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jeudi, mars 21, 2019
Douceur de l'air, chocs des esprits et des coeurs
dimanche, mai 29, 2011

Pour illustrer les maisons de terreur (billet sur http://brigetoun.wordpress.com ) à propos de Lovecraft j'ai hésité un instant devant elle mais :
les fenêtres et leur courage bleu-vert,
la crainte d'attirer épouvante sur elle (superstitieuse, primitive, me veux),
une petite tendresse,
l'ai gardée ici, et j'imagine une société d'amis qui se répondent d'étage en étage et de pot de fleur en pot de fleur
Alors il y avait ça – et en cherchant bien, s'il n'y a pas eu, en ces murs, créatures monstrueuses, par contre luttes d'influence, petits complots ordinaires, machinations et colères explosives ou souriantes, y trouvèrent sans doute asile –
mais c'était faire injure à la beauté de ces rinceaux que de les assimiler aux copies néo-gothiques même les plus charmantes, alors restera vouée la porte au souvenir des frocs, soutanes, camails, pages en cote partie, et servantes aux multiples jupes, au présent des pantalons, shorts, robes fraiches et appareils photo, et me suis contentée de grimaces.
Comme ce jour les objets semblaient me déclarer la guerre, j'ai laissé passer les heures et puis m'en suis allée écouter les malheurs d'Antiochus, ce cher prince :
«Il ne me reviendra que le nouveau tourment
D'apprendre par ses pleurs à quel point elle l'aime :
Je la verrai gémir ; je la plaindrai moi-même.
Pour fruit de tant d'amour, j'aurai le triste emploi
De recueillir des pleurs qui ne sont pas pour moi. »
et de ceux qui s'agitent autour de lui, c'est à dire Titus et la chère Bérénice, celle de Racine, montée par la Comédie Française, dans une mise en scène de Muriel Mayette.
Brusque envie de classicisme qui m'en venue jeudi.

et c'était un bel et bon Antiochus, Jean-Baptiste Malastre, dont la voix caressait le vers, le donnait dans son rythme, sans perdre le sens, et qu'importe qu'il soit assez chenu pour un jeune prince, comme l'était le Titus d'Aurélien Recoing aussi fermement bon en chef d'état que véhément en amant déchiré.
Un peu injuste que l'âge, de la silhouette, et même de la voix, dont la caresse prend un côté chevrotant, rende, par contre, difficile pour Martine Chevallier d'être crédible en Bérénice, ou souligne (impression personnelle) ce que le rôle à d'égoïsme, d'avidité, de faiblesse revendicatrice, malgré l'émotion qui devrait être là, dans les intonations, émotion qui ne se trouve vraiment que dans le renoncement final.
Un beau décor, simple (petit souvenir de mes pas sous la colonnade de la Comédie) d'Yves Bernard, les actes s'enchaînant par un petit passage crépusculaire et l'ouverture d'une ou plusieurs zones de la toile-beige/murs entre les colonnes sur des panneaux-bleu-profond/espace.
Et le vers de Racine, parfaitement dit, était là.
(belles photos du programme, mal rephotographiées)
mardi, février 05, 2008
Début colérique de cette journée, où mon esprit s’envole jusqu’à Versailles, me fait membre invisible de ce groupe qui refuse ces dites élites, nommées par le peuple, insoucieuses de son avis. Mais nous ne sommes plus au temps où l’on escaladait les grilles pour les ramener sous bonne garde en notre capitale. Nous avons glissé et organisé la servitude volontaire.
Se recoucher, tête sous la couette, et ne pas écouter les raisons misérables que donnera Moscovici.
Les grilles de Versailles sont dorées, les grilles actuelles sont parfois virtuelles, les grilles que je sens pourraient être celles-ci, qui habillent la vue que l’on a du monde.
