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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, novembre 03, 2022

Ce serait et ce fut

 


Ce serait le dégoût qu'elle aurait eu à la longue, la lassitude plutôt, de la vue sur cette étroite rue partant de sa fenêtre. Ce serait demander l'aide d'un ami pour aller chercher une jardinière amoureusement préparée par sa mère et l'installer. Ce serait confirmer que oui il fallait la mettre là, d'ailleurs il y avait longtemps que les volets avaient été déposés. Ce serait insister en réponse à son « vraiment ? Là ? ». Ce serait veiller à ce qu'elle soit bien fixée parce qu'il n'était pas question d'assommer un passant, ou pire, elle-même. Ce serait reculer pour admirer. Ce serait rester un instant coite puis rire un rien nerveusement quand il a demandé comment elle comptait fermer les battants de la fenêtre.


Ce fut partir en marchant vite pour évacuer ma rage après avoir reçu un bout de fer et quatre très gros fragments de pierre juste sur la descente d'eau et avoir eu droit à un « c'est pas grave » à mon refus jeté vers le haut de l'échafaudage d'être ainsi menacée d'être à nouveau inondée au petit matin si comme prévu il pleuvait jeudi (à vrai dire j'ai, avant de partir, mis le tout dans ma poubelle sans trop m'attarder sur le poids et un autre ouvrier m'a promis de faire attention, promesse pour laquelle l'ai remercié d'un « ce serait gentil »).


Ce fut une ambiance joyeuse à Rosmerta, et jouer avec les a er à, ou et où, est ou es et et, avec un nouveau bien trop fort pour cela mais handicapé par son vocabulaire limité par rapport à celui d'un cahier d'exercices un peu désuet.


Ce fut revenir trop tard pour vérifier l'état de la cour (tout de même me suis assurée au toucher de l'absence de gros morceaux) mais voir que la pluie n'était programmée comme possible que dans l'après-midi.

PS Ce fut dans l'indifférence un 49.3 faisant passer la totalité, recettes et dépenses du budget sans même qu'il soit intégralement discuté.

lundi, novembre 06, 2017

une pour six

ce serait penser qu'il faudrait tout de même vérifier la pertinence de cette affichette apposée là
ce serait avoir, fulgurant et fugitif, un désir, une image de cannes, de punch, de moiteur, de danse, avec le murmure d'un ressac en basse continue
ce serait noyer, se le reprochant, un peu, pas suffisamment, le réel sous des volutes de brumeuses pensées et des traits de lucidité sans but
ce serait imaginer derrière la porte de grandes pièces lumineuses, quelques meubles de bois cirés, le jeu des teintes douces ou profondes et sombres des essences, un carrelage un peu irrégulier, vernis, des verts, des rouges et des dessins, et un énorme pot de cuivre garni de branchages
ce serait craindre devant la porte l'austérité d'une réflexion, la tristesse refoulée de décisions, un vide interne avant un renoncement ou un départ, des papiers qui trainent, que l'on ne veut classer pour ne pas leur donner réalité, importance, qu'on ne veut détruire, une navrance muée en attente
ce serait arracher avec soin l'étiquette, la trouvant idiotement raide et sans imagination, trop ostensiblement correcte et propre, jurant avec la vie
ce serait poser main sur la poignée et pousser la porte avec un sourire pour conjurer petite panique.

