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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, juin 29, 2008

Samedi matin quand un petit vent gai rendait la marche légère Désert - pour moi donc
Mathilde, dans la lingerie, a entrepris d’aider Julie. Concientes toutes deux qu’en fait elles n’ont rien d’utile à y faire.
Mathilde s’essaie à l’aisance, se voudrait habile, déteste se sentir, si peu que ce soit, chargée d’un rôle, sans légitimité ni désir, se refuse à investir l’intimité de la jeune femme, et elle retrouve aussi cette sympathie qu’elle avait ressentie à leur première rencontre, le plaisir de cette ébauche de familiarité qui avait semblé vouloir s’installer avant son départ, et celui des quelques lettres reçues, leur réserve fragile, une certaine liberté qui perçait peu à peu dans le ton.
Elle regarde l’autre, le sourire, le léger raidissement, la tête qui se détourne comme naturellement, et, à un moment, navrant, un regard furtif, comme acculé.
Elle rit, cherche une façon de l’entraîner hors de la pièce, de renoncer, d’enchaîner sur une visite neutre.
Julie s’est débatue - elle l’aime bien - pourrait presque lui faire confiance - mais il s’agit là de Madame Icart la jeune, et derrière elle il y a sa mère (la patronne se dit-elle avec ironie, se forçant à une hostilité protectrice) mais surtout Aurélie Icart, et le respect, la crainte que Julie éprouve pour cette femme.
Alors, brusquement, brutalement, elle se lance, employant des mots qu’elle sait choquants pour l’autre, pour exprimer ce qui devrait la heurter, ce qui ne se dit, ni ne s’éprouve, cet attrait qu’elle a eu pour Alphonse, le plaisir, cette indiférence totale à tout le reste - et je n’ai jamais cru que je l’aimais - cette certitude aussi qu’elle n’est pas vraiment de la même sorte. - Je n’ai rien, et rien à protéger, ni l’envie
- vraiment ?
Puisque le ton est celui-là, Mathilde veut croire qu’elle peut aussi en user, et s’en servir peut-être
- mais vous vous mariez
- on dit que je me marie
- que ferez vous alors ? Vous ne pourrez rester si la nouvelle n’est pas très vite répandue
- je ne sais pas. Je partirai. Je peux essayer de retrouver mon père
- le voudra-t-il ?
- pourquoi Alphonse devrait-il assumer ? J’ai voulu me croire libre...
Elles se regardent en face depuis le début de l’échange, mais peu à peu Julie semble rapetisser, se courbe un peu, épaules en berne
- Oh et puis, vous ne pouvez rien pour moi.
- je pourrais essayer de savoir, par les garçons, ce que pense vraiment votre ami. Mais, c’est vrai, vous ne l’aimez pas, ne voulez pas de lui…
Et Julie
- j’ai tellement peur, peur de gacher sa vie, peur de le contraindre et qu’il m’en veuille, peur de… que je crois que ce n’est plus vrai.
Mathile lui touche le bras, l’attire, et elle pleure.
Une petite remontée ou suite du roman de gare http://brigetoun-romandegare.blogspot.com/
En fin d’après midi, un « cercle du silence » à l’initiative de RSF et autres, assez moyennement fourni, suscitant un certain intérêt. Rien d’autre qu’une assez longue imobilité avec un panneau , et des sourires. Crevée. Trois petites photos sur http://brigetoun-avignonmu.blogspot.com/

vendredi, juin 20, 2008

Comme il semble que le temps soit au voyage, loin des nids, ou loin de mon petit coin, je rejoins mes amis, ou non, du « roman de gare » http://brigetoun-romandegare.blogspot.com/ et, pour être en harmonie, je les fais voyager, ou du moins Mathilde
Anne-Françoise et sa fille se sont souri, ont tâtonné, ont retrouvé ce mélange d’affection tue - trop évidente pour qu’elles l’expriment ou la montrent - et de réserve dans lequel elles se coulent à l’aise, avec tout de même chez Mathilde une inflexion - l’indépendance têtue et un peu raide devenue une simple différence courtoise - son nouveau rôle de femme, et sa déférence.
Elle se raconte, un peu, et puis :
- permettez moi, Mère, de vous quitter . Je me dois de rendre visite à ma belle-mère sans la faire attendre
- Mathilde ! Ne devrais-tu pas la faire prévenir, lui demander de te fixer une heure ?
- mais non ! Je suis sure qu’elle me connaît assez pour attendre de moi un peu de spontanéité. Nous nous aimons beaucoup, savez-vous ? - et avec un brusque doute, un regard qui quémande - du moins je crois.
Anne Françoise, s’applique au naturel, les mains sagement posées sur son giron, - « je le crois, ma chérie »
Chez les Icart, une citronnade bue dans le petit salon envahi de soleil, Aurélie l’entraîne dans l’office, lui fait goûter une confiture de cédrat, lui offre avec un peu de solennité un joli cahier couvert de moire vert sombre : « mes recettes de conserves, mon enfant. Vous me les aviez demandées »… et puis, en parlant un peu vite, fourrageant dans les armoires, tournant le dos à la jeune femme, après avoir affirmé, comme pour la forme, qu’elle sait que cela ne la regarde pas, elle parle de Julie, des doutes qu’elle a sur le mariage projeté, sur ce qui peut y entrer de résignation, d’envie véritable, cette gêne qu’elle a cru sentir, comme un remord.
Elle se retourne, fais face à Mathilde : « j’ai l’impression qu’il y avait une sympathie, ou sa promesse , entre vous - peut-être pourriez vous … et puis elle vous remplace un peu ; vous pouvez vous inquiéter pour votre mère »
Et, posant la main sur son bras : « je sais, vous refusez les détours, l‘habileté… mais ne commencez vous pas à apprendre ? - et bien entendu vous ne supportez pas plus de forcer l’intimité des autres que vous ne tolérez … mais justement, je pense que cette timidité, discrétion, est ce qu’attend cette jeune fille. Et puis, vous êtes presque du même âge, et totalement incapable de condescendance…. Ce n’est pas de la curiosité, je suis inquiète…’
Elle referme l’armoire, murmure presque, mais de façon à être entendue
- il est vrai que cela semble la seule solution. Que deviendrait-elle ?
Elles reviennent au salon au moment où Vivien entre, suivi par un homme encore assez jeune, qui s’incline légèrement :
- mon amie, j’ai retenu Monsieur Aurélien Castelle pour vous le présenter. J’ai cru comprendre que nous serons amenés à nous rencontrer….
Et puis, découvrant, Mathilde derrière sa femme, il se précipite, stoppe brusquement, se dresse de toute sa taille pour l’embrasser sur le front, s’écrie : « quel plaisir ! René, dans sa lettre, me parlait de ce voyage qu’il entreprenait, mais ne disait rien de vous. J’ai cru… »
Aurélie le regarde, il se tait - et elle les invite à s’asseoir.
Pendant qu’ils échangent des banalités, Mathilde regarde son vis-à-vis, lui trouve de la grâce, essaie de se souvenir du garçon, silhouette perdue, cachée parmi les images un peu floues qu’elle garde de son mariage,
Pardon aux mânes du personnage inconnu dont j’accapare le buste.

