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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, janvier 02, 2011

Parce que rites me sont chers - ma façon de ne pas être conforme à notre monde - sortir la provision de cartes et mon carnet d'adresses (avec de plus en plus de barrées), et tenter de trouver pour chacun la carte qui lui irait, et les mots aussi (et de s'appliquer pour que l'écriture ne soit pas trop pagailleuse et les fautes pas trop nombreuses). Penser au destinataire, chercher une formule.

«je te souhaite de penser à moi comme je pense à toi ?» non ça ne va pas.

Aussi variées et adaptées , si possible, que chez Voltaire (peut être plus oublieuses de soi) -, le 1er janvier 1756

«Je souhaite de tout mon coeur la bonne année à toute la famille ; mais surtout plus de santé que je n'en ai. Je donnerai tout ce que j'ai promis, et tout ce que je pourrai faire, c'est-à-dire, quelques chapitres pour compléter le tome qui paraît trop mince...» à Gabriel et Philibert Cramer, bien entendu.

«... Je fais trêve à tous mes maux pour vous souhaiter autant qu'à Mme Gotsched (sic) une bonne année et toutes les prospérités que vous méritez l'un et l'autre. Je commence cette année par vous demander hardiment une grâce, c'est de vouloir bien honorer d'une place dans votre journal ma lettre à l'Académie française que j'ai l'honneur de vous envoyer. Il est de l'intérêt de la vérité et du mien que cette lettre soit connue...» à Johann Christoph Gottsched

«Madame,

J'allais souhaiter la bonne santé à Votre Altesse Sérénissime et à toute son auguste famille avec la simplicité d'un bon Suisse tel que j'ai l'honneur de l'être. Je reçois dans le moment la lettre dont Votre Altesse Sérénissime daigne m'honorer»..et cela continue par le tremblement de terre de Lisbonne, à Louise-Dorothée von Meiningen, Duchesse de Saxe-Gotha

«Je commence mon très cher confrère par vous souhaiter la bonne année, à vous, à Mme Tronchin, à toute l'aimable tribu Tronchin et aux Commènes. Le tribunal assemblé chez M.d'Argental, aime comme moi les deux frères Commènes et leur rivalité généreuse...» à François Tronchin (les Commènes : tragédie de François Tronchin qui ne fut pas jouée, publiée en 1779)

Mais il n'est peut-être pas indispensable d'aller jusqu'au débordement de fantaisie de Madame Du Deffand (à 74ans) dans sa lettre du 31 décembre 1771 à Madame la Duchesse de Choiseul (il lui est arrivé d'avoir plus d'esprit, mais je ne saurais en avoir autant)

«Je souhaite la bonne année à la grand'maman, au grand-papa. Je fais mille voeux pour leur conservation et autant pour leur retour. Je leur demande leur bénédiction ; je leur promets d'être bien sage et de mériter, par ma bonne conduite, la continuation de leurs bontés. Je les prie de trouver bon que je leur présente des fruits du jardin de notre monastère. La pomme est pour le grand-papa ; les marrons pour la grand'maman. Elle n'en donnera point à sa chienne, et, en les mangeant, elle pensera à sa petite-fille qui ne cesse de penser à elle et d'en parler avec le grand abbé.»

Alors, avec mes moyens, m'y suis mise, et j'ai brièvement renoué des liens distendus, si distendus parfois qu'imperceptibles, ou ajouté une petite marque matérielle aux attentions déjà échangées.

Et le résultat fut ce qu'il put, pas excessivement satisfaisant pour les idées (pourtant il s'agissait d'une phrase chaque fois) et moins encore pour la calligraphie.

Je m'étais pourtant interrompue pour m'approvisionner en cigarillos, en une longue quête, qui m'a permis de goûter la douceur relative de l'air, le bleu revenu et la caresse de la lumière qui ennoblissait les façades.

