commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, septembre 11, 2016

Si ne l'avez fait, devriez

samedi matin, temps encore chaud sans excès et ciel très bleu mais le soleil déjà a presque déserté ma cour (sa trace au miton de l'après-midi a quitté les dalles, est remontée sur le mur, n'effleure plus que mon front) et de toute façon coincée étais par lavage de cheveux, long séchage naturel, récurage partiel et appliqué de l'antre et un assaut idiot de mes blessures à l'âme anciennes à repousser...
N'ai donc vraiment rien à poser, rien dont j'ai envie, sur Paumée. Merci d'être passés, mais devriez plutôt, si ne le faites déjà, suivre (entre autres, mais tout spécialement)

mais voilà que suis emportée par mon élan.. et j'arrête

lundi, juin 16, 2014

Mon rien, un émerveillement, une fascination


Temps humide, couvert... petites pluies qui semblaient venir de s'achever, toujours, chaque fois que pointais le nez vers le hors
temps à faire se réjouir un jardinier, et justement l'ai rencontré....
J'ai voulu lui demander conseil pour mon ami l'arbre mal en point
mais il était terriblement flou, ne m'a pas écouté, ou mal peut être, et ne l'ai pas compris,

et d'ailleurs, pour l'arbre, il était trop tard... beaucoup trop tard.
Je me suis repliée sur ma journée, abandonnant mon petit conte avorté, né devant deux images qui traînaient dans ma réserve, pendant que mes cheveux séchaient, me suis repliée sur ma journée qui se voulait creuse, vide, qui s'est peuplée de deux moments émerveillés
en écoutant à loisir les jeunes femmes jouant Bach, les morceaux programmés par le vieux Jed, le fantôme de Jonathan-Edgar Lewillin Brandon en rêvant un peu à son histoire telle que racontée par Lélius http://perlesdorphee.wordpress.com/2014/06/15/le-vieux-fantome-et-les-fees-du-chateau/, et puis en rêvant plus loin de lui, de rien, de l'air, de mes mains, de tout
et prendre longtemps le temps, après la lecture méditative du billet de Pierre Ménard évoquant cet inconnu de moi, belle découverte du jour, Oscar Muñoz, http://liminaire.fr/palimpseste/article/protographies-d-oscar-munoz, de regarder le visage flottant sur l'eau du lavabo rejoindre son ombre en se déformant pendant que l'eau se vide, et puis, en très longue fascination, l'autoportrait s'effaçant en se dessinant, tracé à l'eau sur une plaque pendant que France Musique emplissait la pièce.

mardi, novembre 05, 2013

Images d'un matin gris


Partir dans une humidité morne, avec le petit sourire qu'avaient laissé, flottant en moi, des bonheurs de lecture matinale, qui transformait en résignation ma petite rage de devoir cheminer longuement pour aller chercher un colis qui ne m'avait pas été délivré (alors que j'étais chez moi).
Frissonner un peu de froid et de mornes visions, protéger indifférence, 

glisser en esprit et craindre de glisser sur le sol
penser à l'aube de Francis Royo, qui avait accompagné mon réveil http://analogos.org/2013/11/04/aporos-248/ et comme c'était un jour faste, il y a eu un peu plus tard une bribe http://analogos.org/2013/11/04/bribes-7-7/

