En descendant du bus je constate que j'aurai du regarder la petite aiguille et que j'ai une heure d'avance, heure passée à contempler, rencognée dans un angle de murs visage tendu vers le soleil et épaules gelées, un laurier que le mistral veut absolument arracher. Plaisanteries, camaraderie, des nouveaux dont une verte, bon début de séance, et je sens que ma carcasse commence à protester. Départ en catimini.. Le mistral ne veut pas se calmer mais il me pousse, la rue Joseph Vernet est très longue.Était-ce une bonne journée ? Le vent grogne autour de ma cour et pendant que le soir tombe et que patates et morue cuisent je prends Six nuits sur l'acropole de Séféris
"Nous étions tous assis sur la plus haute marche du grand temple, entre la quatrième et la cinquième colonne. Personne ne disait mot ..
..Je nous voyais tous, comme un bateau coulé dont la vie, dans les profondeurs, continue de se manifester à la surface. Je me disais que nous devions laisser remonter dans l'écume, comme les bulles d'air d'un scaphandrier, tout ce que l'esprit et le corps de chacun avait éprouvé dans la journée..
J'ai accepté les règles qui régissaient la situation. Elles me semblaient juste ; j'éprouvais une sorte de félicité".
et la malaise de Stratis "Je réalisais que je devais être, de tout l'équipage, le seul marin noyé parmi d'immenses galets blancs". Et à la fin du livre, passées la déréliction et la mort de son amour : "J'ai vu un être ressusciter d'entre les marbres" petite incursion du Paradis dans un texte ponctué d'allusions citations à l'Enfer et le Purgatoire de la Divine Comédie.
Les abords de la Sainte Victoire brûlaient hier soir et ce matin le mistral avait bouffé ma connection.