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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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samedi, août 30, 2014

encore

encore Tarascon, (navrée)
me suis retrouvée sur le boulevard du roi René, j'ai tourné dans la rue du Château et j'ai marché, avais un petit programme, ne serait-ce que pour ne pas trop me perdre et ne pas oublier les heures de départ des trois trains notés pour mon retour, mais l'ai oublié... un peu vexant.. j'étais lasse, mais pas assez pour émousser ma curiosité et mon envie de suivre mes yeux, de me détourner.

Ai donc avancé dans Tarascon, ai loupé plein de choses certainement, ou ne m'y suis pas intéressée, mais, vaguant, j'ai vu
qu'à Tarascon il y a des maisons aux belles proportions, aux beaux percements, qui se veulent coquettes, ou se dégradent, mais simplement puisque simples sont, sans la déroute de certain bel hôtel avignonnais devant lequel mon coeur se serre, puisque simples et robustes sont ne nécessiteraient qu'un peu d'aisance, de volets repeints,
il y a des fenêtres fleuries, des boutiques ouvertes, quelques condamnées, mais point trop dans le centre, 
il y a des façades nobles et sculptées, avec plus ou moins de raffinement,
il y a des rues qui se tordent moins qu'à Avignon mais se coupent pour briser le vent, il y a des passages sous arcades, un bout de rue couverte (plutôt moins qu'à Avignon qui a eu ses périodes de gloire où elle explosait dans ses remparts, et permettait aux grands d'enjamber les rues, avant les longues déchéances endormies où les terrains libérés restaient presque campagne comme entre Joseph Vernet et remparts, là où avaient été église et ordres, quartiers investis par la bourgeoisie 19ème)
il y a quelques vierges, mais pas à tous les coins de rue comme chez nous, ou ne les ai pas vues
il y a quelques chapelles subsistantes, et peut être d'autres transformées, n'ai pas eu suffisamment de temps ou l'oeil assez curieux pour les remarquer, et puis ce n'est pas terre de papes, cardinaux, vice-légats, noviciats, pénitents, séminaires...
il y a deux ou trois portes, de l'âge classique, faisant des maisons un rempart pour se justifier…
il y a force plaques rappelant des petits faits de gloire et des célébrités plus ou moins oubliées, et puis il y a l'ironie affichée sur une belle façade…
il y a un hôtel de ville du 17ème, que les ans ont rudement marqué, comme pour montrer le souci pris par les édiles au service des citoyens, ou leur négligence, au cours des siècles…
il y a les façades bellement et violemment colorées près de l'hôtel qui abrite Souleïado – ai savouré comme une boisson épicée, et me suis demandée si elles avaient jamais été ainsi dans le passé, 
et puis il y a ces rues où me suis plus ou moins perdue, appareil rangé pour ne pas voler la vie qui, tranquillement, se laissait voir là, un homme penché pour parler à un gamin à petit vélo, qui ne semblait pas être son fils ou son petit-fils mais petit voisin, dont tout adulte du quartier se soucie, une femme au buste rejeté en arrière pour parler à son amie ou connaissance qui lui répondait depuis sa fenêtre, un commerçant qui repliait son éventaire en plaisantant avec deux gars plantés là, des vieux autour d'une table de café, rues pauvres et non misérables, où je me sentais passante acceptée mais étrangère à leur communauté, communauté mélangée bien sûr, née de la proximité et vie partagée, un peu la vie telle qu'un Pagnol nous la vendrait, mais plus discrète, vraie.
Rues qui portent les noms de Danton, Blanqui, Proudhon, Monge, Raspail, Emile Combes, Jean Jaurès bien entendu - mais aussi, aïe, Gambetta -... ou rue du 4 septembre, rue de la Révolution, rue de la Libre pensée, rue du Jeu de Paume, rue du Prolétariat etc... et je me demandais, dans la bonhomie tranquille de cette fin d'après-midi, ce que votaient les gens que je côtoyais, s'ils avaient résisté, dans la médiocrité relative ou trop réelle de la vie auxquels ils ont droit, aux colères dévoyées qui font qu'à Beaucaire la municipalité est, je crois, Front national, et pensais, navrée, que le sectarisme, la façon de se pencher, doctrine en main et langage certifié marxiste en bouche, vers ceux que l'on défend, le mépris inconscient de ceux qui se veulent leurs porte-paroles de gauche proclamée vraie, rendaient fort improbable qu'ils aient fait le choix de cet autre front. (j'ai vérifié : maire divers droite)
Puis me suis secouée en voyant le jour se faire rasant, ai regardé ma montre, constaté que le dernier des trains prévus partait dix minutes plus tard, ai eu un moment de panique, me suis recueillie, ai tenté, victorieusement, de reconstituer le trajet le plus rapide, suis arrivée une minute avant l'heure... et puis ai attendu un quart d'heure, dominant, sur mes jambes flageolantes, la place aux platanes, regardant en direction du fleuve.

