deux des photos que j'ai reçues et qui ont réveillé en moi la nostalgie de la voile.Plus de quarante ans que je n'ai pas mis le pied sur un bateau - j'y serais un poids mort mais bon sang que j'aimerais ça.
Je ne sais ce que je préfère le bateau ou l'oeil de ma nièce, mais j'aime ces photos.
Je suis partie une troisième fois voir l'exposition sur les acteurs à Lambert, sachant qu'elle était prolongée. Prolongée oui, de quinze jours, mais elle était tout de même terminée, en caisse ou partie.
Bien recroquevillée chez moi (je commence mon adaptation au froid hivernal d'une vieille maison merveilleuse pour lutter contre la chaleur de l'été), je me suis promenée dans le Paradoxe du Comédien de Diderot et ses annexes dans le poche Garnier-Flamarion. Paresseusement je copie ce qui m'a arrêté cette après-midi
le second - Un grand courtisan, accoutumé, depuis qu'il respire, au rôle d'un pantin merveilleux, prend toutes sortes de formes, au gré de la ficelle qui est entre les mains de son maître.le premier - un grand comédien est un autre pantin merveilleux dont le poète tient la ficelle, et auquel il indique à chaque ligne la véritable forme qu'il droit prendre.
le second - Ainsi un courtisan, un comédien, qui ne peuvent prendre qu'une forme, quelque belle, quelque intéressante qu'elle soit, ne sont que deux mauvais pantins ? Le paradoxe... qui prouve ensuite que ce n'est certes pas ça, ou pas toujours.
Il faut être placé à l'écart, dans l'angle de l'appartement le plus éloigné du champ de bataille, avoir préparé son explosion par un long silence, et tomber subitement comme une comminge, au milieu des contendants. Personne n'a eu cet art comme moi. Mais où je suis surprenant c'est dans l'opposé ; j'ai des petits tons que j'accompagne d'un sourire ; une variété infinie de mines approbatives..stop - Le neveu de Rameau
pour l'orateur Il faut pour cela qu'il déclame si naturellement, qu'il force, pour ainsi dire, les Spectateurs à croire que tout ce qu'il dit il le pense dans l'instant même ; car tout ce qui est écrit porte avec soi la supposition presque certaine que l'Orateur en composant a employé toutes les subtilités imaginables pour parvenir à son but. Luigi Riccoboni Pensées sur la déclamation
mais Ce discours qui vous émeut, qui vous intéresse ou qui vous révolte : ces détails, ces images successives qui vous attachent, qui ouvrent votre coeur d'une manière insensible à celui des sentiments que l'on veut vous inspirer, tout cela n'est et ne peut être que l'effet de l'émotion vive qui a précédé dans l'âme de l'orateur celle qui se glisse dans la votre. l'Encyclopédie.mais encore Comme la sensibilité naturelle est défectueuse hors de sa place, de même l'Acteur qui ne sent rien, emprunte la sensibilité de quelque Autre, il tâche en vain de l'imiter, il se tourmente, il s'épuise.. il croit dérober le feu céleste, il n'en est que le froid parodiste.... Quand l'Acteur ne sent rien, qu'il s'y prenne comme il voudra, nous voyons qu'il ne sent rien. Sticotti Garrick ou les Acteurs anglais.
Et je fais grâce aux lecteurs obstinés. Mais s'il a tendance à vous prendre scolairement par la main, ce petit livre de G.F. est prodigieusement riche.