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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mardi, août 02, 2011


En attendant les vases communicants du mois d'août, vendredi, je reprends ma contribution à ceux du mois de juillet, publié chez Quentin http://valetudinaire.net/index.php?post/2011/06/27/Avignon-23-32 e contre-point de ses presqu'îles http://brigetoun.blogspot.com/2011/07/les-presquiles-cetait-une-presquile-dou.html


Le monde, le ciel, arbres et pierres, tant et tant de siècles - un plateau ouvert à l'infini, et des montagnes violettes - la mer, le ressac sur des galets, l'odeur, du goémon - le soleil sur une vitre - lumière fusant dans l'eau,

les villes, les vies, les rires, les cris, la vitesse - la bêtise, l'agressivité, l'intelligence,

les mots,

moi - perdue au milieu, appliquée - à côté,

un mot : vide

sa beauté, l'idée, une pureté, une absence - je le caresse, j'en joue,

dans le vide,

vide, de vie,

le vide, la vie

la vie vide de vie,

vide de moi,

et moi vide de vie, vide de moi,

dans le vide de ma vie,

moi araignée, - guette la vie - vois les vies qui passent - prends ce que d'elles vois - pour ce vide, ma vie - ma vie vide de moi

n'en prends qu'ombre - passent vies intactes

Moi, dans le vide de ma vie - pleine de ces ombres de vie - je les tisse, je les aime - j'orne, suis heureuse

je me fais.


et, si vous avez du temps à perdre, pour dire adieu au festival regroupement anarchique de mes images


De Films

dimanche, juillet 31, 2011

Jour de peu

ciel bleu – vent – difficulté à ouvrir les yeux – tête sous l'eau, lavage et farniente matinal

suis sortie vers quatre heures, en quête de cigares, médicaments et porte-monnaie petit, pratique et présentable (pas été sans mal) dans la ville - ai retrouvé le paséo du samedi, et les derniers « tracteurs » souriants ou agressifs (les non-spectacles)

Le théâtre des halles, les carmes, le chêne noir et un certain nombre d'autres lieux ont fermé leur porte – il reste bien des spectacles que j'aurais dû ou aimé voir, mais flemme de choisir et petite révolte intérieure, suis rentrée tout doux dans l'antre

Les deux jeunes femmes en crinoline que rencontre régulièrement devaient faire grève - leurs jupes et corsets étaient ma foi fort bien portés par de charmants garçons -

et, en haut de la place, une troupe avait opté pour l'attitude croisière, l'océan étant remplacé par la petite foule – qui du coup venait demander des tracts.

Ai regardé l'antre et le repassage – jugé qu'il était un peu tard pour ce dernier, comme pour l'argenterie, le lavage des faïences qui deviennent poussiéreuses – en suis restée à de la cire pour le plaisir, à une énième intervention sur la porte vitrée de la salle d'eau pour le principe, à une conversation avec les plantes accompagnée d'un vague balayage. Ne suis même pas honteuse.

Une note un peu désagréable. La mairie faisait de la réclame sur son site pour le festival « résonance » : « La 3ème édition de ce festival de musiques actuelles investira la Collection Lambert, le Pont Saint-Bénezet, la Cour du musée Calvet. Il « mixe » musiques actuelles et patrimoine afin de provoquer la rencontre de ces publics, de donner à voir et à entendre. La programmation musicale propose un large éventail d’univers musicaux : musiques électroniques, hip-hop, soul, funk, nu disco... Du 29 au 31 juillet – Entrée Libre » et selon le programme trois dj se succédaient pour la première fois dans la cour de Calvet de 20 h à 1 h

Prise d'une impulsion, suis partie vers 9 heures et demi, pour un petit moment de curiosité en pensant aller ensuite, s'il y avait de la place, voir le dernier spectacle au théâtre de l'Oulle.

Les terrasses de la place Crillon étaient bien garnies, mais celle du tabac rue Joseph Vernet et ses voisines sont maintenant fermées. J'ai été dépassée par des gens habillés (et j'étais contente de m'être changée), j'entendais une musique sans grand intérêt mais me suis heurtée à la grille de Calvet à deux beaux-de-plage en muscles et tenues moulantes et blanches et à leur « sur invitation » plus brutal que gracieux. Ai souri, ai dit qu'il était dommage de ne pas l'indiquer, ai vu de belles vagues de lumières danser sur les murs de la cour d'entrée, et les platanes illuminés par saccades derrière le vestibule, et suis repartie, pas vraiment vexée de ne pas faire partie des élus que je croisais. J'espère tout de même en tant qu'amie du Musée qu'il a demandé un beau loyer.

