commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
Affichage des articles dont le libellé est alphabet. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est alphabet. Afficher tous les articles

jeudi, septembre 12, 2013

Mercredi – solder l'alphabet


météo
réveils successifs, de moins en moins nocturnes, et départ yeux flous affrontant l'éblouissement du soleil frisant la rue.
Passer à la banque pour vérification, acheter cigares et canard et marche qui se voulait lente dans le soleil et le vent qui forcissait, mais ne l'était pas tout à fait - je suis arrivée très en avance à l'opéra – un café à la terrasse de la Civette, dans le petit mistral débouchant de la place – résolution de penser chandails - et attente sur les marches, à l'abri de Corneille, en méditant avec Molière.

Retour vers l'antre avec les billets «opéra» en calculant comme pouvais un budget dans un esprit décidément en mode paresse – ce qui a été une constante du jour, les idées qui avaient survécu à la nuit s'en étant allées je ne sais où, avec le vent.

lecture
dans la nuit des quelques pages de la manifeste du saumon sauvage, joli petit livre de Rodolphe Christin qui était joint à une commande aux Éditions de la Revue des ressources http://www.larevuedesressources.org/-sur-err-editions-de-la-revue-des-ressources,141-.html, l'histoire d'une conversion violente par l'écologie (en gros) d'un conseiller en management à une vie libre d'écrivain
Ce sera l'occasion de donner du sens à cet acte de libération des saumons. J'y ajouterai des cavales philosophiques, des récits réalistes et dingues, satiriques, sans illusions, avec malgré tout un soupçon d'histoire entre les lignes. Le tout porté par une orgueilleuse vitalité. J'emprunterai des identités fictives qui deviendront réelles. Je sèmerai la confusion, bousculerai l'ordre des choses et personne ne parviendra à me suivre. Impossible de remonter ma trace ! Personne ne croira qu'on puisse écrire un livre pareil, post-exotique en diable, si loin sous les tropiques, pas vrai ?

alphabet
restent les dernières lettres, ces pauvres lettres que la langue dédaigne... et mon crâne en a fait autant, se refusant... j'en ai extirpé, pour leur rendre hommage
wagons
des TGV, ces endroits que l'on améliore, rend plus confortables, et que j'aime de moins en moins - réactionnaire suis et je supporte avec impatience les sièges qui décident pour moi de la position de mon corps au repos, leurs couleurs qui se veulent gaies, et surtout l'obligation de s'y asseoir (nostalgie idiote des couloirs encombrés des départs en vacances vers Toulon, où nous dormions debout comme pouvions ? ou pire, de la poussière de charbon dans les yeux quand, le buste penché à la fenêtre, j'avalais avec délice l'air fouetté des campagnes traversées ? et le charme des banquettes de bois plutôt que le contact des tissus)
du métro qui étaient trop familiers pour que j'ai l'ombre d'un jugement sur eux (sauf le mal de mer que je m'imaginais devoir ressentir dans les longs serpents de la ligne 1 ou de la plus récente)
les ridicules wagons (au fond, oui, s'en sont) du petit train de touristes qui étaient les seuls disponibles sur mon chemin ce matin.

X
l'inconnu, dont je ne saurais donc que dire, et puisque cette image, dont j'ignore ce qu'elle pouvait bien représenter, est passablement ingrate, je l'inflige au mot qui m'était venu à l'esprit :
xénophobie, cette étrange et misérable maladie, à dédaigner sauf quand la rencontrons et que nous sommes contraints de lutter contre elle, sans grand espoir, puisqu'aucune raison ne saurait l'entamer. 

yacht
pour certains ponts de bois, pour leurs longues lignes coulées sur l'eau, et le rêve qui m'envahit, sur le quai, un peu à côté, les caressant des yeux par moments, timidement, discrètement, ou quand, rarement, j'en voyais un s'approcher toutes voiles dehors – et les ordres qui courraient sur l'eau pendant qu'on affalait la toile
pour le souvenir du bateau, légendaire dans la famille, qui a été celui de mon grand-père, bien avant ma naissance, la Thétis, au beau nom, un peu sous-voilée dit mon frère sur la plaquette où je l'ai captée, mais bien belle, pour le souvenir de la photo sepia que j'ai longtemps traînée avec moi, pour le souvenir des histoires racontées par mon père et ses frères, du bateau, des passagers, des invités, des deux chiens de chasse au sanglier.
pour les odeurs de toile et de cordes.

