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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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lundi, février 25, 2008

de Narcisse au vampire - sans intérêt - dimanche

Matin dimanche – départ dans le bleu qui a joué à cache-cache avec nous.Devant les Halles où je voulais distribuer mes beaux programmes (enfin pas « mes ») vide peuplé, lentement, parcimonieusement, et tous ceux qui arrivaient face à moi, de la rue Carnot ou Carreterie, avaient rencontré les miens aux Carmes. (perplexité en trouvant cette photo dans mon appareil, angle pitchounet de l'espace vide qui me faisait face, je me suppose troublée ?) Quelques rencontres, tout de même, avec de vraies amorces de dialogue (bon, parmi eux deux front-national et un très gentil garçon s’obstinant à trouver que moi et le Modem nous avions bien raison), sous l’œil absent d’un ancien camarade. Et quand mon tas n’a plus été que souvenir, constaté dans les Halles, que mon poissonnier et mon marchand de légumes avaient eux aussi pris leurs vacances.
Retour chargée tout de même, constatation vexée que mon bidule « municipales » après deux cent visites entre jeudi et vendredi, était retombé dans le tréfonds des enfers de « google » et devenu totalement invisible, constaté aussi, qu’en séchant, le masque que j’avais amélioré par petites touches, se craquelait dangereusement et que c’était ma faute (mauvaise préparation de la terre), vérifié qu’un nouveau couteau était merveilleusement tranchant par une coupure superficielle mais méchante au pouce droit et, après lavage de cheveux et déjeuner, sombré dans un demi-sommeil tremblotant
« J’aime le nom des derniers vers, «Hôtel des étrangers », et puis leur attaque, «Quel est Amour le nom de mon amour ? », et puis ces histoires mélancoliques d’épingles à cheveux d’autrefois retrouvées entre deux lattes du parquet. Sacré Blaise… Là, c’est son côté Apollinaire. Et puis alors j’aime beaucoup ça : « Je travaille dans ma chambre nue, derrière une glace dépolie / Pieds nus sur du carrelage rouge, et jouant avec des ballons et une petite trompette d’enfant : / Je travaille à la FIN DU MONDE. ».la fin de ‘‘Cendrars, Gainsbourg… » 2ème texte de « Littérature, politique d’Olivier Rolin chez publie.net, http://www.publie.net/, que j’aime pour cet aboutissement en douceur profonde d’un texte qui s’ouvre sur l’accord entre l’aspect de Cendrars et son œuvre, parlant du baroudeur, pour en arriver là, en parlant de l’écriture (avec la phrase de Miller sur Moravagine : « lire un texte phosphorescent à travers des lunettes de soudeur ») - et je réalise que ce sont les premières lignes qui m’ont poussée à fouiller ma bibliothèque, constater que Cendrars n’y avait pas survécu et prendre à la FNAC le seul texte disponible, avec « le Panama » trop riche pour mon petit appétit actuel, « Bourlinguer », recueil mineur peut-être mais que j’aime, et qui a réveillé des souvenirs de lectures anciennes, ou leur recréation illusoire.
Et pendant ce temps on comparait (et je ne distinguais pas les mots des intervenants, parce qu’à vrai dire leur avis m’importait peu) des versions des chants d’Auvergne de Canteloube, sans arriver à m’en dégouter. Le tout sur une conscience un peu cotonneuse, très après-midi de dimanche.
Comme, avec Rolin, j’avais vérifié que j’étais de nouveau capable de lire, abandonné, et soigné mon blues dominical avec « il Turco in Italia », et puis, dans la nuit, sur France Culture un essai radiophonique sur « l’attente, l’oubli » de Blanchot avec les voix de Lonsdale, Aurore Clément et Tchéky Karyo, en griffonnant pour laisser mon attention passer outre au plaisir des voix. Brigetoun en vampire.

