commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
Affichage des articles dont le libellé est divers jounral. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est divers jounral. Afficher tous les articles

mercredi, avril 16, 2025

Un petit tour vers les halles et des fragments venus de la lointaine terre mentale

 


Je n’ose conseiller aux Avignonnais de me suivre mais cette fois encore la météo annonçant de la pluie tout le jour avec un air un peu plus frais (et une pause de la pluie entre midi et deux heures ce qui ne m’arrangerait pas) suis partie pour profiter d’un moment inespéré d’absence de pluie au dessus des dalles mouillées de la cour quand suis sortie de la douche, sous un ciel platement gris et sur des dalles où s’effaçait la dernière ondée




croisant des touristes sous parapluies (les prends en grippe maintenant que mon cher ami vendeur d’huile locale en bidons de plastique et de morue en filets, lingots ou joues salés ce qui ne pourrait intéresser des voyageurs ayant passé la main, ses successeurs ne vendent plus que quelques filets à réclamer en passant le nez en coulisse et plus de beaux blocs ni de joues)… et suis arrivée aux halles (une envie de vrai poisson) de plantes en pot avec petites traces de la pluie achevée en bouquets sans trace d’humidité devant boutiques sans que le béret que j’avais posé sur mon crâne comme un faible rempart soit humide.



Un petit tour, me frayant passage entre les groupes cor naqués, des étals qui proposent les dernières courges, des navets tout frais et les premières asperges, pour acheter topinambours, navets boule d’or, carottes de sable.. un morceau de thon rouge et un loup portion



et j’ai retrouvé en sortant pavés mouillés et air à peine humide… 



Arrivée aujourd’hui des Fragments de la source venus de l’île lointaine de Laurent Margantin et tournant la feuille, je recopie un des fragments de la terre mentale qui y figure (pour remplacer le voyage non)fait par le voyage rêvé)


Arbres

bois de rempart

bois de fer

ti natté

gros natté

bois blanc

bancoul

bois de perroquet  

jeudi, mars 06, 2025

Les deux premiers exposants

 


Matin dix heures

quand le bleu s’approfondit

et l’air s’attiédit



Traces de mon circuit un peu brinquebalant d’où suis revenue avec un calmant, un pain, du poisson sous vide, la certitude qu’il fallait me débrouiller avec les plus petites piles pour la balance | en effet il en fallait quatre | et une paire de chaussures vertes et roses..



Retour à mardi soir pour découvrir ce que proposaient les deux premiers artistes dans l’ordre de l’affiche de l’exposition « les artistes sont des gens curieux »  visitée hier, en sortant de la salle de rencontres amicales et mondaines devant les panneaux les présentant au rez-de-chaussée pour prendre un peu plus loin dans la galerie du cloître l’escalier on trouve au premier étage



Claire Beillard avec « Pierres de mémoire » dont je connaissais les oeuvres depuis octobre 2012 (oeufs emmaillotés ou garnis de textile), oeuvres que n’avais plus vues depuis octobre 2018 et ses pirogues dans la cour du palais du Roure.. ne la rencontrant plus qu’à Rosmerta où en tant qu’ArtThérapeute elle intervenait auprès des jeunes que cela intéressait, qui s’est maintenant installée à Morlaix où elle a ouvert une galerie la Galerie 6 dans laquelle a eu lieu en 2024 une exposition du travail qu’elle présente ici sous le même titre de Pierres de Mémoire, travail entrepris depuis 2019 à Avignon

Présentation sur le blog de la MAC’A En 2019, alors qu’elle passait devant l’Opéra d’Avignon, en pleine rénovation, Claire Beillard s’est arrêtée brusquement, découvrant des blocs de béton suspendus à la façade est par des fers à béton. Choc esthétique qui a immédiatement suscité sa curiosité.

Aussitôt, l’artiste entreprend un travail de céramiste, rendant ainsi hommage à ces blocs de béton, rebuts qui allaient partir à la déchetterie. Travail de mémoire s’il en est.

Ce projet initié en 2019, finalisé et exposé à Morlaix en 2024, est en quelque sorte un Cabinet de curiosité d’un des plus beaux bâtiments d’Avignon, l’Opéra. (j’émets des réserves sur ce qualificatif pour l’opéra)



Les « pierres de mémoire » proprement dites, en grès émaillé, sont à accrocher, une partie, de tons sobres l’est sur le mur longeant l’escalier dans la salle



ou, plus colorées entre les arcades dans le couloir




Avec les « stèles de mémoire » posées dans la salle je reprends ses mots raportés par un article d’Ouest France de 2024 trouvé sur le compte Instagram de Claire Beillard sur lequel ai suivi son travail (les pierres et autres, surtout maintenant des céramiques) ses mots

« C’est une approche presqu’inconsciente de l’art pariétal (décor d’un mur, d’une paroi, qui m’a amenée à ce travail sur les formes, les émaux et les engobes, un mélange d’argile et de pigments"

...

