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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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vendredi, mai 01, 2009



"Il reste bien, pris dans les maillage métropolitain, quelques fragments de ville et quelques résidus de campagne. Mais le vivace, lui, a pris ses quartiers dans les lieux de relégation. Le paradoxe veut que les endroits les plus apparemment inhabitables soient les seuls à être encore habités en quelque façon. Une vieille baraque squattée aura toujours l'air plus peuplée que ces appartements de standing où l'on ne peut que poser ses meubles et perfectionner la déco en attendant le prochain déménagement. Les bidonvilles sont dans bien des mégapoles les derniers lieux vivants, vivables, et sans surprise, aussi, les lieux les plus mortels. Ils sont l'envers du décor électronique de la métropole mondiale. Les cités-dortoirs de la banlieue Nord de Paris, délaissées par une petite bourgeoisie partie à la chasse aux pavillons, rendues à la vie par le chômage de masse, rayonnent plus intensément désormais que le Quartier latin. Par le verbe autant que par le feu.
L'incendie de novembre 2005 ne naît pas de l'extrême dépossession, comme on l'a tant glosé,
mais au contraire de la pleine possession d'un territoire. On peut brûler des voitures parce qu'on s'emmerde, mais pour propager l'émeute un mois durant et maintenir durablement la police en échec, il faut savoir s'organiser, il faut disposer de complicités; connaître le terrain à la perfection, partager un langage et un ennemi commun..." "l"insurrection qui vient" p41-42.
Je ne pourrais m'en prétendre l'auteur que si je me croyais capable d'en être un, et de ne pas avoir maintenant conscience que je ne peux plus avoir sur ces quartiers que le regard d'une passante bienveillante, à laquelle on n'autorise qu'un parcours de surface.
Et suis sortie dans ma ville "gentrifiée", mais pas totalement, et j'y marchais en privilégiée, me disculpant par le plaisir que j'y prends, et l'air était doux et les gens, nous de la ville et des quartiers, vieille et minots, touristes, souriaient du soleil revenu et du vent léger - et une fois encore, me suis rêvée grimpant sur cet escalier, tournant autour de ce cylindre dont je ne sais toujours pas ce qu'il est, et retrouvant le beau ciel et les fins nuages qui régnait au même moment sur les quartiers et la campagne, et baissant les yeux vers les toits, juste un peu plus bas.
Repris "l'insurrection" dans la nuit tombée, des désaccords, des acquiescements, des constats de l'âge et des désillusions que la vie a laissés sur moi en s'écoulant, et puis cela, au début
"I AM WHAT I AM", donc, non un simple mensonge, une simple campagne de publicité, mais une campagne militaire, un cri de guerre dirigé contre tout ce qu'il y a entre les êtres, contre tout ce qui circule indistinctement, tout ce qui les lie invisiblement, tout ce qui fait obstacle à la parfaite désolation, contre tout ce qui fait que nous existons et que le monde n'a pas partout l'aspect d'une autoroute, d'un parc d'attraction ou d'une ville nouvelle : ennui pur, sans passion et bien ordonné, espace vide, glacé, où ne transitent plus que des corps immatriculés, des molécules automobiles et des marchandises idéales....
On veut faire de nous des Moi bien délimités, bien séparés, classables et recensables par qualités, bref : contrôlables, quand nous sommes créatures parmi les créatures, singularités parmi nos semblables, chair vivante tissant la chair du monde"

et comme j'ai vieilli, je m'en vais défiler.