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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, février 15, 2026

Rite du samedi et ballet à l’opéra

 


Ciel gris couvert et petit mistral s’éveillant en faisant glisser vivement les nuées sur le bleu.. m’en suis allée vers la rue Carnot



Guère plus de stands que la dernière fois sur le marché devenu idée de marché mais la fleuriste était en place comme le stand de fleurs devant les halles



dans lesquelles suis entrée, complétant ma provision de légumes et poissons (filets de cabillaud et de rougets et aïoli artisanal) 



avant de rentrer par la rue de la Bonetterie et sa fleuriste chez laquelle n’ai trouvé que trois photos à prendre dont celle-ci.

Bagarre en constatant qu’Instagram a finalement découvert que Facebook m’avait supprimée et donc en a fait autant.. des tentatives pour récupérer les deux, des échecs… renoncé pour le moment. Me demande si ne vais pas, comme certains amis me dégager de tous les « sociaux » quitte à suivre les amis en silence (sauf, honte, tweeter qui m’accepte encore et où je ne vois que gens charmants).

En début de soirée préparer souper avant de me changer 



et m’en aller vers l’opéra à contre mistral... il m’en voulait…



arrivée tout de même, mon manteau mon bonnet et mes cheveux en pagaille et la petite vieille très essoufflée, au 3ème balcon à une mauvaise place mais dans une ambiance gouailleuse et nous avons assisté (quand je ne voyais pas à cause de notre position trop à la droite du plateau et de la gymnastique incessante nécessaire pour effacer en partie les méfaits de la masse du chapiteau qui s’interposait et me contraignait à une incessante gymnastique, le rythme deviné y suppléait) à « Carcaça » un spectacle de danse de Marco da Silva Ferrera, sur une musique de Jao Pais Filipo (percussions, sur scène) et Luis Pestana (musique électronique) plus les battements de pieds et les chants des danseurs pour quelques moments intenses, et avec pour les  lumières Càtin Geada

Je reprends quelques phrases de la présentation sur le site de l’opéra :

Marco Da Silva Fereira utilise la danse comme outil de recherche sur la communauté, la construction de l’identité collective, la mémoire et la cristallisation culturelle. La chorégraphie, initialement basée sur un jeu de jambes sauté comme agitateur et moteur accélérateur, dessine progressivement un corps vibrant, rebelle et carnavalesque… 

Un casting de dix interprètes … Ils commencent par un jeu de jambes (footwork) qui leur est familier, venant du clubbing, des batailles de balles, de cyphers et du studio pour aborder des danses folkloriques standardisées et immuables… Réflexion sur ; Comment décidez vous d’oublier et de créer de la mémoire ? Quel est le rôle des identités individuelles dans la construction d’une communauté ?..



Saluts du public (pour notre petite communauté du 3ème balcon debout) et retour dans le mistral  tournoyant (qui maintenant chante une fois de plus son désir de déraciner la ville) luttant contre lui et m’appuyant par moments aux murs mais heureuse parce que j’ai trouvé ça beau.

mercredi, juillet 09, 2025

9ème de juillet - halles matin, après midi après renoncements une leçon impertinente au théâtre des halles, soir Magec/le désert aux Célestins

 


Matin les halles pour du vrai poisson (un morceau d’une tranche d’espadon et un demi dos de cabillaud de l’Atlantique nord)



Après midi voulais assister à un spectacle au Train Bleu mais erreurs de saisie de mon code et carte coincée… m’en suis allée à la banque, furieuse d’être prise par ma faute pour un escroc féminin, et l’ai décoincée… hésité et me suis finalement réfugiée au Théâtre des Halles choisissant « leçon impertinente » de et par Zou (ou Maëlle Mays) et Coline Trouvé (clownesse que j’ai beaucoup aimé)… qui se donnait trois quart d’heure plus tard dans le jardin temps que j’ai meublé en feuilletant distraitement un journal en buvant un café glacé (plaisir de retrouver ce mélange froid de café et de sirop d’orgeat) et en cédant à la tentation et à la gentillesse de deux hommes bleus venus avec leurs bijoux du Sahara (un de ceux que l’on rencontre en ce moment dans les rues et jardins comme chaque année) en m’offrant un bracelet large qui n’a pas le charme de celui en argent et ébène perdu il y a quelques années



