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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, juillet 31, 2016

Avignon – festival – deux, non un spectacle pour clore

matin quiet, résolument quiet

pendant que j'avais le dos tourné, une petite ondée dont n'ai vu que des traces 
sous un ciel grumeleux avec un coin d'espoir (l'après midi fut de bleu irradiant)
ai regardé la vidéo de François Bon https://youtu.be/PLG1lhWffxE proposant un nouvel exercice faux autoportrait – vrai fiction ai été prise d'une brusque démangeaison et pondu cinq lignes, et puis me suis reprise... ça n'aurait pu être que spécialement mauvais...
mais ensuite me suis trompée en prenant (cela m'arrive à peu près tous les six mois) deux fois mon traîtement ce qui ne m'a pas aidé à sortir du brouillard.. ai donc décidé que le festival s'arrêtait là et me suis enfoncée dans une longue sieste, avant de lire quelques poèmes de dehors – recueil sans abri http://www.editions-janus.fr/poésie/dehors-recueil-sans-abri/ reçu vendredi
Seulement, comme je me sentais presque coupable (idiotement) de cette oisiveté, et parce que n'y avais pas mis les pieds, ai cherché, et trouvé, deux spectacles qui se donnaient encore dans des lieux que j'aime bien, et m'en suis allée en fin d'après-midi, pas très fiérote ni ferme sur mes jambes (du moins le sentais ainsi et j'avais grand désir de rebrousser chemin)
vers le Centre Européen de poésie, regarder l'exposition de l'été (photos interdites) à l'intérieur des mots
Pour fêter les 30 ans (+10) du Centre européen de Poésie d'Avignon, nous proposons au public de découvrir L'Écriture des Poètes, collection exceptionnelle de grands manuscrits originaux au format raisin, dont une centaine sont exposés. Venus de tous les horizons géographiques et poétiques, d'Europe, Jean Tortel, Anise Koltz, d'Asie, Gozo Yoshimazu, d'Amérique, William Meredith, d'Afrique, Hawad, Paul Dakeyo. les poètes reçus dans nos rencontres inscrivent un texte, l'accompagnant parfois d'une création graphique. Traversée de la poésie de la fin du XXe siècle et du début du XXIe, dans ses multiples registres, ces tracés nous étonnent, nous questionnent, nous font rêver, témoins de la richesse et de la diversité de la poésie contemporaine. lire les poèmes (sauf certains qui étaient un peu trop hauts et écrits trop petit pour petite vieille) en trouver de fort beaux... et puis rentrer (navrant, nous n'étions que six) dans la petite salle pour assister à la belle, intelligente interprétation donnée par Samuel Savreux et Emilie Gévart (photo du programme) des Amours jaunes de Tristan Corbière que n'avais pas lu depuis bien trop longtemps.. 
dans un certain désordre, pour que se tisse le spectacle, et insérant en son milieu, ou à peu près, l'Epitaphe qui n'en fait pas partie et qui s'achève par
.. Ne fut quelqu’un, ni quelque chose
Son naturel était la pose.
Pas poseur, — posant pour l’unique ;
Trop naïf, étant trop cynique ;
Ne croyant à rien, croyant tout.
Son goût était dans le dégoût.

Trop crû, — parce qu’il fut trop cuit,
Ressemblant à rien moins qu’à lui,
Il s’amusa de son ennui,
Jusqu’à s’en réveiller la nuit.
Flâneur au large, — à la dérive,
Épave qui jamais n’arrive…

Trop Soi pour se pouvoir souffrir,
L’esprit à sec et la tête ivre,
Fini, mais ne sachant finir,
Il mourut en s’attendant vivre
Et vécut, s’attendant mourir.

Ci-gît, — cœur sans cœur, mal planté,
Trop réussi — comme raté
(abordée en sortant par un couple de spectateurs, heureux de ce qu'ils avaient entendu et vu et navrés que nous ayons été aussi peu nombreux.. moi j'étais tout de même nettement moins étonnée.. poésie en fin de festival..)
retour, et adieux muets aux nombreuses bicyclettes (qui ne savent pas toutes qu'à Avignon on roule lentement ou plutôt on marche) et aux affiches.
Et rentrée dans l'antre, renonçant, tant pis, à aller à 22 heures, pour finir et parce que je n'étais pas passée, chez Benedetto, assister dans son théâtre à place Tahir – le jour où l'espoir nous a prises par surprise par Jihad Darwiche à partir de témoignages de femmes égyptiennes, j'ai trouvé (internet est précieux) un lien https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Amours_jaunes qui m'a permis de relire les Amours jaunes... avant de m'installer devant Arte et de re-regarder the player d'Altman (aurais mieux fait de garder mon souvenir très ancien et très flou)
Je viens de trouver aussi un article ou Samuel Savreux (je découvre qu'il est cycliste) parle de ce spectacle http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/festival-d-avignon-catalyse-sur-le-pont-01-07-2016-11130911.php