Se sentir un peu stupide, très déplacée ce soir avec Paumée, ne pas y accorder d'importance, juste accumuler images prises, un peu au hasard, sur des impulsions, images d'un peu tout, comme de cette laideur qui voudrait faire vendre (et cette question est-ce que vraiment cela déclenche autre chose qu'une fuite instinctive ?)
repenser au troisième numéro de l'histoire de mes livres de François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3754 et me souvenir du hasard merveilleux qui m'avait fait choisir, on ne sait pourquoi, moi qui lisais anarchiquement, coupée de toute discussion littéraire – pas tellement le genre des dactylos des agences immobilières ni des commis de chantier -, et qui fuyais – instinct idiot – toute intervention d'un libraire dans mon errance rêveuse devant les rayons, les «Vies minuscules» de Pierre Michon, sentir qu'il y avait sans doute là mieux qu'un plaisir, accord, que je n'analysais pas, et croire que ce m'était une petite découverte toute personnelle (ce sera la même chose pour Gracq avec «la presqu'île», pour Sarraute de façon plus précoce et plus soutenue – pour Simon et Quignard et le premier tome des «petits traités», je les dois à l'écoute de France Culture au bureau, que j'utilisais comme un bruit de fond, comme on égrène un chapelet, pour fixer son attention sur autre chose - mais pour Bergounioux, Toussaint, Bonnefoy, François Bon, à part les Rolling Stones, France Culture encore, etc.. il me faudra attendre internet et le calme d'Avignon... pour les poètes il y a toujours eu attirance un peu anarchique, et chance)

avancer en trouvant petit charme indifférent au retroussis des feuilles tombées, aux idées d'indépendance d'un petit chien, à un envol d'oiseaux
me souvenir du regard, des distances, dans «en se décalant légèrement» de Christine Jeanney http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3754 , des cosaques, pour eux et parce que suis embarquée dans l'aventure, http://lescosaquesdesfrontieres.com/2013/11/04/au-bord-de-tout-1/ , des dernières «livraisons» des romans de Claudia Patuzzi http://ladroitebiaise.com/ et Giovanni Merloni http://leportraitinconscient.com/

penser que la très lente entrée en automne, et l'arrivée brusque de l'approche de l'hiver, cette année, précipitent les feuilles dans la chute avant qu'elles aient eu le temps de roussir,
mais la promenade dans Gand à la suite de l'oeil de Dominique Hasselmann http://doha75.wordpress.com/2013/11/04/gand-jete-en-quelques-images-et-une-apres-midi-seulement-24/ pour en rester aux découvertes de l'entrée dans le jour

et s'installer pour une longue attente devant le pupitre derrière lequel se tient, s'affaire, le seul postier chargé, dans Avignon, de recevoir, de délivrer, lettres et colis (dans la poste de mon quartier on ne peut que déposer des envois)

maintenant que la poste s'occupe de tout sauf du courrier.

Organiser la charge... et entreprendre pendant une petite heure la recherche impuissante d'une chemise de nuit, autre que légère nuisette, de ma taille – renoncer... le sommeil confortable n'est admis pour les commerçants qu'à partir d'un certain volume.

s'en revenir le long des terrasses désaffectées, et couler le long du jour, se sentir hors jeu dans les échanges, se tenir comme pouvais hors d'atteinte de ce que je lisais de désespérant sur le gouvernement du monde, être terrifiquement lente dans tout ce que faisais... tout doux, tout doux.
En finir avec mon pensum, le mettre en place.

dimanche, avril 21, 2013

passage


L'hiver en presque retour sur la ville....
Vent et pluie froide, fleurs vaillantes et blessées...
et une Brigetoun en vertiges et désarroi, qui s'en allait vers la gare, parce qu'elle avait, après réflexions défaillantes, pris un billet pour vendredi, afin d'aller coucher auprès de la voiture qui devait l'emmener le lendemain, vendredi, au rendez-vous lozérien.


Les gouttes rares s'écrasaient sur la pellicule d'eau du bassin avec des cercles, dansant, s'évanouissant...
et ces erreurs, ces oublis, ces tristesses deviennent fréquents, assez pour que l'inquiétude vienne colorer le début de dépression avec lequel bataille (d'où petite agressivité stupide devant les vrais ou faux abandons)


Le rempart de Viollet Leduc prenait un air rébarbatif..

et j'avais constaté, regardant une note sur l'agenda et le billet du concert auquel comptais pour colorer ma journée, que là aussi je m'étais trompée...

