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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mardi, avril 09, 2024

Lundi... Rimbaud

 


Ni azur ni pluie

l’air chargé de poussière

Jour en absence





Le Printemps de la poésie est terminé, mais j’ai envie d’améliorer Paumée avec des poèmes… Pur aujourd’hui ai pris le petit coffret Rimbaud des Editions derrière la salle de bains, et dans le dernier petit livret (pliage)



Accroupissements


Bien tard, quand il se sent estomac écoeuré,

Le frère Milotus, un oeil à la lucarne

D’où le soleil , clair comme un chaudron récuré,

Lui darde une migraine et fait son regard darne,

Déplace dans les draps son ventre de curé.


Il se démène sous sa couverture grise

Et descend, ses genoux à son ventre tremblant,

Effaré comme un vieux qui mangerait sa prise,

Car il lui faut, le poing à l’anse d’un pot blanc,

À ses reins largement retrousser sa chemise !


Or, il est accroupi, frileux, les doigts de pied

Repliés, grelottant au clair soleil qui plaque

Des jaunes de brioche aux vitres de papier ;

Et le nez du bonhomme où s’allume la laque

Renifle aux rayons, tel qu’un charnel polypier.

…………………………………………….


Le bonhomme mijote au feu, bras tordus, lippe

Au ventre : il sent glisser ses cuisses dans le feu,

Et ses chausses roussir, et s’éteindre sa pipe ;

… et prenant conscience de ce que je tape, en souriant, mais trouvant que cette ponction/citation promet d’être longuette, je le laisse en son accroupissement.

samedi, décembre 18, 2010


« Elle revint aux grains de poussière, cette sorte de poésie de l'invisible. J'irai au-delà de la paresse de l'infini, se dit-elle. Tel était son but dans la plénitude de son magnifique réveil de morte. Parce qu'elle s"était réveillée morte, se dégourdissant dans une douce et splendide oisiveté. » Enrique Vila-Matas « explorateurs de l'abîme »
noté cela avant de refermer le livre, de faire une incursion dans les « oeuvres pré-postumes » de Musil (en m'arrêtant au début des articles satiriques qui ne m'accrochaient pas), étendre le bras, faire le noir, m'endormir avec ces mots aux petites heures de vendredi, pour me réveiller pas si morte quelques heures plus tard.
La mort délicieusement oisive, la panne douce est venue un peu plus tard, au fil de l'oisiveté du jour.

Suis partie dans la nuit tombée, précocement, vers huit heures, accompagnée par le souvenir de la lecture, aux petites heures, de la déambulation d'Arnaud Maïsetti dans les « rues sauvages » d'Avignon, que j'avais espérée, http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article532 et je m'y retrouvais, et je découvrais une autre vision, puisque maintenant, quelque soit l'état de carcasse, les murs d'Avignon me sont fatigue parfois mais toujours un domicile, un autre manteau qui me sécurise, m'accompagne. Surtout celles des trajets familiers.
Mais, c'était cela aussi : « Sauvagerie des rues quand on les découvre comme depuis toujours là qui se déroulent dans leur évidence, au temps mort du milieu de la nuit, et qui se laissent voir comme des insectes le ventre. » et pourtant le froid y était moins mordant, en l'absence de ce vent qui régnait sur nous pendant qu'il marchait, pas au plus fort de sa puissance, mais bien présent pourtant et j'y ai pensé en souriant en lisant : « la ville en arrière-plan bouge un peu pour l’aider à accompagner sa chute interminable. » (chute de l'éléphantelet pour le départ duquel nous devrions nous regrouper pour entonner un thrène)
Et c'était bien cela, décidément : « cette lumière étrange surtout, non pas étrange comme bizarre, mais étrange puisque d’ailleurs, venue de la pierre on dirait, du dedans de la pierre respirante et soufflante aussi.. » et j'aimais qu'il aime mes amies. (je vous conseille très fermement la lecture se cette dérive-réflexion.)
Et, par la rue Joseph Vernet, dans la surprise de l'indifférence bienveillante, la presque douceur, de cette nuit d'hiver,

