commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, avril 09, 2020

Journal du C force 3 - 24

Le ciel était bleu au dessus des pierres et de la glycine quand suis descendue prendre livraison de la commande passée à source de vie mon marchand préféré des Halles qui maintient cette possibilité pendant la fermeture de celles-ci (tendance à trop manger ces temps-ci et puis j'avais grande envie de légumes n'ayant pas fait des centaines de kilomètres sous plastique
et puis suis remontée avec le numéro de Mémoires de voir qui m'attendait dans la fente de la porte
vider le sac, mettre une éphémère tache de vert sur la paillasse de la cuisine, trier, ranger... avant d'ouvrir un fichier pour un second texte pour le #8 de l'atelier de François Bon et le refermer parce que pas cap...
enregistrer un de mes passages préférés du dernier livre de Christophe Grossi, la ville soule publié par publie.net https://www.publie.net/livre/la-ville-soule-christophe-grossi/ chercher des images, dessins ou photos de Maryse Hache et bricoler un truc en hommage à eux deux – ou trois puisque se glisse le nom d'un poète ami (mais, cette fois ci bricolé plus que jamais, parce que je n'ai pas compris comment fonctionne, maintenant, sur mon nouveau iMac, iMovie et que j'ai constaté, en voulant vérifier avant de mettre en ligne, que les images, si on les regarde, se livrent à une danse relativement rapide qui donne le mal de mer et dont on ne comprend vraiment pas ce qu'elle vient faire là... j'ai hésité à tout jeter, ai préféré vous conseiller de fermer les yeux,... même si j'ai honte de ce piètre hommage)
Vous pourriez aussi préférer acheter le livre, où il y a bien d'autres choses.


PS

quant à moi me suis offert 45 minutes de rêve, avec des refus, des désirs, en regardant la vidéo présentant le festival in (dont de toutes façons au cas où... même si... en espérant un miracle.... je ne pourrais m'accorder cette année que quelques spectacles, en gros, au tout premier abord et sans réflexion, parmi ceux dont le nom n'est pas passé trop vite, Novarina, le grec de la cour d'honneur, les africains à la Fabrica et chez Lambert, Emma Dante, Ali Charour, Yoshi Oida, quelque chose qui a nom Lamenta... et au delà : des regrets évidents parce que tant d'autres presque connus ou pas du tout... bon heureusement pour quelques uns c'est non) https://festival-avignon.com/fr/ et puis regardant plus en détail mes regrets se sont fait plus nombreux (pas une raison pour annuler - sourire)

vendredi, octobre 17, 2014

Chez Vilar, Ukrainiens et autres avant de se rencogner en prenant pied dans Ricordi


