eau, terre,
soleil
sève,
certains bouts de bois
retrouvent la
vie
Voulais en rester là..
passer la journée en retrait, avec la lumière quand elle descend
dans la cour et la lecture (n'en avais lu que deux ou trois poèmes)
du Gardeur de troupeaux et
des autres poèmes d'Alberto Caeiro ou Pessoa – mais, finalement
dire aussi, mon envie de faire une pause dans mon soutien à
la nuit debout. Ma fatigue à me persuader de l'utilité de la chose,
même si me sens plus proche et intéressée, par eux (nous), sauf
quelque dérives par trop fumeuses, ou résultant de beaux principes
libéraux camouflés, que par les jeunes qui ont décidé de jouer au
foot en s'interpelant ou de beugler des onomatopées pour, sans
l'afficher, couvrir les voix pleines de réserve des intervenants
qu'avons peine à entendre..., - réserve, souvent, sauf bien entendu
quand il s'agit de noter des idées d'actions, des rendez-vous où
j'irai si le peux -, a trouvé son expression exacte dans ces phrases
d'Eric Hazan (suis pourtant souvent, du haut de mon inculture
politique, en accord si réservé qu'inexistant avec lui) notées
dans la présentation d'une émission d'Arrêt sur Images (que
j'écouterais peut-être)
Quant aux assemblées
générales, elles laissent songeur l'éditeur : "On voit, place
de la République, la faiblesse du système d'assemblée. La parole
passe de l'un à l'autre sans réponse possible. Il n'y a pas de
véritable débat : c'est une série de prises de parole", juge
Hazan, qui préfère retenir de la Nuit debout le climat de
"confiance" et "d'amitié" qui unit spontanément
des gens d'horizons divers. En lieu et place des assemblées
générales et de leur temps de parole limité, il préfère l'idée
de "quantité d'assemblées informelles où on peut
véritablement discuter".
Parce
que se confirme le peu que savais déjà de la «démocratie
participative» quand on la soumet à des moules, une gestuelle, la
difficulté – en fait la quasi impossibilité – d'obtenir la
parole pour questionner, tenter de nuancer, de vérifier ce qui est
assené, de débattre, de se faire une opinion, ou de le tenter,
c'est à dire, avec la meilleure volonté du monde de la part des
organisateurs, le bouclage au profit des idées tranchées des plus
entreprenants, et pour la masse – même si elle est squelettique –
l'obligation de s'en tenir à un oui ou un non sans nuance ni motif. L'auto-sélection d'autorités. Mais oui, il y a de la sympathie, et les oppositions s'y noient,
feutrées, mais seulement endormies.
