos si vous passez, détour proposé (conseillé tous les jours) par http://avignon-in-photos.blogspot.com/2010/02/utopia-cafe.html

ceci dit un peu découragée, là, pense qu'à part les vases communicants, je devrai mettre "paumée" en pré-mort comme mon oranger