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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mardi, mai 21, 2013

Plaintes, cris, heurts et vérités d'antan, en long pillage


Brigetoun le vieil hibou égoïste n'avait pas réalisé que ce lundi était lundi de Pentecôte, et donc férié n'en déplaise à une décision du précédent gouvernement... est partie avec le sac à linge, des draps et les dernières robes de lainage léger, a trouvé que la boutique était bien sombre, que la poignée était bien dure, a réalisé et comme les jambes étaient joyeuses de cette petite marche, comme le ciel était beau, a fait un petit tour pour rentrer, a cueilli quelques images qui lui semblaient en rapport lointain avec le long compagnonnage de dimanche....
Comme voulais enfin passer outre blocage pour le texte destiné aux vases, à mon complexe à l'idée de m'installer sur le blog invitant, à ma constatation navrée que, sur un thème qui me plaisait fort, ne me viennent, et avec une force qui m'interdit toute dérive, que des idées universelles et banales... je suis donc allée consulter ces messieurs de la Pléïade (qui ressassent également en fait les mêmes idées, mais tant bien), Ronsard bien entendu, en survol accroché par les poèmes que connais le mieux, Jodelle, rapidement Ponthus trop savant, le gentil Du Baïf et puis enfin le très cher Du Bellay, seulement, chez lui, après quelques chansons, un peu de pétrarquisme et de théorie, me suis retrouvée dans les Regrets et, je crois pour la première fois, les ai tous lus en attention ravie.


Parce qu'après avoir dit
Si quelqu'un dessus moy sa cholère délasche,
Sur les vers je vomis le venin de mon coeur...
il donne libre (mais mesuré bellement) cour à ses plaintes et ses rages... et ce lundi, ai délaissé ce que m'étais ordonné, puisque c'était jour férié, pour faire brève cueillette, frustrante, un peu au hasard...
Je n'adore les biens, et sers à l'avarice,
Je n'ayme les honneurs, et me les fault priser,
Je veulx garder ma foy, et me la fault briser,
Je cherche la vertu et ne trouve que vice 

Icy du faulx et vray la messagère court,
Icy les courtisans font l'amour et la court,
Ici l'ambition, et la finesse abonde ;
-
Icy la liberté fait l'humble audacieux,
Icy l'oisiveté rend le bon vicieux,
Icy le vil faquin discourt des faicts du monde
ou, avant de parler des pauvres filles et de la guerre
Suivre son Cardinal au Pape, au consistoire,
En capelle, en visite, en congrégation
Et pour l'honneur d'un prince, ou d'une nation,
De quelque ambassadeur accompagner la gloire.. 

Ne suivre en son parler la liberté de France,
Et pour respondre un mot, un quart d'heure y songer..
ou
Seigneuriser chacun d'un baisement de main
Et suivant la façon du courtisan Romain,
Cacher sa pauvreté d'une brave apparence
et l'ai abandonné avant que par Venise, Marseille, Lyon il regagne Paris, la Loire, la cour, non sans petit déchantement...

pour m'en aller dans la violence de son cadet guerrier, Agrippa d'Aubigné et «Les tragiques»
Quand le tyran s'esgaie en la ville qu'il entre,
La ville est un corps mort, il passe sur le ventre,
Et ce n'est plus du laict qu'elle prodigue en l'air,
C'est du sang.... 

et le tableau charmant qu'il fait de la reine
Elle infecte le ciel par la noire fumée
Qui sort de ses nazeaux ; ell' haleine les fleurs,
Les fleurs perdent d'un coup la vie et les couleurs,
Son toucher est mortel, la pertifere tüe
Les païs tous entiers de basilique veüe... (passage où il fait preuve d'une sage et inhabituelle mesure)

ai continué, sautant, picorant, jusqu'à trouver la louange des martyrs de son camp, et de cestuit qui me ramenait près de ma cour
Du paumier d'Avignon, lié dans une cage
Suspendue au plus haut de la plus haute tour.
La plus vive chaleur du plus chaud et grand jour,
Et le nuit de l'hyver la plus froide et cuisante,
Lui furent du printemps une haleine plaisante...

Alors, dans la cour, dans le soleil, à côté du rosier qui laisse filtrer un peu de rose dans les fentes de ses boutons, ai relu la sagesse de ce texte formidable qu'est le «Discours de la servitude volontaire», et son éternelle vérité
On ne regrette jamais ce qu'on n'a jamais eu. Le chagrin ne vient qu'après le plaisir et toujours, à la connaissance du malheur, se joint le souvenir de quelque joie passée. La nature de l'homme est d'être libre et de vouloir l'être, mais il prend facilement un autre pli lorsque l'éducation le lui donne.
…..
Le grand Turc s'est bien aperçu (a fait des émules) que les livres et la pensée donnent plus que toute autre chose aux hommes le sentiment de leur dignité et la haine de la tyrannie...
et comme l'étrange tenue ni la compagnie de ceux qui la portent n'existaient du temps d'Etienne de La Boétie je n'ai pas à lui promettre, l'assurer, qu'il n'y a nulle malice dans le choix de cette image, que c'est le fruit du hasard.
Ne me reste qu'à demander pardon aux vaillants qui ont suivi ma divagation (et aller arroser puisque le ciel a fait grève)

