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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mercredi, janvier 15, 2020

c'est pas bien

C'est pas bien... je suis partie sous un ciel gris mou comme mes jambes, avec le retard nécessaire pour que le cortège se mette en marche avant que je le rejoigne, et les ai suivis, partageant, d'abord silencieusement, puis en échanges compréhensifs et navrés, qu'il avait fortement diminué, lassitude, difficultés, depuis les précédentes éditions, même si le refus lui ne semble pas s'affaiblir, mais je ne me suis pas tenu parole ce soir...
manifestions et pourtant qu'il est beau le monde qu'on nous fait, celui ont parle l'homme heureux de Joachim Séné https://www.publie.net/livre/lhomme-heureux-joachim-sene/ que j'ai fini de lire hier soir (et qu'importe s'il n'est pas question là, parmi tout ce que brassent ces pages – lisez en suivant le lien le texte de présentation – de retraites, tout se tient dans notre beau nouveau monde informatisé, connecté, vertueux, mais j'ai un peu honte de prélever dans la mosaïque pleine de sens que charrie le texte des bribes qui n'ont d'autre rapport avec ce matin que la colère qui courre sous l'ironie de Joachim, sous la gentillesse et les petites anecdotes furieuses de nos échanges – dommage de ne pas trouver place pour cette merveilleuse phrase toutes les îles de la mer sont les filles du vent mais tant pis je la pose là)
Les manifestants présents sur les voies dès l'aube rose ont été &cartés, désormais plus aucun retard n'est à prévoir, et votre journée va s'épanouir dans la beauté – parce qu'on peut couper la tête d'un Roi, mais pas d'un Système, surtout quand il est bon et fait tout ce qu'il peut sans tuer personne comme tant d'autres Systèmes passés...

et comme à un autre moment du livre, où je cherche, un peu trop vite et donc nerveusement parce que veux regarder un film, des phrases que je ne retrouve plus, se glissent, juste avant le déjeuner entre deux réunions dans une brasserie (on plaisantera puisqu'il y a du porc et les rires seront gras parce que Karim, bien sûr, le stagiaire... comme muslim, il n'oublie pas qui il est, ni Karine végétarienne personne ne risque de l'oublier non plus, chaque midi ou presque, même jeu...) des affirmations il s'agit d'établir des règles strictes de régulation des flux le contrôle aux frontières le contrôle... j'ai honte, un peu, parce que j'avais prévu d'aller à Rosmerta le soir et que ne l'ai pas fait (même si, c'est vrai, je n'étais ni nécessaire ni attendue)

lundi, novembre 03, 2014

En rester à l'île


Humeur noire ou gris sombre, ce dimanche matin, et pour réagir : sortir, m'en aller
vers la place de l'horloge, la Civette, l'achat d'une boite de petits cigares - en sourire, me moquant un peu de moi, y trouvant peut-être une petite vengeance/révolte puisque je sais, au fond, que mon regard sur le monde est perturbé, bousculé, assombri, énervé, froissé, encoléré par le rendez-vous que j'ai ce lundi avec un pneumologue qui l'avait suggéré il y a plusieurs mois, au début de l'été... auquel je me résous à me rendre, bien décidée à ne pas me laisser embarquer dans de nouveaux examens etc... puisque les biopsies ont donné des résultats négatifs…
vers les cigares donc, mais surtout vers le petit palais, dans la tiédeur, le reste de bleu, le début d'automne qui fait du jardin des Doms une marqueterie de verts et roux - parce que j'ai retrouvé une invitation, négligée à l'époque, au vernissage d'une petite exposition autour d'une bannière restaurée, et que l'envie de la voir m'était venue.
Mais je garde les photos, le souvenir de cette visite pour un autre jour, parce qu'il y avait eu aussi, au coeur de la nuit, avant de m'endormir dans son souvenir, le plaisir de lire l'île ronde d'Anne Savelli (et un peu aussi de Joachim Séné pour une voix, de Mathilde Roux pour la couverture et d'Arnaud de la Cour pour des photos)
et que je voulais, en parler... mais, comme toujours, ne sais comment le faire
Dire que ce n'est pas simple ? – sourire – puisque tu peux ressembler à tout un tas de chose.
Il y a celle qui dis tu, qui est pour un temps dans un château, dans une chambre rose.. près d'une forêt, d'un lac, d'une île, d'une légende
Il y a, et c'est un peu elle, mais pas tout à fait, Dita Kepler, l'avatar qu'elle a créé, plusieurs années il y a, dans la seconde vie.
Et Dita Kepler, qui est venue par les airs se poser là, ira, à travers la forêt, vers l'île, la légende de l'ogre encagé dans un trou et de la jeune fille qui doit le délivrer.
Et Dita Kepler deviendra l'ogre et la jeune fille
pendant que je raconte quelque chose s'enroule autour de vos deux corps. Tu deviens une tactile une sensible un projectile un engoncé une fugitive un encagé un rageur une enracinée un hercule un enflé une cérébrale un clou une flâneuse empêchée...
et on entendra leurs dialogues, venant s'intercaler dans le tissage du texte, parce que bien entendu il y a bien plus, que vous devrez découvrir si en avez le désir, comme les pensées de Dita regardant, écoutant, découvrant la forêt, cette nature (même si Dita n'a pas de mots parce que le bruit, croit-elle, remplace sa pensée. Du monde réel elle ne connaît que la ville, une certaine sorte de ville, celle qui cherche à régner. En elle, Dita K, une liste complète d'échangeurs d'autoroutes, de boulevards circulaires qui se grimpent les uns sur les autres, s'accumulent et s'annulent...) et bien d'autres choses.
Mais j'en reviens, j'aime les légendes, et le lieu les exige, à Dita Kepler devenue ogre et jeune fille.
La jeune fille ne peut délivrer l'ogre, mais tente de l'emmener avec elle autour de l'île, du lac, en lui disant les sons, la lumière, la végétation
Spatules blanches, aigrettes, roselières en couronnes larges
Herbiers, nénuphars blancs et jaunes
Pattes semi-palmées des canards
Forêts de saules et d'aulnes
Douves, rades...
et l'ogre questionnera, exigera, se plaindra quand se sentira abandonné, se voyant général lombric qui se brise la nuque à tenter de monter ou au moins d'aplanir, de lisser son domaine, l'incurver, l'inverser pour cesser la descente...
Et puis sur le château, la forêt, l'île, il y a cet avion - une voix Imbriqué, enfermé, serré. Le lac se rapproche. Et je me vois dedans, maintenant, un pilote qui ne conduit personne, immergé, noué par les algues aux manettes, incapable de bouger. Je me regarde. Il me regarde. Nous allons nous frôler.
Et la contre-voix, avec les mots de Joachim Séné
Je suis au même moment au-dessus du lac, celui-ci, l'unique, et de tous les autres lacs, de tous les océans, de toutes les terres asséchées, de tous les sommets des tours en pierre et verre, de tous les terrains vagues, de tous les visages tournés vers le ciel.
Et puis, à la fin, il y a la beauté des photos, images des parcours d'Arnaud de la Cotte qui invite, d'Anne Savelli qui est invitée.