En fait, en rentrant, j'ai vu sur le site dudit festival qu'il fallait acheter un billet, assez peu cher d'ailleurs, et ne comprend plus très bien. Heureusement le concert de dimanche après-midi au pont Bénézet qui risque de m'horripiler mais d'attirer les avignonnais moyens semble bien être, lui, gratuit.

Comme la pièce envisagée à l'Oulle commençait une heure plus tard, j'ai renoncé à ressortir et regardé « The Party » avec Peter Sellers pour rester dans le ton.

samedi, juillet 30, 2011

Soleil, vent – petite mort tranquille du festival


Dans ma ville ce vendredi il y avait toujours des affiches, malgré les volées ou arrachées par le mistral,

des terrasses, les dessins de l'ombre, les tâches de lumière, mais plus de petits-déjeuners à dix heures et demie

la place des Carmes, des chaises empilées, et une Brigetoun en forme mitigée qui se réfugiait dans ses yeux

le théâtre des Carmes-André-Benedetto, à onze heures, et Lætitia Mazzoleni, dans « les règles du savoir-vivre dans la société moderne », le plateau, quelques trucs

et les sentences qui doivent régler la vie, en chacune de ses étapes, conseils sages comme, lors du mariage :

«si on est riche on n'oublie pas les pauvres en ce jour de bonheur ; on envoie aux enfants assistés et les dessertes de la table » - et bien entendu si on est pauvre on n'est pas tenu à le faire, ça permet de faire la différence

(et par ma foi, décalage il y a avec notre monde contemporain, oui, on le dit, et on en rit, mais n'est pas si grand que ça avec ce qui m'a été inculpé)

Discours, rire, et tout ce qui ne se dit pas et règne dessous.

(la photo provient de http://www.lestroiscoups.com )

Sur le chemin du retour : dépose de l'installation du cloître des carmes (mais pas les gradins à cause du tremplin jazz)


des chantiers, Avignon se soigne, et nous regardons avec espoir et crainte les remises en état

une impression de vide devant la petite place sans jongleur, musicien , acteur et public, au débouché de la rue Peyrolerie.

et notre lumière, et notre mistral.

Journée entre soleil bu avec plaisir contre mur de la cour et sommeil-anéantissement. Un peu d'énervement, aussi, comme presque chaque jour, sur des vitres qui refusent avec obstination la propreté, et les odeurs des plantes arrosées dans le jour palissant.

M'en suis allée, un peu après 9 heures, dans la nuit qui s'annonçait doucement belle.

à travers le reste d'animation de la place de l'horloge,

sous la présence massive, l'élan bienveillant de Saint Pierre,

dans l'ambulation et les voitures de la rue Carnot,

vers la cour du Barouf, où j'avais vu un joli spectacle de tréteau de l'Académie internationale des arts du spectacle.

Un endroit que j'aime bien, avec l'agréable décontraction de l'attente dans la cour d'accès

pour voir une pièce qui n'est pas la meilleure comédie de Shakespeare mais pour laquelle j'ai petite tendresse : « peines d'amour perdues », montée avec belle énergie par les neuf acteurs de la troupe Tutti Quanti

Mais malgré leurs efforts, et des qualités, le parti pris de bouffe un peu trop appuyé des scènes des comparses, qui surlignaient leurs plaisanteries grivoises et alourdissaient les assauts d'esprit alambiqués et ridicules (la greffe comedia del arte ne prend pas très bien)

était en rupture en peu trop marquée avec leurs échanges joliment chorégraphiés et plus spirituels quand tombant les masques et débarrassés des prothèses ils devenaient les quatre jeunes couples.

(photos de leur site http://www.tuttiquanticie.com)

Une belle prestesse dans les changements d'aspect et de personnages, une habile modification du tréteau et de jolis jeux de rideaux.