saluer la couleur qui vient à mon énorme future récolte de l'année (qui me permettra d'assaisonner deux tasses de thé) – et partir vers pharmacie et bureau de tabac de la place de l'horloge,
avant de monter la courte et faible pente qui mène, face à l'hôtel de Ville, aux doux lions de la maison de Vilar,
pour retrouver, dans la cour, les lames de Bernard Autin, pressées sur un socle tel un troupeau de pingouins.
Saluer la dame de l'accueil, grimper l'escalier, en regardant par les ouvertures sur le hall les costumes qui le dominent sur leurs balcons…
découvrir, en s'y attardant un peu, en projetant de revenir, la nouvelle installation des salles, avancer au royaume de Vilar, dans le souvenir de quelques spectacles vus en mon adolescence à Chaillot, dans la légende, les souvenirs d'une grande époque, des vidéos effleurées, en s'arrêtant quelques minutes, s'arrachant, repartant..
admirer le graphisme, la stylisation, la franchise des tons des costumes dessinés par Gishia
ou Prassinos – se dire un autre jour.
Pénétrer dans les pièces donnant sur le jardin, consacrées dans le cadre du Parcours de l'art à l'Ukraine – pont vers l'est http://fr.ulule.com/pont-vers-lest/, et être séduite, d'entrée, par les grands panneaux de Serhiy Savchenko
Il travaille avec les couleurs presque comme un sculpteur, il sculpte plus qu’il ne peint. En effet, il se sert plus souvent de ses doigts que de ses pinceaux. La toile même du tableau est sa palette, c’est là que se passe le mystère de la combinaison des couleurs, cette éternelle recherche et interrogation sur la sensation du beau…(Andriy Nakorchevski , Professor Keio University, Japon)
chercher les colonnes de Taras Beniakh telles que les montrait la photo du catalogue
Colonne. Une forme virtuelle, à nu. Elément fondamental de l’architecture sacrée, telle une colonne vertébrale d’ancien monde. Symbole d’empires passés.
Installation « Temple » est un jeu de l’architecture, une tentative de combler l’espace libre, imparfait, souvent anti-esthétique. Réflexion sur le paradoxe de l’Humain qui, après les objectifs à remplir tous les espaces vides, crée un vide. Regard sur l’Empire comme système qui tend à l’équilibre, aussi monumental que fragile. Vide, avide de pouvoir…
et voir, à travers les porte-fenêtres condamnées ces fantômes effondrés en courbes désordonnées... leur trouver du charme, penser qu'elles ont dû avoir un problème..
Remarquer, au moment de quitter la pièce, accrochés à des mats, les quatre beaux petits émaux d'Ustym Fedko – les mondes clos
sur les frontières est d'Ukraine en ce moment beaucoup vivent en dessous de la ligne d'horizon.. Beaucoup parmi eux sont les enfants qui attendent quand dans les sous-sols s'ouvriront les fenêtres vers le monde libre (fin du tout petit et discret panneau de présentation, puisque ne figuraient pas au catalogue)
pénétrer dans la seconde pièce, et se trouver cernée par les nombreuses photos, architectures, présences, portraits, de Cyril Horiszny devant lesquelles se promener, avec des arrêts, séduite par le jeu assortissant les couleurs des décors aux personnages, les paysans de partout, les riches costumes ukrainiens
Les parallèles d’ordre social, politique, géographique, sentimental ou philosophique soulignent les ressemblances comme les contrastes....
la même règle s’applique à tous dans la composition de l’image. Les sujets posent invariablement au centre… entre Est et Ouest.
(même si prime ce qui nous est étrange, comme les Houtsouls : fiers de leur culture et de leur identité, ce peuple de montagnards préserve un mode de vie ancestral basé sur le cycle des saisons, mais également sur un artisanat très coloré.)
et saluer en sortant le vieux cosaque.
En sortant, sur la place, s'interroger devant cette branche au centre de l'emplacement de la colonne Morris qui vient d'être déposée
et puis, suivant la flèche du nuage, redescendre vers l'antre... cuisine, déjeuner, sieste ma délicieuse mauvaise habitude, écouter à l'assemblée l'examen sur le projet de budget, avec la familiarité et le reste d'intérêt qui me reste, n'y peux rien, pour les dispositions fiscales en faveur du logement (si souvent, si ce n'est quasiment immanquablement nuisibles pour le logement de ceux en peine de toit, et même pour le placement des économies des classes moyennes).. mais au moment d'enfiler la robe et le veston préparés pour m'en aller vers le Chêne noir assister à Train fantôme de de Gérald Sibleyras et Eric Métayer, en bailler, même si loufoquerie m'était promise... rependre frusques, et m'installer avec Ricordi de Christophe Grossi, pour une première prise de contact, en survol rapide
tomber sur
«180. Mi ricordo
que Jannis Kounellis a rejoint le mouvement Arte povera lors de la première exposition collective.

181. Mi ricordo
De Alighieo Boetti, Mario Merz, Gilberto Zorio, Michelangelo Pistoletto, Giuseppe Penone, Luciano Fabro et Pino Pascali.

182. Mi ricordo
que la poussière des collines s'est longtemps mêlée à la salive.

183. Mi ricordo
Sois souriante mais concentrée, garde ton port de tête, tes épaules, plus en arrière, bon, pose les mains sur les hanches.»
ai entendu fugitivement ma mère (sauf pour les hanches) ai refermé le livre, ai fait un tour sur internet, ai repris le livre, ai commencé à lire vraiment avec cette belle entame
«1. Mi ricordo
que quelqu'un a parlé dans l'obscurité
                quelqu'un a parlé dans le noir quelqu'un a dit Oublie.»
ma ancora - un po 'di vergogna