yeux
une porte de l'image du monde, et cette façon qu'ils ont, sans que nous en ayons conscience, d'interpréter cette image, de voir une auto garée entre arbres et buissons, là où l'appareil photo, qui a la grâce de ne pas être lié à un cerveau, nous invite en un monde étrange.
Les regards et ce qu'ils disent, tendresse, arrogance, colère, sourire, quand on n'y pense pas.
Et mon étonnement, toujours, devant les gens qui portent foi à ce qui est dit «les yeux dans les yeux», alors que cette insistance, cette volonté raidie pour persuader, éveillent ma méfiance. 

zélote

qui est venu instinctivement, parce que je l'aime, pour le son.

Et au fond aussi pour ce qu'il désigne, une révolte, une résistance, appellent toujours notre approbation.

zéro
espoir – ce que me répétais hier en descendant vers l'antre, laissant derrière moi les manifestants qui, je pense, n'en avaient pas beaucoup, mais qui, eux, ne s'arrêtaient pas à cela.

zeste
pour le plaisir de l'odeur qui s'est dégagée quand l'ai prélevé grossièrement.
Et pour zébu et zoulou, je les salue, ne sais qu'en faire, les laisse là pour clore.

mercredi, septembre 11, 2013

Mardi toujours en V


météo
lumière, soleil, vent si léger qu'il n'est que souvenir ou potentialité, mais dans l'air une ébauche de frisson de fraîcheur – nous avons décidément perdu les 30°, je me refuse à l'admettre mais commence à regarder, dépendre/rependre les cotonnades légères, les jupes et les manches courtes -
Une petite navrance en rencontrant, en accompagnant un temps, ceux qui se battent encore contre les ajustements décidés par l'Europe dans son beau suicide... avec le constat désolé et coupable de mon renoncement à faire semblant de croire à l'espoir, et un soutien aussi chaleureux que le pouvais.

lecture
lu, dans la nuit, les dernières pages du plaidoyer pour les solutions humanistes que certaines associations apportent à la lente tragédie des SDF «un hiver avec Baudelaire» de Harold Cobert, petites cuillères qui ont l'honneur d'exister..
et la seconde moitié des entretiens d'Hervé Pons avec Pippo Delbono (et Pepe) «le corps de l'acteur», passionnant, outre la sympathie que j'ai pour le personnage et ses spectacles
Dans mes spectacles, les personnages se croisent et se rencontrent, mais rarement ils échangent de dialogues car, dans l'échange verbal, se nichent la psychologie et l'illusion de l'échange, l'illusion de la fusion dans la même émotion partagée. Mes personnages se rencontrent, mais ce sont deux vies seules qui sont côte à côte sur le plateau et dessinent ensemble un dessin. L'amour pourrait être cela, deux solitudes qui dansent ensemble et se rencontrent.  

Alphabet
reprendre ma petite liste des mots ayant pour initiale V
arrivent comme évident vieille vieux ou vieillesse – et je leur répond non, je passe, passez votre chemin, trop de cacophonie avec vous..
la vieillesse est un naufrage, oui, mais pas seulement – les vieux fringants et sportifs, oui pourquoi pas, et leur souhaite de le rester longtemps – la sagesse des vieux, euh.. elle devrait l'être, sage et sensée, mais une jeune crétin risque fort de donner un vieil idiot – le conservatisme des vieux qui votent à droite, sauf mes amis – la richesse des vieux et leur patrimoine, sauf ceux qui ont fait toute leur vie un métier ingrat, rude, et mal payé..
parler des vieux juste pour dire que comme les femmes, les oiseaux, les jeunes, les anglais, les heures ou les nations... le pluriel ne fait pas uniformité ni communauté.
Et ne pas penser vieillesse, la vivre suffit, et c'est chose totalement involontaire, sans honte ni gloire.

