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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, mai 16, 2024

Dans les rues, l’Avare et poème

 



Yeux dans les trous bleus

ou sur la lèpre des murs

marche flottante

de mes jambes indociles

avec un sourire au coeur.




M’en suis allée en début de soirée vers le théâtre des Halles




pour assister à « l’Avare » mis en scène par Olivier Lopez (la Cité Théâtre de Caen) ainsi présenté sur le site Théâtre-Contemporain.net : L’Avare est une pièce sur la mort et l’argent, qui nous parle du temps qui passe et se moque de ceux qui croient pouvoir y échapper. Molière y dépeint avec précision, dérision et excès, toute la folie d’un homme gagné par l‘avarice. Dans ce monument du répertoire, Harpagon interprété avec brio par Olivier Broche impose à ses enfants et ses servant·e·s une austérité qui tourne au cauchemar.   Olivier Lopez, dans une approche fraiche et moderne prend résolument le parti de la jeunesse et accorde toute sa sympathie aux enfants d’Harpagon qui, avec de petites hypocrisies et de grandes audaces, résistent à sa domination absurde. 




Avais lu avant de partir, une critique (lui ai emprunté la photo ci-dessus ©Virginie Meigné) dont la conclusion cet Avare nourri de belles idées pétillantes, mais qui peinent à dépasser le stade d’un spectacle agréable sans atteindre celui d’une soirée que l’on aurait pu ne pas oublier de sitôt. m’avait fait un peu peur.  Et je ne sais si je n’ai pas été un peu contaminée par cela, ou si c’est le fait de constater qu’à ma grande surprise mon grand âge fait que dans les moments où une réplique tardait un peu je l’entendais en moi avant qu’elle éclose, mais si j’ai ri souvent c’est en effet avec un plaisir assez détaché… à vrai dire je crois que c’était également un peu l’effet de l’hétérogénéité des costumes et de la franche laideur de certains mais surtout de l’hétérogénéité de la qualité de jeu… Harpagon est fort bon dans un genre assez brutal et agité, avec un peu trop de véhémence qui fait que, comme il crie beaucoup dans les minutes qui précèdent la scène de la cassette cette dernière perd de sa force ; la jeune actrice tranche par son aisance et sa délicieuse insolence ; la fille est charmante mais un peu en porte à faux dans son premier duo avec Valère qui claironnait son texte avec des césures inadaptées et de longs silences… bon Molière est là, les répliques font mouche surtout pour ceux qu’elles surprennent et l’ambiance de la salle rendait euphorique.



Pour clore ce jour, un poème tout petit, tout simple d’Alberto Caeiro prélevé dans « le gardien de troupeaux » qui figure dans le recueil qu’il partage avec Alvaro de Campos chez Poésie/Gallimard (avec en haut de la couverture Fernando Pessoa)

Léger, léger, très léger,

un vent très léger passe

et s’en va, toujours très léger ;

je ne sais, moi, ce que je pense

ni ne cherche à le savoir.


lundi, septembre 12, 2022

Dimanche je pille

 

Calme après-midi

marcher en chaleur douce

cueillant images


en terminant par hommage muet en passant devant la porte de Nicolas Mignard, de sa maison et son jeu de paume, ou Molière et sa troupe ont joué une fois ou sans doute davantage …

(savais, viens d'approfondir ma science en lisant Odysséum https://eduscol.education.fr/odysseum/moliere-lavignonnais-et-ses-amis-mignard-davignon-et-mignard-le-romain) et, sans scrupule, pour nourrir Paumée, je pille un passage de l'article de Georges Forestier

