commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
Affichage des articles dont le libellé est jean racine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jean racine. Afficher tous les articles

jeudi, mars 21, 2019

Douceur de l'air, chocs des esprits et des coeurs

Contre un ciel ardent
les branches se réveillent
la ville est un chant
après charroi manteaux/draps du matin, journée neutre dans le neutre

et m'en suis allée à l'orée de la nuit attendre la navette (dans laquelle j'étais, s'agissant du théâtre, loin d'être seule) vers l'opéra Confluence pour le plaisir d'entendre Racine dit comme le savent les comédiens du Français, dans Bajazet..
Je reprends une photo de Vincent Poncet lors de la création de cette production dans la mise en scène d'Eric Ruff en 2017 (choisie pour son anonymat parce que la mise en scène, le décor, les costumes étaient repris pour les représentations à la Garance et Avignon mais que seule Clothilde de Bayser (Roxane, le rôle le plus important d'ailleurs, malgré le titre, et magnifique Roxane, sensible et femme de pouvoir malgré elle) subiste de la la distibution parisienne.
Un décor d'armoires pour évoquer, ma foi pourquoi pas, un monde étouffé, féminin,...
(Eric Ruff dit dans le programme ce lieu du pouvoir rencontre le lieu de l'intimité absolue. C'est la raison et le coeur. J'ai imaginé une clairière au milieu d'une forêt « armoisée » comme on dit arborisée. J'aime ce que raconte les armoires elles racontent des histoires... bon je n'aurais pas dû le lire, je trouvais à la chose un petit air légèrement onirique que l'explication refroidit... mais le reste de ses considérations sur l'épuisement des personnages qui sont ensemble depuis trop longtemps dans l'entrechoquement de leurs désirs et ambitions et en l'absence de l'autorité tyranique du sultan me plait bien), des robes longues, blanches ou pastels, et de velours bordeaux ou prune pour la sultane favorite et sa rivale au centee de la pièce, des chaussures parsement le sol dont le rangement occupe un des passages à vide entre deux actes – les amours, les calculs, les désirs de pouvoirs qui s'entrelacent, les plans du grand vizir (Alexandre Pavloff très bon même si je n'aime pas son timbre de voix)
Un vizir aux sultans fait toujours quelque ombrage :
À peine ils l'ont choisi, qu'ils craignent leur ouvrage.
Sa dépouille est un bien, qu'ils veulent recueillir ;
Et jamais leurs chagrins ne nous laissent vieillir.
les plans de Roxane, l'astuce et les craintes d'Atalide (Elise Lhomeau qui curieusement m'a semblé à chacune de ses apparitions très plate pendant quelques minutes avant de transmettre parfaitement l'émotion la poésie le rythme de l'alexandrin, Bajazet (un physique pour jouer Othello, et qui, pour le peu qu'il a comme texte ici, en semble capable) au centre...
pas la plus célèbre des pièces de Racine, un poème sanglant... dont j'avais souvenir bon et un peu vague. Une Brigetoun gourmande.
L'annonce de la mort de Roxane, de Bajazet, le corps d'Atalide sur la scène et les derniers vers dans la bouche de Zaïre sa suivante
Ah ! Madame... Elle expire. Ô ciel ! En ce malheur
Que ne puis-je avec elle expirer de douleur !
Applaudissements.

Et retour dans le coeur de nuit.

dimanche, mai 29, 2011

Pour illustrer les maisons de terreur (billet sur http://brigetoun.wordpress.com ) à propos de Lovecraft j'ai hésité un instant devant elle mais :

les fenêtres et leur courage bleu-vert,

la crainte d'attirer épouvante sur elle (superstitieuse, primitive, me veux),

une petite tendresse,

l'ai gardée ici, et j'imagine une société d'amis qui se répondent d'étage en étage et de pot de fleur en pot de fleur

Alors il y avait ça – et en cherchant bien, s'il n'y a pas eu, en ces murs, créatures monstrueuses, par contre luttes d'influence, petits complots ordinaires, machinations et colères explosives ou souriantes, y trouvèrent sans doute asile –

mais c'était faire injure à la beauté de ces rinceaux que de les assimiler aux copies néo-gothiques même les plus charmantes, alors restera vouée la porte au souvenir des frocs, soutanes, camails, pages en cote partie, et servantes aux multiples jupes, au présent des pantalons, shorts, robes fraiches et appareils photo, et me suis contentée de grimaces.