PS
et voilà que je me demande ce qui m'a fait dire ogre pour géant
et voilà que je sais que tout ce qui est grand me menace, me fait peur
et que pour continuer je me persuade que cette menace n'en est pas une, que les ogres peuvent être gentils

jeudi, avril 18, 2013

Voeux pour Publie.net


Avec le printemps, avec l'entrée des platanes dans leur vie de vert frissonnant, ils pleuvent de la bourre brun clair sur les parasols blancs, et des cohortes de chatons commencent à franchir ma porte fenêtre.

Merci à ceux qui sont passés, sur mon billet d'hier – pas satisfaite bien entendu, mais il sourdait de ce qui avait tournoyé quelque part à la surface de mon cerveau - mes lectures aidant – qui est étonnement, plaisir aussi de croire, illusion sans doute, mais cette illusion m'est chère, que l'essentiel reste intact, ou presque, que seule la guenille comme on le disait jadis change. Et quant à la traversée finale, maintenant que j'ai l'assurance de l'absence de rites, elle m'est amicale, m'a toujours aidé à supporter notre bord.

Pardon, passons.... en fait je voulais parler, d'autre chose, en faisant le pari que ce ne soit pas futilement inutile, venant de moi.
Juste pour ne pas en rester à mes voeux pour la survie, la durée de Publie.net, pour l'aide à apporter à ceux qui se donnent à cette - comment dire ? ne sais, alors... – oeuvre, pour ceux qui m'ont donné, qui me donnent tant de plaisir, en profondeur, souvent, tant de découvertes, qui appuient l'édition de la littérature en train de se faire sur une diversité qui devrait séduire au delà d'une minorité, je voulais inciter à lire, comprendre, suivre, l'appel adressé, depuis Bangkok par Gwen Cattala, repris par beaucoup d'entre nous...
Je choisis le premier lien que je retrouve, chez Arnaud Maïsetti http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1040 (et ça tombe bien, lisez donc ce que Publie.net a publié de lui) que je relaie sans grand espoir d'être entendue malheureusement, suis de moins en moins lue, ou par des rétifs à l'écran (mais maintenant il y a Publie.papier), ou par ceux et celles qui se méfient, à priori, depuis toujours, de mes goûts, ou par ceux qui, comme moi, tiennent à Publie.net.
Lisez le... pensez à la fragilité de ce qui naît, et si vous le pouvez «allez y voir», puisque
Ne vous y trompez pas, nous sommes fragiles. Si cette création — et je choisis sciemment de ne pas évoquer la création numérique, et ses spécificités —, sans publie.net, ne disparaît pas, comment trouverons-nous un autre espace commun, où faire bloc. Comment ferons-nous pour affirmer notre identité, à tous  ? Une voix plurielle et pluridisciplinaire, mais une voix forte. Comment ferons-nous  ? Il existe des solutions, une en particulier. Et ô grand merci, plusieurs d’entre vous y prennent part, avec assiduité.