mardi, février 05, 2008

Sarabande de pluie dans la cour – je suis sortie pied nu et en pyjama pour vérifier les évacuations et contre le radiateur je me réchauffe pendant que tonnerre et éclairs font trembler les vitres.
Début colérique de cette journée, où mon esprit s’envole jusqu’à Versailles, me fait membre invisible de ce groupe qui refuse ces dites élites, nommées par le peuple, insoucieuses de son avis. Mais nous ne sommes plus au temps où l’on escaladait les grilles pour les ramener sous bonne garde en notre capitale. Nous avons glissé et organisé la servitude volontaire.
Se recoucher, tête sous la couette, et ne pas écouter les raisons misérables que donnera Moscovici.
Les grilles de Versailles sont dorées, les grilles actuelles sont parfois virtuelles, les grilles que je sens pourraient être celles-ci, qui habillent la vue que l’on a du monde.

La servitude volontaire et un grappillage chez La Boétie, un peu au hasard
« Les bêtes, Dieu me soit en aide, si les hommes veulent bien les entendre, leur crient : « Vive la liberté ! » …
Ainsi donc, puisque tout être pourvu de sentiment sent le malheur de la sujétion et court après la liberté : puisque les bêtes, même faites au service de l’homme, ne peuvent s’y soumettre qu’après avoir protesté d’un désir contraire, quelle malchance a pu dénaturer l’homme…. au point de lui faire perdre la souvenance de son premier état et le désir de le reprendre ? »
… »Le grand Turc (pardons aux turcs, c’est La Boétie et son époque qui parlent, on peut facilement généraliser à nos terres) s’est bien aperçu que les livres et la pensée donnent plus que toute autre chose aux hommes le sentiment de leur dignité et la haine de la tyrannie. Je comprends que, dans son pays, il n’a guère de savants, ni n’en demande. Le zèle et la passion de ceux qui sont restés, malgré les circonstances, les dévots de la liberté, restent complètement sans effet, quel que soit leur nombre, parce qu’ils ne peuvent s’entendre… »
« Mais ils ne font guère mieux ceux d’aujourd’hui qui, avant de commettre leurs crimes les plus graves, les font toujours précéder de quelques jolis discours sur le bien public et le soulagement des malheureux »

Les voutes des arceaux d’Uzès même si elles se veulent et sont plus protectrices que pesantes, mais il est confortable justement d’avoir le sentiment de baisser la tête, un peu.
A propos d’Uzès, pour utiliser une partie des photos du Faucon ami, et parce que dimanche soir j’ai essayé de me promener en esprit dans cette ville, la tour Fenestrelle

près de laquelle est, souventes fois, passé Jean Racine, en attente d’un bénéfice. Les brides que j’ai trouvées des lettres qu’il a envoyé de son provisoire exil. Le premier avant contact savoureux (hum !), et la barrière de la langue au temps des familles de l’oc : J'avais commencé dès Lyon à ne plus guère entendre le langage du pays, et à n'être plus intelligible moi-même. Ce malheur s'accrut à Valence, et Dieu voulut qu'ayant demandé à une servante un pot de chambre, elle mit un réchaud sous mon lit. Vous pouvez imaginer les suites de cette maudite aventure, et ce qui peut arriver à un homme endormi, qui se sert d'un réchaud dans ses nécessités de nuit"
Mais avec le temps, la reconnaissance de nos qualités, nous les sudistes : "En ce pays les civilités et les cérémonies sont encore plus en usage qu'en Italie. Je suis épouvanté tous les jours de voir des Villageois pieds nus ou ensabotés, qui font des révérences comme s'ils avaient appris à danser toute leur vie.Outre cela ils causent des mieux, et pour moi je vous assure qu'on y est fin et délié plus qu'en aucun lieu du monde" et j’aimerais tant que cela soit toujours vrai (ça l’est souvent quand on ne cherche pas à ressembler aux poncifs)
Pour retrouver ma joie méchante à l'évocation de notre climat (en oubliant la morsure du mistral et le superbe orage de ce lundi matin "Je ne fais qu'arriver d'une lieue et demie d'ici, où j'étais allé promener; car il est impossible de demeurer dans la chambre par le beau temps qu'il fait en ce pays. Les plus beaux jours que vous donne le printemps ne valent pas ceux que l'hiver nous laisse, et jamais le mois de mai ne vous paraît si agréable que l'est le mois de janvier". Et une des photos dont je pense avec fierté que leur auteur a voulu qu’elles soient « à la Brigetoun ».
Mais reste la désolation de penser que contre la volonté d’une majorité d'entre nous, le peuple, sera continuée la dérive dans cette Europe des marchands, qui ne sont plus synonymes de civilisation et donc de paix, qui mettent en concurrence et par là en guerre, les travailleurs et économies des pays, sous de grands mots détournés, et avec une petite couche de religion pour nous laisser un idéal, autre… Et puis bien sur l’Afrique (et là aussi la dureté des négociations commerciales)
Puisqu’on ne nous laisse d’autre choix que de s’élever, encore une fort belle photo dont je n’ose revendiquer l’inspiration. Et merci au Faucon pour sa belle contribution.(et plus)
Dans Libération un assez bon résumé de ma colère « Boycotter ou s’abstenir revient à voter oui et à être le complice de Sarkozy», prévient Marc Dolez, qui s’en prend à une «attitude hypocrite» de son parti. Rappelant l’intention de Ségolène Royal, au cours de la campagne présidentielle, de tenir un référendum pour un texte se substituant au Traité constitutionnel européen , Clémentine Autain (apparentée PCF) considère que «le PS a la main pour ne pas avaliser le texte, frère jumeau» du précédent. «L’opposition a peur de s’opposer», proteste le socialiste Paul Quilès, regrettant «un défaitisme attristant». D’où la «grande colère» de Jean-Luc Mélenchon, évoquant la possibilité d’une minorité de blocage de deux cinquièmes des suffrages exprimés lors du vote à Versailles. Avec les voix de gauche et un renfort des souverainistes »
Et malgré eux et d’autres (plus de 51 députés en principe d'après le vote à l'assemblée, et je ne sais combien de sénateurs tout de même) il n’est plus possible d’être socialiste.