vendredi, novembre 16, 2007

J’étais étonnée de ne rencontrer que quelques syndicalistes mercredi, en fait j’avais une heure de retard. Défilé de belle taille semble-t-il.
Départ nez au vent, ou plutôt un peu après la géométrie de l’arrière du théâtre et de l’hôtel de ville, en tournant de la place de l’horloge vers le palais, corps plié en avant pour vaincre son souffle glacé et progresser alors qu’il tentait de me faire reculer.
Yeux pleins de larmes et souffle coupé, me suis blottie contre un radiateur pour regarder et écouter une belle évocation du Caravage comme poète du cri. Et plus que le Sacrifice d’Isaac des Offices et sa diagonale brusque s’achevant par la tête effrayée d’Isaac appuyée sur le sol comme celle d’un mouton, plus qu’Holopherne, fascination devant la Méduse. Nous étions très joyeusement intéressés - et mon souvenir tentait de retrouver la courbure du bouclier, le surgissement du cri projeté vers nous. En dérivant : « Méduse était mortelle tandis que ses sœurs n’étaient sujettes ni à la vieillesse ni à la mort. Elle seule pourtant reçut, sur une molle prairie, parmi les fleurs du printemps, les embrassements du dieu à la chevelure azurée. Lorsque Persée eut coupé sa tête, de son sang… » - plaisir, dans l’après midi de parcourir Hésiode pour la retrouver.

Retour dans un vent qui me ballotait, jouait avec une Brigetoun et son poids encore trop léger, mais, entêtée, au prix de zigzags aléatoires j’ai retrouvé mon havre un rien glacial. Et, lestée de pâtes me suis endormie en écoutant une kyrielle de sénateurs expliquer pourquoi il ne pouvait être question des franchises médicales, efforts méritoires autant que gratuits. Je ne serais pas allée (par sympathie régionale) sur la place pour la célébration et la présentation des vins que je vous recommande bien entendu chaleureusement, sans qu’il soit question que la béotienne réticente que je suis les teste. Tant pis pour les fruits de mer, les légumes et les fromages qui devaient accompagner les cotes du Rhône, du Ventoux et autres.
J’ai retrouvé le plaisir de mon esprit absorbé dans la lecture nocturne de l’ »attente, l’oubli » de Blanchot
« Attente, se rendre attentif à ce qui fait de l’attente un acte neutre, enroulé sur soi, serré en cercles dont le plus intérieur et le plus extérieur coïncident, attention distraite en attente et retournée jusqu’à l’inattendu. Attente, attente qui est le refus de rien attendre, calme étendue déroulée par les pas… »
« La mort, considérée comme un évènement attendu, n’est pas capable de mettre fin à l’attente. L’attente transforme le fait de mourir en quelque chose qu’il ne suffit pas d’attendre pour cesser d’attendre…. Celui qui vit dans l’attente voit venir à lui la vie comme le vide de l’attente et l’attente comme le vide de l’au-delà de la vie.. »
« Nous n’allons pas vers l’oubli, pas plus que l’oubli ne vient à nous, mais soudain l’oubli a toujours déjà été là, et lorsque nous oublions, nous avons toujours déjà tout oublié : nous sommes, dans le mouvement vers l’oubli, en rapport avec la présence de l’immobilité de l’oubli »…
et entraînant le livre le dialogue-questionnement du il-je et du elle, et la tendresse non dite.
Et puis, j’ai vaqué et frotté mes meubles pour me réchauffer. Il neige à Pertuis et Grignan.

mardi, mars 20, 2007

Sous ce ciel bleu et ces nuages lumineux le froid s'est installé. Je le sais et je porte un chandail de laine sous le trench léger ; je prends dans les yeux le bleu et puis, peu à peu, le froid pénètre. Je brusque mes courses et me rapatrie.
Me voici redevenue marmotte, envahie par le sommeil (le gros plan, pris entre deux bâillements me navre, je ne me voyais pas ainsi, mais je le garde)
Dans un dernier effort, après mon devoir d'italien bâclé, je cherche "le sommeil" dans mes livres et, comme toujours en ce cas, c'est en vain.

Il y a bien : "il arriva aux nefs rapides des Achéens et se rendit auprès d'Agamenon l'atride. Il le trouva en train de dormir dans son pavillon, où l'entourait la coulée du divin sommeil" et cela me plaît, même si Songe y intervient pour lui tracer sa conduite, avant de terminer par "et que ne te prenne l'oubli, lorsque t'abandonnera le sommeil miel de l'âme". (Illyade)
Mais de Beckett à Blanchot je n'ai trouvé que l'absence de sommeil. "Je ne pus dormir cependant. Le vent était devenu la violence, la détresse du vent, mais ce n'était pas cette puissante rumeur du dehors qui me tenait éveillé, c'était, au contraire, le calme prodigieux qu'un tel bruit laissait intact. Sur ce calme, je ne pouvais me tromper : c'était comme un lieu réservé dans un lieu, qui toutefois ne se situait pas ici, que je m'imaginais mieux trouver en revenant en arrière, en errant... (celui qui ne m'accompagnait pas Blanchot) - et, en fait, c'est normal, le soleil est absence et ne peut s'écrire sauf en disant : "il dormait".
Peut-être celui des nouveaux-nés, qui me fait toujours un peu peur, tant il est absolu, profond. Mais plus grands : "Dors sur ma poitrine un petit moment, ça te réchauffera un peu" dit mon père avec affection.
Contre la poitrine de mon père, je me sentis un peu tranquillisé. Et cependant, je n'arrivais pas à m'endormir. La tête levée, je regardais le visage de mon père...
Quand le vent soufflait, il frôlait mon épaule, avec une caresse comme pour endormir les petits bébés, il dit : "Ce n'est rien, les feuilles se remettent à bruire, dors bien". (la pagode de longévité Pa Kin).
Et puis la vague du sommeil montait, je me suis étendue et me suis endormie, profondément, totalement, comme toujours. Réveil en chute fugitive dans un vide glacé - ceci - morue et patates et je me rendors.
Carpe diem.

