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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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dimanche, mai 19, 2024

Ciels du matin, lumières du soir et un poème

 



Couvert nuageux

aux larges blessures bleues,

Variant sans cesse,

le ciel surmonte mes pas.

Pensées errant vers les miens.



acheté carottes ordinaires, courtes er larges, pain et oeufs en me faufilant entre touristes, et m’en suis revenue flânant sur jambes gémissantes vers l’antre.

Lecture en me sentant très vaguement coupable de ne pas faire autre chose, juste pour ailler le plaisir… 



et pour saluer la Nuit des Musées, après la pluie au mitan du jour puis un passage au bleu, m’en suis allée en fin de journée au Musée Lapidaire




voir les oeuvres éclairées à la bougie, un peu trop tôt pour que le reste de jour ne pénètre pas, mais assez tard et obscur pour que je rate superbement mes photos, mais contente de voir que cela avait attiré des visiteurs… passé un agréable moment, accompagnée par une musique sautillante du 18ème siècle (pas certaine de l’oeuvre)




Rite du poème pour un jour, avec aujourd’hui un passage du « poème de la terre » de Mahmoud Darwich

1 et 1 

Je nomme la tourbe, prolongement de mon âme.

Je nomme mes mains, trotter des plaies.

Je nomme les gravats, ailes.

Je nome les oiseaux, amandes er figues.

Je nomme mes cotes, arbres.

Et du figuier de la poitrine, je détache une branche.

Je la lance telle une pierre.

Et le détruis le char des conquérants.

dimanche, juin 02, 2019

On entre dans l'été

et m'en suis allée dans la belle chaleur du milieu d'après-midi (enfin ce n'est pas encore juillet comme la petite affluence dans les rues n'est pas encore celle du festival... ce que disais silencieusement à mes jambes paniquées)
croisant un petit groupe de gilets jaunes qui criaient fort pacifiquement, toute heureuse de constater que la vie prenait enfin possession du verger d'Urbain V en s'allongeant dans l'herbe, en regardant les enfants jouer avec les jets d'eau en poussant des cris de joie
pour aller à la Manutention voir Gaza la vie, 2, la nouvelle exposition de peintres de Gaza organisées par Présences Palestiniennes
retrouvant les corps de Raed Issa (il faut vraiment que je pense enfin à faire encadrer celui que me suis offert l'année dernière),
les enfants d'Abdel Raouf al Ajouri, les paysages d'Abdel Nasser Amer, les oeuvres de Mohammed al Hawajri etc...
et puis m'en suis revenue, tournant un peu, découvrant deux nouvelles petites rues
me demandant tout de même si vraiment vais être à la hauteur des rues de juillet mais le désirant tant... on verra (une semaine pour me décider)
et trouvant un cadeau (suis gâtée et confuse), la vie silencieuse de Samuel Beckett de Nathalie Léger, (ça tombe bien, j'en avais envie, et outre le texte il y a comme toujours chez Allia le plaisir de l'élégance de l'objet-livre) pour accompagner les deux livres que ramenais, d'Elias Sanbar, de Mahmoud Darwich traduit par Elias Sanbar :
La vérité a deux visages et la neige est noire sur notre ville
Nous ne pouvons désespérer plus que nous ne l'avons fait, et la fin marche vers
Les remparts. Sûre de ses pas
Sur ces dalles mouillées de larmes. Sûre de ses pas
Qui mettra en berne nos étendards ? Nous ou Eux ? Et qui
Nous donnera lecture du Pacte de paix, ô roi de l'agonie ?...