samedi, juillet 30, 2016

Avignon – festival – jour 24 – douceur et Asie lointaine


matin, petit tour en ville, où les traces du festival, hors les théâtres, se font rares (il n'y a plus qu'un caricaturiste place de l'horloge, quelques distributeurs de tracts plus occupés à échanger entre eux qu'à tenter de trouver des mains intéressées par leurs bouts de carton et les terrasses, sur ma place, ne débordent plus sur la mosaïque de galets)
s'appliquer au repos, avec, comme toujours, de brusques envies de ces activités ménagères que néglige d’habitude..
et départ en milieu d'après-midi, (navrance en passant de constater que l'arbre du rocher est lui aussi dans une année de trop) vers la rue de la Croix, avec un salut au souvenir du Maupassant vu par les coréens, et le passage rituel à la Condition des soies, sa presque misère (en fait sous cet aspect décrépit il y a le confort du bas-flanc pour attendre même si me suis fait une fois de plus chipper ma place, et des banquettes raides) soigneusement chaulée, pour Play me d'I-Fen Tung et de sa compagnie M.O.V.E. Theatre parce que ne saurais me passer des taïwanais et que c'est le seul des trois spectacles présentés cette année que n'avais pas vu.
présentation : un dialogue dansé où les voix dirigent les corps. Cinq danseurs et performers jouent, insouciants, à des jeux d’enfants. D’abord amusants et fédérateurs, ces jeux se transforment très vite en machines infernales. Et dévoilent de plus en plus nettement les rapports de force et de pouvoir entre les individus. Saisi, on bascule du rire à l’angoisse..
une danse acrobatique, un jeu qui rebondit, et bien entendu un peu de cruauté, des moments de poésie (comme lorsque le micro que la plus faible applique sur son corps au lieu de donner des ordres diffuse des phrases incompréhensibles, des discussions, douces puis de plus en plus fortes si elle appuie davantage jusqu'à se faire souffrir) et de grosses nodules d'humour.
Me sentir presque rénovée en sortant, mais sagement, rentrer dans la touffeur et la lutte entre éclat et ombres longues vers l'antre.. arroser, préparer souper nocturne, changer de robe 
et dans un grand désir de non-intellectualité, partir vers la rue des Lices, 
aller assister à Pound it, Macbeth par une troupe coréenne, parce qu'à force d'échanger des sourires avec eux dans les rues j'avais envie de les voir, parce que les autres troupes sont parties ou jouent à des heures de trop grande fatigue.. et parce que je n'ai pas mis les pieds cette année au Verbe Incarné
un Macbeth un rien maltraité, hors psychologie, mais le plaisir du spectaculaire .. et puis j'en avais envie
une entrée époustouflante avec la danse en poussant les très gros tambours, les échanges de musiciens, les changements de rythme et la force du son...
et puis en fait ils jouent la tragédie, enfin un drame qui a l'ambition, des moments de remords, des morts, en commun avec Macbeth, mais sans Lady Macbeth ni sorcières (par contre les maîtresses du rois, qui est résolument bouffon, sont les plus jeunes danseurs, musiciens, revêtus de capes de tulle retenues par des rubans par dessus leurs culottes bouffantes et minaudières à souhait), c'est un peu un rituel avec des chorégraphies et des costumes et lumières très soigneusement beaux, ce sont des combats dansés, ce sont des scènes de bouffonnerie, des danses de drapeaux, de sabres, de cymbales, il y a les personnages en noir, masqués, qui sont un peu les rêves de meurtre de Macbeth et ses exécutants, il y a, tranchant peut-être un peu trop, même si, comme tout le reste, c'est emporté par la musique d'un très bon musicien accroupi à l'avant scène gauche devant un petit tambour vertical, l’expressionnisme tragique des méditations de Macbeth (très beau au demeurant)... ce n'est certes pas Macbeth, c'est très enlevé, fort beau, et passablement sympathique
retour de tambours avec une maestria réjouissante, pour les saluts
et Brigetoun s'en est revenue vers l'antre à travers la ville qui vivait tranquillement sa vie de nuit de vendredi en été.