« Spoiler alert : un spectacle feelgood dans l’espace public ! 
Zou, pédagogue nomade, enseigne, en rue comme en salle, des sujets qu’on n’apprend pas à l’école et pourtant essentiels au vivre-ensemble. Youtubeuse qui crève l’écran, star du stand-up, bouffonne ressuscitée, ancienne prof de philo ? Zou est une balle rebondissante sur un banquet de mariage ! 
Paraît-il qu’on peut rire de tout mais pas avec tout le monde, ni partout, ni tout le temps. Paraît-il que parfois rire c’est déplacé ; que le rire est une arme, que le rire est une défense, qu’il est indicateur social de joie, de moquerie, de gêne… 
Mais à quoi pense-t-on quand il devient fou ? »

La photo qui sert pour l’affiche est de Yannick Blancard

Beaucoup ri, trouvé tout de même que le personnage de Zoo avec son sérieux devenait un rien pesante avec   le temps… aurais préféré un quart d’heure de moins…



En rentrant trouvé place de l’Horloge une manifestation CGT du spectacle contre la politique culturelle du gouvernement, avec un bon orchestre (et des gens aimables pour me permettre de prendre une photo tout en chantant Bella Ciao) me suis attardée, ai commencé à préparer ceci 



et me suis brusquement rendu compte de l’heure d’où départ sans me changer (pas grave) et la gorge nouée par l’angoisse du retard pour arriver finalement juste dans les temps aux Célestins pour assister à « Magec/the Desert » ce qui aurait été bien dommage parce que, outre le plaisir de retrouver cet endroit que j’aime pour lui, pour les platanes les plus musiciens d’Avignon et les formidables souvenirs des spectacles de musique contemporaine des années 70, le spectacle de ce soir, après un début un peu lent dans l’obscurité qui m’intriguait plus que ne m’accrochait, m’a beaucoup plu.



Photo Christophe Raynaud de Lage


« Dans « Magec / the Desert », Radouan Mriziga explore la sagesse du désert et sa relation avec le temps, la lumière et le mouvement. Du Sahara aux steppes d’Asie centrale, le désert devient un espace de réflexion où se mêlent mythe, littérature et savoirs culturels. Sa danse s’inspire des rythmes, des artisanats et des pratiques incarnées des peuples du désert pour révéler une harmonie qui échappe à toute domination. Porté par une polyphonie de textes, de sons et de gestes, le spectacle invite à percevoir l’abondance dans l’immensité silencieuse, à renouer avec l’intelligence du monde naturel. »

Dans le petit dépliant de salle je picore et recopie des passages de ses réponses à une interview

« Lors de  mes précédentes recherches sur l’histoire de l’Afrique du Nord à travers le prisme de la culture amazighe, peuple indigène dans je partage l’héritage, ces trois lieux revenaient sans cesse : la mer, la montagne et le désert. Ce sont des territoires de passage, de transformation, des espaces où l’on est confronté à la nature dans son immensité, mais aussi à la mémoire des peuples qui les habitent depuis des siècles. Avec « Magec / the Desert » j’ai voulu explorer le désert autrement. Il est souvent perçu comme un vide, une absence, un lieu sans culture ni vie, à tel point que la France s’est permis d’y faire des essais nucléaires jusque dans les années 1990. »

« C’est une terre de spiritualité et de transmission. Le Sahara, le désert d’Arabie, les steppes d’Asie centrale ou encore les déserts américains partagent une même richesse culturelle et symbolique. Ils ont inspiré des poèmes, des musiques, des architectures et façonné des formes de résistance face aux changements climatiques et impérialistes. Mon objection… est de comprendre ce que ces espaces nous enseignent… »

« Passer du temps dans le désert était une étape essentielle du projet. Nous y avons vécu plusieurs jours, en marchant, en observant, ex expérimentant l’espace dans sa singularité… Ce qui m’a marqué c’est la manière dont le désert est en perpétuel mouvement… Cette fluidité a nourri ma réflexion sur le temps et l’espace dans la danse. Sur le plan chorégraphique cette expérience a influencé la manière dont nous travaillons la lenteur, la répétition, l’effacement et l’apparition. Cela nous a aussi amenés à explorer des gestuelles inspirées des mises de déplacement des habitants du désert, ainsi que des références aux animaux et aux éléments naturels… »