 L’un d’eux, situé rue de la Bouquerie avait appartenu jusqu’à sa mort au beau-père du peintre Nicolas Mignard, qui, en route pour Rome avec son jeune frère Pierre, avait jadis rencontré l’amour à Avignon et était revenu s’y fixer deux ans plus tard (1637). « Mignard d’Avignon » et sa femme avaient hérité de ce « tripot » (qui possédait en outre une salle de billard) en 1648, et un contrat de location de la salle à un maître paumier en 1653 contient des spécifications et des clauses précises concernant l’activité théâtrale4. Nous découvrons ainsi que le matériel propre à dresser un théâtre (échafaud, bancs, loges, etc) était entreposé dans une remise contiguë à la grande salle et que les frais d’installation du théâtre étaient à la charge du paumier ; avec cette précision essentielle : s’il arrivait qu’une année une seule troupe de comédiens se présentât à Avignon et qu’elle choisît de jouer dans le jeu de paume rival (« le Jeu du Colonel » dit « le grand Jeu », situé en face de la porte de l’Oulle) plutôt que dans le sien, Mignard était tenu de consentir un rabais de 100 livres sur les 400 livres de loyer annuel. Une telle pénalité (un quart du loyer) révèle que l’activité théâtrale était une composante fondamentale de l’occupation de ce jeu de paume ; si fondamentale que l’absence de revenu tiré des représentations théâtrales était considérée comme un accident vraiment exceptionnel.

Les rares documents ou témoignages en notre possession nous assurent que Molière et ses compagnons se sont arrêtés à Avignon en 1655 et en 1657, mais plusieurs indices confirment qu’ils y séjournèrent très tôt et souvent, et que c’est dans le jeu de paume de Mignard d’Avignon qu’ils avaient d’emblée choisi de jouer. Dès 1654, un acte notarié concernant une petite propriété « vendue » dix ans plus tôt à la jeune tante des Béjart, Marie Courtin5, par Esprit Rémond seigneur de Modène - ancien amant de Madeleine Béjart et père de la petite Armande, future femme de Molière -, fut contresigné par Nicolas Mignard. C’est le signe d’une déjà forte proximité entre le peintre, les membres de la troupe et la grande famille qui gravitait autour de la troupe.....

De juin à l’automne 1655, tandis que le prince de Conti, croisé dans son château de Pézenas à la fin de l’été 1653 - il y purgeait brièvement dans cet « exil » sa révolte durant la Fronde - et devenu le protecteur de la troupe, était reparti guerroyer en Roussillon à la tête de l’armée de Catalogne, Molière et les siens avaient à nouveau quitté le Languedoc pour s’en retourner dans la vallée du Rhône, résidant à Lyon durant tout le printemps, où la troupe créa L’Étourdi, la première comédie en cinq actes et en vers de Molière, et faisant des excursions ici et là, et jusque dans la capitale de la Bourgogne. Revenus à Lyon, ils redescendirent ensuite doucement par le fleuve jusqu’à Avignon, traînant avec eux désormais le musicien et poète burlesque Dassoucy, qui a fait le récit coloré de ses aventures durant cette période...

et je pardonne à la troupe d'avoir préféré le jeu de paume de la rue Bouquerie à celui qui a précédé de peu l'Ancienne Comédie dont la façade garnit toujours ma place. (si avez le temps, la suite de l'article ne manque pas d'intérêt, avec les conditions des troupes itinérantes les plus connues à l'époque, les retours de Molière et des siens à Avignon et la rencontre puis l'amitié avec Pierre Ménard, surtout à Paris)



lundi, août 23, 2010

Brigetoun en saut de puce

départ dimanche vers 9 heures et demie à l'heure des petits déjeuners en terrasse,

des ombres longues et de la démarche allègre, vers l'éventualité d'un déjeuner familial à Grignan (entêtement stupide remisé), avec la conviction que ce serait partie remise pour cause de grève. Mais, si les trains précédents étaient remplacés par des autocars (et j'aurai renoncé) celui que je devais prendre premier était maintenu

avec un retard qui a fluctué au gré des annonces – et le retour était assuré.

En fait l'attente a été d'environ 20 minutes, le temps d'avancer dans le récit coulant de «le nom sur la langue» de Pascal Quignard

jusqu'au «petit traité sur Méduse» et : «C'était un nom non pas au bout de ma langue mais au bout de mon corps et le silence de mon corps était seul capable d'en rendre présente, en acte, la chaleur. Je n'écris pas par désir, par habitude, par volonté, par métier. J'ai écrit pour survivre. J'ai écrit parce que c'était la seule façon de parler en se taisant. Parler mutique, parler muet, guetter le mot qui manque, lire, écrire, c'est le même. Parce que la dépossession fut le havre...»