Et, dans Publie.net il y a maintenant l'expérience de nerval.fr des ensembles proposés, des résidences numériques, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3498, y ai plongé, y replongerai,
y ai retrouvé Arthur Maçon de Joachim Séné, avec jubilation
Arthur Maçon avait pour habitude de se protéger du soleil sous la mauvaise ombre d’un arbre à la futaie trop haute, tellement haute que seuls les lampadaires d’aujourd’hui rappellent à Arthur Maçon ces premiers arbres longilignes à tête de chou, avant leurs millions de mutations qui aboutirent à nos forêts denses et basses, desquelles Arthur Maçon s’éloigne le plus possible — douloureux souvenirs plus récents (si l’on peut dire) d’ours, de loups, de tyrannosaures.
Et la découverte de place de la chambre de Michaël Gluck
Après, commence la rue. Sur la gauche. Vous voyez. Voilà, c’est la dernière maison où nous avons vécu. Dans cette ville. Tous vécu. Vécu. Oui. Avant l’exode. Là, celle-là, oui. Au numéro cinquante-trois. Même si le numéro cinquante-trois n’existe pas, n’a même jamais existé. Je n’ai pas oublié. Soixante ans après. Je n’ai pas oublié. Rien oublié. Me souviens. Des lieux. De ce côté, jamais ; on n’entrait pas. Sur cette place, la maison est sans nom, sans chiffre. La maison est innommable. Elle est indéchiffrable....et son écriture pétrie d'humanité, j'aimerais tant que vous le lisiez.

j'avais décidé à minuit à minuit, en revenant vers internet pour Paumée, de noter deux liens vers de beaux textes que venais de lire, et justement, je retombe sur Publie.net ou du moins des auteurs
Arnaud Maisetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1041 où le soleil s'est pendu
et Daniel Bourrion http://www.face-ecran.fr/2013/04/16/place?utm Place
et puis, voulais en rester là...mais j'ai ajouté, en fin de matinée
de Laurent Margantin (encore un auteur Publie.net) http://oeuvresouvertes.net/spip.php?article1951 il vit et travaille dans une petite pièce
et, toujours, par un auteur Publie.net, pour le plaisir que me fait le passage chez elle, la suite des cinquante nuances de placard de Christine Jeanney http://christinejeanney.net/spip.php?article644 (elle, elle le verra, et je lui redis, ici, le sourire qu'elle me donne, agréable d'être, je crois, intelligent
Bien entendu, il y a tant d'autres choses à lire, simplement là je m'en tiens à eux 

samedi, octobre 27, 2012

Un lettré et pas de prince


Me suis arrachée à la lecture des premiers beaux hommages à Maryse Hache (d'autres tout au long du jour qui m'ont rendue humble, ce qui était très bien) et j'ai arraché à leur pesanteur mes deux sacs de draps, pantalons, jupes amples pour les nuits d'été, et surtout bon gros boutis, et m'en suis allée épaule en plainte, avec arrêts fréquents

yeux dans les strates de gris du ciel... vers le teinturier.
Tristesse, me suis installée dans un rêve d'autre continent, dans lecture.

Il a levé les yeux entre deux versets, il m'a souri, je lui ai demandé ce qu'il lisait, il m'a dit que c'était le Coran, je lui ai parlé trésors de livres, m'a dit qu'ils étaient cachés, que ce n'était pas prudent, juste le Coran, d'ailleurs il y a tout dedans. Lui ai dit que c'était bien vrai. Il m'a demandé ce que je lisais. Lui ai dit que c'était un petit livre sur l'idée que l'auteur se faisait d'un peintre, avec des lettres que le peintre aurait pu écrire, avec des poèmes aussi. Lui ai lu
«Nightwaks
Une nuit de phosphore
Les ombres trinquent
Et leurs dents brillent»
et puis
«Comprendre la peinture
La lumière
Est un vêtement
La solitude
Une peau»
Il m'a dit qu'il aimait ça, alors comme j'avais fini, je lui ai prêté le livre. C'était le «Bric à brac Hopperien» de Thomas Vinau.
Il m'a dit : mais ce ne sont pas des Hopper ! - tu connais ? - bien sûr... - non ces dessins en noirs, gris et blancs étaient de Jean-Claude Götting. M'a dit qu'il les aimait.

