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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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lundi, novembre 10, 2025

Souvenirs de Montbrun et d’une librairie

 


Après le plaisir d’un réveil tardif, de ma première douche dans le nouveau cabinet de toilettes, après lavage de cheveux, bonnes résolutions, enregistrement des dernières photos prises hors Avignon, après m’être relâchée en des siestes ou quasi à répétition, honteusement je tente, la nuit étant descendue (de plus en plus tôt pout de même) de les poser ici avec leur entourage, en commençant par la première photo prise de ma chambre et non du balcon qui contrairement à ce qui avait été demandé donnait sur le dos, à bonne distance tout de même, d'un immeuble au lieu de la vue lointaine sur le Ventoux, le lendemain de notre arrivée à Monbrun où ma soeur fait sa cure annuelle



Photos de mes matinales petites ballades et courses utilitaires limitées dans le bas du bourg, avec échanges de saluts dans l’amabilité générale (sauf chez le bureau de tabac qui en outre n’avait que d’horribles cigarillos, achetés, à me proposer) et sous un ciel devenu (avant de se rembrunir pour notre départ) d’un bleu gorgé de lumière… avec un arrêt rituel avant de rentrer sur le petit pont (l’un des… celui qui était sur mon trajet) sur le torrent d’Anary pour regarder sa vivacité et les jeux de lumière…. Et pour  continuer mes emprunts à des écritures aimées je ponctue ces images par une citation, même si elles viennent d’un texte en partie sombre et si leur auteur est d’une Provence proche mais en dehors du cercle du Ventoux, Manosque, avec quelques phrases de « Prélude de Pan » de Giono, figurant dans un petit recueil de nouvelles que j’ai acheté quelques jours plus tard avec la retenue de mes bonnes résolutions (vider mes livres ou au moins ne pas trop accroître leur présence)

« Comme je vous l’ai dit, il s’était fait un grand calme. Il y avait au-dessus de nous un rond d’azur étalé, tout net, bien propre. Sur le pourtour de l’horizon il y avait une épaisse barre de nuages violets et lourds……. les matins étaient blonds d’herbe mure, le vent sentait la flouve, il y avait ce rond de bleu plein de soleil qui nous trompait. La terre était chaude au pied et élastique comme un fruit. » et que je sois pardonnée pour la grosse coupe faite pour garder une tonalité légère à ce texte.



Livre acheté lors de notre petite virée à Banon… impatience mienne de découvrir « Le Bleuet » mêlée de bonnes résolutions d’abstention auxquelles me suis presque tenue… et ma découverte qu’il n’en était pas de même pour ma soeur qui a fait ample provision mais sans beaucoup circuler pendant que je me perdais, regardais, m’amusais, désirais, d’étages en demi-étages, depuis le plus haut jusqu’au sous-sol et des lieux improbables, ne ramenant que quelques minceurs : 

  • à La fosse aux ours : « Je veux regarder longtemps leurs visages » de Thomas Vinau, un texte sur les enfants d’Izieu… Je cueille : « Mais, moi, je veux seulement les regarder, je veux regarder longtemps leurs visages, leurs doigts dans le nez, leurs pieds sales, leurs grimaces ensoleillées, leurs blagues de pets, leurs épaules bronzées, leurs sueurs sublimes, leurs morves, leurs bouilles, leurs mèches de filles, leurs poux, leurs lèvres pincées, leurs langues, leurs cicatrices, leurs mains dans les poches, leurs bras autour du cou… »
  • chez l’Orma dans la collection livres à expédier « C’est si beau de rire » de Verdi : À Vincenzo Luccardi, Rome « Mon très cher, Je ne me rendrai pas à Rome pour plusieurs raisons. La première : l’Impresario est un rapiat. La seconde : la censure a saccagé le sens du drame. Ils ont rendu la Traviata pure et innocente. Merci bien ! De la sorte, ils ont gâché tous les équilibres, tous les personnages. Une putain est et demeurera une putain. Si le soleil brillait en pleine nuit, ce ne serait plus la nuit. Bref ils n’y comprennent vraiment rien… » 
  • chez Folio deux minces Giono, « Prélude de Pan » pré-mentionné et « Refus d’obéissance » dont je connaissais l’existence sans l’avoir jamais lu : « Depuis 1919 j’ai lutté patiemment, pied à pied, avec  tout le monde, avec mes amis, avec mes ennemis, avec des amis de classe mais faibles, avec des ennemis de classe mais forts. Et à ce moment là je n ‘étais pas libre, j’étais employé de banque. C’est tout dire… »


