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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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vendredi, août 04, 2006

Le ciel, bleu au départ, hésitait entre légers nuages blancs et masses de plus en plus sombres, pendant que je rentrais des Halles, avec trois fois trop de lapin, bien trop peu de fruits, et sans céleri pour faire une salade de céleri.

En bonne ancienne solitaire, je suis heureuse d'avoir la visite de ma jeune soeur très chérie et de son mari, et je suis pleine de crainte de ne pas savoir faire la cuisine, de trac à l'idée d'être trop évidemment appliquée, de très vagues résolutions pour la mise au top niveau de mon espace. Bien trop paralysée par cette peur, ou par ma paresse, pour faire quoi que ce soit, ô moi l'être velléitaire entre tous. J'ai paré au plus urgent en m'endormant. Au réveil le ciel avait opté pour un bleu pur et la chaleur était douce.
Posted by Picasa Et mon coeur est joyeux en pensant à cette journée, comme celui d'un enfant avant une fête - et, au pire, je ne vais pas les empoisonner. J'ai tout de même passé une heure à confectionner une pommade de tomates, oignon, ail, basilic, thym, romarin et huile d'olive, pour enduire le lapin et le laisser s'en imprégner jusqu'au matin, et mes mains sentent délicieusement bon.

Cet après-midi s'est levé un joli petit vent, pas un de ces grands vents créateurs de courants qu'évoque Orsenna, me tenant sous son charme, en conteur.
Un conteur qui aime citer et faire partager ses goûts. Donc, je cite Orsenna, citant Lacarrière, citant Ibn Abbas, pour rien, pour le plaisir de ce merveilleux récit de "la naissance du monde " : "Dieu créa une perle blanche ayant les dimensions du ciel et de la terre. Elle a sept mille langues dont chacune glorifie Dieu en sept mille langages... Puis Dieu appela (la perle blanche). Elle tressaillit à son appel, si fort qu'elle en est devenu eau coulante et mouvante. Toute chose suspend, pour un moment, ses louanges au Créateur, sauf l'eau qui ne cesse de le glorifier par son tremblement et son agitation." ... Puis ordre fut intimé à l'eau de ne plus remuer et elle s'arrêta, attendant un signe de Dieu". Est ce parce qu'il n'existe plus qu'elle a recommencé à couler ?

jeudi, août 03, 2006

Souvenir de ces jours où, grâce au festival, les portes de Calvet s'ouvraient brièvement sur le jardin, sans souci de la climatisation.
Mon ami, l'un des quatre grands platanes - leurs belles branches bruissantes de feuilles - mais leur âge et leur maladie parfois évoquée.

Je me tenais contre lui, j'appuyais mon apparent reste de verdeur et ma déliquescence à sa peau dénudée, les pieds dans les débris d'écorce et les jaillissements de racines, et j'écoutais, d'une oreille plus ou moins attentive, les textes proférés.
Aucune exagération, aucune dérive, artistique ou non de l'esprit humain, aucun lyrisme, aucune évocation de notre part d'ombre, ne tient le coup. Je suis partie de cette vie qui continue vaillamment de courir sous ces plaques blanches, presque minérales. Sa robustesse.

Étaient-ils déjà en cet état, il y a quarante ans, quand je me réfugiais dans le jardin, accès possible par chaque porte-fenêtre du musée poussiéreux et endormi. Je n'avais conscience, me semble-t-il, que de l'herbe folle, par plaques, sur la terre pulvérulente, et des deux grands paons ennuyés.
Rouge décanté : "un écrivain comme moi vit sa vie deux fois - la seconde fois quand il décrit ce qu'il a vécu la première fois"..... "La haine de la vie, la misanthropie et la misogynie me rendent malade. L'angoisse me rend malade... Écoutez moi ... Ayez pitié de moi".
J'ai terminé le livre de Brouwers et la force de cette tentative de "reconstruction" (horrible mot auquel je n'arrive pas à trouver un équivalent) qui ne se dit pas, m'a tenue sous son emprise. Est-ce cela, est-ce le choix de livres, que je pense forts et noirs, ramenés de ma razzia d'avant hier à la Fnac, est-ce le moyen-orient, la douleur, la panique, les mots détournés, et cette coupure du monde que l'on nous impose, ou nos divisions, Brigetoun, quand elle ne s'enfonce pas dans le sommeil, est contractée physiquement, moralement et très inutilement.
Alors : les arbres, le plaisir de ma famille redescendue dans notre sud - un électricien a réglé une partie de mes problèmes, et je m'embarque dans le Portrait du Gulf Stream d'Eric Orsenna.
"De tout temps, les marins ont lancé des bouteilles à la mer/
Pour tenter de rompre leur solitude.
Et aussi pour dessiner la route des courants." Posted by Picasa