vigne
parce que je ne peux l'éviter, parce que j'aime entendre les vignerons parler de leur vigne, de la terre, du temps, etc...parce que j'en ai connu, parce que j'aime les paysages de coteaux ondulants avec les lignes qu'elles dessinent – surtout quand elles sont mieux nettoyées que l'était la vigne du pape une semaine avant de se montrer, soignée, le jour des vendanges – parce que les vendanges à la main sont fatigantes, moins que la récolte des patates, mais joyeuses - parce que voir les seaux de raisin se déverser donne un sentiment d'abondance et d'accomplissement.
parce que je suis dans un pays de vigne, que, si, ce qu'à Dieu ne plaise, je suis de quelque part, je suis d'une civilisation de la vigne comme de l'olivier (de façon toute platonique)

ville
l'ai noté par automatisme je pense, mais là aussi il s'agit de bien trop de choses, je passe,
et puis, quels points communs entre Avignon, Londres et Calcutta ou Los Angeles ?
Sauf dans la bouche des gens de leur voisinage immédiat, les villes sont toujours accompagnées d'un adjectif qui dit leur taille, leur sociologie, leur histoire, leur nature.

violence
inhérente à la vie, mais comme une force mauvaise
la violence de la nature
la violence des hommes qui se pare de prétextes religieux, nationaux, et de grands principes
la violence des intérêts
les violences conjugales
la violence benoîte et indifférente des riches
la violence des démunis, de biens et de mots
la violence qui met en chemin
la violence qui doit être réprimée et canalisée
et la violence que l'on garde en soi, qui peut, mal maîtrisée, tordre le corps et l'esprit

vitesse
légèreté, équilibre, danger, griserie (oui je tombe dans tous les automatismes), peur...
La voilà passée.

voilette
j'aimais bien cela, j'en ai porté, mais c'est vraiment, maintenant, une façon de se faire remarquer par trop ridiculement ostensible et par trop comique.
non, juste pour ne pas dire voile, on n'en parle que trop, mais garder ce qu'il y a de joli dans une dissimulation partielle, qui laisse deviner et attire.
Les voilettes donc, au temps jadis, les branches qui se balancent en masquant un paysage ou un bâtiment, un rideau de brume ou ce qu'on appelait gazer un texte un peu ou très leste.

voler
pour rêver un instant – monter dans la lumière, planer sur le vent...

volutes
parce que le mot est souple et gai,
et pour les belles menuiseries, pour les paraphes, pour le dessin, pour ce que devenaient les pièces antiques reproduites par les celtes, pour la fantaisie des plaques d'égout. 

voûtes
beauté et science – l'une des plus anciennes manifestations de l'intelligence humaine.
Montée et recueillement, perspectives mouvantes...
regarder, aimer
et garder un souvenir mitigé des épures de stéréotomie. 

voyage
j'en ai toujours rêvé, en amoureuse des cartes et...
tant rêvé que l'ai très peu fait.
ne le pouvais guère financièrement et par manque de temps, ne se faisait pas facilement en ma jeunesse (premiers et encore rares échanges pendant les vacances), il me reste, instinctive et stupide, depuis une mauvaise période, une appréhension à l'idée du comportement éventuel de carcasse..
J'en reste donc paresseusement à mon habitude du rêve (et ces jours ci je m'offre des voyages virtuels grâce à google street, avec la surprise de saute brusquement d'une année dans une autre) – et je cueille des miettes des voyages des autres.

Fin de liste ! Je cesse, monsieur mon crâne, de te racler avec un entêtement inefficace.

mardi, septembre 10, 2013

Lundi et trop de V


météo
deux réveils, avant les petites heures, dans un sentiment d'urgence qui s'évanouit devant les étoiles – et une venue à la surface du jour tardive – nez levé, ciel bleu et jolis nuages
J'ai posé cette idée sur petites douleurs, suis partie pour un circuit utilitaire dans la quotidienneté des rues de la ville - la rentrée est là - un vent moyen qui agite cheveux, chemises et jupes, de rares bras nus, une douceur délicieuse et la chute des premières feuilles.
Jour un rien comateux, rester au ras de la conscience nécessaire, des actes indispensables.