Moi, j'ai pris ma tablette, vérifié que la batterie était en état, et j'ai commencé à lire «Arthur Maçon» de Joachim Séné http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506947/arthur-macon l'un des deux textes que la collection «ouvrez» nous offrait ce vendredi, et qui commence en posant Arthur Maçon est le nom du premier homme..., et qui retrace l'histoire de l'humanité ou l'histoire du monde que nous vivons avec une salubre et jouissive fantaisie.
Arthur Maçon resserre sa peau de bouc autour de sa taille, gratte sa barbe infestée de puces et rêve de portes, de fenêtres à double-vitrage, de thermostats ronds.
Et ma foi allez y voir, ce sont 42 pages qui les dix premières me le font croire, filent, qui sont pleines de sagesse et d'ironie, et cela coûte 1,99 euro.
Mais me suis arrêtée souvent pour des tâches futiles et domestiques, pour des tours sur internet, un peu de politique, et finalement (mais compte bien le reprendre aujourd'hui pour suivre le développement d'Arthur Maçon et vérifier si je ne pourrais profiter des travaux qu'il propose entre deux chapitres de ses aventures) pour me préparer à aller, dans le début de nuit vers le cinéma où l'orchestre de l'OLAP jouait la musique de Wolfgang Zeller, pour accompagner les aventures du prince Ahmed de Lotte Reiniger, le premier ou l'un des premiers films d'animation (1926), avec la ferme décision de m'émerveiller.
avec une autre musique.
Seulement... pendant que me changeais le ciel s'est mis en colère, voulait pas.. et mon désir de ce film n'était pas assez grand pour me pousser dehors. Alors j'ai remis mon jean et me suis installée devant la Cerentola
Statuette du lecteur : C.Lionnet, image volée en passant devant la galerie Ducastel – son site http://www.christianlionnet.com/

samedi, janvier 22, 2011

Néantissime, d'où trop long pillage

Ciel bleu dur sur la cour, mais jolis restes de mistral froid – froid, je le supposais, à tort je crois, mais le croyais sans vérifier parce que carcasse grommelant, courage se désagrégeant, me complais dans la petite défaite de l'âge et l'érosion des enthousiasmes, me rencogne, ne risque point ma peau dans l'air, et me chantonne Villon, et les premiers vers du petit testament, qui me furent longtemps refrain, quand justement de se rencogner ne pouvait être question :

«En ce temps que j'ai dit devant

que les loups se nourrissent de vent

et qu'on se tient en sa maison,

pour le frimas près du tison » même si de tison je n'ai pas – et reviens sur les lectures qui se sont glissées dans mes moments de conscience ces jours-ci.

« la science des lichens » de Mahigan Lepage http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504059/la-science-des-lichens son troisième texte sur Publie.net après le très aimé « vers l'ouest » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814502857/vers-l-ouest (et http://brigetoun.blogspot.com/2009/12/y-avait-la-foire-aux-chevaux-lundi.html ) et le « carnet du Népal » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814501515/carnet-du-népal ramené d'un voyage dont ce dernier texte pourrait être un prolongement, un approfondissement,

«j’aurais mieux fait de m’en tenir au circuit principal et marcher d’un guest house à l’autre bien gentiment mais non, j’ai préféré grimper une montagne par un sentier impossible et boire de l’eau sale et manger du vieux dhal bat bourré de coliformes fécaux, tout ça pour aller effrayer des enfants avec ma pauvre paire de jumelles, tout en répandant mes billets de banque un peu partout dans le village,»

Une seule longue phrase, une litanie de navrances, désillusions, refus, explications, articulée sur des groupes de mots repris comme des refrains, comme des appuis qui permettent au verbe de prendre appui, de rebondir, de continuer, en s'infléchissant le cas échéant, d'introduire un nouveau thème. Un Thomas Bernhard (je ne sais, je crois que cette impression n'est pas partagée mais elle fût chez moi instinctive, et s'est installée – et cela faisait partie du plaisir, comme une compagnie, une presque familiarité) qui aurait renoncé presque définitivement aux points, qui rebondirait sans pause – cependant à quelques reprises les propositions s'enchainent ex-abrupto sans cet appui du refrain ou d'une subordonnée et le point est peut être là, invisible mais sensible furtivement.

Je me demande s'il serait audible dans la belle expérience que pourrait être une lecture à haute voix, comme un fleuve dont il faudrait rendre évident la façon qu'a le déroulement de la phrase de ne jamais perdre de vue le sens, de faire récit.

« ou bien la ville dans notre dos qui éclaire, au nord de Paris le jour était faux, maintenant au sud c’est la nuit qui est fausse, on oublie que tôt ou tard les illusions vacillent, les illusions vacillent et reste la science des lichens, les arrêts de la ligne B portent les noms attendus voyez, »

De l'amener jusqu'à cela : que cette phrase, ce discours, c'était façon d'accompagner la désespérance.

« nous voilà au bout de la ligne, dehors sont pour vous les rues et d’autres trajets, en ces proliférations que vous appelez vos villes, toundras de lichens craquant sous vos pieds, les portes s’ouvrent et nos corps se disloquent, partez maintenant je me tais, il y a ce tunnel creusé sous les voies, attention à la marche en descendant du train. »

et puis, ai profité des offres , celle de Joachim Séné dont j'avais aimé « sans » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503687/sans ( http://brigetoun.blogspot.com/2010/10/honte-moi-entre-ma-forme-physique-et.html) et la crise http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503045/la-crise ( http://brigetoun.blogspot.com/2010/02/encephalogramme-plat-et-paresse-grande.html) et puis les petits et jubilatoires « hapax » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814501584/hapax et « roman »

« http://www.publie.net/fr/ebook/9782814502246/roman », qui sur son blog http://www.joachimsene.fr/txt/spip.php?article232 offre un texte inédit « maître et esclave », fable sur les appartenances, roman à la De Foé

« Muraille, frontière. Entre domaines semblables à celui de B. Où, si je tombais en cherchant à m'évader, je deviendrais immédiatement prisonnier, condamné à de plus durs travaux qu'aujourd'ui, dans des conditions abjectes dans lesquelles sont traités les fuyards et les meurtriers

…...............

