je ne sais si c'est (à ne pas prononcer) la discussion de la loi Sarkosy ou cet incroyable manque dans lequel m'installait l'absence d'un ordinateur (qui aurait cru que j'en arrive là) et de la petite communauté virtuelle, mais j'ai beaucoup pioché ces jours ci à la recherche de textes sur l'exil, certains beaux et forts.

Et puis j'en suis arrivé à ce qui est surtout un exil de notre enfance, même si dans le cas d'Elie Wiesel ce fut nettement plus grave, dans Mémoires à deux voix entre lui et Mitterand
E.W. "Je me souviens : quand je suis arrivé chez moi, j'ai eu l'impression de ne pas reconnaître la ville ni la maison où nous avions vécu. Elle était pourtant là.."
FM "Et au bout de deux ou trois jours, vous n'avez pas supporté ?"
EW "quelques heures"
FM .."Vous vous ennuyez?"
EW "..au contraire. J'ai ressenti tout à coup une angoisse comme si j'étais en pays hostile. Il fallait que je m'en aille le plus vite possible ... C'est parce que rien n'avait changé."
Me suis demandé pourquoi j'avais encore un bouquin de Mitterand ; sans doute parce que, si l'on ne peut tout adopter, incontestablement il m'intéresse et m'intrigue. Et je ne saurais en dire autant de Chirac ; bien obligée de savoir qu'il est là mais un peu comme une présence que l'on ne peut éviter, comme un rocher en travers du chemin mais un rocher qui de temps en temps agirait (curieux?) rarement de façon inoffensive. Enfin un truc qu'on ne peut négliger mais qui ne mérite que l'attention qu'il nous impose.
Bien sur je ne pense pas que cet avis de l'insignifiante et bizarre créature que voilà (et encore, il y a une bonne dizaine d'année) puisse avoir la moindre importance, sauf pour moi