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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mardi, mai 10, 2011

fenêtres d'Avignon, humeur noiseuse et poètes baroques


Un petit recensement de photos de fenêtres avignonnaises, en écoutant la radio, à un moment de creux dans l'esprit et d'yeux fatigués, avant d'entreprendre la lecture de « Fenêtres sur le monde » de Raymond Bozier http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2568 et d'entrer dans les ateliers, recherches, compléments, accompagnement, passés et futurs, qui sont assez complètement réunis par Philippe Ménard sur http://www.scoop.it/t/fenetres-sur-le-monde et sur le billet du Tiers.livre, -



Et puis, suis toute fière d'être finalement arrivée à retrouver ce que j'avais tenté, quelle qu'en soit la qualité, en réaction à l'atelier mené par Raymond Bozier à la Bnf (le lien vers cette dernière ne fonctionne plus) http://brigetoun.blogspot.com/2009/01/pour-entrer-dans-le-jour-dimanche-matin.html

mais lundi matin, c'était :

« Tout ça qui sent l'homme à mourir me convie,

En ce qui est hideux je cherche mon confort :

Fuiez de moy, plaisirs, heurs, esperance et vie,

Venez, maulz et malheurs et desespoir et mort ! »

Agrippa d'Aubigné


Enyvré de cent maux divers,

Je chancelle et vay de travers

Tant mon ame en rengorge pleine;

J'en ay l'esprit tout hebeté

Et si peu que m'en est resté,

Encor me fait-il de la peine. »

Mathurin Regnier


De noir, de gris, de feuille morte

L'on me verra toujours vestu,

Puis que leur blason se rapporte

Au deuil d'un esprit abbatu. »

Antoine de Nervèze


« En vain je veux passer de l'une à l'autre porte,

Toujours mesme par tout moymesme je me porte

Et, changeant d'autre lieu, autre je ne suis pas ».

Jean-Baptiste Chassigner


« Assis sur un fagot, une pipe à la main,

Tristement accoudé contre une cheminée,

Les yeux fixes vers terre, et l'ame mutinée,

Je songe aux cruautez de mon sort inhumain. »

Saint-Amant


« Nul plaisir ne me peut toucher

Fors celuy de m'aller coucher

Sur le gazon d'une falaise,

Où mon deuil se laissant charmer

Me laisse rêver à mon aise

Sur la majesté de la mer »

Tristan L'Hermite


Hé ! l'ami, bien larmoyants devenons, un peu de cruelle moquerie pour nous rabouter :


« Si je vous quitte le dernier,

N'en tirez pas grand avantage ;

Je fus degousté le premier. »

Saint-Pavin


« Ce corps qui va craquant aussi tost qu'on l'estreint

Me semble trop fragile aux amoureux approches,

Il vaut mieux le garder pour le Vendredi Sainct

Servir de tournevelle au deffaut de mes cloches. »

Jean Auvray –


Restons en là – Hé ! les amis, à cela me reduis


« A rien d'ambitieux ne mettre son attente,

Voir ceux de sa maison en quelque authorité,

Mais sans besoin d'appuy garder sa liberté,

De peur de s'engager à rien qui mescontente. »

Nicolas Vauquelin des Yveteaux


et enfin

« Pour paroistre aujourd'huy d'aussi mauvaise grace,

Que parut austrefois la corneille d'Horace :

Ils travaillent un mois à chercher comme à fils

Pourra s'apparier la rime de Memphis.

…............

Je veux faire des vers qui ne soyent pas contraints,

Promener mon esprit par de petits desseins,

Chercher des lieux secrets où rien ne me desplaise.

Mediter à loisir, resver tout à mon aise,

Employer toute une heure à me mirer dans l'eau,

Ouyr comme en songeant la course d'un ruisseau,

Escrire dans les bois, m'interrompre, me taire,

Composer un quatrain sans songer à le faire. »

Théophile de Viau

cachés dans un recoin de jardin, derrière des canisses, dans l'Avignon du 17ème siècle tel qu'il est portraituré sur l'image dénichée pour moi sur Gallica par Francis Royo, qu'il en soit remercié, de jeunes misanthropes et révoltés avec lesquels j'étais en sympathie ce lundi, s'échangent des vers des poètes coléreux, satiristes, libertins, au sens donné à ce mot en leur siècle – et outre la jouissance de ces véhémences ou simples méchancetés, il y a pour moi celle de l'absence, alors, de ces sacrés accents que ne sais jamais mettre. Et Jean Auvray (plus cruel encore en d'autres vers) m'était encouragement ou consolation, même si mon temps est trop longuement passé