Le temps ne s'est pas amélioré, du moins pendant cette petite expédition, mais suis revenue avec bon billet... repensais aux photos attendrissantes reçues de Toulon.... croisais de grands jeunes permissionnaires qui repartaient avec calme souriant...
ai décidé, je crois, de vaincre ma crainte et de demander, en rentrant, à petit toubib de m'adresser à qui de droit pour savoir où j'en suis sur mon chemin vers la dépendance, que je ne m'autorise pas.
Et comme lecture, écriture, pensée comme peux, sont, me semble-t-il, de bons remèdes, décide de continuer, lu ou non, ennuyeux ou non, Paumée.
Ceci n'étant pas excuse - enfin si, un peu, parce que ça ne se fait pas, de dire -, ni plainte devant ce qui n'est que normal, juste une explication.
C'était un très bad day mes chers.

pas trop en état, pas très sûre de vouloir m'immiscer... mais tout de même trois

la suite, le creusement de ventre de Jean-Marc Undriener http://networkedblogs.com/KsV2k

une note de Philippe Annocque sur l'écriture de Liquide et Monsieur le Comte, deux livres aimés, différents en apparence, liés http://hublots.over-blog.com/article-de-liquide-a-monsieur-le-comte-117242574.html
et, sur le tiers-livre de François Bon, le texte d'Harry Mathews sur Lautréamont http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3505

samedi, avril 20, 2013

samedi

lumière rose de l'aube - assoupissement - pluie fine, éclaircie – éternuements, toux – nuages, pluie – carcasse quiète – lumière revenue, s'affirmant, déclinant, pleuviotement, vent... sommeil bercé

me suis installée en face de lui,
avons goûté de concert (pour de conserve étions trop plantés) le vert merveilleux de l'artifice, comme jamais herbe d'ici ne sera
avons tenté d'attirer l'attention du lapin plein de serpolet mais il guettait on ne sait quoi, un chasseur venant dans la lueur rougie du couchant, ou plutôt caché dans le décor du salon ?
L'oiseau penchait la tête, me regardait, je croyais entendre le son d'un cor comme chaque fois que je rêve au soleil couchant (juste quand je rêve)
La pluie verdissait les feuilles de la cour, l'oiseau s'est assis pour couver l'avenir, je me suis plongée dans la versification, ou l'ai effleurée, entre jouissance et recul de mauvaise élève,
parce que les vases communicants approchent (même si sont furieusement démodés – je me demande si je suis contagieuse – ils semblent devoir se borner à six échanges) parce que ce sera un échange plaisir, parce que une idée me plaisait, parce que la crainte s'installait, parce que persuadée suis de ma nullité en ces jours, parce que ne me restait plus qu'à me lancer... fait en grande partie, résultat comme peux, premier jet à revoir, Brigetoun, à revoir.
Au surplus, repassage, lecture textes mis en ligne, lecture bribes intelligentes dans le numéro d'Europe sur Benjamin, sieste, repassage, clameurs tristes du monde avec un petit éclair de joie..
un jour

liens du jour
très fragmentaires (y ajouter textes sur tiers.livre, les placard, d'autres, vous laisse trouver)
http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1043 la superbe méditation - l'âge et le temps - d'Arnaud Maïsetti
et dans la traduction en cours du journal de Kafka par Laurent Margantin http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article1955 ce redoutable portrait à grands traits et mots précis, et les fragments suivants, avec toujours cet univers en une phrase
repêché dans mon silence d'hier, parce que lu en sympathie avec la stupeur exprimée et avec les admirations, de Florence Trocmé dans le Flotoir - plutôt la modestie http://poezibao.typepad.com/flotoir/2013/04/plutôt-la-modestie.html

jeudi, avril 18, 2013

Voeux pour Publie.net


Avec le printemps, avec l'entrée des platanes dans leur vie de vert frissonnant, ils pleuvent de la bourre brun clair sur les parasols blancs, et des cohortes de chatons commencent à franchir ma porte fenêtre.

Merci à ceux qui sont passés, sur mon billet d'hier – pas satisfaite bien entendu, mais il sourdait de ce qui avait tournoyé quelque part à la surface de mon cerveau - mes lectures aidant – qui est étonnement, plaisir aussi de croire, illusion sans doute, mais cette illusion m'est chère, que l'essentiel reste intact, ou presque, que seule la guenille comme on le disait jadis change. Et quant à la traversée finale, maintenant que j'ai l'assurance de l'absence de rites, elle m'est amicale, m'a toujours aidé à supporter notre bord.

