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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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vendredi, septembre 28, 2007

« Il faut aimer l’eau qui s’écroule
et submerge le sol
l’emprisonnant dans une gangue liquide.
Les plantes pourrissent lentement dans ce désert de nacre
froides parois qui embrassent leurs rameaux…
» Leiris
C’était il y a quatre jours, ou trois, ne sais plus.
Maintenant : mes orteils, qui remuent de temps en temps pour chasser le petit cri du froid, me rappellent la futilité du monde autour de moi, et de moi en ce monde. Avec une force que je dénoue par l’idée que cette lucidité qui me revient avec la pluie, pourrait, par là, être soupçonnée de futilité.

Faut aimer la vie,
et faut donner à la pluie
des bas de laine,
et fermer les fenêtres
sur l’humidité..
Moi, je ne veux pas,
d’une volonté gelée.
mais
Le monde se creusera,
et j’y resterai,
en attente non finie.
Mirliton pas assez honteux. Dodo.
Mais avant :
http://fr.youtube.com/watch?v=dX-hMhMTjEg (My funny Valentine par Chet Baker)

lundi, septembre 03, 2007

Dans le petit matin, une nouvelle collecte de feuilles près de l’évacuation d’eau et, la bouche pleine de miel, scier un petit bout de morue pour la faire dessaler (trop épaisse et moins bonne que d’habitude).
M’en suis allée dans les rues. Et j’ai retrouvé deux rêveurs, peinant, les pieds tâtonnant et les bras raidis, à la recherche de l’eau pour y poser leur feuille, et la charger de leur désir de voyage. Je l’ai admirée dans sa fine souplesse, les traces de bosses qui faisaient vivre et frémir son bronze, et j’ai eu un peu peur pour eux de la fragilité, le dénuement, l’entêtement de leur espoir.
Impossible, bloquée par la vitre et la langue, de leur demander quel était leur but - j’ai prié Nérée et les siens que ce ne soit pas notre relative richesse, et ses dessous salis.
Le soleil, en montant, n’avait pas encore décoloré le bleu du ciel, l’irradiant juste un peu à la marge. Et ce bleu aspirait les yeux, ennuyés un peu, flottants, dans le vide et le calme absolu des rues.
La place de l’Horloge, au retour, s’étirait lentement, hésitant à entrer dans la journée, pas sure que cela en vaille la peine, avec un petit espoir encore d’attirer des sous.
Ces traces de vie ont disparu, quand je suis descendue vers mon antre et le fleuve. Sur la terre sableuse, au fond, là où s’ancrent les immeubles, un pigeon brun et beige, dans un rayon de soleil qui la teintait de blanc crème, faisait une si jolie tache que je me suis arrêtée. Mais il s’est envolé pour se poser à coté de moi, et perdre un peu de la douceur de ses teintes sur le gris de la rampe.
Dans les derniers filets de soleil qui veulent bien encore plonger à la limite de ma cour, j’ai réuni des brides pour les offrir à mes bonshommes, mais je n’ose, leur beauté grande étant gorgée de tragique
« Ressac des misères aimées à la merci des mers,
en germe
ressuscitent les algues
aux bouches des rameurs couchés entre les lames ;
la débauche des écueils coupe l’ancre charnelle
malgré les alluvions d'îlots sanglants et de sanglots ».
Leiris
ou
« En dérive vers les côtes telluriques
Ma mémoire s’est brisée contre un rocher
Comme un miroir que l’éclair a foudroyé
Parmi ces tessons épars sur le plan d’eau
Lui la rosée de mille visages d’aube ».
Babacar Sall
et ce presque résumé
« Camarade, voici ton sauf-conduit pour te rendre partout – et pour y souffrir. De la ligne de flottaison aux abysses. Courage s’abreuvant d’infinies variantes. Lieu de délices qui dure un jour.
Ils construisirent une barque avec l’écume de la mer afin de se saisir du rivage le plus lointain. Cette chaîne de récifs c’est eux ».
Char
Alors, peut-être, ne leur offrir que Michaux :
« Ils se font enlever en l’air par un attelage de grands oiseaux de mer, quand ils tiennent à accomplir ou terminer un long voyage maritime, et n’ont pas la force magique de se transporter eux-mêmes « par voie de reconstitution ».
Ces oiseaux, le grand ennui avec eux est qu’ils ne peuvent longtemps se passer de poisson et cherchent à se poser sur l’eau, ce qui n’est point l’affaire du voyageur qui, le derrière trempé, regrette de s’être mis en route. »
Hum, peut-être pas.
P.S. et je suis désolée mais, aujourd'hui plus encore qu'hier, j'ai plein de malheur avec ma connexion et ne peut aller visiter les blogs que fort difficilement