« Les bêtes, Dieu me soit en aide, si les hommes veulent bien les entendre, leur crient : « Vive la liberté ! » …
Ainsi donc, puisque tout être pourvu de sentiment sent le malheur de la sujétion et court après la liberté : puisque les bêtes, même faites au service de l’homme, ne peuvent s’y soumettre qu’après avoir protesté d’un désir contraire, quelle malchance a pu dénaturer l’homme…. au point de lui faire perdre la souvenance de son premier état et le désir de le reprendre ? »
… »Le grand Turc (pardons aux turcs, c’est La Boétie et son époque qui parlent, on peut facilement généraliser à nos terres) s’est bien aperçu que les livres et la pensée donnent plus que toute autre chose aux hommes le sentiment de leur dignité et la haine de la tyrannie. Je comprends que, dans son pays, il n’a guère de savants, ni n’en demande. Le zèle et la passion de ceux qui sont restés, malgré les circonstances, les dévots de la liberté, restent complètement sans effet, quel que soit leur nombre, parce qu’ils ne peuvent s’entendre… »
« Mais ils ne font guère mieux ceux d’aujourd’hui qui, avant de commettre leurs crimes les plus graves, les font toujours précéder de quelques jolis discours sur le bien public et le soulagement des malheureux »
A propos d’Uzès, pour utiliser une partie des photos du Faucon ami, et parce que dimanche soir j’ai essayé de me promener en esprit dans cette ville, la tour Fenestrelle
près de laquelle est, souventes fois, passé Jean Racine, en attente d’un bénéfice. Les brides que j’ai trouvées des lettres qu’il a envoyé de son provisoire exil. Le premier avant contact savoureux (hum !), et la barrière de la langue au temps des familles de l’oc : J'avais commencé dès Lyon à ne plus guère entendre le langage du pays, et à n'être plus intelligible moi-même. Ce malheur s'accrut à Valence, et Dieu voulut qu'ayant demandé à une servante un pot de chambre, elle mit un réchaud sous mon lit. Vous pouvez imaginer les suites de cette maudite aventure, et ce qui peut arriver à un homme endormi, qui se sert d'un réchaud dans ses nécessités de nuit"
Pour retrouver ma joie méchante à l'évocation de notre climat (en oubliant la morsure du mistral et le superbe orage de ce lundi matin "Je ne fais qu'arriver d'une lieue et demie d'ici, où j'étais allé promener; car il est impossible de demeurer dans la chambre par le beau temps qu'il fait en ce pays. Les plus beaux jours que vous donne le printemps ne valent pas ceux que l'hiver nous laisse, et jamais le mois de mai ne vous paraît si agréable que l'est le mois de janvier". Et une des photos dont je pense avec fierté que leur auteur a voulu qu’elles soient « à la Brigetoun ».
Puisqu’on ne nous laisse d’autre choix que de s’élever, encore une fort belle photo dont je n’ose revendiquer l’inspiration. Et merci au Faucon pour sa belle contribution.(et plus)
Dans Libération un assez bon résumé de ma colère « Boycotter ou s’abstenir revient à voter oui et à être le complice de Sarkozy», prévient Marc Dolez, qui s’en prend à une «attitude hypocrite» de son parti. Rappelant l’intention de Ségolène Royal, au cours de la campagne présidentielle, de tenir un référendum pour un texte se substituant au Traité constitutionnel européen , Clémentine Autain (apparentée PCF) considère que «le PS a la main pour ne pas avaliser le texte, frère jumeau» du précédent. «L’opposition a peur de s’opposer», proteste le socialiste Paul Quilès, regrettant «un défaitisme attristant». D’où la «grande colère» de Jean-Luc Mélenchon, évoquant la possibilité d’une minorité de blocage de deux cinquièmes des suffrages exprimés lors du vote à Versailles. Avec les voix de gauche et un renfort des souverainistes »Et malgré eux et d’autres (plus de 51 députés en principe d'après le vote à l'assemblée, et je ne sais combien de sénateurs tout de même) il n’est plus possible d’être socialiste.