jeudi, juin 30, 2016

Cheminements

matin ai croisé des visages en meute, souvent de mon âge, venus regarder nos pierres, ai respecté leur droit à l'image
ce que ne demandaient point les gueulards de Saint Agricol ni le fauve tapi sagement derrière des vitres
ce que ne demandaient point les visages déformés qui attendaient sur la place des candidats à la déformation,
n'y a qu'un caricaturiste encore, mais il annonce la rangée de chevalets ou cartons du milieu de l'été, comme la petite cabane attendait que soient déballés, rangés, mis en vente les souvenirs du festival
et, me faisant grimacer, le serpent de l'horrible clim que l'opéra installe pour les spectateurs venus du nord (enfin ceux de la ville apprécient aussi cet ajout, mais pas MOI)
Quant à moi n'ai pas fait grand chose, donnant libre place à mon goût de la pensée vide, de la lecture aussi, attentive...
Alors, ma foi, recopie un ce serait paru chez les cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 62 – une rue
Ce serait une rue, le plus souvent très vide, qui s'étirerait.
Ce serait, parfois, l'emboquer avec tel désir du but qu'il emporterait les pas dans une coulée insensible, régulière, inconsciente.
Ce serait des jours de marche rêveuse, de flottement absent, avec juste, pour maintenir dans le courant du jour, la sensation, assez faible pour rester présente mais ignorée, du contact plus ou moins rude du sol avec les plantes de pied gonflées.
Ce seraient des jambes entraînées à la suite des yeux ravis par la lumière caressant les façades en longues variations jusqu'à l'embouchure invisible dans un boulevard, au loin.
Ce serait certains jours une alacrité dans l'air, un idée souriante, une envie de danser.
Ce seraient des jours où l'on avance à contre corps.
Ce serait l'amitié des murs qui accompagnent la fatigue, lui servent de repère, rythment l'avancée.
Ce serait l'amitié des murs qui subissent le froid, qui prennent un aspect désolé sous un ciel gris, gorgé d'humidité, qui accueillent les jeux de lumière et d'ombre.
Ce serait l'amitié pour les murs qui fait croire qu'ils ressentent un peu des attaques subies, des plaisirs furtifs des corps cheminant entre eux.
Ce serait l'amitié des murs qui portent la trace des vies, et du temps.
Ce serait l'amitié pour les murs qui veille à leur entretien, qui les soigne ou au moins les farde en les protégeant.
Ce serait l'amitié d'un coin de porte qui accueille, tant qu'un humain ne vient pas chasser la détresse qui s'y est abritée.
Ce serait l'amitié du mur sous une main en quête de soutien.
Ce serait la familiarité des murs entre lesquels passent nos cheminements quotidiens, qu'elle soit désagréable, pesante, démoralisante ou qu'elle appelle une caresse des yeux, un plaisir si discret qu'on n'y pense que par éclats passagers.
Ce serait : bon suis arrivée au bout, pour aujourd'hui, et s'en vient l'oubli de la rue.

mardi, juin 28, 2016

Douceur du ciel et d'un visage


sortant dans rue, voyant le bleu et l'éblouissement blanc des nuages, mes bras aimant le contact des manches longues d'un cardigan de coton, ai eu désir de dire au temps : «surtout ne changes plus rien, maintiens toi en cet état aimable, garde cette chaleur sans excès, juste de quoi transpirer béatement au mitan du jour, sans vertige, avec cette lumière et des petites ombres passantes au gré de la brise qui affermit les joues et fouette l'esprit…»
mais en tournant le coin ai pensé que le vent jeunet était un peu trop plein d'entrain, mais les bannes se sont mises à claquer, mais ma jupe a dansé avec frénésie et en tournant rue Saint Agricol j'ai fait soudain trois pas en arrière sans le vouloir.. alors j'ai ajouté : «c'est bien, ton vent est sans grande violence, mais juste un peu trop joueur, modère le, pour que les pages fassent des niches aux lecteurs mais n'handicapent pas outre mesure la lecture, pour que les nuits ne se creusent pas glaciales hors de l'abri des murs...»
Ai pasé le jour agéablement mais avec toujours petite colère, incompréhension en entendant les gens derrière les micros, alors ai pensé force bénévolente, ai pensé beauté, et en souvenir de la réunion dans le cloître du Petit Palais des têtes sculptées par Davide Galbiati http://www.davidegalbiati.com je reprends une image et le texte inspirée par elle paru chez les cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 61 – une austère douceur
ce serait un visage
ce serait un visage de terre pétri de vie
ce seraient deux arcades profondes, un nez noblement droit humanisé par un petit renflement, une bouche close, une lèvre inférieure ferme et amère, une lèvre supérieure ourlée de douceur par une idée de moustache et le petit creux qui le rattache tendrement à la racine des narines
ce serait un visage expressionniste, stylisé et très humain
ce serait en place d'une peau tannée par la vie la marque des doigts qui lui ont donné vie
ce seraient les marques des petits outils métalliques devenues rides, rides en chutes austères
ce seraient, à l'ombre des formidables arcades sourcilières, les paupières baissées sur les globes des yeux et la tendresse du repli qui filtre une ombre de regard
ce seraient les courbes douces creusées sous les yeux, entre l'affirmation du nez et les larges pommettes
ce serait la méditation qui s'enfle autour de la bouche, cette sérénité posée sur l'inquiète recherche
Ce serait le collier de barbe qui avalerait les joues creuses
Ce seraient les plis de la barbe qui porteraient le visage
Ce serait l'immensité du front
Ce seraient des petites touches attendries, un calme contenu, une noblesse.

samedi, juin 25, 2016

Savourer l'oisiveté

matin cheminer jusqu'à la blanchisserie avec draps sales, s'en revenir avec propres dans la chaleur qui s'éveillait lentement, entre éblouissements et tendresse des ombres sur les façades
saluer avec un détachement réservé deux vagues projets pour l'après-midi et les laisser en paix...
me dire tout de même qu'il faudrait que je raprenne à me tenir au jour, à agir, utilement ou non, en reprendre l'habitude parce que ne tiendrais pas le rythme..

