Quand le vent s’installe chez nous, et qu’il ne nous rend pas encore totalement absents. Et une fois de plus, cramponnée à mes jambes qu’il emportait , à mes cheveux dans ma bouche et à la ceinture de ma veste qui dansait devant moi, je ne suis pas arrivée à le saisir.
Je suis une piètre militante et j’ai renoncé, samedi matin, au marché des remparts. Journée cotonneuse. Sienne m’ayant renvoyée à Lisbonne je l’ai retrouvée avec plaisir dans un Tabucchi au hasard (Requiem qui est tout spécialement beau)
Ou « C’était un vieil immeuble d’un rose fané, avec des persiennes à moitié pourries. La pension se trouvait entre un brocanteur et une compagnie de navigation … »
Ou le café du Musée d’Art Ancien « ce jardin est délicieux… même par une chaleur pareille il reste frais, on a vraiment bien fait d’ouvrir un café ici, ce musée avait vraiment besoin d’un café… »
« La nuit est chaude, la nuit est longue, la nuit est magnifique pour écouter des histoires, me dit l’homme qui était venu s’asseoir à côté de moi sur le mur du piédestal de la statue du roi Dom José. »Et ce n’est rien mais avec les tramways, les boutiques vendant quelques légumes dans des cageots et la soupe mangée debout dans la rue, je retrouve mes souvenirs. Avec aussi les familles le dimanche dans le jardin du château et le soir au bord de la place, assise sur une pierre devant le Tage, et les pâtisseries aux œufs.
Et je n’ai trouvé pour évoquer la ville que de vieilles photos et un souvenir d’azulejos sur le collage portrait que m’avait dédié ma petite sœur.