jeudi, juin 05, 2008

Un vent pas très fort, assez tout de même pour continuer les dégâts de la pluie et arracher un peu plus les fleurs du bougainvillier, nous a ramené le ciel bleu. Oublié mon jugement sur les femmes âgées qui montrent le haut de leur bras et partie bras nus pour des attentes à la poste, Franprix, le teinturier, le vendeur de boisson fraîche. Un mercredi après-midi, augmenté de tous les oisifs que la pluie avait cloîtrés. Mais la verdure baigne dans la joie, et a totalement englouti l’un des lions de la maison de Jean Vilar, qui ne peut être reconnu que par déduction - exercice minimal de logique.
Mercredi matin, sans courage, soigné mon dégoût de la marche avec la bande d’Angélique-Marie (toujours si honneur leur faites de vouloir comprendre qui est qui : http://brigetoun-romandegare.blogspot.com/ )
photo empruntée à petite soeur,
Angélique-Marie entre à grand pas, enlève sa capote, secoue ses anglaises, s'étale sur un fauteuil, souriant de tout son visage
- mes amies, j’ai des nouvelles
et puis les regarde, toutes les deux, debout, un peu figées, réalise qu’elle a interrompu quelque chose, et, brusque :
- que se passe-t-il ?
Anne-Françoise en s’asseyant :
- oh ! Rien qui vous intéresse. Julie Quersaint se marie et me quitte
- tiens ! Et contre qui ?
- le fils Castelle
- je croyais qu’il était voué au souvenir de son envie d’être amoureux de Cécile. Tant mieux…. C’est d’elle que me viennent les nouvelles.
Et se tournant vers Aurélie :
- je pense que vous êtes au courant
- Maurice a écrit à son père.
Angélique-Marie tend à Anne-Françoise la lettre de Cécile
- je vous ai amené la lettre de votre filleule
Un ton en dessous : «elle me dit de vous la montrer. Je crois, ma foi, que vous êtes aussi ou plus proche d’elle que moi, et que les détails qu’elle donne sur son retour et ses sentiments face à l’accueil de la société qu’elle retrouvait vous sont destinés, comme à moi la relation de ses réactions. »
Pendanr qu’Anne-Françoise après un « voulez-vous m’excuser » à l’adresse d’Aurélie, se plonge dans la lettre, les deux autres commentent.
- je sais que Maurice est très intéressé, plutôt excité, par ce nouveau rôle
- et qu’il est soulagé d’emmener sa famille
- je suis tout de même inquiète pour votre fille et le petit Valentin. Le climat de la cote languedocienne, les moustiques… c’est justement pour étudier les moyens d’assainir la région qu’il rejoint cette équipe.
- bah ! S’ils s’installent à Narbonne… Je vais écrire ce soir.J’aimerais les rejoindre.
Et Anne-Françoise, au milieu de sa lecture :
- savez-vous qu’elle est bien digne de vous.
- oui ?
- charmante, si jeune, et si habile - et réalisant qu’elle risque d’être légèrement offensante - pardonnez-moi, c’est un compliment et je suis heureuse qu’elle ait hérité de votre force. Ma chérie, reconnaissez que… - elle reprend sa lecture
- peut-être. J’aimerais tout de même qu’elle accepte que je l’aide. Ce déménagement en ce moment
Aurélie hoche la tête
- notre prochain petit enfant…
Ses les yeux brillent, avec un peu de malice
- oh je sais ce que vous pensez toutes les deux, mais je vais lui promettre que toutes les décisions lui reviendront. Je me bornerai à l’aider, la servir si l’on veut.
Un silence.
Désolée, mais je me suis amusée - un peu moins en suivant les débats à l'assemblée quoique : le coté croquignolet de certaines mesures pourrait être drole, dans l'absolu

mercredi, juin 04, 2008

Soulagement que j’espère durable, et transposable en Bretagne, en voyant le ciel. Pourvu que ça dure ! Et que la température suive.
Entre deux bagarres avec ma banque parisienne pour essayer de l’amener à faire ce que je lui demande depuis près de trois mois (un de ces rares moments où il me plairait d‘avoir même un semblant de pouvoir) j’ai profité de ce retour à la normale pour dégrossir la silhouette (en réponse à Rosie si elle fait partie des quelques errants qui s’égareraient ici)
Pour continuer avec la bande d’Angélique Marie (si besoin ou envie de précisions, ou presque : http://brigetoun-romandegare.blogspot.com/ )
Anne-Françoise suit du regard la servante qui sort, se retourne vers ses deux visiteurs, sourit, commence
- Monsieur..
Il se penche en avant, comme pour se lancer dans une mêlée, et avec un petit sourire gêné (elle voit fugitivement le gamin qu’il a du être il y a très longtemps)
- je suis navré, Madame, de vous déranger. Mais…
- oui, Monsieur ?
- j’aurais, je crois, besoin de vous voir seule.
Aurélie avec un grand sourire se lève, et sans laisser à son hôtesse le temps de réagir :
- je venais, mon amie, vous donner des nouvelles familiales qui ennuieraient certainement Monsieur Castelle, et qui peuvent attendre. Pour le moment, voulez-vous me permettre d’aller interroger votre Berthe et tenter d’obtenir le secret de ses grives roties qui intriguent ma cuisinière ? Laissez… je vais en profiter pour admirer vos roses…
Anne-Françoise, en pensant qu’elle aurait pu trouver plus convainquant, la regarde se diriger, de cette jolie démarche qu’elle a conservée, comme nourrie d’une petite danse ironique, vers une porte-fenêtre et sortir, puis, visage gracieux et voix un peu sèche :
- Je vous écoute, Monsieur
Il remue ses grosses jambes, pose son verre de citronnade, écarte les mains
- je ne sais pas parler, et ces deux là, ces enfants, m’ont mis dans une position intenable
- ces enfants ?
- mon fils, et votre Mademoiselle Quersaint.
Il rit : « c’est ridicule. Mais ils ne savaient comment vous informer, et Julie semblait craindre… Voilà, Alphonse est venu m’annoncer qu’il avait l’intention de se marier. Cela m’ennuie bien un peu, parce qu’il monte juste son entreprise, mais je suis là, et d’ailleurs, plu tard, je compte bien qu’il reprenne aussi la mienne…. Et voilà que je le vante comme un marieur devrait le faire aux parents de la jeune personne. Mais justement, elle n’en a pas - et par contre elle vous est liée…
Elle constate, un peu dépitée, qu’elle n’avait rien deviné - se réjouit pour la jeune fille - commence à envisager les conséquences :
- bien entendu, je n’ai aucun titre à intervenir. Mais je suis très heureuse pour eux de votre consentement
Elle fait une pause,
- je me demande, cependant
- si elle pourra continuer son rôle ici. Cela semble difficile
- peut-être..
- et de toute façon, je n’envisage pas que ma bru, puisqu’il semble qu’elle va le devenir, travaille.
Plus tard, après le départ du bonhomme, quand Anne-Françoise s’interroge devant Aurélie, après lui avoir relaté en riant ce dialogue, sur le problème qui se pose à elle, privée de Julie, son amie lui répond
- on trouvera. C’est bien - je venais justement vous prévenir des mauvais bruits qui commençaient à filtrer sur Julie. Ce garçon est loyal. J’espère que ce n’est pas le seul motif. Et puis…
- oui ?
- je voudrais être sure, je l’aime bien savez-vous, et malgré tout - oui je voudrais être sure qu’elle voulait réellement ce mariage
- mais, voyons…
A ce moment, on annonce Angéllique-Marie.

