Une photo qui est là parce que je n’avais rien d’autre, et pour une proximité temporelle avec le début de l’ »Epitre dédicatoire aux nègres esclaves » de Monsieur le marquis de Condorcet, que je recopie, avec un jour et des siècles de retard :
« Mes amis,
Quoique je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardé comme mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. Je ne parle ici que de ceux d’Europe, car pour les Blancs des Colonies, je ne vous fais pas l’injure de les comparer avec vous, je sais combien de fois votre fidélité, votre probité, votre courage ont fait rougir vos maîtres. Si on alloit chercher un homme dans les Isles de l’Amérique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu’on le trouverait.
Votre suffrage ne procure point de places dans les Colonies, votre protection ne fait point obtenir de pensions, vous n’avez pas de quoi soudoyer des avocats ; il n’est donc pas étonnant que vos maîtres trouvent plus de gens qui se déshonorent en défendant leur cause, que vous n’en avez trouvé qui se soient honorés en défendant la votre »…
Mais je ne suis pas sure que le cher marquis ne se soit pas fait des illusions, bien de son siècle, sur les « vertus » des blancs d’Europe. Il l’a d’ailleurs appris cruellement