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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mercredi, octobre 28, 2009

Comme Publie.net vient de mettre en ligne (en accès gratuit) http://www.publie.net/tnc/spip.php?article276 le »Chef d'oeuvre inconnu » de Balzac, je l'ai relu sur écran (au lieu d'aller le chercher dans un Pléiade, caprice, gratitude et militantisme pour le « livre électronique « ) parce que c'est un de mes Balzac aimés et parce qu'au delà de la parabole ou de la philosophie, il y avait ces lignes, un peu avant la fin, que j'attendais, et qui m'emmenaient ailleurs :

« En s’approchant, ils aperçurent dans un coin de la toile le bout d’un pied nu qui sortait de ce chaos de couleurs, de tous, de nuances indécises, espèce de brouillard sans forme ; mais un pied délicieux, un pied vivant ! Ils restèrent pétrifiés d’admiration devant ce fragment échappé à une incroyable, à une lente et progressive destruction. Ce pied apparaissait là comme un torse de quelque Vénus en marbre de Paros qui surgirait parmi les décombres d’une ville incendiée.

Il y a une femme là-dessous, s’écria Porbus en faisant remarquer à Poussin les couches de couleurs que le vieux peintre avait successivement superposées en croyant perfectionner sa peinture... »

Et c'est en y repensant que je me suis arrêtée devant ce seuil, cette marche de pierre où se voient les veines du pied qui s'y est posé.

Pied fugitif, flottant à l'appel du mot, venu dans le flou, le magma de sensations et de pensées qui tournaient dans mon crâne (façon simple et machinale de désigner ce qui nous occupe lorsque nous ne croyons pas penser) comme une petite chanson intérieure, qui s'est posée doucement, avec une évidence satisfaite sur l'arrondi de cette pierre.

Et détournant le texte de Balzac, appuyée sur cette image, j'opposais à la déception de Poussin et Pourbus, la réussite de ce pied qui justifiait la longue recherche, effaçant les remords obstinés qui avaient abouti à la brume informe de la toile où il aurait fallu savoir distinguer les approches, les efforts, les visions du vieux peintre, accueillir l'émergence de ce morceau comme une source de lumière se diffusant dans la toile. Ils m'ont répondu avec raison qu'il y aurait fallu une direction, une ossature même cachée, ou un peu de stabilité dans la mise en oeuvre de son idée fixe ou de sa poursuite.

Pour dire mal ce dialogue, j'ai cherché, un moment, des mots, maladroitement, et sans que se présentent les justes, les bons - si ceci était vrai, j'aurais du m'arrêter, prendre sans doute un air parfaitement obtus et égaré, et, ce qui aurait été pire, fixer ma rêverie, l'anéantir, ce que je commence à faire.

J'ai salué le pied et sa délicatesse, et continué mon chemin.

jeudi, juin 25, 2009

"Le visage pâle et ridé de la vielle femme était en harmonie avec l'obscurité de la rue et la rouille de la maison. A la voir au repos, sur sa chaise, on eût dit qu'elle tenait à cette maison comme un colimaçon tient à sa coquille brune ; sa figure, où je ne sais quelle vague expression de malice perçait à travers une bonhomie affectée, était couronnée par un bonnet de tulle rond et plat qui cachait assez mal des cheveux blancs ; ses grands yeux gris étaient aussi calmes que la rue, et les rides nombreuses de son visage pouvaient se comparer aux crevasses des murs...." - Balzac "une double famille" un des "petits Balzacs" que j'aime, relu avec "une étude de femme" dans la nuit de mardi.
rétablissement poussif. Je me demande quelle figure de femme pourrait s'apparenter à cette falaise durement claire, sans doute une jeune fille, mais je veux lui éviter la vengeance d'Électre, le tragique choix d'Antigone; l'exaltation de Jeanne, la soumission rusée d'Ismène, l'ombre est douceur, miel profond, murmure. Ce serait une grande et ferme, drue campagnarde, les pieds plantés dans le sol, pour jaillir. Plutôt jeune mère que jeune fille, prenant appui sur l'humus, pour un épanouissement, jaillissement, surgissement dans la lumière.
Et là ce pourrait être le doux crâne penché d'un vieillard, calmement reposant dans sa sagesse, que femme et filles iraient embrassant.
Et là ce serait, un doux visage, quiet, ferme et usé, de vieille femme, dans son coin, paupières closes, pour un temps, sur son histoire, écoutant, attentive à son monde, avec en vérité un regard filtrant, derrière la fermeture apparente, se reposant, prête, secrètement joyeuse. Et il faudrait l’aimer pour savoir son sourire.
Je vous prie de m’excuser, car le soleil a emporté ma raison, et j'ai brulé mes yeux sur des images.