jeudi, octobre 09, 2014

Science, humour et joli temps


sur les rues d'Avignon, était ce matin ciel fièrement bleu
au dessus des murs d'Avignon se promenaient, vivement, sans précipitation, au fil du joyeux petit vent, des nuages doucement gonflés
du haut d'un mur un homme sage m'observait, m'a saluée, ou j'ai voulu le deviner
Allais à la banque tenter de régler un problème de prélèvements à tort, et ce sera partie remise (très faible le prélèvement)
Allais vers la Mémoire du monde en quête de Ricordi de Christophe Grossi (mon attente née de la lecture de billets sur son blog http://deboitements.net/spip.php?rubrique31, d'un compte Facebook nourri de souvenirs ou découvertes, de mon fort goût pour l'Italie, de ma jeunesse, et de la présentation qu'en a fait Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/livre-lecture/article/ricordi-de-christophe-grossi ) n'était pas arrivé, l'ai commandé, ai piapiaté, fait un petit tour, remisé mes envies puisque j'ai pile de livres en attente de belle taille et pour encore quelque jours bourse un peu languissante et suis repartie avec, tout petit, du jour au lendemain d'Alain Veinstein (Seuil) en souvenir ineffaçable de l'injuste fin de ces rencontres, sous son égide, avec des auteurs au coeur de la nuit
Il est temps de retrouver le silence. Ciel dégagé, constellé d'étoiles ; Ce fut une belle journée tout de même .
«Du jour au lendemain» entre dans le passé. (à contre-coeur-gros)

Journée avec des hauts, des bas, ordinaire... et départ à la tombée de la nuit 
pour aller chez Claire, Laure, Pétrarque et Alain Timar, au Théâtre des Halles, écouter, dans le cadre de Scences en scène, Basic Einstein de et avec Damien Joyat (écrit en collaboration avec Claire Truffinet et Tibo Christophe et mis en scène Jérôme Jalabert)
parce que j'avais lu sur le programme : Du coeur de l’atome à celui des étoiles, en passant par les méandres du cortex cérébral et découvrant, au passage, ce qu’Einstein prenait vraiment au petit déjeuner, Damien Jayat vous entraîne dans un voyage à travers la physique, l’astronomie, la biologie, sans oublier l’indispensable soupçon de philosophie qui va révéler son précipité d’humour, d’érudition et d’intelligence.
Ce qui m'a foi était un vrai et juste résumé.
Mélange de notions de base ou un peu davantage, d'un récit bien construit, d'esprit fin en pincées, d'esprit potache, de jeux de mots atroces, avec une salle comble et réactive, et un petit noyau, de volume équivalent à un tiers environ du public, d'ados et d'ado(e)s jubilant de retrouver ce qui était encore en leur esprit ou tentait d'y pénétrer, et réagissant en rires frais
et puis pour finir, et plaire encore davantage à petite vieille, retour de la science à la conscience puisque «science sans conscience...» et une dernière pirouette joliment négociée en prenant appui sur le Banquet, Socrate et la totalité qui est amour.
Une vidéo de présentation pour donner idée de ce moment jubilatoire
Un retour dans des rues quasi désertes, baignant dans une douceur presque digne de l'été, presque, ma mémoire a des pannes.

samedi, juin 29, 2013

Trop longue dérive en effleurant villes


regarder du sommet de ma ville, petite, moyenne plutôt, ancienne, la campagne d'au delà du fleuve, le territoire de France, et tourner autour du rocher pour voir l'arrière pays – se dire que faute de savoir marcher comme le savais un peu autrefois, comme cela se faisait en temps reculés, faute de véhicule, faute même de savoir conduire – oui suis diplodocus -, ne connaîtrai jamais la chair de ces noms : Tarascon, Cavaillon, Morière, Cordes, les dentelles de Montmirail, Apt, Sault, Caderousse, Grillon, la fontaine Vaucluse, Oppède, Robion et Roussillon qui resteront objets de rêves vagues bellement sonores, que n'aurai que souvenirs plus ou moins furtifs de Sylvacane, Vaisons-la-Romaine (pas si furtif, là), Châteauneuf du Pape, Entraigue et son charme discret...