Pardon, passons.... en fait je voulais parler, d'autre chose, en faisant le pari que ce ne soit pas futilement inutile, venant de moi.
Juste pour ne pas en rester à mes voeux pour la survie, la durée de Publie.net, pour l'aide à apporter à ceux qui se donnent à cette - comment dire ? ne sais, alors... – oeuvre, pour ceux qui m'ont donné, qui me donnent tant de plaisir, en profondeur, souvent, tant de découvertes, qui appuient l'édition de la littérature en train de se faire sur une diversité qui devrait séduire au delà d'une minorité, je voulais inciter à lire, comprendre, suivre, l'appel adressé, depuis Bangkok par Gwen Cattala, repris par beaucoup d'entre nous...
Je choisis le premier lien que je retrouve, chez Arnaud Maïsetti http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1040 (et ça tombe bien, lisez donc ce que Publie.net a publié de lui) que je relaie sans grand espoir d'être entendue malheureusement, suis de moins en moins lue, ou par des rétifs à l'écran (mais maintenant il y a Publie.papier), ou par ceux et celles qui se méfient, à priori, depuis toujours, de mes goûts, ou par ceux qui, comme moi, tiennent à Publie.net.
Lisez le... pensez à la fragilité de ce qui naît, et si vous le pouvez «allez y voir», puisque
Ne vous y trompez pas, nous sommes fragiles. Si cette création — et je choisis sciemment de ne pas évoquer la création numérique, et ses spécificités —, sans publie.net, ne disparaît pas, comment trouverons-nous un autre espace commun, où faire bloc. Comment ferons-nous pour affirmer notre identité, à tous  ? Une voix plurielle et pluridisciplinaire, mais une voix forte. Comment ferons-nous  ? Il existe des solutions, une en particulier. Et ô grand merci, plusieurs d’entre vous y prennent part, avec assiduité.

Et, dans Publie.net il y a maintenant l'expérience de nerval.fr des ensembles proposés, des résidences numériques, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3498, y ai plongé, y replongerai,
y ai retrouvé Arthur Maçon de Joachim Séné, avec jubilation
Arthur Maçon avait pour habitude de se protéger du soleil sous la mauvaise ombre d’un arbre à la futaie trop haute, tellement haute que seuls les lampadaires d’aujourd’hui rappellent à Arthur Maçon ces premiers arbres longilignes à tête de chou, avant leurs millions de mutations qui aboutirent à nos forêts denses et basses, desquelles Arthur Maçon s’éloigne le plus possible — douloureux souvenirs plus récents (si l’on peut dire) d’ours, de loups, de tyrannosaures.
Et la découverte de place de la chambre de Michaël Gluck
Après, commence la rue. Sur la gauche. Vous voyez. Voilà, c’est la dernière maison où nous avons vécu. Dans cette ville. Tous vécu. Vécu. Oui. Avant l’exode. Là, celle-là, oui. Au numéro cinquante-trois. Même si le numéro cinquante-trois n’existe pas, n’a même jamais existé. Je n’ai pas oublié. Soixante ans après. Je n’ai pas oublié. Rien oublié. Me souviens. Des lieux. De ce côté, jamais ; on n’entrait pas. Sur cette place, la maison est sans nom, sans chiffre. La maison est innommable. Elle est indéchiffrable....et son écriture pétrie d'humanité, j'aimerais tant que vous le lisiez.

j'avais décidé à minuit à minuit, en revenant vers internet pour Paumée, de noter deux liens vers de beaux textes que venais de lire, et justement, je retombe sur Publie.net ou du moins des auteurs
Arnaud Maisetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1041 où le soleil s'est pendu
et Daniel Bourrion http://www.face-ecran.fr/2013/04/16/place?utm Place
et puis, voulais en rester là...mais j'ai ajouté, en fin de matinée
de Laurent Margantin (encore un auteur Publie.net) http://oeuvresouvertes.net/spip.php?article1951 il vit et travaille dans une petite pièce
et, toujours, par un auteur Publie.net, pour le plaisir que me fait le passage chez elle, la suite des cinquante nuances de placard de Christine Jeanney http://christinejeanney.net/spip.php?article644 (elle, elle le verra, et je lui redis, ici, le sourire qu'elle me donne, agréable d'être, je crois, intelligent
Bien entendu, il y a tant d'autres choses à lire, simplement là je m'en tiens à eux 

mercredi, avril 17, 2013

le temps - mon temps


Passe, passe le temps
Il n'y en a plus pour très longtemps...

