commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
Affichage des articles dont le libellé est julien fournet. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est julien fournet. Afficher tous les articles

vendredi, juillet 16, 2010

Avignon – Gabrielle Roy – danse non – danse oui - gymnases

Je suis partie vers dix heures dans la ville en suivant très jeunes pas, sans arriver tout à fait à croire posséder leur fraîcheur.

dans un tout petit aimable début d'animation de la rue, chez mon teinturier/blanchisseur.

Ai déposé mon tas et comme les draps à ramener n'étaient pas prêts, comme j'étais presque ferme, j'ai décidé de tenter d'aller voir, en flânant un peu pour ne pas être trop en avance, «la détresse et l'enchantement» à l'espace Saint Martial (le théâtre éphémère à la bonne programmation abrité par le temple)

Les Pénitents blancs se dotaient d'un auvent et d'un rempart de tulle (ou le semblaient)

J'ai rencontré (repérés là, croisés et salués ensuite) deux de mes bons samaritains de la veille,

suis passée sous la porte d'affiches,

et j'ai grimpé, avec la petite trentaine de spectateurs, de mon âge ou plus, vers la petite salle pour m'assoir devant un plateau très noir, dans une semi-pénombre, avec sur la gauche un pupitre de commande derrière lequel est installée Marie-Cécile du Manoir qui outre cela (et parfois c'est Emmanuel Galliot, le musicien, chargé aussi des voix masculines, qui le manipule) joue la mère et les silhouettes féminines, des instruments de musique dont un grand gong qui servira aussi de support à de petites projections, et des caisses multi-usage.

Arrive Laure-Marie Laffont, qui a adapté le livre, assure la mise en scène et joue Gabrielle Roy, parvenant à évoquer une jeune femme.

Un jeu au début, surtout de la mère, neutre, sobre, au service du texte, peut être excessivement, légèrement scolaire, mais peu à peu Laure-Marie Lafont trouve plus de luminosité, de vie. (cette jolie phrase dans le texte : «la joie a sauté sur son visage»)

Sur la feuille qui m'avait été donnée : «En pleine crise financière, celle de 1929 en Amérique du Nord, Gabrielle Roy n'en peut plus de sa province natale. Elle veut se libérer de l'emprise familiale.... Aller voir comment est le monde de l'autre côté de la colline. Incertitudes, combats, exils, itinérance, humour, désarroi de la passion, conquête de soi... Sur scène, l'inextricable mélange de détresse et d'enchantement qu'est l'existence humaine.»

retour – cuisine, déjeuner tardif, sieste, renoncement las et peureux à partir vers 16 heures 30 pour la première séance au gymnase du Lycée Mistral des spectacles de Cindy Van Acker (deux spectacles à 17 heures et deux à 19 heures, différents mais parents par sa recherche d'une certaine abstraction) dont j'avais assez peu aimé le sujet à vif «Rosa» avec Mathieu Bertholet. Fait un peu de ménage, cuit des patates, et m'en suis allée vers le gymnase.

Cette année ils nous font entrer par l'ombre (d'ordinaire c'est la fournaise qui règne sur la terre battue de l'autre côté) – j'ai un peu frémi, impressionnée par les beaux gros tuyaux.

mais en fait, en s'installant en haut des gradins la climatisation/glaciation est supportable.

Je regrette un peu d'avoir renoncé aux deux premiers de ces quatre soli, parce que même si on sait à quoi s'attendre, la beauté hallucinatoire de ces danses lentes, où on ne sait plus trop ce qu'on voit, est passablement prenante.

une photo provenant du site du festival et, paresseusement, plutôt que de trier mes notes et souvenirs je reprends leur texte

«NIXE : Emportée dans un hypnotique ballet de bras, Perrine
Valli tournoie devant un tapis de lumière. Une tension s'installe
jusqu'à ce qu'elle y plonge les mains et s'y engage toute entière.
Évoluant entre les néons telle une nymphe dans les eaux, s'offrant à
l'espace, à la lumière comme à la partition électronique de Mika
Vainio, son corps se fond dans les éléments, jusqu'à se soustraire à
toute réalité» parce que, très résumé, c'est cela.

et après l'entracte (assez bref)

«OBTUS 
Une ligne de néons, un trait de lumière sur lequel le corps se place en équilibre instable jusqu'à flotter dans l'espace, entre méditation, obstination, vol et bascule vers un autre univers de perception. D'apparitions en disparitions, Marthe Krummenacher, ancienne danseuse de William Forsythe, fait preuve d'une expressivité étonnante.» En fait elle est parfois à une certaine distance derrière la ligne et ce corps, éclairé chaudement, doré, dans les mouvements lents des bras et jambes semble celui d'un crabe ou d'un énorme insecte. Parfois elle est très près et on ne voit qu'une jambe, qu'un bras, ou la silhouette brusquement dressée, faiblement éclairée, bleue comme un très étrange poisson. Ma petite douleur s'était réveillée mais je lui imposais calme, toute au spectacle.

Hésitant à en rester là, j'ai tout de même suivi la rue des Lices en attrapant toute source de diversion à ma portée, et n'en manquait pas.


jusqu'à la rue des teinturiers, relativement plus calme cette année (j'ai l'impression qu'il y a un peu moins de gens, même si les spectacles du in sont presque tous complets (pas le cas pour Cassiers à l'opéra)


Voyant la porte des Pénitents gris ouverte, (ils sont annexés à un restaurant ou bar ou je ne sais quoi de provisoire) j'ai eu le temps d'y passer le nez avant que l'on m'indique que les photos étaient interdites

j'ai fendu le groupe des spectateurs en quête de billets pour la vingt cinquième heure d'Antoine Defoort et Julien Fournet, «Cheval» qui a lieu à 21 heures, ce qui, avec les tampons d'oreille distribués à l'entrée de la salle constituent les premiers gags, attendu dans le jardin, sous une ombre agréable, hésitant toujours

me suis installée à côté de la porte, et j'ai jubilé.

«Traité abstrait du ricochet», à propos aussi d'accords musicaux, de l'importance du fa dièse, et du la mineur, entre autres, de leur correspondance avec des paysages, à l'aide de réjouissants bidouillages techniques, d'aspirateurs conducteurs de sons, d'une main-interrupteur, de panneaux intelligents qui réagissent à la frappe d'un ballon, d'un canon à balles de tennis musicales, d'un piano ressort etc... de musique et d'un dialogue slam/dissertation.


retour à travers les tables de la rue des teinturiers, la danse de rue de la rue de la République, le calme de Joseph Vernet, les tables pleines de ma place.

Je pense que je vais abandonner l'expédition à Védène, même si cela me tentait et me contenter du spectacle du soir à l'opéra.