penser ville, les villes italiennes où ai tant marché il y a bien trop longtemps, qui ont été peu nombreuses mais très aimées (figées par mon souvenir, dans des printemps qui n'étaient pas encore envahis) Florence et Sienne d'abord (Sienne retrouvée dans le Condottière de Suarès : On incline d'abord à croire que Sienne est toute franciscaine... Non, elle est bien plutôt à Dominique. Elle est trop amoureuse pour être sous la seule loi de l'amour. Elle a besoin d'une règle plus ferme. "
"Blanc et Noir, les deux couleurs de Sienne : blanc comme la Vierge ; noir comme la pénitence. Et le champ de l'écu est rouge comme le sang des passions et puis mes lectures, sur le parvis de Santa Maria dei Servi de l'Inferno de Dante, enfin surtout de la traduction), Venise, sauter tous mes regrets rêvés, arriver à mes séjours romains, entre exaltation fatigue et nonchalance hors circuits, cet accord moins immédiat qu'avec d'autres, ces petits coups de coeur, les pizzas mangées en marchant, plus carnées et grasses qu'en Toscane, comme l'architecture, une saveur plus agressivement opulente, plus populaire, et ce moment où elle est devenue la plus goûteuse, aimée, les jeux du baroque, ces habitudes prises, la chambre d'une pension minable près de la gare, le sol inégal et la fenêtre sur une friche romantique, le raffinement de celle du Sofitel et la vue sur les arbres de la ville Médicis... 

passer en petits sauts rapides à la richesse plus violemment marchande de Barcelone, et au parfum de la mer,
_hésiter entre deux cafés perdus, celui avec carte coupée, chaises en formica et azulejos près de la Plaça Sant Jaume ou l’autre avec stores entrouverts et banquettes en sky dans la galerie marchande, Carrer l’Argenteria (Christophe Grossi http://deboitements.net/spip.php?article351)

on était venus là il y a deux ans deux jours seulement comme cette fois deux jours pour parcourir la ville voir comment la mer s'y cogne découvrir un peu des gens en somme et sur la peau le vent alors on était partis tôt ciel dégagé présage d'une belle journée l'autoroute d'un trait comme un alcool fort ne pas trainer et reprenant souffle et couleurs on s'était garés rue du centre juste à son bord il pleuvait (Emmanuel Delabranche http://apeineperdue.blogspot.fr/2013/04/a-en-tio.html )
Tu te souviens que tu sortais vers minuit, et que tu savourais, distraite, concentrée sur ton plaisir simple, une crème catalane dans un bar trop éclairé – un décor froid de moleskine et formica – en regardant la nuit derrière les grandes vitres, et cette rue que tu suivais, le matin, pour une pause dans le parc de la Citadelle, près de l’amical squelette métallique de l’Umbracle. (Brigitte Célérier http://deboitements.net/spip.php?article350)

battre des ailes et se retrouver sur la grande place ouverte sur le Tage à Lisbonne, s'y attarder, grimper vers jardins suspendus, manger soupes dans la rue, aller des azulejos décrépits aux belles façades restaurées, dégringoler vers le musée, se griser avec étonnement des exubérances de Belem, avoir tant envie de vivre là, prendre petit train vers Sintra, descendre la petite route, voir les cônes blancs dépasser des chênes et des pins, retrouver recul devant troupeau de touristes français et petite complicité avec guide, des gâteaux idéalement sucrés.... chercher les orangers de Séville dans les patios à Noël

penser vite aux villes du nord, aux kilomètres ravis dans Anvers, à l'amitié à Amsterdam, et à Utrecht avec son quant-à-soi et ses petits recoins sales, à Gand, à Bruges qui avait convoqué une douce brume vespérale sur le grand béguinage et à la chambre meublée d'osier et de cretonnes sur l'angle d'un canal, et au goût de dépaysement admiratif de la petite latine à Strasbourg et Colmar... et bien entendu, mais là c'est déjà un monde, à Londres.
penser ville, penser Lyon et cette surprise chaque fois de s'y sentir tellement chez soi, penser Lyon et ne presque pas avoir besoin d'y être pour la vivre un peu, faire petit saut dans va t'en va t'en c'est mieux pour tout le monde de Christophe Grossi http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504936/va-t-en-va-t-en-c-est-mieux-pour-tout-le-monde pour retrouver En face de moi une fresque en trompe-l’œil : hommage aux écrivains de Rhône-Alpes, bibliothécaires, imprimeurs. Une citation parmi des dizaines : Lyon plus doux que cent pucelles...une terrasse dans la nuit, des voix et rires jeunes, la saveur d'une grosse coupe glacée