Le temps s'en va, le temps s'en va, Madame
Las, le temps non, mais nous nous en allons....
Ces mots tournaient rebondissaient se répondaient, chantaient en douceur en moi ce matin, et ne sais si cela résultait de lectures récentes, ou du contact, de la vue, de ma peau

Le temps qui rythme, le temps que l'on marque depuis que civilisés sommes, le temps qui nous marque.
Le temps m'est étrange, qui est - a toujours été je crois - se permet d'être depuis que plus n'ai d'obligations -, variable, indécis, circulaire, qui repousse dans un lointain si grand que plus n'est déterminé des impressions, des actes que ma raison, avec effort, quand l'écoute, ramène vers moi comme fonce un express - le temps qui n'existe pas quand suis présente dans un monde qui n'est plus - le temps qui bouleverse, mélange ma vie, et ne sais plus si c'est mémoire, invention, re-vie.. quand l'âge mur se situe parfois plus loin qu'un regard levé vers des adultes, mais reste plus proche que la terreur adolescente devant une assemblée.
Le temps je ne le sens pas, sauf que lui se rappelle à moi, dans le caractère qu'il a donné, en bien et mal, à l'insignifiance de carcasse, dans l'importance péremptoire et vengeresse qu'elle a pris pour moi. Mais, banalement, comme me le disaient ou laissaient deviner les vieux, comme je ne le croyais pas, moi, dans carcasse, je n'ai pas d'âge... juste parfois de l'expérience qui dialogue avec mes sentiments, réactions, comme un censeur plein de bienveillante autorité.
Ma foi, suis très ordinaire... et mon temps est flexible.

Liens du jour
http://dreamlands-virtual-tour.blogspot.fr/2013/04/les-voyages-des-autres-annakarin-quinto.html un superbe billet - voyage au pays des cerisiers en fleur avec Annakarin Quinto
http://sauvageana.blogspot.fr/2013/04/ailleurs.html ailleurs - je pars je sors je dois marcher.. par Ana N2B
http://academie23.blogspot.fr/2013/04/sombre-ducasse-version-justifiee-27.html la livraison du jour de sombre ducasse de Lucien Suel
http://manque-la-photo.blogspot.fr/2013/03/barcelone.html?spref=tw manque la photo - prendre temps de refaire le voyage de Barcelone avec Emmanuel Delabranche (et tant pis si cité deux jours de suite, et tant pis s'il n'en saura rien)
et parce que m'a touchée http://www.annajouy.ch/article-du-pardon-117127813.html du pardon par Anna Jouy
et ne sauriez savoir tout ce que je ne cite pas de beau ou intéressant, et nous ne saurons pas tout ce que j'ai loupé parce que j'étais dans ma bulle

mardi, avril 16, 2013

Beaux voyages immobiles (et longs)





Ne les ai pas mis, étaient bien blonds, ou délicatement veinés, étaient pris dans le charme du cuivre voisin, étaient naturels - oh tant -, mais chaque millimètre de la peau de mes plantes de pied, chaque nerf, chaque orteil était protestation angoissée.

Ne les ai pas mis, d'ailleurs n'avais pas de raison majeure de sortir, malgré l'appel de la lumière naissante sur la cour

suis restée, pieds parés de noir délicat, me suis installée, me suis oubliée, avec plaisir et sagesse (enfin presque), me suis embarquée, ai repris, après la ballade sur le Bosphore, http://brigetoun.blogspot.fr/2013/04/voulais-petites-notes-egrenees-verbiage.html, un voyage au pays des lettres, images et musique d'Istamboul, ai refait aussi le voyage distillé en terres si lointaines, si légendaires, que, malgré leur âpreté, leur nom m'a toujours invitée.