et puisqu'il semble qu'il serait bien que je sorte des ce serait, en recopie un paru chez les cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce seraient – 60 – des lectures
Ce serait, dans le centre, là où passent les habitants mêlés aux troupeaux de touristes auxquels leurs cornacs donnent liberté d'un moment, des tourniquets, des cartes postales tapageuses, et puis, en approchant du coeur de ce petit bosquet de fer et papier, de l'entrée dans la boutique, des petites boites à musique sans boites et des cartes pour privilégiés du bon goût, d'un noir et blanc qui dit l'ancien, profond mais évoquant le sépia dans les ombres, mais avant ce serait, en bordure, une série de grands sacs pour emporter ses souvenirs, affichant en grands caractères des citations qui accrochent l'oeil et, l'espace d'un instant, l'esprit.
Ce seraient, marquant une minute, ou moins d'arrêt, pour permettre aux voitures de négocier leur virage autour du terre-plein central, des sourires, des perplexités, des regards revenant sur leur lecture inconsciente de ce qu'a écrit quelque part, ou dit, Oscar Wilde – et on s'attend toujours à ce que sous les étincelles de son esprit un rien de profondeur, parfois de douleur, se cache – la beauté est dans les yeux de celui qui regarde.
Ce serait un grand ado très long, très maigre, très voûté, qui hésiterait entre un sourire amer ou une vocation d'admirateur où trouver justification.
Ce serait une jeune femme qui, pleine de reconnaissance et voulant retrouver son image, se retournerait vers les yeux de son époux.. sans rencontrer son regard perdu dans la danse des feuilles sous le vent.. mais ce serait le jeune époux, ou compagnon, alerté par une vibration, baissant les yeux sur elle, suivant le dernier coup d'oeil qu'elle jette à l'inscription, se penchant, la remerciant de lui donner sa beauté, et elle s'agacerait de la fadeur du compliment, mais en roucoulerait intérieurement, attendrie, et lui sourirait, sans penser à lui rendre la pareille, à le remercier, puisque, bien sûr, lui n'aurait pas besoin d'être beau, ou cela ne suffirait pas – d'ailleurs il ne s'attendait pas à une réponse, l'était déjà assez loin, cherchait que faire de leur matinée.
Ce seraient deux belles, cheveux au vent, longues jambes sur talons démesurés, l'inattention de l'une, le sourire ironique de l'autre, et son : «ben tiens il faut bien qu'il lui reste une consolation» – «à qui ?» - «à celui qui regarde» – «quoi ?» - «t'as pas vu ?» - «ah ça ? C'est idiot...»
Ce serait une sans charme ni laideur, une de vieille solitude, qui refuserait de s'attarder au sens possible de la phrase, d'ailleurs, elle ne l'avait pas lue, ou pas vraiment, ou cela ne la concernait pas, juste c'était amusant, à moins que... et puis zut !
Ce serait deux copines, la princesse de beauté de la classe et sa suivante et amie, la neutre, qui n'était que promesse imprécise et endormie, celle que l'on croirait plus intelligente à cause de cette neutralité et de son acharnement à apprendre, comprendre... la première s'arrêterait une seconde, sourirait, se retournerait vers sa camarade qui lirait à son tour avant de murmurer «bon, je sers à quelque chose !» - murmure auquel répondrait un semblant de bourrade et un «tu me voles !» - s'en iraient en riant, sincèrement, oui sincèrement.
Ce seraient deux petits vieux, bras dessus bras dessous. Elle, en tirant à sa suite son vieux : «sers toi des yeux de ta mémoire» et lui «regarder des fleurs fraiches ça n'a jamais fait de mal à personne»
Ce seraient.. sans doute d'autres passants, la plupart indifférents, et de toute façon je ne serais plus là pour les observer et les ré-inventer sans pertinence ni honte.

