Mercredi matin, mon chemin était bleu.

Sur mon chemin bleu, j'ai choisi, sans pouvoir faire plus, ni vraiment le désirer, vêtements et accessoires qui m'auraient bien plu,

que j'aurais accepté à la rigueur,

draps, couvertures légères comme vent et tapis pour y fixer mes songes,

et, juste avant d'arriver aux halles quelques objets utiles de bonne facture.
Ai trouvé asperges, navettes et coulommiers, ai choisi poissons et pendant qu'on les préparait, ai rêvé de pêche à la palengrotte,

admiré la sobriété élégante d'une bonite.

Mais, plus loin, il y avait la lippe méprisante d'une baudroie,
l'oeil stupide d'un Saint Pierre, et sa massive transparence
et la hargne des rascasses.

Leur ai proposé ma grasse main ridée, l'ont dédaignée. Je leur ai donné raison.
En rentrant, après avoir rangé légumes, fromages et les bintjes et rattes, et, pendant que pochait le filet de lieu, j'ai trouvé en survolant le web, sur Poezibao
« Ma Belle de Fontenay, ma Roseval, ma Viola,
ma Géante Violette de Jersey, ma Vitellote d’autrefois,
ma Désirée, ma Stella, ma Charlotte, ma Nicolas,
ma Franceline, ma Pousse Debout, ma Pompadour,
- ma Reine de tous les jours, à tous mes repas !
ma Rosabella, ma Rosine, mon Estima,
ma Magnum Bonum, ma Manon, ma Samba, ma Mona Lisa
- a! aa! aa! aaa! vocalise-t-il comme à l’opéra !
- Ah ! mes Divas, mon Urgenta
(y a urgence parfois, n’est-ce pas ?)
ma Bintje pour qui j’ai un bountje typiquement bruxellois,
ma ratte du Touquet (plus radine que ratte, en effet,
mais quel morceau de choix qui n’a d’égal
que la corne de gatte de Florenville et par-delà) »
Jean-Pierre Verheggen un passage de son ode à la pomme-de-terre,
http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/03/anthologie-permanente-jean-pierre-verheggen.html
et moi aussi ai appris à les aimer (hum pas trop la Roselotte ni la Vitelotte, et certaines sont inconnues de moi)
Voilà, voilà