Et, pour ce qui est de nous, devant nos écrans, je nous souhaite de regarder le monde avec une bienveillance sans illusion afin de la conserver, d'être dans la folie des buts et désirs, de nous ramasser avec grâce, ou sans, si nous ne pouvons faire autrement, de ne pas écouter les pragmatiques qui le sont au détriment des autres, de vouloir fermement l'impossible mais de trouver des moyens pratiques pour tenter de l'atteindre, de rencontrer gentillesse et bénévolence et d'ignorer le reste, de trouver la source d'une petite joie têtue. C'est pas beau, ça ?

dimanche, mars 26, 2006

les lumières de l'hotel d'Europe m'ont accueillie cette nuit, tentant de me consoler, alors que je rentrais un peu navrée d'avoir du quitter, à cause de ma sacrée carcasse, Il Re Pastore de Mozart au milieu du 2ème acte. Posted by Picasa
Mais j'avais eu le temps de savourer les retrouvailles avec les Folies Françaises (pas tout à fait au top mais quand même) . Patrick Cohën-Akenine et son violon penchés vers Sandrine Piau accompagnant, soutenant son chant "Barbaro ! Oh dio mi vedi" (mais dans sa première aria, à mon humble avis, ses ornements étaient un peu à la limite du goût), Paul Agnew sa diction parfaite et sa voix qui me fait penser à un abricot mur, la netteté et la beauté du chant de Céline Ricci en petit berger pruneau, et la qualité des deux autres chanteurs.
Après avoir cassé pour la dixième fois une des assiettes de mon ancienne collection d'oiseaux (il m'en reste cinq) j'ai cherché pour parachever la journée ce qu'on écrivait en 1775.
Madame Du Deffand consensuelle "Après tout il n'en est pas de la musique comme des vers et de la prose, les organes en décident, nos oreilles peuvent être aussi différentes de celles des autres que notre palais. "
Fiedrich Melchior Grimm à propos de Pierre le Grand : "Toutes ses entreprises portent l'empreinte d'un caractère ferme, mais impétueux, maître de lui-même, mais naturellement impatient ..Il voulut être législateur comme on peut être conquérant. Les lumières, les moeurs ... qu'il su transporter au sein de son empire, semblables à des plantes étrangères, n'y purent jeter que de faibles racines"
Toute comparaison serait farfelue, et, avec ses défauts, son "génie" lui a permis de planter même mal des réformes alors inadaptées. A Dieu ne plaise qu'il en soit de même aujourd'hui.

mardi, mars 21, 2006

les dalles de la cour sont rouge humide et vert mousse imbibée, les cailloux peints luisent. Le jeune printemps vient avec une humidité bienfaisante et navrante. Quoiqu'en pensent Madame du Deffant et maître Voltaire vive le vieux
Elle : "Mon esprit s'affaiblit, se fatigue, se lasse ; je n'ai plus de mémoire ; je ne suis plus capable d'application ; il n'y a presque plus rien qui m'intéresse ... il me semble que l'on n'est point née pour vieillir ; c'est une cruauté de la nature de nous y condamner ... j'ai pris le parti de ne jamais faire de visites. Je reste dans mon tonneau ... jusqu'à présent, il n'est pas de mauvais air de m'y venir chercher". Vive le monde contemporain qui nous ouvre plus de possibilités, je n'aurai su tenir salon. Et lui sans persiflage :"Je vous écris parce que vous vous croyez malheureuse et que vous avez une âme forte à qui je dis quelquefois des vérités fortes ... Soyons philosophes au moins dans nos derniers jours, ne les employons pas à nous sacrifier aux vanités du monde, à suivre des fantômes, à nous éviter nous-mêmes ...à nous repaître de vent. Vivez, philosophez avec vos amis ... qu'ils égaient avec vous le chagrin secret de la vieillesse."Et puis il y a ces vieux et vieilles pleins de sagesse et de chaleur, comme Nestor, (ou papa) qui accueillent et nourrissent la jeunesse. Me manquent sagesse et cheveux blancs.
Faites que les "partenaires sociaux" soient bien inspirés dans la valorisation des poins ARCO et AGIR pour nous permettre d'être sereins (honte, pense aux jeunes pauvres) et que la belle sécheresse arrive (honte, pense aux agriculteurs)
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