jeudi, juin 16, 2016

un refuge

un refuge que ne nécessitait pas le jour,
bien sûr, quand suis partie portant draps, quand suis revenue encombrée par draps, deux housses de couette, un manteau, deux jupes
le ciel bleu était maculé de grosses masses blanches, la lumière si douce, la tiédeur de l'air si modérée que presque absentes
et seuls claquaient les roses des lauriers, mais des longues éclaircies sont venues en début d'après-midi, ai ronronné sous le soleil dans la cour et c'est presque souriante qu'ai vaqué, sans trop de bêtises, ayant décidé fermement d'ignorer, pour ne pas bouillir dans mon coin inutilement, ce que j'avais commencé à entendre à l'assemblée..
seulement, comme je ne pensais guère à paumée, j'ai recours au plus ancien des ce serait publiés sur les cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com qui ne l'ont pas été ici et il a nom
Ce serait – 59 – un refuge
Ce serait ce goût, ou ce besoin, qui m'est resté depuis mon adolescence, d'un retrait, d'un endroit où disparaître, ou laisser choir la personnalité sommaire comme en avons tous dans un groupe désassorti, le rôle qui m'est attribué, d'un cadre autre où me rencogner dans l'hébétude ou l'envol à la poursuite de mon imagination.
Ce serait, derrière une des haies qui bordaient la pelouse étendue devant la terrasse où nous tenions tous pour paresser avec des tasses de café, pour goûter le crépuscule pendant que les enfants entraient dans la nuit, pour fumer seul, seule, ou non, en écoutant les voix filtrées par les rideaux, ce serait donc un endroit abandonné, un compost, un tas de bois et, plus loin, un petit cabanon de pierres sèches.
Ce serait une grosse serrure sur des planches décolorées, mais il suffirait de pousser la porte pour recevoir une petite bouffée d'humidité fraîche, rester un moment sur le seuil, s'habituer à la pénombre qu'entamait à peine, tendrement, la petite lumière pauvre traversant l'épaisse crasse des carreaux d'un fenestron, entrer.
Ce serait fouiner un peu, disposer au centre, dans l'espace presque libre, deux chaises décrépites, belles de leurs formes simples, des courbes tendues des dossiers, de la parure que leur feraient les restes de peintures mêlés au début de rouille.
Ce serait tout de même hésiter à y poser ma jupe blanche, fourailler, ne trouver que vieux papiers et un rideau de tulle roussi...
Ce serait sourire à un panneau orientaliste, refermer la porte et m'en aller...
Et puis revenir, un après midi, avec un vieux châle russe conservé en souvenir de la donatrice, et, dans un panier, une pomme et un gros livre.
Ce serait une heure, ou un peu davantage, en plongée, avec des échappées rêveuses, dans les Mille et une nuits, jusqu'à ce que des voix, de l'autre côté des arbres, me ramènent dans notre monde.
Ce serait laisser le châle, poser le livre sur un guéridon de tôle, longer silencieusement la haie jusqu'au petit étang, pour rejoindre les autres en ayant l'impression de conserver mon secret.
Ce serait penser à cet endroit lorsque la conversation m’ennuierait ou lorsque des répliques soigneusement refoulées me viendraient.. et ce serait y revenir chaque fois que le pourrais.