Est-ce que tout le monde reçoit trois ou quatre courriel par jour l’invitant à « entrer dans l’armée de la santé » (avec des variantes) ? Ça m’énerve !
Et retour de la pluie mardi soir. Saint-Guénolé (et que Saint Véran fasse le voyage pour t’aider) protège les bretons et nos chapeaux
!

lundi, juin 02, 2008

Pour perdre les éventuels lecteurs, accompagnement de ma journée velléitaire (une petite aide :liste des personnages du roman de gare, et de ses interventions, sur http://brigetoun-romandegare.blogspot.com/)
Il pleut sur le jardin et Anne-Françoise est lasse.
Assise devant le bureau qui fut celui de son père, et un temps, de son mari, elle se sent crier ou pleurer, « en dedans« comme disait sa nourrice, immobile, luttant contre l’envie de se pencher, se courber, étaler ses bras sur le bois ami et y poser sa tête.
Depuis tant d’années le poids des décisions - sauver ce qui peut l’être - l’avenir de son fils.
Petit remords de s’être plus fugitivement soucié de celui de Mathilde, d’avoir facilement accepté de se résigner avec une tendre pitié à ce qui devait être absence d’avenir. Un brusque ensoleillement reconnaissant en pensant au visage heureux de sa fille quand elle s’est penchée pour l’embrasser, et, que, redressée, regardant la voiture sortir de la cour, elle l’a confiée silencieusement à son jeune mari.
Mais, justement, une seule lettre - sa sauvageonne se lançant dans l’aménagement de la bastide, y créant son monde, elle l’imagine, mais trouver sa place dans le jeu entre les différentes sociétés marseillaises, s’astreindre à se faire accepter elle et René par sa parenté, jouer le rôle de lien que l’associé de René, peut-être même son père, doivent attendre d’elle… elle soupire, et constate qu’en réalité elle a confiance. Et qu ‘elle ne croit pas que ce soit pour préserver son confort.
Pas de nouvelles de Raoul non plus, et ses ébauches d’allusions, dans cette lettre déjà trop ancienne, à l’impossibilité de continuer à voir Valentin du Restaux, ou plutôt son père… Elle n’ose en parler à Angélique-Marie.
La rancune que son cousin semble avoir, encore, le reproche informulé - s’être commise à ouvrir un pensionnat (et mon cher, de quoi vivre ?), le mariage de Mathilde. La sottise de cet homme, mais son reste d’influence sur les parents d’éventuels élèves. Et elle se redresse avec un petit sourire de mépris.
Il ne pleut plus. Elle s’approche d’une porte-fenêtre, l’entrouve, laisse l’odeur de terre mouillée monter vers elle, regarde les gouttes qui se forment sur la branche de rosier, à coté d’elle.
Un aboiement vers la droite, un mouvement derrière la haie. Il y a ça aussi, qui est peut-être à la base de ce malaise qu’elle a laissé l’envahir - cette tension entre sa vieille Berthe, son boulle dogue et la jeune Julie Quersaint - et la raideur nouvelle qu’elle croit deviner chez cette dernière. Elle l’a connaît si mal, mais elle a besoin d’elle, de plus en plus. Doit-elle essayer de savoir ? Au risque d’empiéter…Peut-être Aurélie Icart ?

Il ne pleut plus. Le jardin s’ébroue.
Angélique-Marie, soulève le voilage, voit la lumière se glisser entre les feuilles du grand arbre de gauche, et caresser le mur de clôture.
Elle se retourne, fait quelque pas, regarde les trois lettres posées sur la console, et se sent vieille. Refus - elle jette un coup d’œil sur le miroir, rassemble ses anglaises pour dégager son cou, se sourit. Mais les lettres sont toujours là, et les décisions qu’elles réclament.
Elle prend la première, ce gros pli jaunâtre et l’écriture nerveuse de son avocat - et la repose. Une bouffée de colère contre lui et ces conseils qu’elle ne demandait pas. Elle attend de lui qu’il défende ses intérêts face à Jean-Gaston, et non qu’il s’interpose. Elle lui répondra ce soir. Feuilleter un moraliste du 17ème ou une correspondance pour fortifier son style ? Elle hoche la tête, doctement, le sent et s‘en amuse..
Son regard glisse sur le billet de son fils. Elle ne veut pas s’y attarder, se demander quelle est sa sincérité. Elle est contente tout de même de ses grandes déclarations. Peut-être pourrait-elle suggérer à Anne-Françoise de Cayranne de trouver un logement commun pour les deux garçons ?
Mais elle prend la jolie lettre de Cécile, la déplie en souriant, la parcourt une fois encore, entre plaisir inquiet, amusement, intérêt, tendresse, plutôt d’une femme que d’une mère - et puis lentement elle sent lui venir une envie de ce rôle maternel justement, intervenir, proposer son aide, partir. Et une exitation qui lui rosit les joues.
Elle vérifie sa robe, passe dans sa chambre et choisit une pèlerine et une capote, sonne pour prévenir qu’elle va voir Madame de Cayranne. Lui montrer la lettre, lui donner des nouvelles de sa filleule et de ses projets, et puis peut-être, elle le devrait, évoquer les bruits… Quel ennui !
Anne-Françoise regarde la carte qui lui a été remise, se demande ce qui lui vaut une visite de ce Monsieur Castelle, certainement le père ou un parent de l’ébéniste. Elle ne croit pas le connaître. Elle dit qu‘elle va le recevoir, et à ce moment, elle entend la porte d’entrée s’ouvrir et la voix d’Aurélie Icart.
Désolée, j’étais oiseuse, me suis un peu escrimée sur elles, ça m’a réveillée, et je me sers du résultat. Peu lu. Si ce n’est, après avoir malaxé une terre trop sèche et dure, pataugé avec grand plaisir dans la boue d’un comice agricol chez Jean Claude Bourdais
http://www.jcbourdais.net/journal/31mai08.php et hésité paresseusement à en chercher un, en dehors de celui de Madame Bovary, peut-être chez Maupassant ?