Et si je partais, ma vie ici disparaissait. Qui serais-je au dehors ? Et que pouvait être le dehors de tout, puisque tout ce que je connaissais était le domaine.

…...............

J'avais l'effet de surprise avec moi, j'étais au coeur de la forêt riche de nourriture, de bois, riche de vie, silencieuse d'un brouillard humide qui collait mes vêtements contre ma peau et les bruits loin de mes oreilles, forêt peuplée de peur, de la peur du garde devant moi qui a peur de ma peur de le voir.

…...............

Tout ce temps où j'étais esclave, j'étais maître. Maître du domaine. Maître de toute chose en ce domaine. Maître de mon travail qui faisait vivre le domaine. »

y ajouter des cieux, des arbres, des plantes, une garde.. et dégustez.

Et chez Laurent Margantin, qui met en ligne http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?rubrique60 ses traductions de Novalis et Kafka, des textes de Maupassant, Baudelaire, Montaigne, et, découvertes pour moi, Marc Bonneval, Lêdo Ivo (très beau poème) et Serge Meitinger (qu'il me semble avoir lu, que je vais redécouvrir), ses « dits de Reger » et des textes de lui regroupés sous le titre de « Visions secondes » (goûtés comme l'avais fait d' »insulaires » http://brigetoun.blogspot.com/2010/01/comme-le-ciel-etait-moins-bleu-mais.html)

où j'ai retrouvé et découvert choses délectables et graves, à travers son écriture précise, régulière, habile, sensible, satirique

« On se souvient en effet des événements tragiques qui, au cours du vingtième et unième siècle, accompagnèrent la disparition des livres en papier : nombreux suicides spectaculaires de rats de bibliothèque, immolations par le feu de groupes entiers de lecteurs dans des librairies, attentats visant les boutiques où l’on vendait des tablettes numériques. »

ou

« Tu te souviens des fleurs ? Jaunes, oranges, roses, rouges, toutes les fleurs que nous avons déposées autour du trou de feu ? Et les dieux et les déesses que nous avons portés sur leur socle ? Et les grandes herbes que nous avons parsemées ? Et l’eau des noix de coco dont nous avons aspergé les braises ? Et les femmes en sari jaune et orange qui sont venues s’asseoir tout autour du trou de feu ? Et les visiteurs derrière les barrières, silencieux ? Et la procession à laquelle nous avons participée sur la plage un peu plus bas, avant-dernière purification avant l’ultime purification ? Et nos muscles et tout notre corps affaiblis par les dix-huit jours d’abstinence ? Et le rythme des tambours qui nous vidait le crâne, nous préparant à la dernière épreuve, la marche sur le feu ?

ou

« Surtout, j’étais troublé de ne ressentir nulle chaleur à son passage. L’un d’entre nous se risqua même à s’avancer vers la torche humaine, qui se retourna et voulut lui serrer la main. Son vis-à-vis accepta, sans être brûlé. Il me sembla même que la torche humaine dégageait un grand froid, oui, un froid polaire en cette nuit si chaude, encore brûlante des feux qui avaient été allumés partout dans les rues autour. Etais-je en revanche le guide, je reculais, me tenais caché dans le noir, pétrifié, bouleversé par la venue de la torche humaine qui, je le savais, allait désormais habiter toutes mes pensées jusqu’à la fin de mon existence»

et puis la beauté du premier des nouveaux textes confiés à Publie.net par Jacques Ancet, regroupés sous le titre de « la Tendresse » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504042/la-tendresse (je n'ai pas eu encore le temps de lire les deux autres)

Ce premier texte, donc, «un travail du noir» : savoir que c'est là, présence devinée, recherchée, appel entendu, à côté de la femme aimée, des enfants - avancer dans cette quête, le souffle retenu, haché par le texte qui progresse en groupe de mots attentifs – et, avec crainte, depuis l'obscur, aller vers cette lumière, tenter de connaître, de saisir. Le calme qui vient avec le jour, la présence qui se devine, indistincte encore et que le jour efface, mais qui s'approche, qui va émerger, depuis les profondeurs de l'histoire humaine, des recherches des hommes de toujours, en accouchement/éloignement. Et les mots, toujours, dans la quête. C'est tendu et très beau.