la rue de la petite calade qui ne l'est plus sur toute sa longueur,

le plan de Lourmel, en me tordant les pieds, sur le bout de calade restant,

la rue Bouquerie déserte à cette heure comme toujours - et je prenais photos réussies ou non, pour m'encourager dans ce court trajet, oublier mon envie de rien, la lâcheté de l'âge -

la rue des Ortolans, les deux pieds l'un devant l'autre sur le ruban qui sert de trottoir, le temps de laisser passer une voiture qui attestait de la vie, entre le mur de l'école et les ruineuses et nobles façades,

l'obscurité de la rue Dorée,

les lumières de la rue de la République, et deux groupes d'ados et plus, avec chiens, qui tentaient mollement de se donner un but,

la rue du Prévôt dont j'ai fait s'évanouir la solidité austère, la place Saint Didier, le clocher somptueux entre les arbres (et là j'ai jeté la photo)

et enfin ma chère rue du roi René avec son embouchure aux trois hôtels (et la peur de regarder la souffrance de Fortia de Montréal, en me réfugiant dans les mufles de Crillon),

j'ai gagné le jardin de Sainte Claire, le souvenir de Pétrarque pour écouter Isabelle Bloch-Delahaie dire et chanter Rimbaud dans «et toi tu marcheras dans le soleil» http://www.theatredeshalles.com/LES-SPECTACLES/hiver/116-Et-toi-tu-marcheras-dans-le-soleil...

et ma foi j'aime l'ambiance de ce théâtre les soirs d'hiver et j'ai aimé le montage de lettres d'Isabelle (et une d'Arthur à Isambard) de textes dits en murmurant ou proférés, et de poèmes mis en musique par Léo Ferré (ses mélodies, la voix passant de la douceur d'une pêche à des profondeurs ventrales, en ruban suivant les vers) ou, plus heurtées, plus travaillées, violentes ou modulées jusqu'à la pâmoison, par Mathieu Ravera, Isabelle Bloch-Delahaie ou Bruno Ruiz
Et puis, il y avait Rimbaud, les poètes de 7 ans, les corbeaux, les voyelles et le bateau ivre, bien sûr, la chanson de la commune, les mains de Jeanne-Marie, des extraits d'une saison en enfer, etc... et
« Oisive jeunesse

À tout asservie,

Par délicatesse

J'ai perdu ma vie.

Ah ! Que le temps vienne

Où les coeurs s'éprennent. »
(photo de Christian Robin)

suis repartie, le froid reprenant peu à peu possession de mes joues, sans agressivité,

J'ai tourné, seule, les voix des autres spectateurs s'éteignant derrière moi, dans la rue du Collège de la Croix,

le bruit de mes bottes a pris possession de la rue Bonneterie, en écho aux pas de quelques égarés,

mais la rue Rouge et la place du Change étaient désert froid,

et passé les lumières mouvantes, fausses larmes glacées, de la place de l'horloge

j'ai continué, dans la seule compagnie des pierres lumineuses qui s'évanouissaient en montant vers le ciel noir, par Saint Agricol

et la rue de la petite Fustrerie – mes pas résonnaient en une ébauche de danse, de plus en plus rapide, sur la petite houle des trottoirs -

jusqu'à ma porte, les plantes et lumières de l'hôtel. Mais pour trouver la poésie de ces rues, c'est chez Arnaud Maïsetti qu'il faut la chercher.
Il faudrait tout de même que j'arrête un peu ma loghorrée (ou, là, ma façon de rebondir avec excès)

lundi, juin 07, 2010

Comme toi, ami, j'ai commencé la journée, au troisième réveil (mais pour une fois ne m'étais guère rendormie et la nervosité montait) non pas borgne mais louchant.

