vendredi, août 29, 2014

Tarascon 2 – se perdre longuement dans le château


Ce jeudi matin, sous un ciel toujours aussi beau, dans le même bain de chaleur sans excès, suis allée emplir, aux étals encore ouverts aux Halles, un couffin et un sac
et m'en suis revenue, par la place de l'horloge, saluant l'angle du palais, auquel réponds en fin d'après midi avec les trop nombreuses photos conservées du périple dans le dédale des salles, et sur la terrasse du château de Tarascon, le petit cousin bâti au XVème siècle sur le rocher de la tarasque par les ducs d'Anjou, jouant pour ceux qui ont beaucoup de temps à perdre, et ne craignent pas l'ennui, le guide aux paroles un rien elliptiques
laisser le petit jardin voué au livre du Coeur d'amour épris où me serait bien assise, prendre le pont qui traverse la basse cour 
et déboucher dans la cour d'honneur, face à la tour de l'escalier d'honneur, sous les façades des différents corps de logis, passer le nez dans la grande galerie, la petite cave, regarder les bustes et rinceaux blessés, 
voir la chapelle basse, la petite chapelle des chantres, et par les degrés au dessus de la petite cave, accéder 
à la salle des festins, où se tient cet été une petite exposition intitulée les ailes du serpent avec des représentations, plus ou moins réussies (je suis restée sur ma réserve, et n'ai pas soulevé les petits rideaux rouges) des animaux fabuleux, présentés par de courts textes, 
la quitter dans le murmure du jet d'eau retombant dans le petit bassin de métal,
pour commencer la visite des appartements du côté du Rhône, en montant, par le grand escalier et ses ouvertures sur la cour, le premier de ceux dans lesquelles je tournerai patiemment, vers le 1er étage,
le salon du roi René, son beau plafond en mélèze aux closoirs peints, et les chambres dont l'une contient un réduit d'aisance (à la grande joie d'adorables gosses et de leur mère que je rencontrais de salle en salle), dont une autre s'ouvre sur une tribune dominant la chapelle basse.. 
nouvel escalier, étroit cette fois comme les suivants, vers le deuxième étage, le grand retrait, la garde robe, les voutes, la lumière jouant à travers les petits carreaux sur quelques uns des graffitis laissés par les prisonniers de ce qui fut longtemps une prison, et les visiteurs (de grands panneaux montrent, dans le cadre d'une exposition provisoire sur les costumes vers la fin du moyen-âge, les dessins de Patrick Delanegra, comme des agrandissements des vignettes du Larousse de mon enfance devant lesquelles ai tant rêvé)
Monter ensuite vers la terrasse, les vues, en faisant attention à ne pas faire tomber l'appareil par les machicoulis, vers Beaucaire (j'avais cru stupidement que j'aurais le temps de m'y promener), le Rhône, les toits de la ville, les lointains…
Un nouvel escalier tournicotant pour descendre dans le corps de logis côté ville qui, lui, compte trois étages  
avec la chambre de l'horloge, la chambre de parement, la petite pièce annexée avec ses chauve-souris dans la pierre, la chapelle du roi et de la reine flanquée de deux oratoires (le roi et la reine priaient séparés par la nef), et une petite chambre donnant, à côté de l'ouverture du petit four, sur l'étuve du roi   
descendre au deuxième étage avec, à droite la grande chambre du roi René au beau plafond et son cabinet d'écriture

à gauche, ce sont les appartements de sa belle soeur la reine Marguerite de Savoie : sa chambre, la chambre de parements et deux petites chambres, dans lesquelles se poursuit, cet été, l'exposition Modes et costumes – des mannequins présentant les vingt costumes créés par Nathalie Harran '(«la Dame d'atours») et, dans la première salle, des vitrines montrant chemises, chaussures, aumônières et bijoux.
Au premier étage ont été logés successivement Louis II, l'époux de Marguerite, puis Louis III et enfin le sénéchal Pierre de Beauvau dont les armes, très endommagées, ornent le manteau de la cheminée de la chambre de parement – diverses pièces, dont une, couverte partiellement, et avec un sol brut, occupe le donjon.
Enfin, descendre jusqu'à une petite salle au niveau de la cour d'honneur, qui a servi de cachot au Xvème siècle, ou nous déchiffrions, moi et un couple de beaux garçons, les graffitis et découvrions, presque effacés, comme en partance, des bateaux, quand un gardien est venu nous prier, avec grande courtoisie, de lui permettre de fermer.
Avoir grande envie de s'attarder dans le jardin, se décider à franchir le pont levis, face à une boutique pour gardians très aisés se prenant pour des cowboys.