dimanche, janvier 24, 2016

Acte gratuit ma spécialité

ou ni l'Isle-sur-Sorgue ni Palestine,
parce que vendredi le ciel était radieux, parce que samedi matin l'air semblait légèrement plus clément, parce qu'avais reçu il y a un certain temps un avis du MRAP signalant l'organisation, avec Présences Palestinienne et d'autres organisations, d'une belle semaine palestinienne à l'Isle sur Sorgue http://www.oti-delasorgue.fr/bouger/animations/lagenda-du-mois/839212-la-belle-semaine-palestine comprenant une ou des soirées, un film, hors de portée pour la petite vieille sans voiture, mais aussi une exposition de jeunes photographes palestiniens, comme Tania Habjouqa http://untitledmag.fr/?p=11763, qui se tient, pendant la première moitié de la manifestation dans un bâtiment restauré sur la place de la collégiale, et que ma foi, beau temps, cause, quotidienneté dans les territoires occupés, avec les petites joies et l'ordinaire des jours, et le charme de l'Isle, j'avais grande envie de m'y rendre.
Ai commencé par me cogner méchamment (sans gravité autre que petite gêne) le pied, par rester perplexe devant les horaires de train et de bus, par l'idée tout de même que ce n'était pas l'époque idéale pour flâner très longtemps de rue en sorgue... mais j'ai décidé de prendre un train qui, compte tenu du trajet depuis la gare, m'amenais environ une demi-heure après le début du vernissage (certaine que l'horaire prévu pour celui-ci ne serait pas respecté), d'y rester quarante minutes environ et de repartir en marchant tout doux (sans quoi je devais tourner en rond dans la ville deux heures de plus... alors qu'elle n'a tout de même pas en cette saison son aspect le plus charmant)
m'en suis donc allée, un peu déçue par l'aspect du ciel, un peu réconfortée par de grandes surfaces bleues, claudiquant un peu, envie s'effritant légèrement, ce que ne voulais savoir..
ai pris mon billet, étais en avance, me suis installée avec mon kobo..  on a annoncé qu'il y avait quelques difficultés pour positionner mon train le long du quai, ce qui m'a semblé un rien baroque, et surtout qu'il y aurait un quart d'heure de retard.
Calcul rapide du temps qui me resterait, et brusque décision : abandonne.
Suis revenue légère, boitillant un peu moins (ce soir plus du tout), souriant aux tranches napolitaines du ciel derrière les branches, me suis fait un bon gros plat de pâtes au lieu de sauter le déjeuner, accordé tout cool une petite sieste,
ai jeté mes billets (à vrai dire j'aurais pu y aller dans l'après-midi, mais l'élan était tombé) et j'ai pris l'anthologie de la poésie contemporaine palestinienne (poèmes choisis et traduits par Addelatif Laabi) publiée pas la Maison de la poésie Rhône-Alpes - le temps des cerises, retrouvant ou découvrant une quarantaine de poèmes, pour trouver des notations du simple bonheur de vivre, en ai trouvé surtout, avec toujours une petite note finale sur la perte, les soldats, la douleur, ou la peine murmurée, chez ceux, les plus nombreux, qui résident à Amann, au Caire, Damas, Londres etc... en avais retenu plusieurs résidant ou ayant résidé jusqu'à leur mort en Palestine, et puis finalement il y a le long poème l'assassinat de Awwad al-Amarah originaire de Kofr Kanna de Tawfiq Zayyad, qui fut maire de Nazareth et député à la Knesseth et dont je prélève une section, vers le centre
«Première voix
Awwad al-Amarah revenait
de son champ de blé et de betteraves
Ses paumes étaient tièdes, sa poitrine nue
ses cheveux noirs, poussiéreux
Il avait été préoccupé toute la journée
car la terre avait soif de pluie
Il était en retard
Le soleil qui avait décliné vers le couchant
s'était refroidi
l'aile du vent était humide
Il s'est écrié à plein gosier
Awwad, ô Awwad ! L'horizon est pluvieux !
Puis il s'est mis à se frotter les mains de joie
à humer l'air et les nuages voyageurs
Deuxième voix
Awwad al-Amarah traversait
la route asphaltée en rêvant
Je vêtirai ma petite fille la saison prochaine
je règlerai toutes mes dettes
j'achèterai à la mère de mes enfants une ceinture
une fiole de khôl, des bracelets, un châle
et pour moi une keffiah et une cordelette en poils de chèvre
Toisième voix
Mais tous tes rêves, ô Awwad
se sont évanouis, l'espace d'un instant
Ton rêve innoncent
et ta profonde bonté
ne t'ont été d'aucun secours
Trois balles
tirées des aires
ont fondu sur toi tel l'éclair....
Oh, et puis tant pis, cela encore, le premier paragraphe de Sur cette terre de Mahmoud Darwich
Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : l'incertitude d'avril, l'odeur du pain à l'aube, les opinions d'une femme sur les hommes, les écrits d'Eschyle, les prémices de l'amour, l'herbe sur les pierres, les mères se tenant debout sur un filet de flûte, et la peur que les souvenirs inspirent aux conquérants.

lundi, février 20, 2012

Brins autour de l'olivier


J'ai passé deux heures à chercher des livres, des poèmes, que dans ma pagaille je n'ai pas trouvés. Parce que j'aime notre arbre, ô méditerranéens. Alors, un peu n'importe quoi, trouvé en tournant en rond dimanche matin :
«Il est un arbre dont je n'entends pas dire qu'ai germé son pareil, soit en terre d'Asie, soit dans la grande île dorienne de Pélops ; arbre invaincu, arbre qui renaît de lui-même, terreur des lances de l'ennemi ; il croît surtout dans ce pays : c'est l'olivier aux feuilles pâles, nourricier des enfants. Les chefs ennemis, jeunes ou vieux, ne le détruiront jamais, car l'oeil toujours ouvert de Zeus Morios veille sur lui et Athéna aux yeux brillants.»
Sophocle – «Oedipe à Colonne»