samedi, mai 24, 2008

Une saine indignation chez Jean Claude Bourdais http://www.jcbourdais.net/journal/21mai08.php devant les champs de colza.
Un renoncement coupable mais plein de regret aux sorties utiles et sommeil dolent.
Alors accompagné un peu Julie (
http://brigetoun-romandegare.blogspot.com/
Sur son chemin, au moment où elle ne supporte plus de remâcher ses peurs et interrogations, de se demander ce qui entre de lâcheté dans son silence valant presque acceptation de leurs projets, ce qui entre de fragilité, de fausseté inconsciente, dans la décision d’Alphonse, la piètre qualité de cela, l’avenir morne - et elle se murmure aussi que la vérité peut être toute autre, inespérée -,elle lève les yeux et s‘évade brusquement de cette litanie, puisqu’elle le veut et qu’elle passe justement sous ce balcon anonyme mais qu’elle a élu depuis longtemps, le baptisant « le balcon des dames du temps jadis », et ce premier macaron en qui elle voit Louise Labbé.
Louise qu’elle ne devrait pas connaître ; elle se revoie dans la bibliothèque du chanoine et l’entend, bougonnant en souriant, mais avec un regard vivement inquiet : « voilà qui n’est pas pour vos élèves, ni pour vous jeune dame », et ses petites incursions lors de chaque visite pour en recopier quelques vers ; et ils lui sont précieux, sa petite vérité. Et elle y tient contre Jean, aussi , qui s’était gendarmé lorsqu’elle en avait parlé dans une de ces conversations paresseuses qu’ils ont quelquefois, qu’elle goûte tant pour l’impression de rentrer dans un monde d’intelligence, nettoyé, libéré. - Jean et sa façon de se croire en charge de ce qu’il doit appeler son âme à elle.
Et brusquement elle en est certaine. La décision d’Alphonse, de son père, cette lettre qui l’a arrêtée dans ses efforts pour se décider au départ, cela vient de Jean. Et elle est en colère, attendrie, peut-être reconnaissante - mais elle ne le veut pas - non, surtout en colère.

Après un matin ensoleillé, les nuages nous sont venus au fil de l’après midi et je suis partie sous un ciel d’un beau gris à l’opéra voir le Roméo et Juliette d’Angelin Preljocaj. Je ne l’avais vu ni à la création pour l’opéra de Lyon, ni dans cette nouvelle version. Et je l’ai trouvé d’une beauté extrême. Le décor de Bilal qui, curieusement, m’a fait penser aux architectures du Sahel (modifiées à travers mes fantasmes) et l‘abstraction géométrique de la chambre et du tombeau - un certain onirisme - la lumière au début comme d’un premier matin - la stylisation de la violence qui en fait presque un simple accompagnement d’une allégresse juvénile, et lorsqu’elle prend le dessus plus tard au moment de la mort de Mercurio, la très belle danse de ce rôle (et un merveilleux interprète : Damien Chevron)
La précision piquée de la danse des nourrices et le jeu-écho qu’en donnent les adolescents - les rapprochements, éloignements et la maladresse gracieuse du premier pas de deux - la scène d’amour et les couples qui la démultiplient etc… et toujours une façon épatante d’occuper l’espace du plateau, de ne jamais abandonner une rigueur du dessin et d’en faire naître la grâce - une très belle géométrie humaine en mouvement

vendredi, mai 23, 2008

Et derrière la porte (du 16 mai http://brigetoun.blogspot.com/2008/05/joyeuse-affluence-du-peuple-adolescent.html ), il y avait Alphonse, des assauts de scrupules et des mot vibrants pour persuader, si ostensiblement, obstinément, résolument qu’ils n’étaient que mots, arguments, masquant, comme par un camouflage affiché, leur sincérité réelle.
Un peu plus tard, il y a eu le père Castelle, un rapide regard scrutateur, une voix qui accueillait, et Julie s‘est retrouvée dans la rue, un peu étourdie,légèrement perplexe quant à la possibilité de l’avenir qu’ils lui avaient raconté, décidée à faire confiance.

Et moi, je suis partie, dans la lumière du soir, vers le théâtre des Halles, et un spectacle d’Alain Timar « Je veux qu’on me parle », sous-titré »voyage au pays de Calaferte » à partir de pièces courtes et de passages d’autres écrits : Droit de cité - requiem des innocents - septentrion - l’homme vivant - carnets - black-out - clap - un riche, trois pauvres - pièces intimistes - poèmes… qui sera repris dans le off
« ….A travers une histoire où l' humour noir le dispute à la dérision, au sarcasme, au blasphème, à l'autodérision, mais aussi à la fraternité et au sourire empathique , ces trois frères humains comme aurait dit Albert Cohen, vont jouer devant nous la comédie et la tragédie de la vie.
Cette révolte, ce jeu avec les mots de Calaferte, cette quête constante d'une spiritualité dont l'absence actuelle laisse le monde et l'homme dans le désarroi et l'obscurité provoquera chez le spectateur le rire à la fois libérateur et gêné, interrogatif et inquiet, pris au piège du miroir lucide et sans complaisance que lui tendent dans un étrange effet d'écho et de résonance Calaferte et Kafka…. »
dit le texte de présentation de Patrice Delbourg

un cercle, comme une arène de cirque, d’herbe artificielle, un puis des rideaux rouges frangés d’or sur des portants, une bande son un peu bastringue (assez, très, épatante), trois bons comédiens et trois poupées quand besoin est.
Au début un public réagissant peu, freiné dans l’acceptation simple du comique par le statut de l’auteur - tristesse comique de nos pauvres vies qui crée le lien - farce, rapidité, et avec le rire le sens vient - et par touches un texte très fort - quelques baisses de tension tout de même - et une belle dérision - et puis dans la présentation, cette citation de Calaferte qui ne peut que me plaire
« Jamais je n’ai su m’installer dans la vie.
Toujours assis de guingois,
Comme sur le bras d’un fauteuil,
Prêt à me lever, à partir »

vendredi, mai 16, 2008

Joyeuse affluence du peuple adolescent, belle détermination et accoutumance des aînés, sous le yeux amusés des passants et des petites troupes de touristes.
Une Brigetoun qui promenait au gré du cortège, en marge, parfois au centre, son huile, ses pastilles vichy et son poisson, sans légitimité grande pour se joindre à un groupe, sauf, un peu en retrait, aux rescapés de la campagne des municipales.

Un espoir, sans trop y croire, que les plus jeunes gardent un petit souvenir d’avoir été là, au-delà du plaisir, et pendant un peu de temps résistent à l’idée que les services publics sont une charge, se demandent vaguement si ce ne serait pas une de nos richesses, et ne pensent pas, malgré les beaux diseurs, que pour rendre efficace il faut supprimer (qu’au contraire une réforme demande de l’argent). Mais un succès : une victoire passagère sur notre automne, une visite fugitive de la lumière.
Et puis l’automne est revenu, avec ce mal être qui me vient avec chaque kilo reconquis, et me suis enfoncée, frissonnante, paresseuse et dolente pendant que quelques rares députés dissertaient sur la liberté de la presse et la soi-disant protection des sources.
Abandonnée l’expédition projetée pour acheter de la terre, abandonnée l’exhumation des tenues légères - en émergeant de mon trou, me suis armée d’une tasse de thé et me suis enfuie vers Julie.

Julie soulève le voilage de sa fenêtre ; ses yeux embrassent le jardin qui se réveille. Elle cherche à s’arracher, plonger, annoncer son départ, se taire autant qu’elle le pourra, inventer, sourire et… elle ne sait quoi ensuite. Elle est seulement fatiguée, elle a un peu froid, et peur - si lasse, si apeurée.
Elle se redresse, élargit ses épaules, noue un ruban en ceinture, tire ses cheveux en un chignon pur.
En arrivant dans la cuisine elle trouve la dernière fille de Lilou, la voisine de son ami, avec des fruits pour une Berthe bougonnant , et une lettre pour elle, qu’elle enfonce dans sa manche et lira, plus tard, dans un creux de la journée, réfugiée dans l’ombre du figuier, sans nécessité, sauf ce besoin de protection qui l’emplit.