« Visuellement, le spectacle est inspiré par un élément fondamental du désert : la lumière. Le cadre solaire s’est très vite imposé. Il symbolise le rapport au temps, la manière dont les ombres et la lumière structurent l’espace… Magec est à la fois une évocation de la magie du désert et une référence à Magec, le dieu amazigh du soleil des îles Canaries… Les costumes s’inspirent des animaux et des plantes autochtones, mais aussi des motifs trouvés dans les peintures rupestres et les danses traditionnelles des peuples nomades… Concernant l’univers sonore du spectacle, il s’appuie principalement sur les compositions et musiques de Deena Abdelwahed… » 

dimanche, février 09, 2025

Derniers pas dans Flux65 et Fado dans la nuit



Pluie froide dans le jour, pas une grande forme, en suis restée à petite bagarre avec objets, carcasse et ordinateur.. aux derniers pas aussi dans le second étage du Cloître Saint Louis avec



le totem (le baptise ainsi, le vrai titre est « DZYLELYA ») de Catrin Cieslok  qui vit à Avignon (mais dont le blog est en anglais et ne porte que sur des oeuvres en deux dimensions) « J’analyse l’espace, les lignes et courbes ou encore la lumière et les ombres, les moments instantanés aussi…Très souvent, je capte ces instants avec ma camera ou mon téléphone, ces images sont des ‘techno-images’ (selon Villèm Flusser). Je tiens à les ré-interpréter en utilisant des techniques picturales classiques, comme le pastel, l’acrylique, l’encre etc. ; en procédant ainsi je reste dans ma créativité et dans mon être ‘le code source’… » 



entre deux fenêtres, « ondulation organisme Sylva » huile sur toile de Sylve Dauchet - « Le chemin est clair ne jamais enfermer l'idée. La construction s'étage : de la finesse de départ longuement travaillée à l'épaisseur de la finition les différents mots du ” livre” que je suis en train de peindre se succèdent dans une évidence picturale entre conscience et inconscience. Le parfait n'existe pas, ce qui l’est c'est sa recherche. Peindre énergie personnelle et intime, dont la source en est toujours la beauté d'une rencontre des yeux et du cœur… »



venant du couloir, passant sous une arcade pur venir se poser au sol de la salle, le long ruban de toile d’Erika Thomas « Tu ne tueras pas la vie tu défendras » et ses inscriptions |acrylique et feutres|  en grosses lettres (au verso ne sont que les mots en caractères latins de cette formule-titre-voeux)  - « Mon travail est orienté sur la retranscription, la garde ou l’oubli, voire le déni de la mémoire. Que faisons nous de ce qui nous est transmis? Que gardons nous? Que voulons nous transmettre à notre tour? »… « une base d’huile ou d’acrylique et passages de couches de pigments bruts. Les couches successives de couleurs et de densités de matières différentes vont être retravaillées pendant et après séchage pour être recouvertes d’autres, la matière va donc « monter » se craqueler, se fissurer, révélant des strates de couleur emprisonnées en profondeur. »



Le long bandeau « Horizons » de Corinne Mariotte  (technique mixte) - « spécialisée dans le dessin et la gravure, basée à Marseille. Au fil des années, j'ai développé une œuvre discrète, oscillant entre réalité et univers onirique. Mon expression artistique, principalement axée sur le dessin, a pris une nouvelle orientation avec des pratiques sur papier, telles que l'encre, le pastel, l'aquarelle et la gravure. »



la bande verticale d’Anne Paturel-Saget « Voyage » (papier - encres) - « Je vois la gravure comme un moyen d’expression : faire évoluer la force expressive du trait, jouer sur les encrages, utiliser les variations et garder une trace des passages…. La peinture et le dessin sont les alliés indispensables à mes recherches. Les trois techniques s’entremêlent et tissent des liaisons improbables ou au contraire pérennes.. »



avant la dernière des fenêtres sur rue, les deux chutes sombres (que j’ai aimées) de « Délier le temps » (papier, encre, cendre, végétaux) de Catherine Romanin - «Il y a quelques années, je réalisais de grands portraits dans lesquels le geste, la ligne, les traces de l’encre représentaient mais dans le même temps faisaient disparaître la figure.Actuellement, tout en étant encore fortement présents, ces éléments jouent avec la matière/papier qui donne chair mais masque  les formes du visage pour l’orienter ainsi davantage vers une abstraction que je nomme paysage. »



un peu en avant du mur du fond, sur gun socle devant l’arcade vers le couloir, « Lierre » de Bernard Fossen (bois) - « Dessinateur, sculpteur, animateur, batifoleur, marcheur, amoureux de la nature. Attiré par les formes étranges et bizarres des végétaux, du bois, et des minéraux, il se les approprie et leur donne une nouvelle vie. »



et sur le mur du fond le polyptyque en forme de croix « l’oracle du flux » (peinture àl’huile) d’Agathe Idalie - « Redéfinitions, ruptures – ce qui s’est imposé sur la toile ne peut être qu’un avènement provisoire dont il faudra s’extraire pour perpétuer le vivant du chemin. La peinture est lyrique : elle chante l’accueil du présent recomposé. Elle est morale: elle dénonce les faux-semblants, elle bouscule les figements. C’est pour moi un art sacré: parachever, rejouer l’incarnation, se « réoriginer »