Me suis tout de même passablement ennuyée sans vouloir leur faire l'affront de partir

et, ne sais si c'est pour cela, mais je chancelais et devais me concentrer pour avoir démarche ferme et digne à travers les restes de fête.

jeudi, juillet 28, 2011

Avignon – révolte contre le temps – plaisir et gravité d'une histoire de marionnettiste – et oloé bricolé

pluie matinale – lessive et tentative de séchage – fureur contre cette transformation durable d'Avignon en ville d'eau des rives atlantiques – contemplation des tees-shirts colorés à manches courtes, des robes légères pas encore mises, des jupes trop habillées, des grandes chemises et des caracos -

regard maussade sur le tas de repassage – petite douleur tenace – coup de pied – vieux pantalon kaki où suis bien, chandail coton orange, calmants –

choix d'un parapluie – saharienne marron – coup de téléphone pour vérifier qu'il y a de la place en venant tôt - tour de clé décidé,

et départ en maugréant contre cette sacrée ville indigne de moi, luisante d'humidité prolongée,

blottie dans la douceur de la lumière absente,

vers le Chêne noir et « hand stories » de Yeung Faï, spectacle qui me tentait, d'après ce que je croyais deviner à travers les critiques louangeuses venant de Lausanne, de Bourg-en-Bresse, etc.. et d'Avignon

Regarder les fleurs qui tentent de parer la misère des pierres sous ce ciel, et continuer l'attente, dans ce qui est en hiver le bar-foyer du théâtre, qui est pendant le festival la salle John Coltrane, qui me semblait, comme souvent le siège où j'attend un spectacle, et d'autant plus que dans le off on échange rarement avec ses voisins (ambiance plus classique, moins « culte ») un parfait oloé – même si j'ajoute ainsi à l'espace une notion temporelle - sauf qu'en fouillant mon sac j'ai constaté l'absence de mon carnet. Et pourtant : assise, luttant contre ma phobie de l'encens qui s'épanchait avec force, et y noyant petite douleur pour la remplacer par migraine – en besoin de m'accrocher à ce que voyais et sentais et aux mots qui m'en venaient –

rêver le papier qui manque – essayer écriture dans la tête pour que l'oloé ne soit pas stérile – trouver une carte de visite, le dernier billet inemployé du in et son enveloppe – reprendre le sac à fleurs, l'installer sur ses genoux, poser carte, billet, enveloppe dessus – oublier les mouvements tumultueux des sièges à chaque mouvement de mes deux jeunes voisines – installer attente et migraine dans la mouvance de la vidéo étroite et haute, comme un rouleau peint, au centre de la scène, en face de moi, l'écrire, et que les taches qui s'y forment et déforment lentement, feuilles ondulantes ou nuages, me font penser à de l'encre de Chine, et que c'est fait pour ça (auto-ironie salutaire) – pendant que les spectateurs jacassent et s'installent, leurs voix sur la musique sourde qui plane en ombre chaude – maudire, tout de même, cette façon d'associer l'orient à l'encens, et rêver de jasmin, de vapeurs de cuisine, de bois huilé ou d'eau croupie - noter qu'il y a sur la gauche une étagère portant semble-t-il un tissu de brocard plié, et à laquelle sont pendus deux petits gongs, et sur ma droite une sellette, un pavois, avec une petite photo d'un visage sépia que distingue mal, et trois marionnettes à gaine, de taille décroissante, aux visages rudes –

photo © Mario Del Curto comme les suivantes, prises au Théâtre Vidy de Lausanne

penser qu'elles représentent la dynastie de marionnettistes, pour avoir lu (et c'est une des raisons de ma présence) un billet chez Martine http://lireaujardin.canalblog.com/archives/2011/07/08/21569452.html auquel vous renvoie pour avoir avis plus structuré que mes petites notes :

le visage lumineux et gai de Yeung Faï quand il raconte une histoire de cour très assidue (humour, vivacité, érotisme noyé dans le rire) ou de bataille échevelée avec ses marionnettes colorées – ces moments où il s'adresse à elles – et la jolie petite scène tendre où la représentation du père présente une marionnette au berceau où Yeung Faï le dernier fils pleure, et les rires ravis du bébé

la discrétion de la grande carcasse de Yoann Pencolé, dans son rôle d'assistant, jusqu'à se voiler parfois de noir, et la façon dont il fait vivre le superbe et terrible dragon-serpent-révolution-culturelle

photo http://www.theatre-cornouaille.fr

la marionnette du père avec son bonnet de honte et son écriteau – portant une gigantesque pierre sous la menace d'une main

Yeung Faï assis dans une caisse prison, et en sortant, illuminé de bonheur, à la fin des années terribles pour donner immédiatement le spectacle des minuscules acrobates aux assiettes tournantes puis le combat homérique des deux petites marionnettes à l'ancienne

Yeung Faï à New-York dans sa caisse refuge tapissée de journaux et son écriteau se vantant d'être le représentant de cinq générations de marionnettistes, etc...

sortie vers 13 heures et retour rapide dans une ville qui s'obstine à ne pas être mon Avignon au ciel incomparable


malgré la très gaie et colorée fausse noce rencontrée en chemin.