vendredi, août 29, 2014

Tarascon 2 – se perdre longuement dans le château


Ce jeudi matin, sous un ciel toujours aussi beau, dans le même bain de chaleur sans excès, suis allée emplir, aux étals encore ouverts aux Halles, un couffin et un sac
et m'en suis revenue, par la place de l'horloge, saluant l'angle du palais, auquel réponds en fin d'après midi avec les trop nombreuses photos conservées du périple dans le dédale des salles, et sur la terrasse du château de Tarascon, le petit cousin bâti au XVème siècle sur le rocher de la tarasque par les ducs d'Anjou, jouant pour ceux qui ont beaucoup de temps à perdre, et ne craignent pas l'ennui, le guide aux paroles un rien elliptiques…
laisser le petit jardin voué au livre du Coeur d'amour épris où me serait bien assise, prendre le pont qui traverse la basse cour 
et déboucher dans la cour d'honneur, face à la tour de l'escalier d'honneur, sous les façades des différents corps de logis, passer le nez dans la grande galerie, la petite cave, regarder les bustes et rinceaux blessés, 
voir la chapelle basse, la petite chapelle des chantres, et par les degrés au dessus de la petite cave, accéder 
à la salle des festins, où se tient cet été une petite exposition intitulée les ailes du serpent avec des représentations, plus ou moins réussies (je suis restée sur ma réserve, et n'ai pas soulevé les petits rideaux rouges) des animaux fabuleux, présentés par de courts textes, 
la quitter dans le murmure du jet d'eau retombant dans le petit bassin de métal,
pour commencer la visite des appartements du côté du Rhône, en montant, par le grand escalier et ses ouvertures sur la cour, le premier de ceux dans lesquelles je tournerai patiemment, vers le 1er étage,
le salon du roi René, son beau plafond en mélèze aux closoirs peints, et les chambres dont l'une contient un réduit d'aisance (à la grande joie d'adorables gosses et de leur mère que je rencontrais de salle en salle), dont une autre s'ouvre sur une tribune dominant la chapelle basse.. 
nouvel escalier, étroit cette fois comme les suivants, vers le deuxième étage, le grand retrait, la garde robe, les voutes, la lumière jouant à travers les petits carreaux sur quelques uns des graffitis laissés par les prisonniers de ce qui fut longtemps une prison, et les visiteurs (de grands panneaux montrent, dans le cadre d'une exposition provisoire sur les costumes vers la fin du moyen-âge, les dessins de Patrick Delanegra, comme des agrandissements des vignettes du Larousse de mon enfance devant lesquelles ai tant rêvé)
Monter ensuite vers la terrasse, les vues, en faisant attention à ne pas faire tomber l'appareil par les machicoulis, vers Beaucaire (j'avais cru stupidement que j'aurais le temps de m'y promener), le Rhône, les toits de la ville, les lointains…
Un nouvel escalier tournicotant pour descendre dans le corps de logis côté ville qui, lui, compte trois étages  
avec la chambre de l'horloge, la chambre de parement, la petite pièce annexée avec ses chauve-souris dans la pierre, la chapelle du roi et de la reine flanquée de deux oratoires (le roi et la reine priaient séparés par la nef), et une petite chambre donnant, à côté de l'ouverture du petit four, sur l'étuve du roi   
descendre au deuxième étage avec, à droite la grande chambre du roi René au beau plafond et son cabinet d'écriture

à gauche, ce sont les appartements de sa belle soeur la reine Marguerite de Savoie : sa chambre, la chambre de parements et deux petites chambres, dans lesquelles se poursuit, cet été, l'exposition Modes et costumes – des mannequins présentant les vingt costumes créés par Nathalie Harran '(«la Dame d'atours») et, dans la première salle, des vitrines montrant chemises, chaussures, aumônières et bijoux.
Au premier étage ont été logés successivement Louis II, l'époux de Marguerite, puis Louis III et enfin le sénéchal Pierre de Beauvau dont les armes, très endommagées, ornent le manteau de la cheminée de la chambre de parement – diverses pièces, dont une, couverte partiellement, et avec un sol brut, occupe le donjon.
Enfin, descendre jusqu'à une petite salle au niveau de la cour d'honneur, qui a servi de cachot au Xvème siècle, ou nous déchiffrions, moi et un couple de beaux garçons, les graffitis et découvrions, presque effacés, comme en partance, des bateaux, quand un gardien est venu nous prier, avec grande courtoisie, de lui permettre de fermer.
Avoir grande envie de s'attarder dans le jardin, se décider à franchir le pont levis, face à une boutique pour gardians très aisés se prenant pour des cowboys.