... laisser toutes villes visitées, habitées brièvement, admirées, rentrer chez soi, un chez soi qui s'efface qui devient regret plus que besoin, avec Paris.. et ranger dans un panier, lu avec des retours, longuement et lentement la phrase urbaine de Bailly, les banlieues, les villes nouvelles, ce qu'il faudrait pour y recréer un phrasé, ranger avec le livre l'idée des délaissés : Ce suspens même dans lequel on le découvre, le délaissé l'occupe en vérité avec des graines et des croissances, des improvisations, exactement comme s'il y avait sous la ville, et avec elle, tenue par elle, en retrait, toute une dormance prête à s'éveiller à la moindre faute d'attention. Là encore, bien sûr, c'est une question de temps et de dimensions,... Mais globalement, c'est à peu près à toutes les échelles que s'insinue puis s'impose la reprise végétale...
et retrouver, par chance, facilement, ce merveilleux (un) livre blanc de Philippe Vasset : Borné au nord par la zone industrielle du Val-de-Seine, au sud par l'A86 et à l'est par les voies du RER C, le site est très sauvage : les herbes montent jusqu'à l'épaule, il y a des mares asséchées et des bouquets de roseaux. Lors de ma première visite, je suis même tombé nez-à-nez avec un renard....
Et voilà que Brigetoun relève le nez, un peu troublée, découragée,par tout autre chose que ce billet, réalise l'importance assez extravagante de cette dérive... arrête.
Avais en tête Paris et des blogs, avais en tête les grandes villes d'outre océan et les gigantesques villes contemporaines, des textes.... on verra peut-être peu à peu, plus tard.
Me déconnecte après avoir posé ceci, sans relire, sur Paumée.

lundi, août 22, 2011

Journée sans rien, se laver les cheveux, vaquer, vivre et

reprise de mes voyages de samedi en très long pillage, toute honte envoyée par dessus les moulins comme on le faisait des bonnets (et en me repentant un tantinet d'avoir donné préférence à mon moi)

Voyage en lisant « va-t-en va-t-en c'est mieux pour tout le monde » de Christophe Grossi http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504936/va-t-en-va-t-en-c-est-mieux-pour-tout-le-monde - les trajets, entrecoupés de retour à la femme, la première puis l'autre, et au bureau là où il est si mal :

« Je dois rester assis toute la journée. Sinon je tombe. Je ne parviens pas à parler des lieux et des personnes que j’ai quittés (les libraires des Sandales) ni de ceux que je viens de retrouver dans cet espace qui m’étouffe et me déprime. J’en ai déjà assez de dépenser le salaire de ma peur. »

de l'ancien libraire, de ville en ville, de libraire en libraire (un petit aperçu sur http://brigetoun.wordpress.com/2011/08/20/visites-aux-libraires/) avec le plaisir, ou la fatigue à en perdre conscience de lui-même, de la route, les erreurs de trajets, les amis dans les villes et les repas, les hôtels solitaires avec les voyageurs de commerce, et les repas minables, les rencontres chaleureuses, surprenantes ou mornes, les liens par téléphone ou sms avec les puis la femme, les musiques (et je les recherchais sur you-tube pour accompagner ma lecture, la recherche des oloés, des endroits pour écrire comme :

« Envie de marcher. Palais des Papes. Rocher des Doms. Promenade dans le parc. En face, le Rhône, le Mont Ventoux, les Cévennes, un pont là-bas (le Pont du Gard ?), à droite les toits de la vieille ville. Je cherche un banc, fais le tour du parc, comme le chat, avant d’en choisir un – où vais-je écrire ? Des enfants, partout, et des gens en mouvement, qui parlent et se prennent en photo. »

et puisque je m'attache au voyage les villes, et les formules heureuses qui en rendent compte aussi rapidement que la visite qui a produit cette image

« Annecy, ville trop propre, trop sage, trop figée peut-être – le sentiment que j’en ai eu ce matin du moins. Une ville qui sent la retraite. Les libraires, accueillants.. »

Grenoble : « Et puis trop de monde, trop de tenues estivales qui débordent des terrasses sans parler des attitudes qui vont avec. Tout ce que je déteste. Peu de gens beaux, mais les corps se dénudent et se pavanent en ville à en devenir vulgaires : la télévision a envahi nos villes et nous fait tous tapiner dès que le soleil revient. » (mais belles rencontres)

Lyon : aimable, en petites notations

« Dijon. Le centre ville. Ses bourgeois. Ses maisons de maître dans lesquelles certains samedis on doit se surprendre à aimer inviter tout un tas d’amis qui s’affaleront sur la pelouse bien rase en écoutant un quatuor à cordes, un soliste roumain et un poète marocain.. » même impression et pourtant j'aime cette ville

etc...

en fait les formules à l'emporte-idées s'appliquent surtout aux villes qu'il n'aime guère, pour les autres l'impression se dilue dans le récit du séjour.

