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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, juillet 29, 2021

Festival 23 – fin pour moi, à la Réunion


Organiser petite virée toulonnaise, chercher tenue adéquate, décider de passer chez le teinturier récupérer une jupe plissée dadame, ce que n'ai pas fait – tant pis, je peux éviter les petits bateaux sur fond blanc ou le jean et chemise... choisir train, apprendre que nous ne serons que deux plus un de notre branche et que je vais m'imposer dans un dîner de toulonnais (ouille), terminer une des trois propositions de l'atelier d'été en « gazant » mes expériences des jours passés


et m'en aller en tout début d'après-midi dans un Avignon en pleine forme (chaleur bleue) vers la Chapelle du Verbe incarné (les outre-mer) parce qu'un festival ne saurait être complet pour moi sans cela.


J'avais choisi, peut-être surtout pour l'affiche, enfin pas que, 'Poème confiné d'outre-mer de et par Lolita Monga https://fr.wikipedia.org/wiki/Lolita_Monga accompagné par un assez formidable musicien (guitare et synthé) sur une musique de Remi Cazal me dit le site du théâtre, au dessus de cette présentation

« Sur une musique mêlant racines et machines, harmonies australes et percussions occidentales, « Poème Confiné d’outre-mer » nous convie à un voyage intérieur. C’est un texte-chair qui renoue avec les sens confisqués. Si le corps reste immobile, la pensée, elle, chemine et substitue à la géographie de l’île de la Réunion, une géographie du corps, celui de la femme. Sonorités, mots qui s’entrechoquent, humour… Ressurgit alors une mémoire-racine qui vient « posséder » la carte du corps, la carte de l’île, la carte du monde »

dire que nous étions en assez petit comité, mais pas si petit si on pense que c'était l'ultime représentation de l'un des deux ou trois derniers spectacles donnés dans ce théâtre, qu'il y avait de fort sympathiques réunionnais, que de la poésie, forte et belle, tous n'était pas compréhensible par une métropolitaine mais que cela contribuait à faire du poème un chant... J'avais trouvé en picniquant rapidement à treize heures le texte du poème (mais sans le corps la voix et la musique) sur https://www.labo148.com/poeme-confine-doutre-mer/ et j'en prélève un fragment

« ... Yé oh ! In moun la noye dann lo Oh yé ! Sové fané dann kanivo, Noré di rasin in gro banyan parpiyé dann van (bis) somanké in ti fille la pa ékout son momon Noré di kann an Touf koudsabré dann champ (bis) Somanké in ti fille la pa akout son momon 

Quelqu’un s’est noyé dans l’eau Cheveux fanés dans l’caniveau 

Fleurs d’cannes coupées dans l’vent Dans un trou d’eau coule un coeur Madécasse « De mordre la loi » trompette la conque de piton en piton Plus forte que tous les fouets au battant de moi... »

(quelques vidéos sur https://la1ere.francetvinfo.fr/du-toma-lolita-monga-nous-emmene-aux-confins-de-la-poesie-1057918.html)

un bref échange en sortant avec un réunionnais, et m'en suis allée vers la gare



une queue assez longue devant les guichets (toujours des cas compliqués) et Brigetoun acceptant sans complexe que le garçon dont on voit ici le dos (il ne savait pas que je l'avais saisi) insiste pour la laisser passer avant lui et se dépêchant...

et un retour vers l'antre en me bornant, teinturier et draps à charrier abandonnés, par acheter le Canard enchaîné...

Je rentre en principe samedi soir (en principe).

mercredi, juillet 28, 2021

Festival 22 – le fleuve, la Scierie et les souffrances de Job


le quartier calme

la lumière du matin

et des sourires

Pensées tendres pour la grande cousine... attendre nouvelles de ce qu'organise ses sœurs – commencer paresseusement à répondre à l'une des propositions #P5 de l'atelier d'été



et puis m'en aller le long du fleuve,


vers la Scierie, pour assister, je ne sais plus ce qui m'y avait poussée, mais c'était plutôt un bon choix, aux « Souffrances de Job » d'Hanokh Levin. La pièce avait été montée par Laurent Brethonne aux ateliers Berthier pour l'Odéon en 2012. La compagnie avignonnaise Deraïdenz l'a reprise, dans une mise en scène de Léa Guillec, présentée je ne sais quand à La Luna, programmée à la Scierie en 2020 et donc annulée et enfin donnée dans le Hangar (l'un des lieux de la Scierie)

(photo de Serge Gutwirth qui sert d'affiche)

j'ai trouvé une bande annonce que je pose ici




comme la présentation de la pièce sur le site du théâtre (avec deux petites corrections grammaticales, ça me va!)

Avec humour, intelligence et une plume ravageuse, Hanokh Levin nous livre une Comédie Noire librement inspirée du Livre de Job. 