« ... la sortie du four qui donne toute la vibration à mes pièces. Le feu est surprenant, tu les as imaginées et ça donne ça en sortant, c’est la surprise, à partir de ce moment là, elles ne m’appartiennent plus. »



Posée dans la salle également la plus grande des pièces, peut-être ma préférée qui ne se dresse pas comme une stèle, titrée « mémoire de l’eau », de 2023 en grès émaillé, fer, divers coton et soie.



Figurent aussi des dessins et gravures au carborundum




Pour le second nom de la liste, Amar Briki (le pont d’Avignon et ses demoiselles) il faut monter au second étage et je n’ai pas trouvé grand chose, juste ce que disait le blog : qu’il est peintre et dessinateur, qu’il vit et travaille en Algérie mais à une adresse à Lons le Saunier, qu’il est diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts d’Alger, qu’il a participé à de nombreux projets artistiques collectifs et évènements internationaux dont la triennale des arts graphiques de Cracovie en Pologne, le Salon de mai à Paris en 2010. En 2014, il participe au Salon international d’art contemporain de Strasbourg St’Art. Sa dernière exposition s’est tenue à la Galerie Seen Art Gallery à Alger en 2024.

et sa note d’intention sur le blog

Avignon représentant une image idéale d’une cité investie d’histoire et de mystères, l’artiste fait deux propositions 

La première imaginant un manuscrit ancien trouvé dans les archives, l’artiste écrit une lettre à Monsieur le Maire d’Avignon, sous forme de brouillon ayant pour objet : « démolition et reconstruction du pont d’Avignon ». Si l’idée est incongrue dans la réalité, elle ne l’est pas du point de vue de l’art… Brouillon raturé, comportant de nombreuses phrases difficilement déchiffrables, il est utilisé comme support permettant de jouer avec le graphisme et des encres de couleur… Cette « lettre à Monsieur le Maire d’Avignon » sera complétée par des dessins de petit format sur lesquels seront représentés des schémas du pont, des esquisses pour les fondations du pont ainsi que quelques graphismes et écritures.  Ci-dessus « copie » de la lettre

La seconde : En hommage à Avignon, l’artiste emprunte à Picasso le titre « Les demoiselles d’Avignon » pour réaliser une série de vingt-deux portraits de femmes ayant pour titre « Les demoiselles d’Avignon »…. Et j’en pose quelques unes ci-dessous. 




Les autres exposants à une exception près devraient être moins « encombrants » ici.

mardi, juillet 02, 2024

Festival - jour 3 - un texte de Marie N’Daye et un Quichotte dans la nuit d’un jardin

 


Après avoir mis en place le #10 que je n’osais pas publier pour l’atelier d’écriture de François Bon, avoir pensé et dit que ne pouvais trouver porte d’entrée pour le #11 et du coup l’avoir pondu vaille que vaille, l’ai laissé reposer  et m’en suis allée un peu avant seize heures sous un ciel bleu et dans petites rafales passagères



vers le Théâtre des Halles, 



pour le second des spectacles pour lequel ai pris un billet, pleine d’attente parce que j’aime leurs choix et parce que :



sous cette photo (©Regis Espanet Studio E.R.E.- le site du théâtre indiquait

Texte Marie NDiaye. Adaptation Waddah Saab et Blandine Savetier

Mise en scène Blandine Savetier

Une universitaire (Natalie Dessay impeccable plus, y compris bien entendu quand seule en scène elle accompagne sa réflexion d’un chant) veut écrire un roman sur Maria Martinez, chanteuse cubaine du XIXe siècle qui connut une célébrité éphémère et le racisme à Paris, avant de disparaître dans la misère. Elle est approchée par une mystérieuse artiste noire, Marie Sachs, qui se conçoit comme une réincarnation de Maria. Entre l’enseignante privée d’inspiration et l’artiste fantasque naît une relation faite de fascination et de rejet. Ce spectacle déploie tout ce qui fascine chez Marie NDiaye : étrangeté, cruauté, style somptueux et profonde compassion pour les êtres malmenés, spoliés. Une œuvre baroque où le théâtre et la musique sont constamment mêlés.