Alphabet
face à une longue liste de mots pour V, comme un petit tas de feuilles accumulées, me demander quel était le chemin de mes ruminations lorsque j'ai noté certains, prendre ça pour un petit défi, scinder en deux, garder

vague
était ce l'état de mon esprit auquel je pensais en flottant, était ce la mer et ses mouvements ? J'avais opté pour la mer, et me demandais où la trouver sur mon chemin, puisque c'était mon premier mot et que je voulais une image, elle est venue très discrètement, sommairement, quand désespérais.
Juste ça : ne pas la voir mais l'aimer, avec entêtement, juste parce que c'est évident, qu'elle a été là dans mon enfance et une partie de ma jeunesse, la mer, que le virus est héréditaire.
Lames ou vagues, vaguelettes sur les pieds, jaillissements plus ou moins étincelants et brutaux sur les rochers, longues ondulations, creusements et montagnes, joyeuses ou effrayantes, la façon dont se met en scène la profonde respiration, le lent et vigoureux mouvement de cette masse invisible, la rencontre des forces de l'eau et de l'air.

végétation
J'ai pensé d'abord : je m'en suis longtemps et facilement passée.
mais je réalise que c'est faux, même aux moments les plus clos, je trouvais sur l'inévitable chemin entre bureau et antre parisien quelques arbres, et même dans la nuit percevais leur présence, comme un petit salut.
J'aime l'évidence de la vie en eux, encore plus sensible par l'effet visible des saisons.
Reste cela : mon inaptitude totale à les soigner et mon incapacité grande à les identifier (bon, je reconnais une rose, un olivier, un platane, un coquelicot et un pin, même un dahlia et, c'est vrai, un palmier, mais par exemple dans un jardin que je connais où je vois cinq ou six sortes de conifères, je distingue les différences, j'ignore totalement leurs noms, et quant aux fleurs....)
mais le bruit du vent qui les froisse, mais l'odeur des marronniers, forte et envahissante, qui emplissait une chambre, à Neuilly, mais la variété des haies longées à Bougival sur le chemin de la gare, qui ponctuaient l'ennui du trajet dans les rues désertes, mais l'agacement des épines de pin, mais le tilleul de Solliès immense dans mon souvenir d'enfant, mais les mains de sorcière sur les remblais des immeubles au Mourillon, végétation minimale, mais les bouquets de fleurs des champs que je faisais pour occuper mes jours pendant mon séjour à Pégomas, mais...

veille
ma doué, faut être brève ma fille
alors en rester au plaisir que j'ai à entrer dans la nuit, à être seule au milieu de la ville endormie, à penser distraitement à tous ceux qui veillent en même temps –
au calme de ce silence peuplé –
à cette impression d'être autre et moi en même temps dans un monde nettoyé...
et puis les nuits où je rentrais chez moi, la fraternité des visages fatigués, les voix, et peu importent les rencontres bruyantes, la violence ne m'a qu'effleurée, je glissais.

vélums
pour leur présence qui annonce l'été, le festival, pour la lumière et les ombres sur leur toile et leur tension souple

vélo
pour faire amende honorable – me répéter : je ne déteste pas les vélos, sans grande conviction, et pour la joie rieuse de certains, mais en rester là, d'ailleurs ne saurais pas en faire. 
mais que leurs adeptes restent dans la rue, pour respecter mon pas rêveur, et cessent de se croire si vertueux que tout leur est permis - c'est compris ?
les trouver si sympathiques quand ils sont posés contre une grille, un mur, un poteau, attendant...
en souvenir de la joie de ce matin de Noël, il y a tant et tant d'années, où il était là, beau et rouge... ce vélo dont je ne pouvais me servir que si j'étais vraiment sans reproche, et qui est resté très virtuellement mien. 

vent
les vents, nos amis ou seigneurs, le charme d'une brise, les petits jeux d'un ventelet, les toiles qui claquent joyeusement, les cheveux qui dansent, et la violence du mistral ici et de tous ces grands vents sur la terre, ceux qui courent sur les grandes plaines, descendent des montagnes, balaient les quais, portent le sommeil et le sable...
les vents travailleurs : les moulins, les voiles et ces pauvres éoliennes dont on dit tant de mal (le bruit je ne sais pas, mais la vue... tellement moins gênante que celle d'une série de blanches maisons moyennes coupant une colline ou posées autour de rues dessinées pour faire vraies au centre de rien)
et l'image de la caverne où ils étaient enclos avant d'être lancés contre Ulysse.