lundi, juin 13, 2016

Dimanche, lavage cheveux et boulangers

ciel bleu avec nuages, paresse, garder l'antre et se laver les cheveux,
frissonner aux gouttes qui glissent le long du dos, laisser sécher
et en rester à un vieux ce serait publié par les cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce seraient - 58 – des boulangers
Ce serait, pour une raison ou une autre, et contrairement à mes habitudes, vouloir acheter des pains – pour une maison de vacances pleine d'une grande famille, ou pour les repas d'un groupe de travail ou – comme je le disais – une raison ou une autre.
Ce serait, sur un renseignement, trouver une boutique rouge devant laquelle attendrait une petite file de clients.
Ce serait voir une femme, une petite fille, ou un grand-père, sortir avec une miche, un pain long, un sachet plein de croissants, et un sourire de contentement.
Mais ce serait, en arrivant au niveau de la vitrine, un étonnement.
Il y aurait des pains de toutes sortes, un homme en blanc servant chacun à son tour, un autre, avec un grand tablier, venant regarnir les rayonnages, fort gaillards tranquilles vaquant dans le calme, oui mais voilà, ils n'auraient pas de tête.
Et la femme bavarde qui me suivrait – elle commentait les dernières nouvelles entendues à la radio, elle saluait ceux qui sortaient ou les passants, elle gourmandait un chien errant – me regarderait, rirait et dirait «ne vous en faites pas, ce sont les meilleurs boulangers de la ville, leurs mains savent choisir la farine, humer son odeur, doser l'eau et le levain, pétrir, laisser reposer etc.. enfin tout ce qui est nécessaire, mieux que toutes autres»
Je trouverais cela un peu étrange, mais comme visiblement je serais la seule troublée, j'accepterais de ne pas y penser davantage....
En pénétrant dans la boutique, en évitant de regarder plus haut que les épaules des deux boulangers, parce que tout de même cette absence au dessus m'était inconfortable, en écoutant le bavardage, en entendant les commandes passées, en voyant que même si un client ne prenait pas cette peine, mais continuait à parler du beau temps ou se bornait à saluer le marchand, il était servi, et, semble-t-il, à sa convenance, je m'interrogerais (le curieux est que l'impossibilité pour ces deux bonshommes d'entendre me semblerait évidente, mais que je ne me demanderais pas comment ils pouvaient circuler, prendre, compter – ah non pour ça il y avait la caisse enregistreuse – oui mais fallait bien qu'ils y entrent les éléments... zut).
Et puis ce serait mon tour.. et comme je regarderais les baguettes - enfin les pains courts et assez fins que l'on nomme baguettes en dehors de Paris - pour lesquelles j'étais venue, l'homme en poserait une, puis une seconde, une autre... sur le comptoir jusqu'à ce que je cesse de penser aux baguettes pour m'intéresser aux fougasses, et il en ajouterait trois bien dodues, puis un gros pain de campagne rond - parce que j'aime y tailler des tranches pour une petite troupe à peine éveillée, cela me rappelle ma jeunesse – et je me dirais que la transmission de pensées est une merveilleuse réalité.
Pendant que j'entasserais le tout dans mon grand sac, la femme commenterait : «vous aller voir, ils vont aimer ça chez vous....» - c'est vrai que le contact était ferme et souple, le parfum agréable..
Alors, puisqu'en principe ils ne pouvaient m'entendre, les deux hommes, je demanderais  : «mais comment ont-ils perdus la tête ?»
Et des voix répondraient
- «parce qu'il y a trop de règlements, on ne peut plus travailler
- c'est depuis les grands vents
- parce qu'ils ont oublié de la remettre en place un lendemain de cuite
- pour une femme..»
Dernière réponse qui déclencherait un : «qu'est ce que tu en sais toi ?» furieux fusant d'au dessus de l'homme qui encaisserait mes achats et un «parle pour toi» de l'autre, qui, justement, arriverait en portant une grille chargée de tartes... et puisque les voix leur étaient revenues – peut-être que la supposition n'était pas si fausse – de bonnes bouilles, une toute ronde portant une toison blonde bouclée, une longue et brune avec un grand nez busqué, seraient tout d'un coup là, bien visibles, sur leur cou...
M'en irais, titubant sous la charge, en me demandant si, au fond, je ne serais pas sorcière.
Et puis que, tiens c'est vrai, il n'y avait pas de boulangère.

mardi, mai 31, 2016

Jour tranquille avec mule

jour tranquille, ciel bleu avec passages opaques,
petite vieille lancée le matin dans tâches domestiques avec une application et énergie très relative mais tout aussi inhabituelle, jusqu'à révolte du bas de son dos
petite sortie dans les rues au creux de l'après-midi vers pharmacien et cigare, et au surplus passion épisodique pour les états du golfe...
alors, pour que paumée ne soit pas totalement délaissé, recourir aux ce serait publiés par les cosaques des frontières (même si celui qui vient, poussif, me satisfait médiocrement) https://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 57 - la chjuca
Ce serait une mule, jeune, forte et courageuse, comme il se doit.
Ce serait une mule au pelage doux et luisant, au grand oeil pensif fixé sur le chemin, qui poserait ses pattes avec science et sûreté dans les caillasses brûlées, sur la pente taillée au flanc d'une montagne, sous un ciel durement bleu, en descendant de Bocca Stazzunara au refuge d'Asinau.
Ce serait la première des mules encordées, lourdement chargées, la préférée de Tito peut-être, celle qu'il appelait la chjuca, on ne sait pourquoi : elle n'était ni la plus jeune ni la plus petite.
Mais ça n'aurait pas d'importance, une mule ne traduit pas le sens du mot qui la désigne, je crois, et ça ne risquerait pas de la vexer.
Parce que, bien sûr, il ne faudrait pas se fier à la tendresse de la courbe de son col, à son tranquille et tenace cheminement, à la réserve pensive de sa grande tête, à l'humilité qu'elle tient de l'âne, elle est intelligente la mule, et fière.
Elle n'avait pas sa pareille, la chjuca, pour rester plantée sur ses pattes fines, inébranlable, même si trois hommes (enfin peut-être pas trois ou pas des plus forts) tiraient sur la longe pour la mettre en mouvement, quand elle ne le désirait pas.
Elle était bien capable, aussi, de donner, rapide et imprévisible, un bon coup de sabot mais c'était toujours à un imbécile, et quand elle exhibait ses grandes dents ce n'était jamais pour mordre, simplement elle était comme moi, peut-être comme vous, elle n'aimait pas que n'importe qui s'arroge le droit de l'ennuyer.
N'obéissait qu'à Tito, la chjuca, ou à quelques uns de ses amis, ne voulait rien avoir à faire avec les randonneurs, même si c'était leurs sacs à porter, les refuges à ravitailler qui permettaient à Tito, ses amis, et leurs mules, de continuer à cheminer leur vie dans la splendeur des montagnes.
Et puis la chjuca ce serait mon amie, ou je le croirais, puisque Tito l'était.