Alors, d'abord Istanboul, avec le deuxième tome de Meydan la place http://www.publie.net/fr/ebook/9782814597273 qui inclue, cette fois, des photos comme celle d'Erinç Salor (j'espère que le rapt ci-dessus me sera pardonné), les chansons de Şirin Soysal (écouter et lire traduction)

Plongeons dans les nuits fraîches, dans les soirées folles

Et au bout de celles-ci enlaçons-nous

En réalité, je suis comme vous

Même si un peu timide

En fait ma seule différence
Je suis étrangère
et de Miray Kurtuluş et Tan Tunçağ (Mira)
Les eaux s’élèvent
Les vagues en moi se déploient
Ils ont enterré un morceau de moi dans le sable
Avant même qu’il puisse vivre, ils l’ont tué
les sons étant à retrouver (par un lien dans le livre, ou directement, sur le blog ouvert en complément de ces anthologies http://www.meydanlaplace.net
Il y a aussi, peut-être surtout, les nouvelles et romans que vous laisse le soin de découvrir, qui m'ont fait croire, un peu, que j'avais contact avec la Turquie, dans sa diversité, sa proximité..

comme chez soi de Seray Şahiner – la découverte de la vie libre par les jeunes filles – la collocation, l'appartement qui garde air estudiantin, et puis Sibel qui attend
Elle termine de se vernir les ongles, secoue les mains en l’air et les observe avec contentement. Oui, non seulement elle était une femme indépendante, mais en plus elle savait profiter des plaisirs de la vie. Et elle ne se contentait pas de s’occuper d’elle mais savait même se vernir les ongles d’une couleur aussi ambitieuse que le rouge quand il le fallait. Elle souffle sur ses ongles pour que son vernis sèche sans que la couleur ne s’abime et son discours intérieur.

comme, de Mehmet Murat Somer, la rencontre, lors de funérailles, au temps de la maturité avancée, de deux ex-garçons, des souvenirs qui s'éveillent en Fethi
Leurs visages se font face… Il ne voit rien d’autre que le menton serré de Hamdi, ses lèvres tendues et ses yeux incendiaires. Il s’étonne de voir de si près les pores de sa peau et les gouttes de sueur s’accumuler sur son visage et son cou... et la suite... l'importance que cela a eu dans sa vie, son interrogation sur le souvenir qu'en a, ou non, Hamdi

comme le roman de deux jeunes filles de Perihan Mağden
Behiye n’arrive plus à pleurer depuis l’âge de sept ans et demi. Elle a pleuré pour la dernière fois à l’âge de sept ans et demi — elle se souvient de ce jour — pour sa mère, parce qu’elle avait pitié de sa mère, parce qu’elle avait honte de sa mère, parce qu’elle avait en même temps pitié et honte de sa mère elle avait pleuré toutes les larmes de son corps. C’est depuis ce jour-là qu’elle n’aime pas sa mère. Elle n’aime personne. Elle ne sait pas pleurer convenablement. Pas de tout son corps.

comme les textes de Barış Bıçakçı … Un philosophe qui avait passé sa vie en Allemagne, aux confins de la Forêt-Noire, dans une ville traversée par des fleuves, avec des ponts de pierre et des bâtiments aux toits pointus, qui s’était adossé à des arbres centenaires, qui avait caressé des velours anciens et bu des vins millésimés dans des coupes d’argent noirci, avait déclaré que l’homme était le temps incarné...et Aslı Tohumcu (écouter sa voix) que j'omets par manque de place, par choix hautement aléatoire, résultant de l'ordre de mon picorage au hasard...
comme la poésie de Karin Karakaşlı
Tu portes toujours sur ton dos les âmes passées
Dieux et Déesses aussi
étaient comme toi en vie
Leurs forces, leurs faiblesses te traversent.