vermoulu
prononcer le mot, un peu heurté, mais avec la douceur du ou et cet u mat à la fin – aimer son côté un peu désuet, accordé à ma tendresse pour les bois, les objets qui ont vécu – le désir, partagé je crois, que des soins leur soient apportés, quand c'est possible, pour leur éviter destruction et trop grande déchéance, mais sans leur faire l'injure d'effacer totalement les années - le regret en réalisant que s'ils méritent cet adjectif, il est sans doute trop tard.

vestiges
pour la résistance qu'ils ont opposée, pour les questions qu'ils posent parfois, quand sont tels que l'identification est incertaine, pour la présence de l'histoire parmi nous dans le cas des plus prestigieux, pour la douceur fuyante du mot.

viande
incontournable, tant que l'on ne me demande pas d'y goutter -
la beauté d'un morceau de viande en train de rôtir, mon horreur de cette odeur, comme de celle des pièces de viande pendues en rang dans un camion que déchargent des hommes qui protègent leurs vêtements par des linges blancs ensanglantés -
et la vaisselle après le gigot du dimanche...
en acheter quand par hasard, si rarement, j'ai des convives...

Vie
un mot trop grand
Elle est tout – elle est ce qui palpite en nous – elle est autour de nous – elle crée la mort et s'en nourrit – elle crée la joie, la douleur, le cours indifférent des jours.
Nous voulons parfois lui trouver un sens, elle n'en a pas besoin, elle est le sens.
Il est dérisoire de juger de l'extérieur que, misérable, humiliée, elle n'en vaut pas la peine, elle est plus forte que l'humiliation et même la douleur.
Elle peut être éclosion joyeuse, elle peut être souffrance, diminution, ou simplement ennui – et nous avons le droit, la possibilité d'y mettre fin, si un brin d'herbe dans la lumière, un sourire d'enfant ne viennent pas s'interposer et nous parler d'elle.
La jugeons inutile parfois et voulons en disposer, mais quand la maladie s'en prend à elle, la défendons obstinément.
Elle est tissée de liens, arrimée à d'autres vies,
mais elle est notre bien le plus essentiel, obstinément attaché à nous, qui ne serions, qui ne serons plus sans elle
Elle est : je sais pas
Bla-bla-bla-bla Brigetoun. Fin. 
pour aujourd'hui.

lundi, septembre 09, 2013

Dimanche entre quiétude studieuse et somnolence, avec un peu de U


météo
les petites averses ponctuelles de samedi se sont terminées par une forte pluie dans la nuit – suis sortie assurer l'évacuation rapide pour éviter d'inonder les tapis que je domine, et cueillir la rose mourante dont l'eau arrachait les pétales, pétales gardées une journée, pour un petit hommage navré (et l'odeur qui s'évanouit lentement, quand mes doigts les froissent) dans un coin de la cuisine.

Au réveil un ciel clair et une cour qui séchait lentement...
des yeux en peine d'ouverture - j'ai lavé mes cheveux – pendant qu'ils séchaient, et ma foi ensuite, je suis restée benoîtement dans l'antre, tentant de retrouver traces de quelqu'un que j'aimais grâce internet, à travers les yeux d'historiens étrangers à défaut des français, pendant que les coureurs foulaient les rues humides et les chemins de la Barthelasse pour les 10 km rituels.
Le laurier imite l'olivier et son désir de lumière lui fait lancer vers le ciel de petites branches isolées... adoptant l'allure un peu folle et étrange des plantes me côtoyant.  

lecture
Sur le dessus de la pile, paresse dans le choix, pas forcément mal-venue, trois livres dont deux cadeaux, et comme ce sont livres auquel je n'avais pas pensé, j'aii pris pour entrer dans la nuit un de ceux-là : Un hiver avec Baudelaire de Harold Cobert, - l'ai fermé, parce que l'heure du sommeil était là (assez pour que n'ai pas honte de laisser le personnage en cet état), sur
Ne pas lâcher. Pioncer. Bouffer. Ne pas crever la gueule ouverte.
Hier ressemble à aujourd'hui, et demain à hier. Avenir et passé s'effondrent et agonisent dans un présent sans fin.