Et, puisque, c’est décidé, tout est fini, elle est partie dans les rues claires du dimanche après-midi, souriant en croisant les promeneurs. Mais, devant la porte, elle hésite un moment, se rassemble, se prépare.

mercredi, mai 14, 2008

Quand Perrine sort du four la plaque garnie de gâteaux un peu irréguliers mais bien dorés, les petites filles se regardent en applaudissant. Un petit discours pour les féliciter, la vérification des notes prises dans les carnets, et puis elles en gouttent chacune un et la vielle Berthe qui a quitté son fauteuil au coin de la fenêtre pour donner son avis tranche « un peu trop inégalement travaillé, un peu trop de beurre, je te le dis toujours Perrine, mais dans l’ensemble c’est bien mes petites demoiselles »
On finit de décoller les gâteaux, on les empile dans deux paniers et on les recouvre de jolies serviettes et Julie, se dirigeant vers la porte : « venez, nous allons les offrir à vos compagnes ! »
Mais Berthe : « Perrine tu les accompagne, avec ta chocolatière - la Mademoiselle vous restez un peu si vous le voulez bien, »
Le sourire étroit des grandes lèvres qui se sont serrées sur ces mots, le dos droit, les yeux plissés qui ordonnent : Julie ne peut qu’acquiescer. Elle accompagne les petites filles vers la porte, brode sur l’idée du goûter qu’elles vont offrir à leurs aînées, leur ouvre la porte, plaisante avec Perrine , et son obéissance à la vieille cuisinière en perd, elle l’espère, toute étrangeté. C’est simple, amusant, elles organiseront, elle viendra un peu plus tard.
Elle ferme derrière Perrine, se retourne vers la vieille femme qui ne sourit plus et refuse son regard, fait errer ses yeux autour d’elle
- je ne dirais pas que je me méfiais, je vous ai acceptée de grand cœur
- Berthe je vous en remercie - mais je ne savais pas que votre avis était nécessaire
- ne joue pas à la fière - ça allait, Madame Aurélie vous appréciait et elle sait - mais on m’a parlé de vous, de vos promenades la donzelle
- n’écoutez pas toutes les bavasses - et puis….
Et elle soulève le long loquet de la porte sur je jardin
- je ne sais ce qui vous autorise à prendre ce ton, et préfère ne pas discuter avec..
- moi je te dis simplement que je ne veux pas que tu amènes le scandale dans cette maison, ma garce, et que si Madame souffre à cause de toi je…
Julie se précipite dans le jardin.
Appuyée contre un mur, elle reprend son souffle, cherche son calme,essuie ses yeux parce que, bien sûr, comme une sotte, elle a laissé monter un sanglot et des larmes. Elle tend un moment son visage vers le soleil, et le gouffre auprès duquel elle hésitait depuis deux jours est devant elle - se décider - partir - l’inconnu - se retrouver seule complètement - elle n’ose se dire le perdre, elle n’ose penser qu’il a été un peu à elle aussi.
Elle pose ses lèvres sur les petites fleurs si fines contre le mur qu‘elles y semblent dessinées , en attrape un sourire, et part vers le bâtiment des dortoirs.
Et je suis toujours dans les mémoires de Klaus Mann et puis, futile dans http://brigetoun-romandegare.blogspot.com/ (personnages et liste des brides avec liens) décourageant les derniers valeureux lecteurs.
Et puis en fin de journée : enviva André Chassaigne ! (je n’ai pas suivi, pour ménager ma bête) - mais pourquoi est-ce que les gens du nord nous ont volé le soleil ?

mardi, mai 13, 2008

Quand Jean est passé sous le portail, un petit chien est arrivé vers lui du fonds de la cour, rebondissant maladroitement sur ses courtes pattes, secoué par un aboiement qui semblait entraîner chacun de ses bonds, jusqu ‘à stopper devant lui, grondant dans un effort de férocité.
Les yeux dans ses yeux, Jean a fait un pas en sifflotant,et le chien a penché la tête, perplexe. A ce moment un garçon est sorti d’un hangar, sur la droite, suivi d’Alphonse Castelle, qui a rejoint le chien et tendu la main vers son visiteur, son expression comme une réplique, à hauteur d‘homme, de celle de l’animal.
- bonjour
- soyez le bienvenu - vous voulez changer quelque chose, ou voir les bois ?
- je suis sur de votre choix, mais pourquoi pas ?
Et pendant qu’ils vont vers le hangar, en réponse à une question distraite de son visiteur, Alphonse explique comment le choix s’est porté sur lui
- en fait, c’est par la mère de Valentin du Restaux, et Raoul de Cayranne, je crois que j’ai rencontré pour la première fois Madame de Cayranne le jour du mariage de sa fille
- mais vous connaissiez les Icart ?
- oui Monsieur Icart est un ami et client de mon père, et il m’aide, lui aussi, à me lancer
- vous sembliez connaître aussi très bien Mademoiselle Julie Quersaint
- vous me l’avez présentée
Et Jean conscient de sa maladresse : « mais je ne savais pas que vous vous étiez revus - ma femme m’en a parlé - elle semblait assez contente de son rôle la pauvre petite… »
Alphonse sourit toujours, aimable et distrait avec détermination, ; il pousse la porte et ils entrent dans l’odeur des grumes.
- écoutez, -vous pouvez me maudire - je ne sais comment vous dire - je voulais seulement. .. Ne pensez vous pas que si les langues des femmes, vous savez comment elles sont, commencent à … elle a tout à perdre, savez-vous ? Elle est très seule et…
- je ne vous maudis pas. Je vous demande simplement au nom de quoi vous…
- j’ai de l’amitié et de l’estime pour elle, et je suis redevable à nos trois dames, comme nous les appelons
- essayez d’avoir de l’estime pour moi. Bon, je pense que ce cerisier fera votre affaire…
Et ils parlent des tables et bancs à venir.
Une broutille de plus, à la suite de celles d’hier, et toujours en relation avec
http://brigetoun-romandegare.blogspot.com/