Et puis, j'ai refait d'un trait, après le plaisir de la découverte journalière sur http://auxileskerguelen.blogspot.fr/ (j'y ai volé la photo ci-dessus, pardon Laurent je vous demande), j'ai refait, quelque part dans le dos de Laurent Margantin, son voyage Aux îles Kerguelen, les bribes, lues au cours de l'élaboration quotidienne, réunies maintenant en cinq chapitres, dans l'eBook publié par Numeriklivres http://numeriklire.net/ (qui indique à gauche une liste de site où l'on peut se le procurer pour la somme mirifique de 1,49 euros) – en une soixantaine de pages, ce que sont ces îles, l'enfermement en groupe (comme pour une campagne sur un bateau, ou même une croisière), les jeux de pouvoir, «C'est mal vu à Kerguelen de rester à l'écart», me dit David, qui en sait déjà plus que moi sur les mœurs locales après deux semaines ici. Je lui réponds que c'est partout mal vu de rester à l'écart. «Oui, mais ici c'est aussi une question de survie», finit par lâcher David, décidément très sûr de lui.. (et un intello est moins bien vu, moins assimilable qu'un scientifique (?))
les camaraderies qui se créent, la beauté de la nature, sa rudesse, Là soufflait un vent glacial, on sentait que la tempête allait bientôt reprendre, qu'elle ne nous lâcherait pas comme ça. Que c'était son territoire partout autour. Si plat à perte de vue qu'elle pouvait se déchaîner à son aise, sans obstacle. Partout c'était un sol lunaire traversé de petits ruisseaux, des champs de pierre sans végétation puis des surfaces couvertes de fleurs rouges. Et aussi de nombreux étangs, et des trous qui puent la vase cachés souvent par de la broussaille.

les traces d'occupations abandonnées - Des hommes sont passés par là, se sont lancés dans de grands projets, et tout cela a tourné court, sans doute à cause du trop grand isolement et des conditions de vie trop difficiles.


et tout de même, ce qui était le but affiché, et réel, la lecture Il faut un bon endroit pour lire. Kerguelen me paraît en être un, coupée de tout (même s'il y a la présence du conteur secret), au prix d'un ascétisme qui se révèle excessif, et la cabane isolée à Molloy avec les éléphants de mer et les tapis d'azorelle - 

À la table, à la lumière d'une bougie, même en pleine journée. Mais fait-il jour ou fait-il nuit, je ne saurais dire. Dans la pénombre du jour, je lis. Dans l'obscurité de la nuit, je lis aussi. Allongé sur le lit à deux pas derrière la table, je continue à lire. Sans livre, les yeux fermés et endormi, je continue à lire. Lecture plus profonde, lecture nouvelle pour moi. Je navigue à l'intérieur de ma cervelle et des phrases continuent à se déployer, multiples, mouvantes, rapides..

quelques individus un peu hors normes, et les animaux, les animaux touchants Mais on oublie tout cela quand on voit des bébés éléphants de mer se frotter contre vos jambes comme des jeunes chiots, en produisant des espèces de jappement. Ce sont les bonbons : on les surnomme ainsi parce qu'ils sont la proie des orques qui aiment les croquer. Ils sont vifs, aiment jouer, plonger dans l'eau (il y a surtout peut-être la foule de manchots pondant, couvant, parlant, en masse serrée, la manchotière – et les rennes et...)
Il y a surtout l'oeil, l'écriture de Laurent Margantin, vivante et classique (dans la lignée des grands auteurs qu'il aime, fréquente, traduit le cas échéant), l'humour léger, les traces aussi de plein de livres, en rapport plus ou moins direct, avec les îles, ou là simplement parce qu'ils y ont été lus, ou parce que leur souvenir vient en parlant de ce qu'est la lecture. (bon il dit ça mieux que moi)