Et passé le plaisir du texte, de ce jeu de l’universitaire pendant son assez long monologue introductif, je me suis sentie (fatigue, mauvais goût ou idiotie de ma part ?) gênée peu à peu quand s’incarnent Maria et Marie Sachs en une actrice, très belle, pleine d’énergie mais qui, sauf à deux moments, porte des tenues baroques qu’elle supporte avec brio  mais qui relèvent plus du cabaret ou d’un « regard blanc sur ce que doit être une noire se donnant en spectacle » que de ce qui est dit de la cantatrice cubaine passée  par le conservatoire de Madrid et donnant des concerts à la cour, et qu’elle ne chante pas tout à fait assez bien pour que prenne vie le texte de Marie N’Daye, tout comme ses danses avec le musicien (aux tenues assez grotesques) qui… bon c’est moi… m’ont fait penser, surtout la dernière à une médiocre parodie des Maîtres fous de Jean Rouch, rendant contradictoires par cette presque caricature  la thèse proche de celles du CRAN que son personnage soutient,  notre incapacité en tant que blancs à comprendre ou est-ce justement cela (mais je voudrais avoir l’opinion d’un de mes jeunes amis) … je me risque à l’exprimer maladroitement même si à la réflexion je pense que ni cette troupe ni Marie N’Daye ne sont responsables de cette réaction épidermique due à ma mé-forme (passagère je l’espère), à mon incompréhension



retour en tournant un peu en rond pour expulser ce moment de mauvaise humeur, posté le #11 de l’atelier, préparé photos et ce qui précède, lu un peu sur internet pour soulager ma culpabilité  et mon besoin, préparé souper, et m’en suis allée, tout près, aux jardins de Mons (Maison de Jean Vilar) pour assister, en grande attente, depuis une place au cinquième rangs  malheureusement, à un des premiers spectacles choisis dans le in : « Quichotte » un spectacle adapté de Miguel de Cervzntes et mis en scène par Gwenaël Morin avec, dans le rôle titre Jeanne Balibarn accompagnée de Thierry Dupont, Marie-Noëlle et Léo Martin

Qu’il enchaîne les tragédies de Sophocle en pleine campagne sous une pluie battante ou qu’il joue Shakespeare à grande vitesse, les spectacles de Gwenaël Morin donnent l’impression de s’inventer sur le vif. De Don Quichotte – l’hidalgo qui voulut vivre comme dans les romans de chevalerie – le metteur en scène a gardé la volonté farouche d’éprouver le théâtre au contact de la vie. Il se lance à l’assaut du chef-d’œuvre de Cervantès avec la promesse de le mettre sens dessus dessous, entouré par une équipe fantasque : Jeanne Balibar en héroïne picaresque, Marie-Noëlle qui campe sa monture, Thierry Dupont en Sancho Panza et lui-même dans le rôle de l’âne portant fardeau… Depuis 2023 et pour quatre ans, Démonter les remparts pour finir le pont invite Gwenaël Morin à créer pour chaque édition une pièce à partir du répertoire et en relation avec la langue invitée. 



Gwenaël Morin :  Dans le roman, Cervantès se demande comment, à un moment donné, une philosophie de vie produit une transformation du monde. Je suis profondément habité par ce désir héroïque de faire du théâtre, non pas avec une lance mais en travaillant la réalité pour la transformer à partir des outils du théâtre. Quand je pense à ce personnage, je pense d’abord à Cervantès lui-même qui, à 24 ans, participe à la bataille de Lépante où s’affrontent la flotte ottomane de Sélim II et la flotte de la Sainte-Ligue qui sortira victorieuse. Lui se fait capturer et réduire en esclavage par les Turcs. Pendant cinq ans, la littérature est son refuge : une mise à distance du réel.

Ce roman épique peut aussi se lire comme une sorte de parodie. Il montre ce qui se passe quand les textes sont utilisés pour diffuser une idéologie qui transforme la réalité. Cervantès avance l’idée que certains combats n’ont parfois aucun sens et détruisent ceux qui les mènent, au nom de ce qu’ils ont lu…

Je n’ai pas du tout cherché à rester fidèle au roman, à en faire une sorte de rébus à partir d’épisodes emblématiques. J’ai décidé de m’emparer du texte par effraction. Comme s’il s’agissait d’une sorte de manuel de théâtre. Par chapitre, j’ai essayé de dégager des matières, des modes de théâtralité spécifiques à partir de la narration, des dialogues, de l’action…

Et autres choses de grand intérêt… il y a aussi dans les pages de Libération destinées au Festival que l’in trouve dans l’entrée de tous les lues ou presque du Festival une longue et belle interview de Jeanne Balibar.. On lit et puis on oublie parce que bien digéré il reste deux heures un peu potaches et pas désagréables du tout avec de petits lueurs de sens, leurs talents respectifs, l’intelligence et la très belle voix de Jeanne Balibar, des silences, des moments où le spectacle flotte, des moments où ils s’amusent un peu indépendamment de nous, mais on ne leur en veut pas, des passages à vide, la grande envie que j’ai eue de les embaucher pour faire danser mes livre et m’en débarrasser, le vent qui emporte les voix murmurées et puis de beaux moments criés ou presque… et mes photos toutes bonnes à jeter.