samedi, octobre 13, 2007

Vendredi nul – pas de terre mais des frissons, nausées, assauts du sommeil. Un jour de moins pour l’atelier, catastrophe excessivement relative.
Un trou, une ballade web, un trou. Téléphoné à la maîtresse-de-maison-gentille-monitrice de l’atelier pour m’excuser – un long trou digérant.

Me réfugie dans le confort intellectuel de la lecture de La Boétie
« C’est ainsi que le tyran asservit les sujets les uns par les autres….
Car à vrai dire, s’approcher du tyran, est-ce autre chose que s’éloigner de sa liberté et, pour ainsi dire, embrasser et serrer à deux mains sa servitude ? Qu’ils mettent un moment à part leur ambition, qu’ils se dégagent un peu de leur avidité, et puis qu’ils se regardent ; qu’ils se considèrent eux-mêmes : ils verront clairement que ces villageois, ces paysans qu’ils foulent aux pieds et qu’ils traitent comme des forçats et des esclaves, ils verront, dis-je, que ceux-là, si malmenés, sont plus heureux qu’eux et en quelque sorte plus libres. Le laboureur et l’artisan, pour asservis qu’ils soient, en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l’entourent coquinant et mendiant sa faveur. Il ne faut pas seulement qu’ils fassent ce qu’il ordonne, mais aussi qu’ils pensent ce qu’il veut… » dans la "traduction de Séverine Auffret pour Mille et une nuits, lu dans l'après-midi, pas si éloignée de « Car, à dire vray, qu’est ce autre chose de s’approcher du tyran, sinon que de se tirer plus arrière de leur liberté, et (par manière de dire) serrer à deux mains et embrasser la servitude ? Qu’ils mettent un petit à part leur ambition, qu’ils se deschargent un peu de leur avarice : et puis, qu’ils se regardent eux-mesmes, qu’ils se recognoissent : et ils verront clairement que les villageois, les païsans, lesquels tant qu’ils peuvent ils foulent aux pieds, et en font pis que des forçats ou esclaves ; ils verront, dis je, que ceux là ainsi mal menez, sont toutesfois, au pris d’eux, fortunez et aucunement libres. Le laboureur et l’artisan, pour tant qu’ils soient asservis, en sont quites en faisant ce qu’on leur dit. Mais le tyran voit les autres, qui sont pres de luy ; coquinant et mendiant sa faveur. Il ne faut pas seulement qu’ils facent ce qu’il dit, mais qu’ils pensent ce qu’il veut… » dans l’édition des œuvres par Léon Feugère en 1846 trouvé sur le site de la BN.
les variantes me semblant tout de même fort inutiles, n'éclaircissant rien et gommant la saveur de la langue.
Hum m’est avis qu’en ce temps, les églises ou les croyances permettaient d’éviter que le laboureur et l’artisan ne pensent avec trop d’indépendance, et qu’à la mort de celles-ci les médias ont pu prendre le relais avec un certain succès.

Et puis le soir est tombé, les couleurs se sont légèrement bleutées, et j’étais courbatue mais avec un crâne à peu près en ordre de marche.
J’espère seulement que ce mal-être n’est pas une manifestation de mon refus de quitter un peu cette divine oisiveté que je m’étais accordée depuis deux ans, de renouer avec un semblant d’activité organisée, de me mettre en danger, d’affronter mon dénuement de cancre en italien et, plus durement, devant la terre et mes mains, ce plaisir cruel ancien, ne pas pouvoir en faire ce que j’en veux, découvrir en réalité que je n’ai rien en moi qui puisse même maladroitement donner une forme à l’argile.
P.S Pire je vois que du coup j'a pris un kilo - shame of me