Réveillée à 5 heures, faire café, voir l’heure, le laisser refroidir et me rendormir pour me réveiller un peu avant neuf heures et vivre tout le jour avec un retard d’un peu plus de trois heures malgré tout les vagues projets renvoyés sereinement au néant, en commençant par une sortie à jambes lentes et esprit joyeusement futile à 11 heures (mais une heure de marche retrouvée)
jjour enfui d’inutilité en inutilité, n’ai toujours pas ressorti mon carnet d’adresses en grande partie erroné… mais reprends le recueil de correspondance de Flaubert chez Folio et parmi les 297 lettres sélectionnées, je recopie des fragments des rares comportant, en partie, des voeux
Le 2 janvier 1862 à Edmond et Jules de Goncourt
« Vous êtes bien gentils de songer à moi, mais ce n’est que justice, car votre idée vingt fois par jour me traverse la cervelle ou le coeur, comme vous voudrez, et probablement l’une et l’autre.
Que fait-il vous souhaiter pour 1862, mes bichons ? Imaginez quelque chose d’exquis et d’extravagamment beau, et soyez sûrs que je la désire pour vous. Voilà.
Je suis à la moitié à peu près de mon dernier chapitre… »
Le 4 janvier 1868 à Edmond et Jules de Goncourt
« Tout en vous la souhaitant bonne et heureuse et en vous affirmant qu’il fait un froid de chien « sur les bords de la Seine au milieu de ce peuple français que j’aurai si peu aimé », je vous prie de me rendre un petit service. J’ai envoyé à la princesse, il y a aujourd’hui huit jours, des cheminots (en note : la princesse est la princesse Mathilde, mais pour les cheminots ils renvoient à une allusion à Madame Bovary et je me demande s’il n’y a pas comme parfois une erreur), de la crème de Sotteville et un bâton de sucre de pomme. Cela faisait deux colis distincts. Elle ne m’a pas répondu. Les a-t-elle reçus ? Trouve-t-elle que j’aurais dû accompagner mes cadeaux d’une lettre ? La sienne a-t-elle été perdue à la poste ? Ce qui est probable. En tout cas je vous prie de demander au maître d’hôtel si deux boîtes sont arrivées de ma part la semaine dernière et de me répondre illico… »
Le 1er janvier 1869 à George Sand
« Pourquoi ne commencerais-je pas l’année 1869 en vous la souhaitant à vous et aux vôtres « bonne et heureuse, accompagnée de plusieurs autres » ? C’est rococo, mas ça me plait.
Maintenant causons !… » et la causerie est longue variée et intéressante mais je la néglige
Le 30 décembre 1878 à Léonie Brainne (veuve du journaliste Charles Brainne et amie intime de Flaubert comme sa soeur Valérie Lapierre)
« Si je suivais mon penchant je vous écrirais tous les jours ! La fatigue physique m’en empêche… » et cela est suivi d’un très long texte avec, presqu’à la fin :
« Et re-voilà une autre année ! Je vous la souhaite meilleure que celle qui est en train d’expirer (la sacré rosse !). Que la nouvelle vous apporte tous les bonheurs que vous méritez, ma chère, ma véritable amie ! Il y a une chose qu’il faut se souhaiter, même avant la santé, c’est le bonheur ! Prions le ciel qu’il nous l’accorde… »
Le 31 décembre 1879 à sa nièce Caroline
« Que 1880 te soit léger, ma chère fille ! Bonne santé, triomphes au Salon, réussite des affaires ! Pour moi particulièrement j’ajoute : avoir fini Bouvard et Pécuchet ! car franchement je n‘en peux plus. Il y a des jours comme aujourd’hui où j’en pleure de fatigue, et c’est à peine si j’ai la force de tenir une plume ! Je devrais me reposer. Mais comment ?…où ?… et avec quoi ? »
