et puis un très court trajet (pas suffisant pour finir le livre) dans la campagne sans grand charme jusqu'à la voiture qui m'attendait, nouvelles échangées en roulant, mouche du coche en cuisine,

reçu en cadeau des livrets des «scènes intempestives» du dernier festival de la correspondance,

déjeuner de bon appétit, familial, avec plaisanteries, histoires, pas de sujets dangereux, dans la fraîcheur relative de la terrasse supérieure, à l'ombre d'un arbre-monde (ne me souviens plus de son essence, juste de sa taille superbe)

et puis l'après-midi de belle forte chaleur au jardin,

avec les anciens enfants devenus parents très adultes, garçons s'ébattant dans la piscine, une romancière de neuf ans alternant bain et rédaction,

le sourire radieux d'une toute petite fille, merveille de grâce féminine, sans minauderie, à nous rendre presque jalouses, l'appétit ou la soif incessants d'un tout jeune bébé

la circulation des deux vieilles et des jeunes femmes entre la maison, son raffinement (qui resteront secrets), ses beaux dessous

les coins d'ombre (et nous pouvons maintenant nous renvoyer entre soeurs des noms d'acteurs ou critiques reçus par elle au nom du festival, et quand elle évoquait leur bonheur, leur quiétude d'être à Grignan après, avant ou au lieu d'Avignon, je lui accordais, avec un mélange de fierté, de compréhension totale, de légère vexation que le contraste entre ce charme et la folie qui règne ici pendant un mois rendait la chose évidente)

et, pour elles, la piscine, pendant que, bien au chaud, mais à l'ombre, je mettais mon nez dans les livrets :

Fabrice Beucher : «Racine/Molière ou l'école des hommes» : «Molière : Moi, Monsieur, je ne suis pas de ceux qui veulent plaire à seulement quelques courtisans en infligeant au théâtre ses carcans ennuyeux et réducteurs. Le bon sens, le discernement, valent mieux que vos dogmes..»

Evelyne Lever : «Marie-Antoinette, adaptation de la correspondance» : «Y a-t-il une femme plus à plaindre que moi ? Je crois que mon fils se meurt lentement. Mon mari, qui a en charge le plus beau royaume d'Europe, ne parvient plus à le gouverner. Il ne compte que sur moi et j'ai choisi comme principal ministre un homme qui se rend odieux à la nation, malgré ses qualités...»

Isabelle Cousteil : «Cyrano ou la maladie de la gloire» : «Edmond : Rosamone, toi seule peut empêcher tout cela : mon courrier, mes moindres gestes, mes vêtements, tout est disséqué, livré à la condescendance, à la moquerie, à l'adulation niaise aussi, ce qui revient au même à l'échelle du sordide.» (à vrai dire du mal à m'intéresser à lui)

Françoise Hamel : «Madame de Sévigné va au théâtre» : «Nous écoutâmes, le maréchal et moi, cette tragédie avec une attention qui fut remarquée, et certaines louanges sourdes et bien placées n'étaient peut-être pas sous les coiffures «à la Fontange» de toutes les dames présentes...»

Julia de Gasquet : «Diderot une leçon de théâtre» : habile marquetage de lettres à Mademoiselle Jodin et à Madame Riccoboni (et interventions de cette dernière) antérieures au «paradoxe.. », finissant sur des passages de l'ébauche de ce dernier, parue dans la correspondance littéraire de Grimm : «Réfléchissez un moment sur ce qu'on appelle au théâtre être vrai. Est-ce y montrer les choses comme elles sont en nature ? Aucunement. Le vrai en ce sens ne serait que le commun. Qu'est-ce donc que le vrai à la scène ? C'est la conformité des actions, des discours, de la figure, de la voix, du mouvement et du geste avec un modèle idéal imaginé par le poète, et souvent exagéré par le comédien...»

et puis j'ai quitté, en fin d'après midi, le noble village, ou le peu que j'en ai vu, et que désirai en voir (autres priorités),

pour la gare de Pierrelatte et son air de bout du monde - retour, en s'arrêtant dans toutes les petites gares.

M'en vais essayer de lire la masse de twitts écrits pendant l'intervention dimanche matin de François Bon et Henry Le Bal sur «livre numérique et droits d'auteurs» pour Numer»île dans le cadre du Salon du livre insulaire de Ouessant http://www.livre-insulaire.fr/57.html