Comme ce jour les objets semblaient me déclarer la guerre, j'ai laissé passer les heures et puis m'en suis allée écouter les malheurs d'Antiochus, ce cher prince :

«Il ne me reviendra que le nouveau tourment

D'apprendre par ses pleurs à quel point elle l'aime :

Je la verrai gémir ; je la plaindrai moi-même.

Pour fruit de tant d'amour, j'aurai le triste emploi

De recueillir des pleurs qui ne sont pas pour moi. »

et de ceux qui s'agitent autour de lui, c'est à dire Titus et la chère Bérénice, celle de Racine, montée par la Comédie Française, dans une mise en scène de Muriel Mayette.

Brusque envie de classicisme qui m'en venue jeudi.

et c'était un bel et bon Antiochus, Jean-Baptiste Malastre, dont la voix caressait le vers, le donnait dans son rythme, sans perdre le sens, et qu'importe qu'il soit assez chenu pour un jeune prince, comme l'était le Titus d'Aurélien Recoing aussi fermement bon en chef d'état que véhément en amant déchiré.

Un peu injuste que l'âge, de la silhouette, et même de la voix, dont la caresse prend un côté chevrotant, rende, par contre, difficile pour Martine Chevallier d'être crédible en Bérénice, ou souligne (impression personnelle) ce que le rôle à d'égoïsme, d'avidité, de faiblesse revendicatrice, malgré l'émotion qui devrait être là, dans les intonations, émotion qui ne se trouve vraiment que dans le renoncement final.

Un beau décor, simple (petit souvenir de mes pas sous la colonnade de la Comédie) d'Yves Bernard, les actes s'enchaînant par un petit passage crépusculaire et l'ouverture d'une ou plusieurs zones de la toile-beige/murs entre les colonnes sur des panneaux-bleu-profond/espace.

Et le vers de Racine, parfaitement dit, était là.

(belles photos du programme, mal rephotographiées)

mardi, février 05, 2008

Sarabande de pluie dans la cour – je suis sortie pied nu et en pyjama pour vérifier les évacuations et contre le radiateur je me réchauffe pendant que tonnerre et éclairs font trembler les vitres.
Début colérique de cette journée, où mon esprit s’envole jusqu’à Versailles, me fait membre invisible de ce groupe qui refuse ces dites élites, nommées par le peuple, insoucieuses de son avis. Mais nous ne sommes plus au temps où l’on escaladait les grilles pour les ramener sous bonne garde en notre capitale. Nous avons glissé et organisé la servitude volontaire.
Se recoucher, tête sous la couette, et ne pas écouter les raisons misérables que donnera Moscovici.
Les grilles de Versailles sont dorées, les grilles actuelles sont parfois virtuelles, les grilles que je sens pourraient être celles-ci, qui habillent la vue que l’on a du monde.

La servitude volontaire et un grappillage chez La Boétie, un peu au hasard
« Les bêtes, Dieu me soit en aide, si les hommes veulent bien les entendre, leur crient : « Vive la liberté ! » …
Ainsi donc, puisque tout être pourvu de sentiment sent le malheur de la sujétion et court après la liberté : puisque les bêtes, même faites au service de l’homme, ne peuvent s’y soumettre qu’après avoir protesté d’un désir contraire, quelle malchance a pu dénaturer l’homme…. au point de lui faire perdre la souvenance de son premier état et le désir de le reprendre ? »
… »Le grand Turc (pardons aux turcs, c’est La Boétie et son époque qui parlent, on peut facilement généraliser à nos terres) s’est bien aperçu que les livres et la pensée donnent plus que toute autre chose aux hommes le sentiment de leur dignité et la haine de la tyrannie. Je comprends que, dans son pays, il n’a guère de savants, ni n’en demande. Le zèle et la passion de ceux qui sont restés, malgré les circonstances, les dévots de la liberté, restent complètement sans effet, quel que soit leur nombre, parce qu’ils ne peuvent s’entendre… »
« Mais ils ne font guère mieux ceux d’aujourd’hui qui, avant de commettre leurs crimes les plus graves, les font toujours précéder de quelques jolis discours sur le bien public et le soulagement des malheureux »