Entre ma nervosité, colère contre l'indécision et mes refus croissants devant tous les projets du jour (marché et spectacle de danse), colère contre les voix qui sortaient de mon poste, et une joie sur laquelle je m'étais endormie, en redécouvrant «couleur de terre» de Jaccottet, coincé, caché, entre deux livres, et que je croyais ne plus avoir – plaisir d'abord de l'élégance de ce tout petit livre, plaisir des dessins d'Anne-Marie Jaccottet, et miraculeusement accord profond avec l'émerveillement qui s'exprime là : «Et pourtant, continuant à essayer d'approcher ce tout petit, ce bref événement, je me suis dit qu'il s'agissait d'une sorte de heurt intime contre de l'incompréhensible absolu, et ce heurt si l'on peut ainsi dire redoublé : parce qu'il semblait parfaitement incompréhensible que ce fut incompréhensible à ce point : tout bonnement d'être là, dans ce lieu et à ce moment là, vivant, à coup sûr, ne rêvant pas, au milieu de choses toutes aussi indubitables les unes que les autres dans leur relative insignifiance et leur mutisme.»

La douceur, aussi, au petit matin, d'une incursion prolongée dans «les illuminations» http://www.publie.net/tnc/spip.php?article6

«Tels qu'un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses»

Et puis, pendant que je me douchais, choisissais avec mauvaise conscience de rependre la robe prévue et de sortir une jupe un peu froissée et le tee-shirt inauguré au théâtre la veille, pendant que je regardais ma machine se mettre interminablement à jour, il y a eu la montée du soleil attendri que me faisait la joie pure de petit frère accueillant, samedi, son dernier petit enfant, et, même s'il s'en défendait, même si, en effet, il est totalement inféodé à ses petites filles et au garçon déjà arrivé, le soupçon que son plaisir, était accru, oh ! très légèrement et à son coeur défendant, parce que ce merveilleux bout de chair, enfoncé avec concentration dans le sommeil, sous une garde un peu inquiétante, était le premier «du nom».

Et repensant à notre père, incapable de graduer son amour pour ses enfants, le vivant pour chacun, avec ses défauts et ses qualités, mais dépité, une seconde, à la naissance de la troisième fille d'affilée, une seconde seulement, j'ai réalisé, ce que j'espère le nouveau jeune homme ne saurait jamais : il est arrivé le lendemain de l'anniversaire de la mort de son arrière grand-père.

Tout ceci étant sans grande importance, tu, à peine pensé, mais tout de même sous-jacent, tribu, et tribu coléreuse et unie, oblige. Enfin, quoi, j'étais contente.

Et paresseuse.

Alors, dans les rayons de soleil intermittents de la cour, ou en les attendant, ou en rentrant (en même temps que le linge) pour croire à leur existence, j'ai lu, rêvé, écouté de la musique.

mardi, juin 09, 2009

la journée de dimanche m'a couté, non les illusions que je n'avais pas, mais une tristesse stupéfiée, cinq cent grammes et des névralgies diverses, plus une tendance prononcée à l'atchoum. Une journée pour rétablir les choses.
Me réfugie dans les arbres ou la contemplation virtuelle du fleuve, puisque j'ai ces photos sous la main.
Dans la nuit, pour faire le passage, j'ai lu (et non relu) en un assez long bain d'admiration, 92 pages de Rimbaud le fils de Pierre Michon - et je l'ouvre, réellement au hasard, donc à peu près vers le milieu.
"Il est devant nous, de même taille ou peu s'en faut, sur deux pieds ; il vient de loin ; là-bas il ne sait plus qu"il a fait ce que nous appelons une oeuvre : il n'a plus de colère ; avec beaucoup d'étonnement il regarde dans notre main qui pend l'innombrable, la futile glose rimbaldienne. Mille fois il lit son nom, puis le mot génie, puis le vieux mot archange, puis les mots : absolument moderne, puis d'illisibles chiffres,et puis encore son nom. Il relève ses yeux dans les notres ; et nous restons là face à face, immobiles, babas, vieillots, les pins d'Italie derrière nous sont suspendus sans un souffle d'air, il va parler, nous allons parler, nous allons poser notre question, nous allons répondre, nous y sommes, - les pins bruissent dans un coup de vent brusque, Rimbaud de nouveau a bondi dans sa danse, nous voilà seuls la plume à la main."
et derrière moi, ce lundi matin, France Musique diffuse du Brahms qu'une zone de mon crâne brumeux écoute.