vendredi, juillet 29, 2016

Avignon – festival – jour 23 – repassage (pas malin), forcer carcasse au cheminement – en rester à m'appelle Mohamed Ali,


eu la stupidité le matin, me sentant toute fiérote, de faire, assez mal d'ailleurs, mais pas tant, tout le repassage en retard - préparer déjeuner, corps appuyé à la paillasse, déjeuner, petite sieste, et puis téléphoner pour réserver, mettre chemise rouge pour la force, pantalon de lin léger, pastille vichy en bouche, attente en coeur, et m'en aller à corps refusant dans la touffeur du milieu de l'après-midi, 
dans les ombres des rues et les petits déserts lumineux, les blocs mous de touristes en travers de mes pas..
jusqu'à la place Pasteur, ses théâtres, et surtout le dédale de salles, cours, classes, terrain de foot, chapiteaux etc... du Collège de La Salle, que j'avais toujours fui, effarée par les six théâtres qu'il contient, tous dûment climatisés, dont le tout petit, tout au fond, l'Atelier, qui était mon but, et le choix entre les soixantes spectacles proposés...(mais plaisir déjà de la simplicité, de l'efficacité de l'accueil, du mélange de public, de la courtoisie générale et de la liberté grande)
mais voilà j'avais appris la veille, au théâtre de l'Isle, qu'Etienne Minongou y donnait les Cahiers d'un retour au pays natal de Césaire et, quelques représentations de j'mappelle Mohamed Ali (dernière aujourd'hui) et que le désir de voir ce que donnait l'association Mohamed Ali, Dieudonnée Niangouna (auteur du texte) et Etienne Minongou était irrésistible (en fait peut-être la première, ou une des finalement assez rares, expérience théâtrale cette année, le théâtre comme je l'aime d'où l'on ressort riche.. pour un temps plus ou moins long).
Ne connaissais pas la pièce, qui a eu 140 représentations et a beaucoup tournée, il y avait cette présentation dans le programme
Minoungou et Niangouna en appellent à Ali pour repenser une Afrique moderne, pour laquelle relever des défis est une activité quotidienne. M’appelle Mohamed Ali donne à réfléchir sur la résistance, la foi en soi, la complémentarité des êtres et le franchissement des limites. Etre Africain et en faire le choix , en porter l’identité fièrement comme on porterait un drapeau; résister sans se départir d’une grande ironie. Trois hommes noirs vont au combat.
Mohamed Ali tout le monde connaît, plus ou moins, Niangouna est pour moi (enfin pas que pour moi, sourire) un des plus grands auteurs théâtral actuel, et un militant, et Etienne Minongou, comédien, conteur, metteur en scène, dramaturge et entrepreneur culturel... a fondé une troupe théâtrale à Ouagadougou et les Récréales, premières résidences d'écriture et de création théâtrales panafricaines qui tentent d'explorer une nouvelle approche de la création dramatique en Afrique, en privilégiant un travail conjoint du texte et de la mise en scène.
Et là, ce soir, renonçant à un petit spectacle plaisir dans le coin j'ai un peu fouillé et j'avais trouvé une vidéo où il parle de la génèse de ce texte, et de Dieudonné Niangouna, vidéo dont blogger ne veut pas http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/M-appelle-Mohamed-Ali/entretiens/, puis sur YouTube une vidéo qui, plus encore peut-être, rend, mieux je ne le saurais, compte de ce à quoi j'ai assisté, qui donne l'impression d'une parole libre (avec tout de même quelques images fulgurantes de poésie de Niangouna, outre l'ironie mordante, l'inquiétude politique), une adresse, une interpellation
lire aussi, si vous en avez le temps (pas très long) l'article de Karminhaka http://attractions-visuelles.over-blog.com/2015/07/m-appelle-mohamed-ali-de-dieudonne-niangouna-boxe-de-l-esprit.html
Seulement voilà, sortant dans la poussière et les ombres longues de la cour, ai senti mes jambes commencer à flotter, ma peau se tendre de chaleur, et j'ai décidé de rentrer comme pouvais, le plus directement possible, avec arrêts contre murs pour laisser passer vertiges, et de renoncer au petit spectacle que devais aller voir, dans la foulée, à côté de chez moi.
Pondu ceci comme pouvais, et me suis enfoncée en une longue oisiveté, bercée par France Musique.