samedi, mars 17, 2007

"Il faut que je vous dise... j'ai menti" - avec cette photo c'était le thème des Paroles plurielles (http://coumarine2.canalblog.com)

Il faut que je vous dise... j'ai menti ! Je ne suis pas partie à Houston. Sans nouvelles, si vous vous en êtes aperçus, vous aurez pensé que j'étais comme ça, nonchalante en amitié.
Il faut que je vous dise... j'ai menti et je suis là, dans un paysage d'une douce normalité. Je l'ai aimé. J'étais mon amie et mon étude. Je voulais...
Il faut que je vous dise... je me suis menti. Je ne sais plus rester ainsi, et puis je n'en peux plus d'ascétisme.
Il faut que je vous dise, je me suis retrouvée, moi et mon vide - et quand vous aurez cette lettre, on aura ressorti mon corps de la si douce eau à laquelle j'ai fait face, à m'en pénétrer, jour après jour.
Ne regardez pas ; je serai laide. Et pardonnez moi si je n'ai plus que la pudeur très médiocre de mon jeu infime avec les phrases.

Bon, je suis là, et j'ai trouvé cela dans "celui qui ne m'accompagnait pas" de Maurice Blanchot - "La solitude était, je le crois, le mieux exprimée par cette gaieté : un léger rire de l'espace, un fond d'extraordinaire enjouement qui supprimait toute réserve, toute alternative et qui résonnait comme le vide de l'écho, le renoncement au mystère, l'ultime insignifiance de la légèreté..." J'ai aimé, et j'ai découvert qu'il fallait lire Blanchot à haute voix.

vendredi, février 16, 2007

J'écoute France Inter qui juge indispensable, dans le cadre de la campagne, de prendre comme axe de la matinée la lutte anti-terroriste, lire présence Al Kaïda en France et une petite colère couve en moi.
Alors que la colère extérieure semble être tombée. Pourtant hier, quand des risées glissaient sur la façade du parking des halles, en frisant les plantes, ce qui ne se voit pas sur la photo et que mes 44 kilos pour traverser la place suivaient un chemin ondulant au grès des rafales, j'ai cru que le mistral, bien fort, bien violent, nous rendait visite.
Ma petite gymnastique d'écriture est faite. Ne pas s'y complaire. Ridicule, et parce que je ne suis qu'une vieille dame tuant sur temps, pas sur le plan, talent et nécessité de ce qu'évoque "écrire" chez Maurice Blanchot
"et ainsi il me semblait qu'écrire devait consister à me rapprocher de ce moment... J'apercevais bien à quel risque j'allais m'exposer : au lieu de faire repasser aux paroles la frontière qu'elles avaient franchie, celui de les troubler au contraire toujours davantage, de les tourmenter en les rendant folles d'un désir vide et sans frein, au point que, à un certain moment, passant à travers moi dans leur poursuite effrénée, elles me traîneraient à nouveau vers un espace dangereusement ouvert sur l'illusion d'un monde auquel nous n'aurions cependant pas accès, car la pensée que cet accès nous serait accordé, si l'assaut était conduit avec suffisamment de véhémence et d'adresse, ne venait pas encore me tenter..."
outre le talent me manque le courage de regarder sous ma surface - crainte peut-être de n'y plus trouver que vide.
tiens, changement de pied, j'ai entendu aussi que l'état vendait pour faire des économies le centre international de l'avenue Kléber et j'ai rêvé (?) qu'il le faisait à un prix permettant à la ville de Paris de l'acheter pour faire de l'habitat social, se contentant des économies de fonctionnement - une jolie mixité.