toujours dans la salle, entre deux arcades, « Equilibre précaire » (bois, sable collé, encres) de François Tardy - « Maçon depuis 1980 je me suis orienté vers la décoration intérieure ; je réalise des enduits décoratifs, des peintures murales chez des particuliers. Depuis 1989 je peins des tableaux sur bois ou sur papier avec des matériaux utilisés dans le bâtiment (colle, plâtre, sable, cire, pigments, bitume), dans lesquels on retrouve étirements et incisions, signes et traces, en un langage mêlant forme et couleur, jeu interactif entre l’aléatoire et le maîtrisé. »



et « les 64 hexagrammes du Yi-King » (encre sur papier de mûrier) de Lydie Toran — malgré l’assez épais livret osé sur une table sous l’arcade n’y ai pas compris grand chose, sauf que l’utilisation de ce texte  inspiré du « Livre des transformations » de Cyrille  J.D. Savavary et Pierre Faure était libre pendant le temps de l’expositon) - « Mon travail est le sumi e sur papier de riz ou de mûrier. En coréen sumi e signifie encre et eau. L’encre est une forme d’écriture convoquant tout le corps dans sa conscience d’être au monde. Les pinceaux, les papiers, les pigments et les pierres utilisées pour le tracé des bambous ou des cercles que je réalise depuis plusieurs décennies sont d’origine végétale et minérale : leur texture, leur fibre et leurs odeurs dégagent une vibration de la Terre donnant de sa présence au travail qui s’accomplit dans le cours du mouvement. Si le mouvement ne se présente pas les traces à l’encre ne peuvent avoir lieu. Parfois il passe aussi naturellement que le temps laissant son empreinte sous la forme d’un langage dont les signes graphiques sont identiques à ceux de l’écriture numérique faite aussi de cercles et de traits. Toute la saveur de cette pratique ancestrale se situe dans l’interstice entre maîtrise de la technique et laisser aller du mouvement. »



Mes dernières photos reproduisent des oeuvres accrochées dans le couloir, et n’ai trouvé que fort peu ou pas de renseignements

« Vision d’Enclade »  (peinture acrylique sur toile) d’Armel Kerrest



« Quintessence de l’humanité » (technique mixte - ou collage - sur papier) de Michka Anceau



« Long Island » (dessin) de Jean-Pierre Zorrilla « Mes dessins se situent dans un univers post apocalypse .Je décrit souvent la vie après une catastrophe ayant détruit la civilisation telle que on la connaît actuellement ,dans le chaos et la confusion qui en découle je dessine des confrontations inattendues entre des acteurs improbables .Pour moi il en résulte qu’un nouveau départ est impératif la civilisation actuelle court à sa perte »



« L’aigle noir » (peinture acrylique) de Julie Colette Guille (n’ai trouvé qu’un article du Dauphiné libéré annonçant en novembre 2022 l’ouverture de son atelier à Carpentras)




et j’en suis arrivée à cette dernière au moment de me changer rapidement pour partir bataillant avec parapluie, canne, sac glissant sur mon épaule et appareil photo pleine de curiosité parce que j’avaus vu sur la petite bande annonce que ce Bate-Fado était nn seulement un spectacle de troupe très mis en scène  et tournant de lieu en lieu, ce que je fuis d’ordinaire,  mais d’un esprit très différent et assez ébouriffant des profondes déplorations d’Amalia Rodriguez et autres.. et puis il y avait cette présentation

« Chorégraphes et performeurs portugais parmi les plus inventifs de leur génération, Jonas&Lander se sont imposés sur les scènes internationales avec des créations hybrides aux accents très musicaux et qui explorent la fusion des arts de la scène. Cette pièce étonnante nous transporte au 19e siècle à Lisbonne où le fado alors appelé le Fado Batido ou Fado battu avait sa propre gestuelle inspirée d’une danse à claquettes énergique et virtuose.

Quatre danseurs et danseuses, quatre musiciens et un chanteur de fado à la voix déchirante redonnent vie et réactualisent cette danse traditionnelle. D’une grande modernité ce spectacle hybride, entre danse et concert est à la fois puissant et généreux. Une traversée sensuelle, chorégraphique et musicale »





Bon ça attire davantage que la musique de chambre et je n’avais pu avoir qu’une place au deuxième rang du troisième balcon ce qui m’a contrainte à une tension mêlée de souplesse très dans la note pour négocier avec le crâne juste un peu trop haut de l’aimable bonhomme assis au rang du dessous, mais ça allait… et le spectacle tenait largement, d’autant que ma voisine vibrait discrètement, les promesses de ces phrases.