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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mardi, novembre 21, 2023

Un court trajet et trois poètes

 


sur pieds baroques

avancer joyeusement

entrer dans le jour

par une brève marche

avant petites corvées


et pendant que cheveux sèches, pendant que dos récupère après ménage, prendre le recueil Poésie/Gallimard « Poètes de la Méditerranée », prélever trois fragments de poèmes

« Nous nous sommes exclus de l'espace informe de l'air

pour une terre soucieuse de combler ses excavations avec os chiffons aboiements

nous avons perdu cette mobilité qui faisait de nous des choses reconnaissables à leur contenu

viables entre azote et asphalte

nous nous sommes décolorés... »

Vénus Khoury-Ghata « les obscurcis » (Liban)

« Hors la vie qui court en arrière

Le visage d'un masque et mon visage

Si j'étais un homme enfermé dans une femme

Si j'étais une prière de phrases serrées

Si les monts de Jérusalem étaient dans les déserts de Beer-Sheva

J'ai traversé de nombreux déserts

Et je ne suis pas parvenue au Moriah

Maintenant je me sens dans ma patrie

Car j'ai soudain compris combien cette terre bouge

Et combien son tremblement est inconfortable

Et j'erre parmi les frères

Et certains vont d'Irak en Amérique

Et certains du Liban à Nicosie

Et certains d'Israël en Palestine

Et certains d'Israël en Israël en Israël

Et ils ne trouvent rien car Israël est absente d'Israël

Toi qui voulais être libre chez toi

Fabrique des ustensiles d'exil

Il n'est pas d'être libre au monde qu'on n'ait chassé... »

Haviva Pedaya « Coucher de soleil » (Israël)

«... Elle nous reconnaitra et elle pleurera

Elle se souviendra de nous et pleurera

Elle ramassera les cailloux et les graines

Et elle pleurera

Elle tremblera de froid

De la profondeur de l'exil

Et elle pleurera

Nous lui parlerons des champs de chardons

Des fruits de coloquinte

Des crimes des vents

Des griffes de la dispersion

De la cruauté de la nuit

De l'ardeur des soirs

Nous lui parlerons de la défaite

De l'amertume et de la perdition

Nous lui rappelerons les bourgeons des oliviers

Et elle pleurera... »

Taha Mohammed Ali « La colombe partie dans le train de l'hiver » (Palestine)