Tout de même : « Semur-en-Auxois, vers midi, une oasis – vieilles pierres, petit pont, du médiéval, du vieux commerce, la petite nationale.... la ville du fou des vaches, des herbes bleues le soir et des talus »

etc... faites plutôt le voyage avec lui, dans le livre.

Juste encore,

- Avignon qui est surtout le cadre de rencontres, du festival, le point de chute après virées à Arles, Nimes, Montpellier, Marseille (pas aimé mais y revenir..) avec ce petit clin d'oeil que m'ont fait ces mots, pour les soirées-à-côté-du-festival : « les lumières sont blanches et rouges, des coussins, des lits-banquettes. La scénographie fonctionne et pourtant elle me met mal à l’aise : elle n’est pas faite pour des gens seuls. »

- les villes du Massif central, et l'accueil, et puis à l'automne, quand « le ciel s’étend comme un chat après sa toilette », Paris qui est « adorable »...

et cela continue.. Bordeaux ville-façade trop riche, Bruxelles «je suis fou de cette ville », les villes de l'ouest et les amis, Tours et un merveilleux libraire, la Bretagne et la beauté etc... et le théâtre de la Bastille pour que je souris en me trouvant chez moi... (y rester avec la pyramide, la place des Vosges etc..)

et la fin « va-t’en va-t’en c’est mieux pour tout le monde »

Je voyage, aussi, chaque jour, et reviens parfois en excursion dans mes chemins antérieurs, entre plaisir, interrogation, mots et sentiments, au pays inconnu de Laurent Margantin qui, de jour en jour, se prolonge, se diversifie, s'approfondit, et dont je pille, juste, un peu au hasard, mais pas tout à fait, des facettes, moi pique-assiette sans remords (pour faire le voyage http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?rubrique79 ou ce guide http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article1047)

(et toutes les photos, celle qui est là, ci-dessus, et celles capturées pour des montages, sont de lui, fruits de mes larcins momentanés)

« L’œil qui vous fixe combat à chaque instant cette ancienne rêverie en vous forçant à voir ce que lui seul voit, en vous obligeant à regarder des images toujours nouvelles, loin devant vous. L’œil qui vous fixe éradiquera jusqu’au dernier arpent de votre espace intérieur. »

« Cette pièce métallique fixée dans la roche depuis un siècle est l’élément d’au moins trois songes : celui que je fais en m’imaginant le passage dans ce lieu d’un tramway depuis longtemps disparu ; celui que je ferai lorsque je me souviendrai de mon propre passage dans ce lieu et que je serai moi-même à des milliers de kilomètres de ce même lieu devenu inaccessible, comme le sont la plupart des lieux divers de nos songes. Enfin, cette pièce métallique est l’élément d’un troisième songe : celui que je fais en écrivant ces lignes. »

« Ces yeux sont-ils morts ? Ces yeux sont-ils vivants ? Maintenant que je ne pêche plus – la mer autour de la ville est bien trop mauvaise, battue par la tempête éternelle –, je me rends chaque jour au marché aux poissons et j’ai tout le loisir de regarder leurs têtes, d’observer leurs yeux. Lentement, passant d’un étal à l’autre, je regarde et je fixe leurs yeux, avec chaque jour un peu plus de compassion. »

« Le verre de nos buildings, nous l’avons conçu pour porter le ciel, pour en intégrer les variations les plus infimes. Ainsi, levant la tête vers le ciel, vous le trouverez infiniment multiplié dans le verre, et vous ne serez pas tenté de sortir de notre ville pour le retrouver dans sa seule dimension naturelle : nous vous offrons gratuitement le ciel dans le nombre infini de ses reflets. »

« Les taches de rêve dans notre ville, on ne les nettoie plus depuis que la mairie a supprimé plusieurs dizaine de postes d’agents de nettoyage qui en étaient chargés. On laisse désormais les taches de rêve parcourir nos rues, les passants vont à travers sans s’en rendre compte. »

« D’une rive à l’autre. Une fois c’est la ville qui est la première rive et la baie la seconde ; l’autre fois c’est l’inverse. Au milieu de la traversée, on oublie les deux rives, on est juste dans le balancement du bateau, évaluant la force des vagues et du vent. On est alors au cœur du pays inconnu. »