Alphabet
En U il y a Ubu mais ça ne compte pas, j'ai dit pas de nom propre, il y a un mais c'est imprécis, il y a pour certains, mais ne suis pas concernée, le Un, donc, dans ma petite cervelle, sa petitesse se liant au frein que j'appliquais résolument sur mon imagination, et à la relative rareté des mots qui ont cette lettre pour initiale, ne se sont présentés que


ubiquité
parce qu'en arrivant ici, le mot m'a semblé dire un rêve.... jusqu'à ce que je pense à la nécessité d'agir, de parler, de voir, en même temps en mille lieux et que je recule, effrayée
Alors : gommer les distances, supprimer les ennuyeux voyages transitions... mais les transitions sont parfois reposantes et les voyages pas forcément ennuyeux.
J'ai donc savouré paresseusement d'être posée, ici, me satisfaisant d'une cabine téléphonique rouge pour y mettre un peu de Londres, d'une fontaine Wallace rue Carnot pour un peu de Paris, d'internet pour un contact avec les lointains et certains de leurs habitants et de ma nouvelle manie des promenades sur Google Street (une très belle promenade sur les bords de la Neva hier soir)

urgence
excitation et angoisse, énergie lancée gorge nouée par l'idée de l'échec avec l'espoir comme moteur
être tendue vers le but, mais garder un peu de recul intérieur pour gouverner son effort, et mesurer sa nécessité
et puisque ce qui semble urgent est parfois la défense, le maintien, de ce qui est, l'image qui m'est venue est la course, dans le noir, de mon ami labrador qui n'existe plus qu'en image ou ma mémoire et que je retrouve ainsi dans sa force intacte.

Usure
noble déchéance de ce qui a fait effort, ou a résisté aux efforts
fatigue apparente qui est douce à nos fatigues
disparition annoncée, et persistance, qui sont douces à notre finitude
et ma rage quand on confond nettoyage, renforcement, sauvegarde avec re-création, quand de notre cadre qui a vieilli avec nos vies et celles de nos prédécesseurs, qui porte notre histoire, on fait un décor digne de Wall Disney ou du Châtelet de mon enfance

utopie
quand ce qui souhaitable et devrait être évident est qualifié par les importants d'utopique
quand on refuse de croire que l'harmonie est impossible, que le renoncement et la résignation sont rois
mais le constat que quelque soit l'utopiste que l'on découvre, écoute ou lise, son système, aussi tentant qu'il semble, évident et désirable qu'il paraisse, généreux que nous le croyons et conforme à nos aspirations, aboutit inexorablement, tôt ou tard, de façon plus ou moins immédiatement évidente, par le fait même qu'il est système et qu'il veut être généralisé, à la perte de la liberté, la création de masses niées et contraintes, et d'une caste de maîtres à la bienveillance auto-proclamée.
se contenter du cheminement, ensemble, en s'aidant, collaborant, se persuadant, se laissant persuader... et me voici dans l'utopie.

dimanche, septembre 08, 2013

Samedi – en finir avec le T

météo
nuit très hachée, réveils si fréquents que suis restée pleine de restes de sommeil jusqu'au milieu de l'après-midi, j'ai ouvert les volets sur un ciel pur d'un bleu si pâle que presque blanc, jaspé de filets roses presque imperceptibles, douceur sur laquelle me suis rendormie
et puis une journée variable, hautement variable, couverture qui semble implacable, déchirures,
bleu dominant, averses subites, violentes, de quelques minutes... 

et une Brigetoun aussi usée que les montagnes de la Creuse, qui du coup s'est ruée, le matin, vers les petites courses prévues avec une rapidité inhabituelle – pas devenus de plus en plus lents - cheminer en méditant à rien, en persuadant doucement carcasse, en s'arrêtant sous prétexte de photos de rien, de ciel

mais je suis arrivée tout de même, freinant, décomposant mon pas, avec près de vingt minutes d'avance, sur le chemin du retour, devant les portes fermées de l'opéra..
Comme il avait été question de terrasses, hier, et comme je préfère les comptoirs, 

je me suis installée à celle de la Civette, devant un café à siroter lentement, le temps nécessaire... ville qui se souvenait mollement qu'elle était vivante... et j'ai pu, pour marquer ma rentrée (mais hors de question de renoncer à l'été, d'ailleurs nous baignions dans la douceur) acheter une partie des billets de concerts convoités, le reste attendra une semaine et des fonds..