"J’envoyais au diable les palmes des martyrs, les rayons de l’art, l’orgueil des inventeurs, l’ardeur des pillards; je retournais à l’Orient et à la sagesse première et éternelle. — Il paraît que c’est un rêve de paresse grossière !
Pourtant, je ne songeais guère au plaisir d’échapper aux souffrances modernes. Je n’avais pas en vue la sagesse bâtarde du Coran. — Mais n’y a-t-il pas un supplice réel en ce que, depuis cette déclaration de la science, le christianisme, l’homme se joue, se prouve les évidences, se gonfle du plaisir de répéter ces preuves, et ne vit que comme cela ! Torture subtile, niaise; source de mes divagations spirituelles. La nature pourrait s’ennuyer, peut-être ! M. Prudhomme est né avec le Christ. "
Rimbaud "une saison en enfer", repris en fin d'après-midi.

ciel gris et vent sur Avignon, et passants de bonne humeur sur mon chemin.

vendredi, décembre 01, 2006

journée vagabonde - trois photos des nombreux trésors du passé, en divers états de conservation - et n'importe quoi à la suite.
J'ai voulu repasser et mon installation électrique a sauté une fois, deux fois. Renoncé provisoirement et glané au fil du net et des livres des brindilles sans rapport entre elles.

Chez Angèle Paoli un passage d'Aracoeli d'Elsa Morante, qui m'a peut être d'autant plus séduite que je n'ai aucune idée de ce à quoi il peut se raccrocher :
Aracoeli ne pleurait jamais. Si à moi il m'arrivait de pleurer, elle buvait mes larmes à coups de petits baisers ("Ah ! qu'elles sont bonnes. Elles ont un goût de cannelle !"). Ensuite pour me les sécher, à toute allure elle me caressait les joues de ses paumes ouvertes en disant : "Zapé ! zapé ! zapé !"
http://www.desordres.net/blog/


Il y a eu aussi la découverte du talent comique de Nicolas Sarkozy dans sa fameuse déclaration différée-anticipée de candidature. Certains mots m'ont paru d'une jolie saveur A titre personnel, elle n'était pas évidente....... deux mots : confiance et respect...... les Français retrouveront le goût de vivre ensemble......etc

Posted by Picasaet je continue à divaguer sans gouvernail. Reprenant la corde raide de Claude Simon
Si, lorsque vous vous trouvez devant un tableau, un sentiment de joie, de tumulte ou de calme ne naît pas en vous avant même que vous ayez pu distinguer ce qui est représenté, c'est, ou bien que le peintre est complètement nul, ou bien que vous êtes infirmes et qu'il vous manque un sens. Alors vous pouvez faire votre deuil de la peinture et chercher des satisfactions ailleurs. On peut vivre sans ça. Toute la souffrance du monde, ou toute sa joie peuvent être dites dans la façon dont sont peintes une cruche ou une fourchette. Par contre, un type pourra représenter des gens brandissant des fusils ou des épées et d'autres étendus par terre avec du sang tout autour et cela n'aura aucun rapport ni de près ni de loin avec ce qu'est une bataille.
Le cher homme a un côté cassant.

et pour finir Rimbaud : Elle est retrouvée./ Quoi ? L'éternité./ C'est la mer allée/ Avec le Soleil.