Retour pour finir à Montbrun et à la visite (la voiture me conduisant au bon niveau pour tenir compte de ma faiblesse) de sa jolie église



avec le retour, en longeant, en voiture à nouveau, plus haut et sans s’arrêter car il n’y a rien à visiter, ce qui reste du château.

vendredi, octobre 02, 2015

Souhait

journée que j'ai commencée en neutralité maussade
et dans le calme de l'après-midi, après que le soleil pas encore gelé qui se pose un peu sur le haut du mur et deux quatuors de Mozart m'aient ramenée à la surface de moi-même, lecture, en tel plaisir, tel sourire – même s'il est parfois un peu tremblé – à la lecture des 82 pages de Bleu de travail de Thomas Vinau (La Fosse aux ours) que m'est venu le souhait, l'espoir, qu'il soit partagé
sourire un peu tremblé, parce que Thomas Vinau sait trouver les petits riens fraternels, discrètement merveilleux, dans l'ordinaire de nos jours, même si on vit à la sauvette.
Suite de courts, parfois très, petits blocs, emportant travail, brume, rayon de soleil, froid, amour etc..
Souvent des phrases hachées, comme quand on avance d'immeubles en maisons. De maisons en chantier.. et qu'on se force un peu à penser qu'il y a de la vie là-dedans. Des torgnoles. Des sourires. Des oranges. Des chaussettes. Des gens qui s'aiment. Des dents qui tombent...
Et parfois des images qui s’allongent en doux lyrisme. L'amour pour celle qui n'est nommée que tu
Ton vêtement de dame dans les brumes bleues de l'aube. L'élégance avec laquelle tu souffles sur les braises des matins de semaine...et, au détour de phrases, le petit.
Et même dans le froid, l'hiver, il y a la nature ce bruissement d'ailes qu'une brassée de perdreaux surpris au détour d'une vigne laisse traîner dans le ciel d'octobre.
ou Le beau petit velours du froid qui taille nos os dans le sens du ciel. Chaque matin nos petits pas..
alors Tartiner la lumière sur les façades de pierre. Tirer des traits sur le ciel. Passer son tour avec le jour.
Plaisir aussi de cet humour qui soutient la tendresse du regard C'est immense et c'est immonde. Le monde est si bien fait. Il y a ces belles lianes rouges sur les murs gris d'Ivry. Une péniche qui traverse la pluie.Un panneau Ricard...
et puis, dans ce livre de poésie, il y a bien entendu les mots Des mots de petit jour. Des mots dont on se sert jusqu'à la corde. Jusqu'à la patine du sens. La rondeur de l'usure.. et l'usage qui en est fait souriait doucement à la lectrice que j'étais, même si, écrit-il, ma langue trébuche sur les choses et les êtres ou parce que ils sont Eclats d'esclave sauvage. Qu'une bête fatiguée vient lécher peut-être. Pour atteindre la prochaine nuit.
Puisque fait ce qu'il peut Dans ce petit bain de cruauté et de lumière. Dans les éclats de sucre et de mensonge... tout ce que je réduis ici outrageusement.
Même les remerciements à la fin du livre, la dédicace finale, tiennent la note Je voudrais dédier ce livre à ceux qui travaillent avec le ciel pour nous tenir debout. Aux miens, aux poètes de rien, aux boiteux souriants, aux grand-mères, aux marchands de légumes qui offrent des fruits le matin aux enfants.Aux crottes de nez, à la terre sous les ongles et aux chiens fous. Aux adventices. Aux Balayeurs. Aux artistes qui trimbalent leurs brouettes de pierres pour alléger nos cervicales et la suite de noms qui conclut appelle de moi une suite de petits saluts.