Les voutes des arceaux d’Uzès même si elles se veulent et sont plus protectrices que pesantes, mais il est confortable justement d’avoir le sentiment de baisser la tête, un peu.
A propos d’Uzès, pour utiliser une partie des photos du Faucon ami, et parce que dimanche soir j’ai essayé de me promener en esprit dans cette ville, la tour Fenestrelle

près de laquelle est, souventes fois, passé Jean Racine, en attente d’un bénéfice. Les brides que j’ai trouvées des lettres qu’il a envoyé de son provisoire exil. Le premier avant contact savoureux (hum !), et la barrière de la langue au temps des familles de l’oc : J'avais commencé dès Lyon à ne plus guère entendre le langage du pays, et à n'être plus intelligible moi-même. Ce malheur s'accrut à Valence, et Dieu voulut qu'ayant demandé à une servante un pot de chambre, elle mit un réchaud sous mon lit. Vous pouvez imaginer les suites de cette maudite aventure, et ce qui peut arriver à un homme endormi, qui se sert d'un réchaud dans ses nécessités de nuit"
Mais avec le temps, la reconnaissance de nos qualités, nous les sudistes : "En ce pays les civilités et les cérémonies sont encore plus en usage qu'en Italie. Je suis épouvanté tous les jours de voir des Villageois pieds nus ou ensabotés, qui font des révérences comme s'ils avaient appris à danser toute leur vie.Outre cela ils causent des mieux, et pour moi je vous assure qu'on y est fin et délié plus qu'en aucun lieu du monde" et j’aimerais tant que cela soit toujours vrai (ça l’est souvent quand on ne cherche pas à ressembler aux poncifs)
Pour retrouver ma joie méchante à l'évocation de notre climat (en oubliant la morsure du mistral et le superbe orage de ce lundi matin "Je ne fais qu'arriver d'une lieue et demie d'ici, où j'étais allé promener; car il est impossible de demeurer dans la chambre par le beau temps qu'il fait en ce pays. Les plus beaux jours que vous donne le printemps ne valent pas ceux que l'hiver nous laisse, et jamais le mois de mai ne vous paraît si agréable que l'est le mois de janvier". Et une des photos dont je pense avec fierté que leur auteur a voulu qu’elles soient « à la Brigetoun ».
Mais reste la désolation de penser que contre la volonté d’une majorité d'entre nous, le peuple, sera continuée la dérive dans cette Europe des marchands, qui ne sont plus synonymes de civilisation et donc de paix, qui mettent en concurrence et par là en guerre, les travailleurs et économies des pays, sous de grands mots détournés, et avec une petite couche de religion pour nous laisser un idéal, autre… Et puis bien sur l’Afrique (et là aussi la dureté des négociations commerciales)
Puisqu’on ne nous laisse d’autre choix que de s’élever, encore une fort belle photo dont je n’ose revendiquer l’inspiration. Et merci au Faucon pour sa belle contribution.(et plus)
Dans Libération un assez bon résumé de ma colère « Boycotter ou s’abstenir revient à voter oui et à être le complice de Sarkozy», prévient Marc Dolez, qui s’en prend à une «attitude hypocrite» de son parti. Rappelant l’intention de Ségolène Royal, au cours de la campagne présidentielle, de tenir un référendum pour un texte se substituant au Traité constitutionnel européen , Clémentine Autain (apparentée PCF) considère que «le PS a la main pour ne pas avaliser le texte, frère jumeau» du précédent. «L’opposition a peur de s’opposer», proteste le socialiste Paul Quilès, regrettant «un défaitisme attristant». D’où la «grande colère» de Jean-Luc Mélenchon, évoquant la possibilité d’une minorité de blocage de deux cinquièmes des suffrages exprimés lors du vote à Versailles. Avec les voix de gauche et un renfort des souverainistes »
Et malgré eux et d’autres (plus de 51 députés en principe d'après le vote à l'assemblée, et je ne sais combien de sénateurs tout de même) il n’est plus possible d’être socialiste.