un peu comme des biscuits assortis, limités à mes premières lectures, à l'heure de la confiture de mure et de la lente découverte de ce nouveau jour à vivre
http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1502 du numérique comme de l'inquiétude, dîtes-le 20 fois - réaction/réflexion de François Bon après un débat à Metz
http://doha75.wordpress.com/2013/04/15/indetermination-de-limage-1 indétermination de l'image 1 - oui le résultat avec nos petits appareils est parfois aléatoire, mais que les photos parisiennes de Dominique Hasselmann donnent bien la saveur du printemps !
http://www.auxbordsdesmondes.fr/spip.php?article1386 voyage de classe - quand Isabelle Pariente-Butterlin parle de la maîtrise de la langue, de la socialisation et la pression du groupe, et gueule contre démission de l'école (m'immisce peut être un peu, là)
http://apeineperdue.blogspot.fr/2013/04/terrain-de-jeu-17.html un des terrains de jeu de d'Emmanuel Delabranche que déguste, avec lesquels je suis presque toujours en accord, presque
et http://christinejeanney.net/spip.php?article641 cinquante nuances de portes coulissantes qui, je crois, inaugure une nouvelle série chez Christine Jeanney
Pour ceux qui, gentiment, passeront ici, les verront 
En attendant pardon demandé pour cette logorrhée

lundi, avril 15, 2013

La jamais contente


Amis, en ce dimanche matin, des voix s'emplissaient de soleil radieux pour parler, à la radio, du temps sur l'hexagone.
Amis, la lumière du début de matinée, enfin du début de la matinée d'une oisive, ricochait sur les tables et sièges qui attendaient leur mise en place.

Amis, la mosaïque des glaces au coin de la rue prenait un air moins absurdement hors saison,

mon platane retardataire sortait de sa torpeur

et ses frères moussaient en choeur contre le ciel.

Amis, sur le chemin du retour, les deux terrasses du bon côté de la place de l'horloge, ronronnaient de quiétude,

et au coin de la Balance des oripeaux et brimborions s'étalaient sous des voix joyeuses...

Amis, suis restée un moment, dans mon amour pour les vieilles machines, devant ce que je crois être une cardeuse, et puis lui ai vertueusement tourné le dos, et suis redescendue vers l'antre, entre le plaisir de cette douceur

et l'idée que le temps des parkas, robes de grosse laine, chandails entassés, était passé... et qu'il allait falloir trier, nettoyer, ranger, tout en triant, vérifiant, repassant, rangeant les tenues de l'été (l'ex frégate l'incomprise, comme disait mon père, se transformant en la jamais-contente)

Ma foi ma paresse, s'appuyant sur la formule en avril ne te découvre pas d'un fil, se battait contre cette idée, et puis ai pensé : non.. D'ailleurs une robe de laine fine et un veston c'était encore très bien, l'avais vérifié...

et la glycine de l'Hôtel d'Europe est encore très hivernale.
Le tableau que ma photo de passante et le reflet ont endommagé est de Lemontey.

les liens du jour
http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article1947 l'annonce sur oeuvres ouvertes de l'édition de "aux îles Kerguelen" de Laurent Margantin - vivement conseillé


http://remue.net/spip.php?article5858 le vaporisateur de souvenirs - courte évocation par Lise Benincà

http://www.candice-nguyen.com/chantiers/ailleurs/un-soir-entre-la-grande-ville-et-la-poubelle-de-lhumanite/ un texte, des photos, une vidéo de Candice Nguyen, un texte, une photo, la musique de Philip Glass, une danse, une vidéo et le clic du photographe
http://liminaire.fr/liminaire/article/autobiographie-de-profil-facebook autobiographie de profil : Facebook comme outil de création - présentation par Pierre Ménard d'un de ces ateliers d'écriture qui me donnent toujours envie d'être là, capable ou non de répondre, et le regret que cela n'ait pas existé en ma jeunesse, atelier dans un collège au bien joli nom, et dont l'exposé, lui-même est riche, ouvre..
et
http://networkedblogs.com/KdEVN traduire, mourir - peut-être écrire - un superbe texte de Claro sur la traduction (que j'avais laissé passer samedi - merci à Christine Jeanney de l'avoir signalé)
et, tant pis, j'en resterai là.
D'autant que Paumée s'effaaaaaaccce.