dimanche, mai 11, 2008

Brigetoun déguisée (ce truc est atroce mais je dois assumer mes choix même idiots) avec son visage lourd de rides et de rhume, partie organiser la virée bretonne début juin. Un pari sur la forme - (choisi de dévoiler cette chose que j’habite, qui m’étonne toujours un peu, parce que, aussi, je trouve réussie la négation du reflet )
Interruption dans l’histoire que me racontait la bande d’Angélique-Marie, même si cette dernière s’en est absentée ces temps-ci, petites histoires sans importance qui pourtant m’occupaient, trompant l’ennui de la marche.
(si le coeur vous en dit, liste des personnages, et rappel des fragments avec liens surhttp://brigetoun-romandegare.blogspot.com/ )
Julie s’étonne un peu de recevoir la visite de Manon, en fin d’après-midi, elle qui sort si peu, et moins encore pour le simple plaisir d’une rencontre, et Manon semble si hors d’elle, différente, sous sa réserve timide, son calme appliqué.
- entre donc Manon - donne-moi ton chapeau - quel plaisir de te voir
- merci, excusez-moi de venir ainsi
- excusez-moi ? Nous nous vouvoyons maintenant - j’aimais croire…
- je vais sans doute vous, - bon - te fâcher…
- oui ?
Et Manon, qui semble s’étrécir dans sa détermination, devenir une petite créature ferme, digne, décidée, se lance
- c’est à propos de Jean - non - à cause de ce qu’il m’a dit hier en rentrant
Julie se bloque, un peu creusée, en attente
- il m’a dit qu’il avait rencontré Alphonse Castelle, et que tu étais là. Il ne souvenait pas que vous vous connaissiez.
- pourtant..
- oui - je lui ai rappelé le bal, au mariage de Mathilde de Cayranne, et je l’ai vu devenir grave ; il vous a revu sortir du bois - moi je n’avais pas remarqué - « et ils étaient heureusement dans l’ombre, à la limite du pré, parce que… mais ils ne se sont pas revus, non ? » - et il me regardait, et je ne peux et ne veux pas lui mentir ou cacher quelque chose, et puis cela me semblait tout simple, alors j’ai dit que vous aviez du vous rencontrer chez mes cousins, au-delà de la porte Imbert, où il prend ses repas - il devait bien savoir que son atelier était juste au bout de leur pré - que je t’y avais amenée un jour et que vous vous aimiez bien, que je crois que tu y retournes souvent
- et oui, c’est simple
- oui, mais je suis allée chez Lilou, et elle se plaignait de tes visites en coup de vent. Ne dis rien. Je ne veux pas être responsable, parce que si je ne me trompe pas, tu es folle, tu te perds et que Jean va être dans une situation impossible.
Julie triture le napperon qu’elle brodait, regarde ses mains, souffle que : oui elle est folle, mais que… et puis que cela ne concerne qu’elle.
- c’est déjà beaucoup parce que je t’aime bien, mais il y a Jean, et Madame de Cayranne, et les pensionnaires, et la certitude du scandale - tu as de la chance, cela ne durera pas. Cet Alphonse !
Elle se risque à embrasser les cheveux de son amie, fait un geste pour l’empêcher de se lever, et droite comme une jeune matrone, s’en va.

A ce moment je passais devant cet immeuble, et remarquais, pour la première fois je crois, la tranquille affirmation de la puissance de ce petit élément de ceux qui deviennent les maîtres de notre monde.
Et Jean, après avoir salué son confesseur, et discuté un peu amicalement avec lui, s’attarde dans le cloître, malheureux, se sentant responsable, tentant de se persuader qu’il n’a pas le droit d’intervenir, mais, et il est plein de gratitude , bien certain que non, pensant qu’il n’est accepté que précairement, qu’il a pu être cause de scandale, sachant que non; que grâce à ses anciens maîtres il a été admis; simplement, qu’il avait brièvement pris un chemin qui n’était pas pour lui, et il se dit que cela a été un des bienfaits de la révolution, un des rares dirait le Père Aucher - il a des réserves sur ce dernier jugement, mais il est inutile d’en parler - et de nouveau il se rebiffe, parce que, tout de même, on ne peut lui demander - il n’a pas le droit de s’en mêler, mais : au tour suivant, il est certain qu’il en a le devoir.
Mais, en sortant enfin dans la rue il se demande simplement comment faire, et s’il en est temps.

Et après un coup de tonnerre, la pluie dans ma cour couvre presque les nouvelles que je veux écouter, pourtant en sortant de la gare le ciel était bien joli, presque fugitivement, mais pas vraiment.

samedi, mai 10, 2008

Deux photos prises dans mes pérégrinations de vendredi ou Avignon quand le soleil l’oublie, et une plate bande qui pourrait être, à la rigueur, dans le jardin de la pension où je retrouve, dans le creux des jours, après un grand laps de temps, l’histoire de la bande d’Angélique Marie (si vous êtes curieux des personnages : http://brigetoun-romandegare.blogspot.com/ où trouver également, si vous êtes indulgents et incroyablement oisifs, le résumé et des liens vers les petits fragments.
Julie était assise, avec trois des plus jeunes pensionnaires, sur des bancs de pierre, devant la vieille maison des dortoirs, contre la haie de troènes séparant leur monde du « jardin d’agrément « réservé à Madame de Cayranne, et elles brodaient, en écoutant cette petite folle de Rosalie expliquer, les yeux écarquillés pour demander une approbation, que la petite flaque de pâle lumière qui s’était enfin posée sur le gravier, devant leurs yeux, était bien la preuve que - même si je commençais à en douter vraiment, Mademoiselle - le printemps était là, et depuis longtemps, et bien installé, un vrai printemps, comme dans ces vers que Monsieur Bernardy voulait qu’elle apprenne - mais il devrait pourtant se résigner, je n’ai pas de mémoire !
- justement… Tu ne veux pas rester idiote !
- Sophie ! Quelle façon de parler à votre sœur ! Et Rosalie, nous l’apprendrons ensemble cette poésie.
Et Sophie soupire : - Quel calme ! Enfin, les charrois sont finis. Vous irez la voir à Marseille cette bastide de Mademoiselle de Cayranne ?
- Madame Icart,
- Six mois après son mariage,il était temps qu’elle ait une maison
- Mais elle l’avait. Simplement les pièces de réception étaient tristes, anciennes, et son mari les voulait plus belles pour elle. Les travaux sont finis, et c’est délicieux m’écrit-elle, alors on lui envoie les meubles que sa mère lui destinait… et deux nouvelles salles d’études vont pouvoir être installées pour vous, à côté de la bibliothèque
- délicieux ? Ça ne lui ressemble pas, elle devait être pressée en vous écrivant… Non, ne grondez pas ! Vous irez la voir ?
- Hé !je ne peux pas ! Comment pourriez vous vous passer de moi !
Elles regardent la belle courbe de l’aile des études, de l’autre côté de la cour.
Anne-Françoise de Cayranne descend les quelques marches du petit perron, suivie de Jean Bernardy et d’une grande silhouette un peu courbée.
- Vous le connaissez ce monsieur, Mademoiselle ?
Et Julie, se penchant pour ranger soigneusement les soies, se demandant si son regard avait été trop…, répond posément
- Mais oui, je l’ai rencontré au mariage de Mathilde de Cayranne. C’est Monsieur Castelle, un ami d’enfance du jeune Monsieur du Bernaux. Il est ébéniste. Je crois qu’il va être chargé de meubler vos classes. - Il fait frais maintenant, vous devez rentrer. Perrine a dû vous préparer un chocolat.
Elle reste debout. Elle froisse dans sa main une feuille cueillie sur un oranger en pot, s’appliquant à en goûter l’odeur, à s’absorber dans ce plaisir, à oublier de suivre les petites filles, et heureusement Anne-Françoise lui fait signe.
Elle va lentement vers les trois silhouettes.

jeudi, décembre 06, 2007

Ils ont dû arrêter la carriole, devant une grange, un peu avant le Barnayou ; la cour et l’avant cour étaient déjà pleines de voitures, pèle mêle de landaus, de cabriolets, de charrettes, de voitures antiques, que deux grands gars essayaient d’organiser.
Jean a sauté sur la terre poussiéreuse, et s’est retourné pour aider sa femme à descendre. Elle était silencieuse depuis le départ, souriant doucement, les mains posées avec un respect timide sur le fin coton de sa robe neuve, pendant que les hommes riaient et plaisantaient. Comme, à un moment, la conversation s’égarait un peu, les garçons jouissant de l’excitation de ce jour de vacances et de noces, de ce début d’été qui épanouissait la campagne, des odeurs, de la gaité du soleil, elle avait échangé un regard avec Julie et comme celle-ci hochait légèrement la tête, elle s’était repliée, pieds cachés et yeux baissés. Mais bien sûr Jean était intervenu, et avait en riant détourné la conversation.