jeudi, mai 19, 2016

En revenir aux ce serait


Matin, marche sous de gros nuages d'un blanc lumineux nageant dans un ciel d'un bleu ardent, pour un trajet portant des draps, un retour encombrée par les manteaux à ranger,
un salut, en passant, à une première recrue pour le festival en état d'urgence...
et puis reprendre la photo dont je voulais depuis deux jours tirer un ce serait... jusqu'à ce que, un peu après une ondée, quelque chose vienne, comme pouvait..
écouter, avec intérêt, l'audition, le 17 mai, par une commission de l'assemblée de Serge Blisko (mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) et Simone Soulas (groupe de travail pour la prévention de la radicalisation – Centre contre les manipulations mentales) qui s'éloignent passablement de ce qu'on a l'habitude d'entendre http://www.assemblee-nationale.tv/video.3928383_573b263dc1554.moyens-de-daech--table-ronde-sur-l-emprise-du-discours-de-daech-sur-les-jeunes-17-mai-2016
et puis, parce que Paumée, me fallait te nourrir, reprendre un ce serait publié par les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 56 – le vent sculpteur
Ce serait près du sommet du rocher, au dessus du chemin qui tourne en grimpant, sur le flanc où court le vent débouchant vers le fleuve, un arbre, point encore chenu, en sa forte vaillance.
Ce serait la poussée inlassable de la vie lançant les branches, ce serait, par foucades, au long des ans, la caresse brutale du vent contrariant leur élan.
Ce serait une danse faite de torsions, de courbes et contre-courbes, d'évitements, de croisements, soulignée par les écailles de l'écorce, en brun sombre sur gris brun.
Ce serait l'éventail des aiguilles, feuillage du pin, offrant une prise au souffle, éventail repoussé en lente violence qui entraîne, déforme, oriente les branches avec une insistance tressautante.
Ce serait leur masse offrant telle surface à la poussée qu'une branche a chu, que le tronc s'en trouve ébranlé, que souffrent les racines agrippées à la couche de terre sur la pente du rocher.
Ce serait la beauté calligraphiée de cette silhouette, la sympathie qu'elle provoque chez tous les passants.
Et puis non, ce ne serait pas, ce fut
ou ce serait un souvenir fixé, gardé, souvenir de visites rendues
parce qu'il est mort l'arbre
et ne reste même plus la souche. 

lundi, mai 09, 2016

Dimanche petites corvées et flânerie donc ce serait

jour de petites corvées nécessaires, trop négligées
de celles qui ne se voient pas, ou à peine,
exécutées sans ennui, mais avec des pauses méditatives, assise devant mon écran, et le calendrier sans que rien ne prenne forme, ou rien que je veuille fixer.
Paumée, pour ne pas t'abandonner à cet impalpaple, j'ai recours aux cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com et à un ce serait
Ce serait – 55 – deux brandons
Ce seraient deux brandons cheminant dans la nuit.
Ce serait une petite aura de clarté lumineuse qui se déplacerait avec eux.
Ce seraient deux brandons tordus un peu par le souffle du vent qui court dans le canyon entre les façades
ou tordus par la fatigue des yeux qui regardent la rue s'étirer dans la nuit
par la fantaisie qui en a fixé l'image.
Ce seraient des mots que le vent saisirait, qu'il éparpillerait, malaxerait et dans les oreilles qui suivent ce serait une musique heurtée et incompréhensible, qu'elles ne voudraient pas écouter, ni décrypter...
- tu sais...
- mais non..
- merci.. elle est.. jaune
- j'ai rencontré.. libraire.. Pierre
- inoubliable
- stupide
- fais moi penser demain
- il t'a dit quoi ?
Ce serait un brandon trébuchant, un brandon se penchant, deux brandons s'unissant, collés en un seul... un rire, une cascade de sons roucoulants en réponse.
Ce seraient deux brandons unis et immobiles.
Ce seraient sous les yeux de celui ou celle qui se rapprocherait la lente transformation de cette torsion en deux corps, deux silhouettes unies sur lesquelles ricocherait la lumière d'une lanterne.
Ce seraient le regard qui se lancerait au delà d'elles, vers le bout de la rue, les oreilles qui s'efforceraient à l’inattention.
Ce serait les pas qui suivraient une courbe imperceptible pour éviter, discrètement, comme distraitement, le murmure de ces corps.
Ce serait celui ou celle qui les laisserait derrière son avancée, souriant de plaisir volé, avec la petite culpabilité d'une indiscrétion qui se voudrait involontaire.
Ce serait une solitude s'éloignant, oubliant.