Et comme ne sais en parler, je pille :

« les voix des vivants qui semblent désigner le lieu de ta venue, t’appeler comme je t’appelle dans l’obscure marée de la phrase, comment continuer avec ce poids mort des heures qui te recouvrent et qu’il est dur de les repousser, tenter d’être ton rythme d’eau, ne pas me perdre dans l’encre de ton signe au matin avec la neige légère sur la grisaille des murs quand je voudrais que mes mots soient comme les flocons, lents et rapides à la fois, révélant en la couvrant ton absence si proche »

« pour que dure l’instant, construisant un présent dilaté où je suis bien, où tout ce qui m’atteint devient silence, blancheur, toute parole brille et s’efface, chaque objet flotte et se dissout ne laissant que ce vide où je t’imagine, rose à peine dans la lumière, forme comme montant du fond, mais il n’y a pas de fond, tout est présent et nous déborde infiniment, montagnes poussière feux tournant, caillou crevant le noir, doigts, silences impénétrables, ressacs de l’espace et du temps, l’eau, cette souffrance qui me poursuit, malgré moi, ce vertige, et toi, au bout, »

« de vagues rumeurs me parviennent à travers l’épaisseur d’un silence où je suis bien, frissons, flux et reflux de la phrase, pour un instant je rejoins ta paix de sang tiède, écume, sillage d’un geste dans l’obscur, nuée pâle du visage, je t’enveloppe d’une membrane de syllabes, ma phrase est rouge, elle ondule jusqu’à toi, tu t’en nourris, par elle tu respires, tu pressens le feu soudain de la lumière, l’air froid qui s’adoucit déjà au milieu d’une rue où je marche, remontant le courant des corps, cette rumeur de vie qui n’est pour toi qu’un souffle à peine comme la mer lointaine où tu flottes, »

« j’ai tracé des lettres, des mots, une phrase comme un fil traversant ma mémoire, remontant jusqu’à cette main solitaire crispée, entrouverte, crispée encore, pulsation lente que je sens maintenant sous mes doigts, coulée obscure, irrésistible, je plonge mon visage dans l’encre, les mots sont étincelles, lunules dansantes, filaments, fissures, sillons dans la nuit étroite, crépitement encore, suif ou résine, éclat soudain et la main s’ouvre, immobile, sur la paroi rouge, elle monte, est-ce la tienne, je vais la toucher mais le jour une fois de plus efface ton vertige, »

Et je m'en vais, dans le creux du jour, ou des jours, terminer ce recueil et, esprit affuté, reprendre les textes, que je trouve importants et goûteux par les images choisies, de François Bon dans « Après le livre » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504103/après-le-livre

mercredi, octobre 20, 2010


Honte à moi – entre ma forme physique, et peut-être à cause de mon moral qui creuse le fonds en ce moment (tentée d'arrêter paumée, et internet en général), j'ai résisté une petite demi-heure, de plus en plus rétrécie et branlante, puis me suis assise sur la terre dans le vent, ai regardé la manifestation qui me semble-t-il avait diminuée à cause de ce sacré temps (ça s'est confirmée semble-t-il), et suis rentrée, presque debout. Ai trembloté, ai eu le moral absurdement miné par mon inexistence réelle et virtuelle. Ai décidé de mettre en ligne mes pauvre photos en les alternant avec des citations du dernier texte de Joachim Séné «Sans» http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503687/ sans (j'avais parlé de «la crise» le 4 février 2010 http://brigetoun.blogspot.com/2010/02/encephalogramme-plat-et-paresse-grande.html )
Texte vraiment remarquable, qui passe par l'écriture, souple, travaillée, vraiment «littéraire» pour rendre avec une justesse étonnante la vie des bureaux (quels qu'ils soient, et même si l'acuité des souffrances ou simplement problèmes, aliénations, n'est pas toujours aussi grande), de l'intérieur.

«armée des soldats en costume, uniforme classe moyenne, neuf heures du matin après les deuxièmes classes de sept heures sous l’esplanade dans le RER et les troisièmes classes de six heures, tous vers plus loin les chantiers ou ailleurs le port, manutentionnaires et bâtiments, mobilisation de tous pour l’emploi et la consommation, le ménage dans les bureaux vides quand le soleil déjà parti ou pas encore là, heureusement que moi, nous ici, avec le temps de venir le matin, la chemise, la veste, ces signes, tranquilles dans les bureaux,»

«cartons et nouvelles fenêtres, pas de lieu ménagé à soi, jamais, à chaque instant l’attention sur les glissements, les chuchotements, les plans d’openspace, les arrivées, les départs, ceux d’en-haut, ceux des hautes fréquences sismique, l’édifice sur ses bases et nous sur ses arêtes, « adaptés » au marché,»
.
«Homophobie, racisme, pédophilie, humour noir, moqueries, mépris, le grave, le sérieux, tout en dérision, mais sans homophobie, ni racisme, ni méchanceté ni rien car au fond second degré bien sûr, bien sûr le mépris des autres propulsé ou repropulsé en téléréalité, ses mises en scènes aux castings codés, son montage-fiction, ses moqueries, tout ça pour de rire ; et pour, dans la machine, tout ça catalyseur de tenir.»