On assiste à la chute vertigineuse d'un homme de pouvoir, et à un défilé de personnages grotesques et grinçants qui, au nom de l'Ordre, de la Loi ou de Dieu, par chants et par actes, enclenchent, développent et concluent une mécanique ancienne et brûlante : La Violence Sacralisée.

Vous qui venez assister à la Chute d'un homme, nous vous offrons la Liberté de le choisir!

La compagnie vous propose une distribution tournante: 6 comédien(ne)s pour 30 personnages, 21 marionnettes, toutes fait maison, et un Job élu par vos votes, dévoilé aux acteurs, au dernier moment.

J'ai voté pour celui dont personne ne voulais mais de toutes façons j'ai un petit doute sur la réalité de ce suffrage...

Rentre un peu sonnée, et plutôt contente (malheureusement j'ai été pendant la moitié du spectacle en même temps exaspéré contre mon très beau et jeune voisin, son visage devenu nu dès que le noir est arrivé et ses grandes jambes poilues et pieds envahissants. Ce qui n'empêche pas un univers fort, un rythme soutenu, des masques, des oripeaux, des mendiants en haillons se traînant à terre pour laper le vomi, des corps calcinés se balançant dans l'air, un très rouge cadavre, des chants qui me faisaient penser à des chants yiddish, des pitreries, des débats sans fin sur Dieu existe ou n'existe pas, des sentiments affichés et sincères des raisonnements de bourgeois libéraux, des soudards, un empalement, des mannequins prisonniers exsangues pendant d'un cadre qu'un acteur vêtu comme eux portait sur ses épaules, un grand sens de l'esthétique de l'horrible et du déchet. (et je me demandais si je trouverai des renseignements en rentrant sur la possibilité d'une virée-hommage à Toulon (je pense que ce sera jeudi soir avec retour samedi)


mardi, juillet 27, 2021

Festival 21 – dans la décrue, soir en tout petit théâtre ami


Matin, ciel bleu dur

l'air en caresse fraîche

la ville en décrue

s'accrochent des théâtres

se détachent affiches


le in se démonte, chaque jour certains théâtres du off ferment, la ville a le calme d'un lundi matin au milieu de sa course, il est trop tôt pour les touristes...

cherché à récupérer une partie des capacités de mon crâne, dolce, dolce, écouter la vidéo de François Bon autour du journal de Kafka (avec une pensée pour un ami quand il parle des cahiers) ouvrant sur deux propositions d'un des ateliers d'été et une pour celui qui me va assez mal (écrire un livre)... laisser travailler, 

résister à la tentation qui m'était venue hier de jeter le billet pris, surtout par amitié, pour ce qui se donnait, sans que je sache vraiment quoi, en début de soirée dans le tout tout petit théâtre de l'Isle 80, chez la femme courageuse et drôle que je me plais à considérer comme une amie, Chantal Raffanel



« les mots dans les oreilles » de Kala Neza (compagnie Tamaris) https://www.sequencesud.com/project/kala-neza/

« David, Robert, Bijou, Aminata…Kala Neza les a rencontrés dans les nombreuses gares empruntées, les trajets de rues… elle nous livre chaque portrait comme une fenêtre sur une part d’elle-même. »

plaisir de retrouver sept des garçons et cinq amies et de prendre des nouvelles des uns et des autres...

et puis oublier la tristesse de savoir qu'elle n'a comme public qu'une amie (dynamique et attentive, ce n'est pas le problème) et quatre garçons, en l'écoutant Je me demande un peu ce que mon très gentil voisin aura compris, où le début sans doute avec Amid, avec Aminata et Bijou la révoltée venue pour faire de vraies études,

j'ai trouvé une vidéo qui donne le tout début (j'ai essayé trois moyens de l'incorporer sans y arriver donc cliquer sur https://player.vimeo.com/video/410535984?fbclid=IwAR1RUUv_GZ9-PUCkMcBWU5EpLK-E8N8VVQTf5caThStlxECmjSTQZQLsXhc) mais il y a aussi toutes les rencontres que, voyageuse, elle a faite, des turcs hospitaliers et d'autres apeurés, une amie ch'tie à laquelle on reproche ici d'être étrangère, et puis les personnes rencontrées, Robert le vieux belge cassé par la vie et la mort subite d'un de ses enfants qui lui dit qu'elle est la femme qui sait écouter et depuis elle note, elle capte en mots ses rencontres, le petit garçons blond aux yeux bleus à la belle voix mais trop doux et cristallin comme sa voix pour être accepté par son père, l'enfant soldat qui veut l'embrasser et elle n'arrive pas à l'accepter, et le merveilleux John qui cherche l'endroit idéal et la femme idéale et repart parce que l'aigle qui le survole dit que ce n'est pas encore ça, elle la fille d'un Hutu et d'une Tutsi, née en Belgique avant la guerre, elle qui dit qu'elle a traversée la rivière entre le père et le mère et que son unité à elle doit être au milieu, qui dit qu'entre nous et le différent notre unité doit être au milieu... et ce que cela pourrait avoir de fumeux aux yeux de beaucoup passe grâce au beau contralto, à la masse sécurisante de ce corps, au visage...