mercredi, mai 04, 2016

Queue de mistral et quasi paresse, donc ce serait

Le mistral dormait ce matin,

sur la cour le ciel était glorieusement débarrassé, simplement barré par le souvenir d'un vol
Ai balayé rapidement la cour, avant que le vent recommence sont jeu : vider la pelle aussi vite que la remplis... ai salué le second bouton miraculeux de l'un des courageux rosiers, ai pensé, zut, tant pis pour l'austérité nécessaire, vais me financer l'achat de celui qui sera sélectionné par Altarosa 
Le vent s'est réveillé, en presque mineur, comme une chanson de fort adolescent, et l'aimable baleine à pois (je dis que c'est une baleine, ayant volé son image en passant devant Ducastel, je n'ai pu interroger l'auteur Pascal Lionnet) pouvait, en sa folle fantaisie, voler lentement dans cet autre ciel bleu sans être trop secouée, ni emporter, arracher du sol, les petits êtres qui tentaient de la guider vers la mer – elle se contentait de leur sourire malicieusement en poursuivant son saut surréaliste.
Suis restée dans le quartier, ai jugé que point n'était encore indispensable de batailler avec housses de vêtures de coton et tissus légers.. ai eu des idées de textes ou autres, ai ébauché, plus ou moins, divers bidules, ai envoyé un très court ce serait au grand Cosaque et reprend un de ceux qu'il a publiés https://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 54 – la sève
Ce serait, juste avant de parvenir à la troupe des platanes survivants dans leur belle maturité, la svelte stature du premier des jeunes arbres qui ont remplacé depuis plus d'un an leurs frères victimes de maladie et d'un soin radical.
Ce seraient son élan vers la lumière, son squelette dessinant une flèche, plaqués par les yeux, ou l'appareil, d'une admiratrice, sur la poussée calme, la montée capricieuse des aînés.
nos frères aînés
troncs puissants, bras modelés
par lumière et vent
Ce serait ce moment où l'hiver se fait vieux, juste avant que les premiers bourgeons se dessinent, quand la vie s'éveille, prend son élan, dans le bois.
Ce serait ce moment où la douceur d'une fin de journée laisse un goût d'espoir s'étirant, où l'air semble chanter.
nous adolescents
tous drets, minces et solides
l'élan vers le ciel
Ce serait la perspective abrégée qui grandirait les nouveaux venus, transformerait leur humble déférence en une émulation, leur ferait espérer une rivalité future.
Ce serait l'image de la sève se ruant, l'idée du printemps proche dans la tendresse d'une fin d'après-midi, une suavité de bleu annonçant les soirées sans fin.

mercredi, avril 20, 2016

Effet du ciel bleu, nuageux, bleu, et du vent ?.. ce serait

Effet... ou non, rendormissement profond, pendant deux heures ce matin
et réveil fébrile, comme en tombant dans le monde
mais petite fièvre persistante... et calme d'autant plus décidé qu'un bonhomme devait, entre huit heures (me suis réveillée juste un peu après, d'où une galopade ponctuée du jurons qui ne m'a pas franchement retapée) et midi, venir m'installer le superbe compteur intelligent auquel sommes voués désormais – dans l'entrée de l'immeuble mais ma présence était requise (totalement inutile la présence, à part trois sourires et deux formules de politesse)...
L'est arrivé au moment où j'allais allumer mes plaques électriques... a fait vite
était charmant (il n'est pour rien dans la décision de l'installation de ce truc) et sa visite était bénéfique, puisqu'en descendant ai trouvé dans le courrier l'imprimé de déclaration de revenu – en bonne citoyenne je n'ai rien contre, mais n'était pas pressée – et surtout une enveloppe à jolis timbres contenant – plaisir du jour – le jeu de cartes Kafka éditées par Laurent Margantin http://oeuvresouvertes.net/spip.php?article3373