Elle a pris la main de Julie, et ils sont partis tous les trois en chantonnant, le long des buissons. Julie a arraché une branche fleurie et elle la balançait en marchant, menton levé, bien décidée à jouir de chaque moment de cette journée. « Nous sommes invités comme des amis » avait dit Jean.
Elle s’étonnait, avec un brusque plaisir, de la fraîcheur de cette campagne, des petits arbres, du bruit d’un ruisseau un peu plus loin, sans doute au bas de ce pré.

Quand ils ont contourné la maison, Mathilde et Cécile sortaient par les portes fenêtres appelées par Maître Icart. Elles se sont immobilisées sur les marches et il a tendu le bras vers un petit bois, un peu théâtralement. Et René en est sorti, tirant avec son frère une petite charrette décorée de blanc. « Mon cadeau, ma chère enfant »
Et le serin est un cadeau qui m’a été fait, du moins son image.
Pour ceux qui voudrait s’y retrouver un chouya http://brigetoun-romandegare.blogspot.com

vendredi, novembre 09, 2007

Fraicheur matinale, sans grande envie de rentrer dans la vie, et sans nécessité.
Petit voyage dans la vie des mauritaniens, la Convergence républicaine pour l’instauration de la démocratie en Mauritanie,
http://www.cridem.org/index.php, ayant ouvert depuis hier sa page à des « libres expressions »
Et en complément de la vidéo sur le tiers livre, ou en contrepoint, les deux billets de Jean Claude Bourdais sur les Carnets de notes de Bergounioux
http://www.jcbourdais.net.
Mes orteils jouant dans mes chaussures pour se tenir chaud, zut pour la réalité, je retrouve pour un moment hors temps les habitants du Roman de gare (pour qui veux : http://brigetoun-romandegare.blogspot.com )

Maurice a aidé Cécile à descendre de la carriole dans la cour de La Maussène, et ils ont couru, sous l’averse qui ricochait sur les graviers, se mettre à l’abri dans la maison. Ils se sont regardés dans le capharnaüm de la salle :
« Notre petite promenade se termine mal, ma chérie.. »
Le Jules est accouru, empressé :
« Monsieur Maurice ! Madame, on ne vous attendait pas … »
« Et nous n’avions pas prévu la pluie. Allume le feu et demande à Marie de nous amener des manteaux. »
« Bien sûr - tout de suite. Vous voulez de la soupe ? »
Et Cécile, du siège sur lequel elle s’était laissé tomber, frissonnante :
« Quelle bonne idée ! »
« Vous nous restez ? »
« Nous nous verrons plus tard. Je remplace Père qui n’a pas pu venir depuis un mois, et j’avais envie de vous revoir, vous et la campagne. Ah Marie ! bonjour, vous êtes de plus en plus belle dites ! Vous pouvez nous donner du chaud et aussi nous faire un déjeuner ? Nous avons été retardés. »
Quand le couple est sorti, Cécile blottie dans un fauteuil devant la cheminée a sorti une main de l’énorme mante dans laquelle la Marie l’avait enfouie avec un soin presque tendre, et a pris celle de son mari, le forçant à la regarder.
« Vous étiez bien silencieux dans la voiture, mon ami. Je suis pourtant bien contente. J’avais tant envie d’être seule avec vous, dans la journée »
« N’est ce pas, ma chérie. Êtes-vous bien ? Voyez vous, j’aime cette maison…»
« J’aimerais vous parler Maurice »
« Oui ? »
« Je me demandais… « Elle tremble presque « j’étais très jeune – je crois que j’étais stupidement sentimentale. Je voudrais être sure. »
« Voyons ! »
Il retire sa main doucement, la regarde, et puis commence à errer dans la pièce. Elle ferme les yeux : « Pourquoi m’avez-vous épousée ? »
« Je croyais que nous étions censés nous aimer, non ? »
Mais elle s’entête, et en regardant ses pieds tendus vers les flammes « Maurice, je sais que Maman a reçu des courriers ».
Il s’arrête, se retourne vers elle : « Ma chère, vous… »
« Est-ce vrai ? Oui n’est-ce-pas. Voulez-vous que nous nous séparions ? C’est le moment…. Non, attendez… Vous ne pouvez pas m’emmener si je ne sais pas que c’est ce que vous voulez. Et puis… il faudra que je me sente forte de vous pour affronter… »
Il a l’air surpris. Il la dévisage, attentif
« Oui, c’est vrai. Mais c’est fini… Ma chérie je tiens à vous et à mon fils. Pouvez-vous me pardonner ? Et puis pour la société là-bas, nous ferons front ensemble. Et dans quelque mois j’aurais un autre chantier. Vous verrez. Et, je vous en prie, pensez à mes parents – et aux vôtres »
Cécile qui l’écoutait avec un début de sourire pensif, se raidit.
Marie apparaît sur le seuil.
Et je vais faire mon repassage - en remerciant ceux qui sauront faire abstraction (ce serait parfois merveilleux, non), de la camionnette et des grilles.