«C'est moi qui fit la besogne et personne d'autre. Un olivier touffu aux feuilles étendues avait poussé, dans l'enceinte de la cour. Il était en pleine croissance, dans sa première vigueur, gros comme une colonne. Autour de l'olivier, je construisis la chambre, jusqu'à ce que j'eusse terminé, utilisant des pierres bien jointes ; et par-dessus je fis un bon toit. Je mis en place une porte de solide assemblage, étroitement ajustée. Ensuite je tranchais la chevelure de l'olivier aux feuilles étendues. Je taillais la souche, en partant de la racine, je la polis tout autour, à l'aide d'un outil de bronze, avec soin, en homme de savoir, et la dressai au cordeau, la travaillant en forme de pied de lit. Je perçai toutes les pièces avec une tarière ; je pris la souche comme base et façonnai le cadre du lit, jusqu'à ce que j'eusse terminé, utilisant l'or, l'argent, l'ivoire, pour le décor. J'étendis dessus une courroie de cuir de boeuf, brillante de pourpre..»
Homère - «l'Odyssée»

«À Delphes, sur la terrasse de l'hôtel,
je fus un cheval aimant et je chante encore
la barque aux flancs légers qui m'a fait retrouver
la saveur antique, la saveur
primitive. À l'ombre des oliviers
la terre s'est ouverte au ciel, à la lumière des eaux..»
Casimiro de Brito – traduction Michelle Giudicelli

«Et mon père est en bas

Il porte un olivier vieux de mille ans

Qui n’est ni d’Orient, ni d’Occident

Il se repose peut-être des conquérants

Se penche légèrement sur moi

Et me cueille des iris»
Mahmoud Darwich «pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?»

«On remplissait à la pelle de bois les couffes de sparterie semblables à des bérets d'un mètre de diamètre avec la pulpe ruisselante dans laquelle la meule tournait. Ces bérets étaient empilés les uns sur les autres sous le plateau de la presse. Il y avait cinq ou six de ces presses. Huit hommes nus armés de longues barres de bois plantaient ces barres dans les trous du moyeu et, tirant de toutes leurs forces, exprimaient l'huile....
Déjà, l'huile était comme de l'or. Chaque fois que l'équipe bandait ses reins, tirait sur la barre, tout le presse s'illuminait d'huile comme si on avait allumé une grosse lampe dans les couffes de sparterie. Elle glissait dans des canalisations de bois jusqu'à la grande cuve d'eau fumante que chauffait le brasier. Là, elle s'y dépouillait, elle y perdit ses humeurs. Quatre hommes, exactement comme des diables et qui paraissaient même être en métal luisant tant ils étaient barbouillés d'huile, armés de grandes louches cueillaient la «vierge» qui état montée à la surface de l'eau.»
Giono «Arcadie, Arcadie»

«Dominant le port et la ville de Tingris telle une vigie, une petite maison solitaire bâtie sur la corniche. Assis dans le patio à ciel ouvert, les jambes allongées sous une table basse et ronde, le général Tariq Bnou Ziyyad prenait son petit déjeuner dans un concert d'oiseaux saluant le lever du soleil. Sa galette d'orge, il la mastiquait soigneusement, lentement, comme s'il avait tout le temps, sans presque faire bouger ses mâchoires. Chaque bouchée était suivie d'une gorgée de petit lait, puis d'une olive violette. Sur la table s'entassaient un à un les noyaux, à mesure que les chefs des commandos s'inclinaient l'un après l'autre devant lui et faisaient leurs rapports.»
Driss Chraibi
«Naissance à l'aube»

Tout cela, pardonnez-moi, si vous avez lu, parce que j'aime cet arbre, donc, et ses légendes, mais surtout pour lui faire un peu honte à lui, le fol de ma cour, lui apprendre ce que doit être un olivier qui se respecte, qui étale ses branches, au dessus d'un tronc puissant, qui se creusera, se ravinera avec les ans, comme celui plusieurs fois centenaire qui ouvre la série d'images, accroché à une terrasse au dessus de la plaine d'Ollioules, un arbre aux merveilleuses petites feuilles qui dédaignent le vert, se contentent d'un gris que le soleil argente quand le vent les retrousse.
Il s'est haussé du col, m'a rappelé que j'étais son soigneur, m'a demandé si, moi, je savais en parler comme, par exemple Homère (là il prenait un risque parce que l'olivier de l'Odyssée, du moins celui là, subit un sort honorifique mais passablement cruel – mais il n'avait pas tort, cette longue tartine ayant pour but de trop m'occuper pour que je songe que je suis incapable d'écrire le texte que voulais, même sans imaginer un instant que je pourrais égaler cela).
Mais il est le seul en situation.

samedi, septembre 26, 2009

"S'il élevait la voix, les paroles tomberaient dans le silence. Le silence est plus large que la parole qui sonne au travers de l'air extraordinairement friable et presque totalement vide de bruits et de souffles. Car, si c'est la parole qui donne cours au couple silence et voix, dans le même temps la voix appartient au silence qu'elle rompt.