Déjeuner, sommeil, carcasse en hauts et bas qui m'ont dissuadée de repartir en quête de spectacle ou d'un pass pour notre futur festival de jazz (moment dont j'aime l'ambiance et qui rend indispensable de belles nuits sur le Cloître des carmes... tu as entendu ciel ?)

Paresse – le tas de repassage est gentiment intact et en voie d'augmentation.

P.S.

Pour les oloé, voir la créatrice du mot-qui-devrait-figurer-au-dictionnaire : Anne Savelli, et notamment ce billet http://fenetresopenspace.blogspot.com/2011/07/des-oloe-espaces-paralleles-dansants.html ou mieux son livre http://www.editions-d-fiction.com/des-oloe-espaces-elastiques-ou-lire-ou-ecrire/, les nombreux billets qui en parlent bien, comme ceux qu'elle met en lien, et même, chez Brigetoun, http://brigetoun.wordpress.com/2011/05/24/des-oloe-–-ou-lire-et-ecrire/

P.S. Bis

une vidéo qui malheureusement trahit un rien la petite magie de ce que j'ai vu

mercredi, juillet 27, 2011

Avignon – halles et très très bon spectacle au théâtre des Halles – Fase annulé par Brigetoun

Le ciel à sept heures du matin était ravissant et plein de promesses, qui s'étaient voilées trois heures plus tard quand je suis partie aux Halles.

Petite affiche, pas vue autre part dans la ville, placardée sur le distributeur de billets que j'utilisais, intriguée un instant, sans possibilité d'en savoir plus cela n'avait lieu que deux ou trois jours – mais je lui ai trouvé un petit côté placard ancien,


les halles telles qu'en elles-mêmes, sans grand choix, mais tout de même

Tant pris de patates (trois sortes), d'huile et de brimborions divers que cela outrepassait quasiment mes forces

et suis rentrée lentement, profitant pour m'arrêter des parades qui voulaient bien me laisser le temps de les photographier (des autres aussi, mais n'en ai pas trace)

Pendant le déjeuner, quelques gouttes, et je pensais à la cour du Lycée Saint Joseph où devait aller le soir,

mais une jolie tiédeur enfin revenue quand suis sortie à quatre heures,

qui redonnait à la rue Saint Agricol foule esprit en fête.

Me suis faufilée pour arriver avec juste dix minutes d'avance au Théâtre des Halles,

juste le temps d'une mini attente dans le jardin,

avant « Pansori Brecht - Sacheon-Ga » - spectacle inspiré de « la bonne âme de Se-Tchouan » de Brecht, montée par Lee Jaram, accompagnée de trois musiciens, en un pansori modernisé (du moins installé dans notre monde contemporain), resserrant les trois heures du spectacle original en une heure (et de grosses poussières) pour tenir dans le format classique du off.

Pour la représentation de ce mardi elle était remplacée par Lee Seunghee, mais je ne sais pas ce que sa présence aurait pu apporter de plus, car j'ai vu et entendu : une merveilleuse actrice, une merveilleuse chanteuse qui arrive à rendre expressif le récitatif chanté sur une note, plein de souplesse, mêlé à quelques explications qu'elle nous dispense gentiment, au fil du récit , et à quelques « grands airs » - une jolie silhouette, un clown raffiné, une danseuse-mime, des personnages et situations crées par le seul maniement de l'éventail et de la jupe, la subtile modification du timbre, une jolie malice dans la façon d'introduire le pont d'Avignon, « travaillez plus pour gagner plus », ou Samsung-Apple à moins que ce ne soit le contraire, sans que cela fasse appel du pied.

Un grand sens comique, et presque sans transition, des moments tragiques. Un formidable spectacle et de très bons musiciens.

(photo Dohee)

Suis sortie le coeur en fête mais carcasse un peu grognassou, suis passée par petites rues, et suis arrivée dans l'antre à temps pour qu'elle me fasse passer un fort mauvais moment.

Et j'ai eu beau la cajoler, j'ai finalement renoncé à aller à dix heures voir, dans la cour du Lycée Saint Joseph, mon dernier spectacle du « in » - tout de même un peu marrie de manquer cette reprise par Anne Teresa De Keersmaeker, avec Tale Doven, de « Fase » créé en 1982, quatre mouvements de danse pure sur la musique de Steve Reich.

Deux vidéos d'enregistrements antérieurs de passages du 1er et du 3ème mouvements

« piano phase »

et

« violin phase »

Tant pis, lui ai pardonné, je trouve qu'elle m'a servie au delà de mes espoirs.