Je veux écrire avec un tremblement continuel sur le front (5 novembre 1911)
passé le jour, tout doux, tout doux, entre l'effroi de la dernière partie des Montagnes de la folie de Lovecraft traduit par François Bon (Points) et des vidéos de Frank Lepage et consorts... et nourri un peu Paumée avec un ancien ce serait publié par les Cosaques des Frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 53 – une ouverture
Ce serait dans la rue envahie de lumière, sur l'ombre qui joue avec les murs, l'incision de pierres blanches, ou de dunes géométrisées, qui soutiennent le gris humide de la plage immense, une flèche d'eau d'un sombre bleu glauque frisé de petites lignes d'écume et l'envol infini d'un ciel très doux où vont des nuages blanc sale.
Ce serait, sur une terrasse obscure, liaison entre la rue et cet ailleurs où circulent calmement, dans le vague d'une vacance, de minuscules silhouettes imprécises, de grands enfants potelés et deux petites nageuses, ou plutôt deux femmes assises dans le confort de leurs formes, le plaisir de leur bavardage et de très sages tenues de plage.. et ce serait, dans le ciel, ou à côté, une pépé de feu toute de traits et d'esprit.
Ce seraient les plantes de pied qui sentiraient le passage de la douceur tiède du sable qui s'effondre un peu sous les pas au claquement, la fermeté froide, la résistance, le rebond, allégeant la marche.
Ce serait cette satanée eau qui s'en est allée si loin, et le souvenir de la mer clapotant immuablement, ou presque, sur quelques galets, là bas, avant, dans le sud.
Ce serait ce qu'on ne voit pas sur l'image, il faudrait sans doute traverser la rue et ses galets, il faudrait que cela soit visible, même de près, mais ce n'est peut-être pas là, le peintre l'a peut-être effacé de sa vision, alors qu'il a repris les bords déliquescents en gris des nuages, ce serait le beige sombre, le brun clair, du sable humide légèrement lumineux et de plus en plus foncé, brillant comme un amas de paillettes sombres, en s'approchant de la première langue de l'eau.
Ce serait l'enfance ou l'adolescence jubilant, le monde offert, la liberté, la joie de l'air avec lequel faire la course, le souffle de la mer comme un profond chant en sourdine et le grelot des petits rires qui s'envolent.
Ce seraient la jeunesse, les peines, les joies secrètes, les années qui passent, en marches méditatives, un refuge secret perdu dans ce grand spectacle.
Ce serait l'amour de la mer qui dort, juste sous la conscience, en chacun.

mardi, avril 12, 2016

Temps mouvant et ce serait

ciel qui vire
la main douce du soleil
les claques du vent
la glycine tente de s'imposer malgré la taille, et le vidangeur se fait coquet – petite forme, je regarde la commune de Peter Watkins, trouvée sur la page Facebook de Caroline Gérard, je lis, je vaque et je reprends un ancien ce serait qu'ont publié les cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 52 – une dame blanche
Non ce ne serait pas une dame blanche, apparue pour terroriser sur une route nocturne
Ce serait un éblouissement
une forme qui semblerait passer
dans un virage aigu et brusque d'un corps devenu maladroit
Ce serait une vapeur qui voudrait prendre forme
Ce serait un passage fugace
effacé dans la fermeté retrouvée de deux pieds plantés
d'un buste qui reviendrait les surmonter
d'yeux fermés et rouverts
d'un cerveau qui retrouverait normalité
Ce serait une crainte si légère
si rapide
qu'avec le soulagement naîtrait une nostalgie.
Non ce ne serait pas une dame blanche
Ce serait un sourire que l'or envahirait
Ce serait une brume flottant sur un étang
Ce serait une nymphe s'enfuyant à travers un pré ensoleillé
Ce serait un effacement heureux du monde
et alors ce serait bien trop rapidement dissous.

samedi, mars 26, 2016

Recourir à ce serait


un ciel bleu hésitant qui a opté peu à peu pour le blanc opalin
une Brigetoun charriant linge, carcasse piteuse, aussi gênée dans sa progression qu l'étaient les petits camions venus alimenter les boutiques
une tentative de m'extirper quelques mots pour un ce serait, et la reprise d'un ancien, publié par les Cosaques des frontières
Ce serait – 51 – une naïade naïve

Ce serait un corps,
chair jeune et opulente,
une évidence,
repliée, effarouchée,
mais se livrant aux regards

ce seraient rondeurs
tendues, appelant les mains
une chair grenue
moins pure et plus vivante
que ne peut l'être marbre

une présence,
un recul, sincérité
dont on douterait,
une Suzanne acceptant
et se livrant aux regards

pourtant ce serait
la naïveté simple,
presque bovine,
du visage détourné..
mais un soupçon de fierté

une naïade
égarée là, à deux pas
d'un sable doré
blottie sur une place
face aux buveurs placides

un peu trop ronde,
et si drue qu'irréelle
objet de désirs
non formulés, un rêve
hors du temps et des modes

ce serait l'hiver
corps vivants vêtus de chaud
face au souvenir
de la vie éclatante
la volupté d'un été