Pas un grand spectacle sans doute, mais suis sortie contente... et après un aurevoir, pendant que s'organisait l'accompagnement des garçons à la conquête d'un pass si j'ai bien compris, les ai quittés


et suis rentrée tout doux.

dimanche, juillet 25, 2021

Festival 19 – Carnets, un aller et retour place Pie au cœur du jour et marionnette chez les belges


Plaisir matinal de descendre précautionneusement l'escalier pour prendre possession d'un carton contenant les « Carnets du nouveau jour - 3 » de Laurent Margantin


« Aube : le jeune homme assis sur la barrière métallique dans la rue déserte. Tête baissée, il n'attend personne. Plus tard le vieil ouvrier qui, pour réguler la circulation dans la rue en travaux, manipule un panneau rond, rouge d'un côté, vert de l'autre. Il passe ses journées à donner ces signaux sans dire un mot, et comme le jeune homme assis sur la palissade métallique, semble enveloppé de son propre silence. »


Déjeuner léger et tôt pour moi, pour m'en aller sous un ciel qui cherche son bleu par petites crevaisons du blanc, vers la place Pie... la rue fait des progrès et se masque presque à dix pour cent semble-t-il, le marché du samedi de la rue Carnot se démonte et un début de file attend devant un container de se faire tester (je suppose)


arrive un peu en avance, contrairement à mes craintes, mon faux petit-fils également, nous nous effarons de l'état du monde (incendie, inondations), il me prêche la sobriété que nous devons à la planète, je lui donne mon accord fervent et nous nous occupons, avec la petite inconséquence de nos contemporains (mais inconséquence limitée) d'un abonnement internet..


et puis, souriant et échangeant des vœux, nous nous en allons, lui pour faire réparer les freins de son vélo, moi pour acheter des yaourts et m'allonger, sombrer dans un sommeil de presque deux heures dont je peine à émerger

Je reprends ce que j'avais écrit le matin pour le #L5 de l'atelier d'été. Je prolonge un peu, et j'ajoute un paragraphe au #L3. Je cherche une photo. Je vais arroser, et va comme va, en bataillant un peu avec la technique du blog commun, je publie avec une grimace...


En début de soirée, me rendre vaguement présentable, et m'en aller, pour une fois ne les ai pas laissés fermer, parmi les premiers, avant d'y penser, pas bien loin, au Théâtre des Dois, chez les belges, assister à « Tchaïka «  par la Compagnie Belova-Iacobelli »https://www.belova-iacobelli.com/ (l'actrice et metteuse en scène chilienne Tita Iacobelli et la marionnettiste belgo-russe Natacha Muñecos)



(photo provenant de leur site)

« Dans les coulisses d’un théâtre, une vieille actrice ne sait plus ce qu’elle fait là. Elle est perdue dans l’obscurité. Sortie de l’ombre, derrière l'actrice, une jeune femme apparaît pour lui rappeler la raison de sa présence : interpréter le rôle d’Arkadina dans La Mouette de Tchekhov.

Ce sera son dernier rôle.

Sa mémoire fout le camp, elle ne sait plus tout à fait qui elle est, mais entend bien assurer la représentation. Seule à la dérive entre le désir de jouer et l’oubli, elle tente de suivre la trame de La Mouette. Dans la confusion, elle essaye de restituer la pièce, navigant entre la fiction et sa propre réalité. Dialogues délirants avec son fils et abandons répétés de son amant la replongent dans son passé.

Elle renoue avec la jeune actrice qu’elle fut, à travers le rôle de Nina, celui qu’elle préfère, celui de la jeune actrice qui vaille que vaille continue. Voilà donc cette Tchaïka luttant, reprenant pied, se créant un nouveau théâtre, un autre espace de jeu et de vie. » 

ambiance agréable comme toujours ici – formidable travail de la marionnettiste, des lumières, applaudissements debout, une Brigetoun ravie mais un peu en retrait – une baisse d'intensité vers le milieu et l'impression que le jeu entre personnages et le degré d'abstraction supplémentaire créé par la marionnette (même si très réelle au prix de conventions, mais avec la possibilité de perdre littéralement la tête – et là beaucoup aimé le dialogue entre elle et sa manipulatrice) et ses partenaires représentés par une peluche pour le fils, un livre pour l'écrivain bien entendu, un foulard pour Nina quand ce n'est pas le visage de la manipulatrice ou double... reste juste un peu inabouti...


Retour dans la nuit qui vit en mode fête d'été (pas forcément du festival)