«du soleil et du bonheur à chaque spot, à chaque nouveau jeu télé, du sourire et du bonheur voilà la recette, la roue, l’abondance, l’heureux gagnant et l’heureux présentateur dans le poste directement en dialogue avec la noire tumeur au chômage dans son clic-clac aux draps sales, la table basse sous les chips et le carton de pizza, trois canettes de bières vidées la veille, mal rasé, puant mais heureux dans son bonheur de cliché sale du célibataire chômeur aux chips-ketchup, repu du spectacle dans le cube de verre, meilleur ampoule de la maison avec le soir à 20 heures la lumière sombre des "actualités"»

«Sortie d’entretien corps vidé. Sang en tambour et glace de sueur sur la peau. Sortie d’entretien sans les jambes. Dehors, un nœud à la poitrine, un nœud indénouable, insécable, mais inflammable. Sortie d’entretien et retour boulot (entretiens entre midi) dehors poumons vidés, aspiration par la clope»
...
«le poids de tout ça sur les épaules, mal de dos, mal des bureaux, mal sans paroles, et combien pire alors en usine ? À pas y penser. À crever à la retraite ou même avant vu les lois qui, les lois qui, les lois qui s’enchaînent, toutes naturelles, toutes de bon sens, toutes ifo et qui moi là-dedans ? Personne, caillou au bulletin de vote trop lourd pour lui, brume de l’instant ignorante du déluge de l’histoire passée et future, incapable de télépathie comme de prescience, pauvre moi face aux lumières doxatiles des médias»

ai descendu un peu plus ma pente, dormi, pleuré, me suis abrutie en écoutant le Sénat, suis revenue à l'intelligence en écoutant le Sénat, le vent est mort, j'ai pris des résolutions que je ne tiendrai pas, me suis arcboutée au dessus de mon radiateur, ai mis une robe de laine et un manteau et suis partie, âme et oreilles en attente, vers Saint Pierre pour écouter «le remède de fortune» de Guillaume de Machaut

(J'ai trouvé via France Musique une vidéo avec quasiment la même interprétation : Pierre Hamon jouait de la flute, de la cornemuse, du tambour et Angélique Mauillon de la harpe gothique – mais étaient même chanteur : Marc Mauillon, et même viêliste : Vivabiancaluna Biffi)
déclamation, assez incompréhensible sans le livret, au début, tant qu'on n'est pas rentré dans cette langue. Et puis le chant presque purement monodique du lay, la variété que donne la voix, les différences de rythmes de strophe en strophe, le jeu des rimes
"Mais quand je voy
Le très bel arroy
Simple et quoy
Sans desroy
De son corps, le gay
Et que je l'oye...»
Et les petites polyphonies instrumentales intercalées comme des répétitions

La longue complainte, la ligne simple, l'écriture savante
«Tieus rit au main qui au soir pleure 

......
Car Fortune tout ce deveure, 

Quant elle tourne, 

Qui n'atent mie qu'il ajourne
Pour tourner, qu'elle ne sejourne, 

Eins tourne, retourne et bestourne,»
Le chant s'interrompant par moment, pour des strophes parlées, en dit rythmé, sur un air de la flute
«C'est souffrance la rigoureuse
C'est souffisance convoiteuse
C'est paix dolente et rioteuse
C'est vanité
C'est pacience dangereuse
C'est diligence peresseuse..»
Le chant royal, orné, et la balladelle chantés par l'Espoir (c'est à dire Vivabiancaluna Biffi s'accompagnant à la viêle)
La ballade en duo polyphonique – le virelay chanté, lancé par l'Amant avec un refrain repris en coeur – l'adieu pâmé.

et m'en suis allée, marchant bien vite, presque sautant sur les galets.

jeudi, février 04, 2010

encéphalogramme plat et paresse grande (désert de surcroit) – J'ai, en pensant aux vases communicants de vendredi, dont le menu (liste telle que j'aurai pu l'établir en ligne ce soir) me semble prometteur, repris mes petites contributions, dont la première en septembre 2009, ci-dessous, avec mes photos améliorées, en en prenant des détails, par François Bon qui avait la gentillesse de m'accueillir sur « tiers.livre » http://www.tierslivre.net

Reviendra la lumière, la géométrie dure, mais gorgée d’allégresse, quand l’air est plein d’or en fusion, et que je cherche l’ombre pour la regarder, elle et ses jeux.

J’y pensais, sans y croire, jeudi, quand je cheminais vers mon spécialiste au beau crâne, et nos conversations mondaines, moi floue, sans appuis, dans l’air tiède et mou, vide dans vide, tentative de franchir un monde de platitude grise, éclairé de lumière morte, sous une boursouflure de nuages d’un blanc sale.

Impression que rien n’existait où accrocher mes yeux, mes vagues pensées, pour haler ma volonté.

Mais là, face à sa porte, pendant que je concentrais tout mon corps pour peser et l’ouvrir cette sombre, dure, bourgeoise porte de bois et son ressort férocement résolu - et quand elle a enfin cédé, me suis retrouvée dansant au milieu du hall pour reprendre équilibre -, le cadeau prématuré de la beauté future, sur une branche qui descendait vers moi dans le jardin, de l’autre côté de la rue, et dont les feuilles éclataient, dorées, sur les feuillages ternis.

Et puis, en sortant, peu de temps après, le constat des pouvoirs de cet homme - ne sais s’il me soigne, mais le ciel oui - et peu à peu celui-ci me donnait, à défaut de forces extraordinaires, une petite joie timide qui allait grandissant, et il y avait même un avion, petite fusée blanche, pour jouer sur le bleu..