lundi, octobre 15, 2007

Ma que – nulla égale nada ou niente.
Et je le récupère ce mot, moi qui ne suis ninguna ou nessuno. Car le suis en grand, si cela est concevable. Abandonnant mes efforts infructueux pour ingurgiter le futur des verbes irréguliers en italien, entre des zones de torpeur, je me réfugie, par petit bouts, dans la bande du roman de gare.
http://brigetoun-romandegare.blogspot.com
Je choisis une table et j’installe autour d’elle, en fin de repas, Anne-Françoise de Cayranne et ses enfants, Vivien et Aurélie Icart, leurs fils et Cécile.
Un mois avant l’ouverture de la pension, dans la pleine maturité de l’été, juste avant que son épanouissement ne commence à se flétrir, quelques jours avant la noce qui doit avoir lieu au Roucaillon, ils sont réunis pour la signature du contrat de mariage et un petit diner.
Et sous la cordialité des mots, la courtoisie de Vivien Icart, la dignité souriante de la maîtresse de maison, je tente d’écouter ce qui s’écrit juste à la surface de leur conscience, en ébauches d’impressions ou sentiments furtifs et passagers, au premier niveau, ce qui est pensé et senti juste sous les phrases échangées.
Anne Françoise, sourit à Aurélien et se tourne vers Vivien : « comme je me félicite que nous soyons tombés d’accord pour que cette soirée garde ce caractère d’intimité !» - et elle s’étonne, une fois encore, de ne ressentir aucune gêne, de ce plaisir simple qu’elle a en sa compagnie, et pourtant : « je suis entre ses mains - il soutient et finance notre projet, et pour cela je lui ai hypothéqué cette maison et vendu les petits terrains du Pontet - il a consenti de bonne grâce à la discrétion de cette soirée, à m’éviter l’humiliation de ce « sans dot », parce qu’on ne peut appeler ainsi les derniers bijoux de ma belle-mère, même s’ils sont fort beaux – et Madame du Roumarre m’a gentiment, si gentiment, laissé entendre que l’on disait que je vendais ma fille – et voilà, je suis simplement heureuse du bonheur de Mathilde, et détendue, confiante, devant ce bonhomme, cet homme ».
Et Vivien proteste que, pour cette formalité, il n’était pas nécessaire de subir une foule d’étrangers et qu’il est si content d’en profiter pour voir ses deux fils. « Maurice n’est arrivé que ce matin, et je ne lui ai guère parlé, savez-vous ? » et il se demande justement comment il va lui parler, lui dire qu’il a eu droit à des récits à peine ambigus sur son presque ménage là bas, dans ses montagnes, l’interroger sans le brusquer sur ses intentions, car tout de même maintenant il va devoir repartir avec sa femme et son fils. Et il a un moment de colère et d’attendrissement devant la joliesse de Cécile, toute fraiche et claire de nouveau quand elle regarde son mari – y a-t-il un peu de doute ou d’application dans son sourire ?
Aurélie pose sa main sur la sienne. Il reprend pied dans la conversation.
Il est question des réjouissances prévues à la bastide et Mathilde, qui a demandé que son mariage ait lieu là bas, dans la maison où elle a grandi, s’est animée, détaille les projets qu’elle attribue à sa mère et à son frère qu’elle flatte, le traitant en maître de maison, et il se laisse faire avec des petits rires amusés, gentiment ironique.
Vivien la regarde, toujours surpris par cette espèce de sauvagerie qu’elle a, cette demoiselle, et il revient à la douceur de Cécile – n’y-a-t-il pas un peu de niaiserie dans la candeur qu’elle persiste à montrer.
Mathilde et René, eux, sont heureux, tranquillement. Cécile se surprend à ne pas l’être entièrement et s’interroge. Maurice se demande comment s’y prendre.

Et basta, pas sérieux tout cela – mais comme je n’ai plus envie de l’être, je vais regarder « i vitelloni ». en essayant de faire de temps à autre abstraction des sous-titres.

lundi, octobre 08, 2007

Lecture matinale : l’anthologie du cri sur Poezibao http://poezibao.typepad.com/poezibao/anthologie_posies_du_cri/index.html
Julie s’est arrêtée sur le seuil, intimidée, admirative, les yeux flottant sans pouvoir détailler, distinguer, enregistrant leur présence comme un bloc d’évidence, sur les murs de livres, les taches de couleurs sourdes de leur dos, cet étalage de trésors devinés.
Il a fallu que Jean, la pousse légèrement pour qu’elle fasse un pas et prenne conscience du grand vieillard qui s’avançait vers eux. Elle a esquissé une révérence, sans savoir si cela convenait, juste parce que cela lui était évident, hommage rendu au maître et familier de ce qui régnait là.
Il a souri. « Mademoiselle… » et Jean : « Julie Quersaint. Mademoiselle doit tenir en gros le rôle d’intendante de l’institution, mais Madame Icart m’a suggéré qu’elle pourrait être une compagne ainée pour les pensionnaires, un guide dans leurs lectures ou distractions et j’ai pensé… »
« Vous avez bien fait, mon enfant. Mademoiselle, je suis certain que Madame Icart a bien choisi celle qui jouera le rôle qui aurait pu être celui de Mademoiselle de Cayranne »
Et Julie s’est un peu redressée, retrouvant le plaisir de ce soir où Mathilde lui avait dit « Julie maintenant que nous nous connaissons un peu, que nous sommes amies, n’est-ce-pas ? je suis si contente que vous soyez là. Nous nous écrirons, j’y compte, et vous me tiendrez au courant »
« Nous allons voir ensemble de quels livres je pourrais me séparer pour vous servir de fonds de bibliothèque. J’ai pu m’offrir, comme je vous l’ai dit, le plaisir d’éditions convoitées depuis longtemps de certains textes qui vous seraient importants, et ma foi pourquoi ne pas me débarrasser des « doublons » en faveur de ce pensionnat ? Ces dames ont su m’y intéresser. Mais d’abord asseyons nous et parlez-moi de vous, Jean. Etes-vous content votre futur rôle ? Et comment va votre femme ?»
« Je dois encore vous remercier, et Manon avec moi. Elle va très bien merci, et elle s’habitue à son oisiveté. Je ne pouvais plus… »
« Je comprends. Laissons cela, je vous en prie, je n’ai parlé de vous à Madame de Cayranne que parce qu’il me semblait que vous sauriez intéresser vos futures élèves, leur ouvrir des portes, dépasser peut-être ce que l’on juge nécessaire dans leur monde. Comment vous entendez-vous avec les autres professeurs ? »
Julie les écoutait, un peu en retrait, à la limite du rayon de soleil qui leur faisait un petit ilot, accentuant l’impression d’une caverne. Et elle goutait ce moment de calme où, depuis le coup d’œil aimable et un peu distrait du chanoine, elle pouvait se reposer, bien droite et réservée, ne pas chercher à deviner ce que l’on attendait d’elle, les mots, les gestes qui étaient les bons. Parce que devenir une « compagne ainée » comme ils semblaient eux trouver ça évident, facile ! Mais elle savait bien, elle, que même si les yeux des jeunes filles, ou pire des fillettes, ne sauraient pas découvrir ses manques, sa différence - grâce à Dieu son père, puis sa cousine, lui avaient au moins donné un peu plus qu’un vernis, lui permettant de tenir une place, subalterne bien entendu, qu’elle montre qu’elle ne l’oubliait pas, mais digne, de ne pas heurter - même si elle pouvait être acceptée des moins fières, d’autant plus fières que leurs familles étaient en voie d’éclosion - le mot l’a amusé -, la connaissance que ces familles avaient de son origine, comme pour Jean du petit scandale qu’il représentait, un ancien prêtre, et marié, cette connaissance, le léger dédain des familles de leurs futures élèves, le petit dépit de ne pas avoir eu accès à une solution plus prestigieuse, jouerait sur leur premier regard, sur le ton qu’elles emploieraient avec elle. Se forger une certitude, une autorité.
Elle a soupiré, s’est levée pour les suivre et examiner les paquets de livres qui avaient été préparés.
Brumeuse j'étais, maussade. Et après le repassage, pour retarder la découverte de tout ce que j’avais oublié de ma minuscule connaissance de l’italien, consciente de l’obligation que je m’étais créée de « travailler » au moins deux ou trois heures, j’en suis revenue à l’histoire de la bande d’Angélique-Marie (si vous lisez, si vous vous y intéressez assez pour vouloir comprendre un peu : personnages et résumé sur « roman de gare »
http://brigetoun-romandegare.blogspot.com). Et pour remercier, un peu de lumière sur nos vieilles pierres.