Autre est le presque silence de l'air qui permet à la parole de se produire : qui la porte un temps et qui la perd au sein de lui." Pascal Quignard

"C'est un amour pauvre et non partagé,

Calme calme, qui ne brise pas

Le verre de tes jours dévolus

Ni n'attise le feu d'une lune froide

Dans ton lit.

Tu ne devines pas sa présence si, à sa place, peut-être, une obsession te fait pleurer.

Tu ne sais ce que tu ressens, lorsque, de tes bras, tu n'enlaces

Que toi !

Quelles nuits désires-tu, quelles nuits ?

Et de quelle couleur sont ces yeux dont tu rêves,

Lorsque tu rêves ?

C'est un amour pauvre et partagé

Qui réduit le nombre des désespérés..." Mahmoud Darwich

yeux brûlés, par une envie de sommeil, blottie au creux de l'ombre, au retour de lecture de ces poèmes, pour s'en dégager, mais sans vouloir les quitter - aimer la lumière frisante, la géométrie, régularité masquée, pour ne pas blesser, l'incitation sans insistance, à une lente montée, trop pénétrée de cette douceur pour qu'elle pèse, sans que compte ce qui est quitté - quiet marasme ou pose, qu'importe si on y croit - sans que compte vers où l'on va, en gardant cette douce lueur, comme un chaud trésor, là tout au fond, avec la souvenance de ces voix.

jeudi, septembre 10, 2009

Paumée, mon pauvret, mon fils, mon frère, je sais – mais souviens toi, le ciel était clair et jeune, et puis, viens, restons dans notre paix et je te dirai des poèmes, pas trop gais, pas trop gentillets, pas torturants ou torturés, non plus, qui parlent d’ailleurs peut-être, tu veux ?
Parce qu’il est toujours là, sur le rayon le plus près de ma table, et même si cet ailleurs est baigné de tristesse, il est beau et important
« Le lieu n’avait d’autres attaches que les lilas de Chine
Lorsque les camions sont venus de la mer
Nous préparions la provende de nos vache
Nous rangions nos jours dans des armoires fabriquées de nos mains
Nous recherchions l’affection du cheval
Et nous faisions signe
A l’étoile errante

Nous aussi, nous sommes montés dans les camions
L’éclat de l’émeraude dans la nuit de nos oliviers… »
Mahmoud Darwich « Anthologie (1992-2005)
Parce que je sors de la lecture de ce petit recueil chez Publie.Net, et que je l’ai goûté : Dominique Sorrente
"Le lendemain. Dans les replis des vases
miroitant au soleil,
les barques attendent.

Autour des pieux, chacun se risque
à découvert,
faisant un tour d’adresse
avec les oiseaux morts
et les poutres aux clous rouillés.
Plus rien n’annonce
les mâchoires blanchies sous la mer,
le vieux pressentiment.

Cordages emmêlés.
Une nuit recommence la dune
."
« Pays sous les continents » http://www.publie.net/tnc/spip.php?article264
Parce qu’elle me parle, et parce qu’un de ses poèmes a été lu dans un après midi de l’Isle-sur-Sorgue, qui est un joli souvenir, où Dominique Sorrente et le Scriptorium assistaient, Angèle Paoli
« dans la mouvance du maquis
les chardons hérissent leurs piques
et toi
tu fixes le taureau à l'arène
banderilles à l'assaut des chairs de sang
insensible aux échos qui emportent ton nom
loin des Chines éternelles
rongé de pierre
cnidaires mauves
piques d'écailles sans calice »
sur Terre de Femmes http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2009/06/murale-v.html
Et puis, parce que j’aime y revenir : Fred Griot
"cargaison d'mer
ça cale à râcle dans l'
ressac

ça brise au clac du vent qui clic
carguez ça va rouille
au clac d'venteux

et les squales font grand les tours
la houle renfe et enfe
et à fond d'calle où ça rouille sec
ça siffe ça suinte
ça bête en coin ça râcle d'face
Fred Griot – « VIA » http://www.publie.net/tnc/spip.php?article210
Pourquoi ceux-là ? Comme ça, et qui s’en inquiète ?