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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mercredi, septembre 23, 2009

levant les yeux en quête de beauté (la masse de la poste en barre grise m'était ingrate, et les traces de chantier, devant, sans grand intérêt), j'ai vu les arbres jouer la gamme de leurs tons sur le bleu du ciel, que l'automne assourdit un peu, et de leur envol avec la verticale du lampadaire

J'étais en avance, et j'ai attendu en rêvassant, fesses posées sur le bord humide du bassin, le regroupement un peu malingre pour une fugace solidarité avec les syndicats défendant la poste

comme je m'en revenais, l'ai rencontré lui, et suis restée sur le seuil pendant qu'il me fixait avec une fixité minérale, à l'abri derrière sa vitre, dans ses murs, et de notre échange - la beauté de son poil, la finesse du museau, l'interrogation de ce faux regard me figeaient, crâne aussi ou plus vide que le sien - rien n'est sorti

je suis repartie, et en longeant la rue Joseph Vernet, à demi consciente des notes d'harmonie des façades, même humbles, au rythme des pas, les ai oubliés lui et elles, et l'idée de cruauté m'est revenue, qui ne s'appliquait pas plus à l'animal qu'à ces murs anciens et pacifiques, qui était sur un autre plan, la suite de ma journée, assise devant ma machine, parce que, c'est vrai, j'avais décidé de noter la force, l'importance, de ce livre où la cruauté et la faiblesse humaine se montraient sur les images effarantes des immeubles des confins de Sarajevo, qui n''étaient plus qu'impacts - et la présence humaine ne se voit que fugitivement, en dehors d'un peu de linge qui sèche, de paraboles dans des cavernes noircies, de quelques silhouettes, et des traces, ces constellations de trous, quelques rebouchages rudimentaires, des inscriptions, et un homme et son enfant devant l'énorme cadavre d'un appareil, devenu terrain de jeu inquiétant - ce livre, téléchargé lundi soir "Sarajevo lignes de fuite" - la force de ce travail, des photos d'Alexandre Chevallier, des mots de Guénaël Boutouillet, et, si on ne fait pas attention, la certitude qu'images et textes n'ont qu'un auteur, qui marche dans ces confins, tristes banlieues devenues enfer et discours de la guerre - mais la guerre ne parle pas, elle se montre à lui qui ne se voudrait pas touriste, voyeur, qui se perd, malgré la carte, ses lignes et courbes, qu'il rapproche des lignes et courbes de la ville.

Cheminements, les signes qui bouchent, les façades édentés, la neige, l'inhabitable sur-habité, Sarajevo "que nous cachons sous des clichés" - "C'est énorme, c'est béant".

http://www.publie.net/tnc/spip.php?article268