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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, mars 06, 2022

Au bord d'un torrent pour l'agenda ironique de mars


Me suis assise sur l'herbe jeune, dure, verte, presque haute, comme nous n'en connaissons point ici, ou si brièvement, ondulant sur la petite pente vers l'eau fraîche venue avec allégresse reconquérir le petit lit du torrent, chantant autour des pierres qu'elle repeignait de frais. Jambes étendues, buste renversé, appuyée sur mes bras nus plantés dans un colloque de pâquerettes sans crainte que nous vienne le frimas qui n'est que des contes nordiques, ni même la violente froidure de messire notre vent, je regardais le bleu violet du ciel entre les branches. Le chant d'un oiseau invisible a jailli, sans fendre cette paix, cet accord du frémissement de l'herbe encore neuve, de la course de l'eau entre les pierres, du velours des bourgeons que lançaient les ramilles, de mon vieux corps reconnaissant, de nos souffles retenus sur le seuil de ce printemps revenu jusqu'à nous depuis les temps antiques, sous la caresse d'un zéphyr d'autres temps et d'autres lieux. Il y a eu un caillou roulant sous un pas, une voix qui disait « encore un peu trop tôt pour planter la sarriette, l'amour attendra », il est venu s'assoir près de moi pour jeter des graviers dans l'eau et je ne lui ai pas demandé ce qu'il voulait dire.

mardi, mars 01, 2022

Agenda ironique pour le mois de mars - attente


Un peu intimidée, novice que je suis parmi vous, je me lance – et pense que, peut-être un peu en avance, mars pourrait être l'attente...

Comme il y a encore les frimas de mars et les giboulées d'avril, ou le contraire je me trompe toujours, avant le vrai printemps, même si la lumière commence à descendre le long de mon mur mitoyen, je pense que le mot frémissement s'impose – on peut y ajouter avec optimisme zéphyr, et frimas donc, et puis, parce que fantaisie m'en prend, velours, fendre, torrent, seuil et sarriette...

Nous disons donc pour mars le thème serait attente, avec utilisation des mots frémissement, zéphyr, frimas, velours, fendre, torrent, seuil et sarriette.

Je suis absolument certaine que vous voudrez bien en tirer des merveilles, avant le 25 mars.

Si point n'avez de blog ou site, les commentaires seront heureux de vous accueillir.


mardi, février 22, 2022

Pour l'agenda ironique de février - Une goutte de sang


Une goutte de sang m'a dit : « Je suis pure, et je ressors pure de mon voyage au cœur, mais j'en ai marre, et tu t'en doutes ou le devrais, j'en ai marre d'être freinée par mes voisines, je n'ose dire mes copines mais ne le puis parce qu'elles sont si encrassées de tabac qu'elles ont changé de nature – enfin je crois et le cœur aussi qui me félicite de ma fraîcheur insolite et gémit de ne pas arriver à les purifier. Il fatigue tu sais, et de mon combat avec mes voisines qui circulent endormies je t'envoie – je ne veux pas croire que je sois la seule – des signaux en gonflant tes pieds, en désertant tes bouts de doigt – tu me dira que tu n'y fais plus vraiment attention – en priant le cuir chevelu souffrant des veines gonflées par l'engorgement de te crier douleur. Là, pour le crâne, les tempes, le petit trou au dessus de la nuque, c'est presque efficace, tu t'affoles une seconde, tu jures contre toi puis contre nous, tu arrêtes de fumer pendant une période et, quand je suis soulagée enfin, tu nous envoies une belle bouffée.. Tu souris de travers, tu penses que ceci est fable, illusion, idées que ton crâne inculte et égaré t'envoie mais tu as tort. Que ce soit scientifiquement vrai ou non, c'est le réel, le nôtre à nous qui te constituons, et donc le tien. » et je lui ai répondu « mais ma chérie le tabac aussi me constitue, telle que suis devenue... alors essayons de faire au mieux, et puisque tu te dis pure fais ton boulot. »

Pour répondre à Joséphine Lanesem https://josephinelanesem.com/2022/02/01/le-diable-au-corps/ 

vendredi, janvier 07, 2022

pour l'agenda ironique de janvier


Lyssamara a eu la gentillesse de me demander de participer pour le mois de janvier 2022 https://lyssamara.wordpress.com/2022/01/02/agenda-ironique-de-janvier/ initié par les carnets paresseux https://carnetsparesseux.wordpress.com/2022/01/05/le-sicaire-et-le-galet-agenda-ironique-de-decembre-2/, et flattée et surprise j'avais dit oui (mais ce sera pour cette seule fois, ne suis pas apte aux jeux d'esprit)

Tandis que les autres demeuraient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs, de la chambre, résistant à l'envie de leur dire non pas « aidez moi, bon sang ! » ce qui serait tout sauf souhaitable, mais à tout le moins de grommeler un chapelet d'injures dignes, ou presque, il n'avait pas telle virtuosité, du capitaine Haddock, de les traiter de bachi-bouzouks, galapiats, sicaires – non pas sicaires, ils avaient un mandat officiel – valets du pouvoir – non ça c'était réservé aux bancs de l'assemblée nationale quand on désirait provoquer un incident et une suspension de séance, ou aux discours devant des camarades d'accord sur le fond mais n'écoutant pas vraiment – sbires – oui, – , ... de montrer son désir grand de ne rien trouver dans ce qu'avait pu laisser derrière elle cette fille paumée qu'il avait hébergée un temps ; il rageait aux allusions salaces des autres, incapables ces salauds de penser que non, il ne lui avait rien demandé, que non, il ne s'était rien passé entre eux, que non, il ne savait pas pourquoi ni vers où elle était partie, et pas davantage d'où elle venait... connaissait juste son prénom, Mathilde. Dans sa détresse coléreuse le souvenir de cette rencontre, de ces jours passés ensemble, côte à côte, des silences partagés, de sa faiblesse et de sa beauté d'ange un peu fripé, de son mystère qu'il avait voulu laisser intact, de son désir qui n'était pas que de l'aider, revenait, lui serrait la gorge, revif du passage d'une céphéide qui ne s'effacerait pas – du moins il voulait le croire –, non pas durant ce fichu reste de cette sienne vie qui ne cessait de s'étendre. Pour le moment, il voulait surtout ne rien trouver dans les petits tiroirs du secrétaire (à part des cartes postales à lui envoyées par des amis anciens ou des membres de sa famille qui s'étaient effacés avant lui, des factures acquittées, quelques invitations à des expositions ou concerts où il n'allait plus) ni dans ceux de la vieille commode de pitchpin, sauf des serviettes de toilette qui lui appartenaient à lui bien entendu... et puis il a trouvé le galet, il a caché du mieux qu'il pouvait son petit sursaut, il la déplacé pour le plaisir de faire durer le contact, il a revécu en un éclair leur marche le long de ce ruisseau, il y a combien de temps ? une semaine environ... il a pensé « je m'attache très facilement, trop, mais c'est merveilleux » ; il a ouvert un dernier tiroir, vide celui-ci ; il s'est redressé en souriant ; il a dit « Vous voyez, elle n'a laissé aucune trace... oui, j'étais sorti et suis rentré très tard ; je n'ai constaté son départ que le lendemain matin... Pourquoi je ne l'ai pas déclaré ? À quel titre l'aurais-je fait ? Et je ne savais pas, je ne pouvais me douter que vous la cherchiez... oui ce n'est pas sage, je suis désolé, oui je réfléchirai à l'avenir... au revoir Messieurs ».