Avant le dur éclairage de l’hiver, avant la mollesse morne du fond de l’automne, viendront les jours tendres, le jeu délicat, l’effleurement, des lumières douces sur la peau des pierres, un peu roussies, ou je le croirai, par les feuillages qu’elles projetteront, par une humidité presque imperceptible.

Et puis, petit tour conseillé dans l'écriture de Joachim Séné.

Avec, sur son site « fragments, chutes et conséquences », le guide de voyage en Imrie, îles assez inhospitalières, et guide savoureux

« .. Des bateaux doivent partir, il le faut, tous les jours, ils ne le savent pas mais vont vers l’inconnu : nous ne saurons trop leur conseiller que d’emporter ce guide, au cas où. Mais s’ils découvrent l’Imrie, en reviendront-ils ? » http://www.joachimsene.fr/txt/

avec, peut-être, Viéjan, la ville de la musique

« D’autres galeries, de la taille d’un bras à celle d’un cheveu, plutôt des conduits soniques, qu’on appelle à Viéjan des « tosseries », s’éparpillent depuis les galeries principales et conduisent et produisent elles aussi du vent, du chant. La hauteur du son varie selon la taille et la forme de ces conduits, et ce sont ces réseaux qui participent à faire de la ville ce qu’elle est : un immense instrument de musique, joué en permanence par le vent.. »

avec la reprise des 14 pages de « Hapax » (1,30 euros sur Publie.net présentation et téléchargement http://www.publie.net/tnc/spip.php?article159) toute la vie d'un couple, découverte, installation, week-end chez parents, travail, enfant etc... jusqu'à "Surprises inassouvies. Rêves ne reviennent plus. Véracité nouvelle possible à nouveau. Mensonge fonctionne, une seule reprise. L’épouse rencontrée jadis, demain encore exceptionnelle. Naissance, mort, vivant désormais. »

Et puis, la parution, le 2 février, toujours chez Publie.net de «la crise» http://www.publie.net/tnc/spip.php?article305 succession d'aphorismes, courtes sentences, petites histoires, un poème, humour aigre-doux, couvre en formules efficaces à peu près tout l'éventail de la réalité concrète de la crise sur nos vies, des images que nous en avons, que l"on nous en donne, de l'exploitation du thème etc... Savoureux et salubre

en choisissant parmi les courtes phrases

«»La crise » c’est la liberté sans la justice.»

« »La crise » a beaucoup, beaucoup, de clauses en petits caractères »

«« La crise » est jean-T-shirt et te tutoie.»

« « La crise » est un suspens à durée déterminé renouvelé à l’identique à chaque fin de mois. Une tension dramatique nécessaire. Un climax leitmotiv. Une errance cyclique. Une addiction involontaire. »

« « La crise » investit profitablement dans « la crise ». «

Et le début :

Sur la photo, «La crise c’est chaque fin de mois», le S de «mois» est effacé, ou écrit plus vite, moins fort.

La crise c’est chaque fin de moi....

Fin de moi.

Chaque fin de mois je meurs un peu. »

je me demande si je vais être aussi invisible qu'hier - à propos si vous passez, détour proposé (conseillé tous les jours) par http://avignon-in-photos.blogspot.com/2010/02/utopia-cafe.html

ceci dit un peu découragée, là, pense qu'à part les vases communicants, je devrai mettre "paumée" en pré-mort comme mon oranger

dimanche, mai 03, 2009

m'en suis allée chercher du dentifrice, avec nez en l'air et yeux en quête de ce qu'imagination, mains et travail des hommes peuvent obtenir du métal.
une souplesse simple, de très légères touches d'insolence dans la fantaisie, l'aisance affichée et savante dans l'asymétrie des dentelles aussi travaillées que des mantilles, pour chevelures riches, ou des bordures de chantilly - sagesse souriante - une discipline maîtrisée
une schématisation grandissante
l'éloignement du pouvoir
l'ossature rigide qui accompagnait la simplicité luxueuse et un peu débraillée des merveilleuses, et le souvenir de Montgolfier des volutes autres - la rigidité voisine de l'antre
le peu que j'en ai, et le rappel de cela que je m'accapare en idée.
Ai somnolé, dos au mur et face au soleil, dans un petit vent léger, dans une douceur tiède, en regrettant un peu l'odeur du fusain et du jasmin morts et en allés. Me sentais, me savais sotte, ai lu un peu des bêtises et puis le plaisir de la virtuosité de "Roman" de Joachim Séné, douze pages courtes pour l'histoire d'un amour qui commence par "Soupira Marc. Dit-elle. Songea-t-il. Dit-elle. Lança Marc. Jeta Carole...", variant les contraintes, toujours concentré à l'excès, avec une conversation autour de la table d'un dîner en ville, etc... http://www.publie.net/tnc/spip.php?article225 - j'ai écouté des voix sortant de la radio sans trop chercher à les comprendre et puis deux minutes de René de Obaldia- j'ai pesté contre ma machine - la journée a coulé, les quelques résolutions du matin se sont couvert les yeux.