jeudi, mai 17, 2007

Lorsque, furtivement, mon pas retrouve son assurance et sa vivacité d’antan, je ne devrais pas photographier en marchant, juste parce que un petit assemblage de formes et de couleurs séduisent mon œil. Mais après un moment de dépit, me plait bien cette photo.
Nous n’en étions plus là mercredi matin et je suis restée le nez dans Leiris, parce qu’il était sorti, écoutant une fois de plus Radiance de Keith Jarrett, parce qu’il était dans l’appareil, et, les aimant beaucoup, je constatais qu’ils s’accordaient mal, le besoin de me lever pour changer de disque flottant dans mon esprit sous » le Haut mal », sans aller jusqu’à déclencher les gestes nécessaires.
Ce qui arrive lorsque, de trop longues et nombreuses années durant, on a contredit sa vocation profonde à la paresse.
Le soleil hésitait à se faire important et j’avais un peu froid.
Et toujours Leiris
Un jour
le bruit des siècles n'était plus qu'un faible tintement de cloches
au creux des oreilles d'une femme endormie
sur une plage que le mur immobile de la mer
transformait en préau de prison
Ses cheveux répandus sur le sol et confondus avec son ombre
engendraient un faisceau de racines cône noir qui la fixait au sable
dans l'attente d'une troupe de pirates qui viendraient la délivrer.
parce que j'ai bien aimé.

mercredi, mai 16, 2007

Puisque notre imperator s'amuse bien en ce moment, et comme je ne suis pas douée et qu'il faut laisser les choses graves aux adultes.

Dans un jardin improbable, je suis entrée. Marchant dans la nuit, j’ai atteint une flaque de lumière. J’y ai trouvé des traces de vie brouillonne, sans doute charmante, mais passée, ou évoquée, ou mimée.
Il y avait deux lapins, lourds et sages, mais, sans oser les toucher, j’ai su que l’élasticité chaude de la vie leur manquerait. Et puis, l’un était trop loin, et l’autre trop amoureux.
J’ai déposé sur le sol la grande lanterne éteinte et inutile, me suis étalée sur le petit banc, un bras posé sur les volutes bleues ; j’ai tendu l’autre vers les fruits du panier, mais ils étaient, eux aussi, durs et froids sous ma main. Alors j’ai pris une poignée de pétales de rose et, tête renversée vers le plafond qui remplaçait le ciel, je les ai mâchées. Elles étaient un peu trop sèches et fades mais parfumées, et j’ai cherché à distinguer le chemin derrière la jarre, vers un rêve de bosquets.
Mais le soir, j'ai rencontré Leiris, et d'anciennes aspirations, et j'ai eu honte, un peu
"arête de silex,
le désir de devenir ici
l'homme sans tavelures ni eaux-mortes
que sous le vent décapeur
je me voulais là-bas."

vendredi, janvier 27, 2006

Leiris - dans "Haut Mal"
"La mère en noir, mauve, violet - voleuse des nuits - c'est la sorcière dont l'industrie cachée vous met au monde, celle qui vous berce, vous choie, vous met en bière, quand elle n'abandonne pas - ultime joujou - à vos mains qui le posent gentiment au cercueil, son corps recroquevillé....

"La mère - sa hanche : ronde ou sèche, son sein : tremblant ou dur - c'est le déclin promis, dès l'origine, à toute femme, l'émiettement progressif de la roche étincelante sous le flot des menstrues, l'ensevelissement lent - sous le sable du désert âgé - de la caravane luxuriante et chargée de beauté.

"La mère - ange de la mort qui épie, de l'univers qui enlace, de l'amour que la vague du temps rejette - c'est la coquille au graphisme insensé (signe d'un sur venin) à lancer dans les vasques profondes, génératrices de cercles pour les eaux oubliées....

"Viendra-t-il jamais à l'esprit d'une de ces innocentes salopes de se traîner pieds nu dans les siècles pour pardon de ce crime : nous avoir enfantés ?"

Le poème est beau, pour moi un creux dans l'estomac. Mais finalement la chute est un peu redondante et l'affaiblit.