alphabet
déjeuner lentement, tête dodelinante, redressée brusquement, yeux flottant entre pâtes et le Ravi, le regard ironique sur notre beau sud, les personnages, les calculs, la corruption... longue sieste, regarder ce qui reste des T, surtout ne pas en rajouter, s'installer, tenter d'y penser, de mettre quelques mots, comme viennent

travaux
que nous longeons, oreilles en mal, mais sans oser nous les boucher à cause de ces hommes penchés à côté des machines (le conducteur lui a généralement des protège-oreille),
ma fascination pour les entrailles de nos rues, mon envie de m'arrêter, de regarder, refoulée pour la même raison,
la tentation de les photographier, parce que je trouve ça beau, parce que j'imagine leur fatigue, à laquelle je ne cède que si je pense que cela sera toléré ou inaperçu d'eux.

trèfle
depuis combien de temps ai-je renoncé à en chercher un à quatre feuilles, en remâchant avec un petit plaisir un rien pervers la certitude navrée que n'en trouverai pas ?
Combien de temps – je ne veux pas le savoir – depuis les après-midi de léger ennui, dans les prés des vacances en montagne, de la main qui refoule l'herbe sur laquelle suis assise, à la recherche d'un trèfle au nombre de feuilles indifférent, pour en mordre la tige en regardant les pentes, en revenant au livre d'aventures lu et relu. L'idée ne m'en viendrait pas ici, entre route et Rhône, ou serait rapidement repoussée... pourtant, les traces laissées par les vaches, chiens et autres ne me gênaient pas..

trompe
parce que c'est souple et rigoureux, savant et simple, parce que c'est presque aussi beau qu'une voûte plate.
celles des éléphants, un peu répugnantes mais fascinantes quand elles ondulent , cueillent, amènent quelque chose vers la toute petite bouche triangulaire – souvenirs d'après-midi au zoo de Vincennes avec petite soeur et une ou deux de ses amies (et, pensant au zoo, me revient mon constat vexé que j'étais animalement incapable d'approcher des cages dans l'air lourd et épais de la fauverie – mon dos suivant la barre de cuivre centrale, leurs petites mains bien serrées, expliquer en souriant qu'ils sont beaux, qu'il ne faut pas avoir peur, alors que mon corps leur transmet le contraire – heureusement elles étaient moins pleutres)

tronc
l'amour des hommes pour les troncs, leur force
l'admiration - rêver de voir un de ces géants d'Amérique - le souvenir enfantin de la photo du séquoia franchi par une voiture...
mais aimer, réellement, presque comme un humain, les oliviers centenaires, vieillards trapus et tourmentés, feuilletés, creusés... et puis les platanes, notre banal décor, qui disparaît peu à peu - malades sont - le plaisir de les peler machinalement, et l'odeur qu'ils nous envoient alors, qui colle aux doigts, naïve et discrète défense.

Trou
le nom de ce qui n'est pas, qui ne peut être désigné que par ce qui l'entoure, dont il est l'absence.. mais nom de ces creusements où se plantent les arbres et les corps, de ces endroits où je rêve de me pelotonner, me retirer, fermer yeux, me croire en dehors du monde
nom de ce qui disqualifie un vêtement, sauf quand c'est visiblement volontaire, désigné par une griffe. (n'en veux pas, même moins chers que le sont, je n'accepte pas les trous faits par les autres, j'essaie de ne pas être indulgente aux miens)

tuiles
tu te souviens que tu as retenu toit ? Ah oui...
bon tant pis on ne s'en lasse pas, et puis ça peut être utile... tu sais ce que ça coûte de faire refaire un toit en tuiles anciennes ?... oui, de quoi donner un argument contre la pose, un an plus tard, de panneaux solaires, injuriant tout un paysage (souvenir personnel).
occasion aussi de redire que suis de leur civilisation, que j'aime leurs teintes, leur matière, leur forme...


Tudieu ! Trop !