commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
Affichage des articles dont le libellé est exposions. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est exposions. Afficher tous les articles

jeudi, septembre 07, 2023

Retrouver la Collection Lambert 1 sur 5 et atelier


 Parce qu'il y a très et trop longtemps que ne visite plus les expositions Lambert, parce que la plupart dont une que voulais voir pour préparer une éventuelle visite au Palais des papes ferment dans une semaine, parce que surtout j'avais besoin de ne pas rester à ruminer ma détresse (notre détresse) devant l'approfondissement sans fin ni repos d'une aimée (avec la petite honte d'avoir la sensation de lui voler la douleur sienne, et de ne rien pouvoir y faire) m'en suis allée vers l'hôtel de Caumont


et j'en resterai à la première partie de ce qui est exposé au premier étage avec le choc, arrivée sur le beau palier du grand escalier de pénétrer dans le couloir tortueux et encombré du « sas de contamination »de Thomas Hirschhorn, reconstitution d'une œuvre créée pour l'inauguration de la Collection en 2000


Questionnant sans cesse le rôle de l’art dans notre société, Thomas Hirschhorn réalise ici une installation qui s’entend comme une architecture que le spectateur pénètre et éprouve. 

Conçue pour être présentée dès les premières salles du bâtiment, ce couloir fait de métal et de scotch est pensé comme un véritable sas de contamination à l’art. Une multitude d’éléments issus du quotidien y sont accumulés comme le résultat d’une invraisemblable fouille archéologique du monde présent.

Les salles suivantes sont consacrées à un choix de quelques œuvres de la Collection, avec le plaisir des retrouvailles (pour certains ce sont vraiment des familiers) et quelques inconnus de moi. Une petite sélection mienne (reprenant désolée mes préférés souvent montrés) mais en commençant par deux découvertes pour moi (choisies surtout pour cette raison, sourire)

un des dessins de David Shrigley https://davidshrigley.com/


une aquarelle de Marcel Dzama https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Dzama


une des trois belles photos d'Andres Serranno (avec le seul éternel reproche insincère : il rend beau l'horreur)


trois panneaux d'Adam Pendleton de 2004 qui répondent presque littéralement à leur façon au titre de l'exposition « la peinture est morte, vive la peinture »


un grand panneau acrylique sur miroir de 2004 « Stresa #4 » de Bertrand Lavier



et au fond de la galerie une photo de Louise Lawler annonçant le regroupement de plusieurs de ses oeuvres qui constitue, à l'entresol, une charnière avec la suite de cette exposition au rez de chaussée


côté de « Dunce » (plâtre et résine 2010) de Nick van Woert.

J'en reste là pour aujourd'hui mais, au risque d'enquiquiner les derniers lecteurs de Paumée, je recopie ici ma contribution au 5bis de l'atelier de François Bon « Sapo, Sapo, Sapo, Sapo, 4 fois »

Monsieur ou Ducrozet ou Bertrand ou BD

Raoul Delafosse a dit – Ducrozet ou BD comme elles l'appellent... un vieil olivier très civilisé... un taiseux sauf par rafales... vous pouvez avoir confiance s'il vous l'accorde... je l'ai cru résigné à l'oisiveté aimable... il m'a surpris par sa ténacité lente … il est un agréable compagnon...

Guy Dieudonné a dit – ah oui l'ancien associé de Bartholomé Yang... il était distant... non il y avait entre nous une distance que j'ai cru ronger... il était accueillant et discrètement soucieux des autres disent ceux qui se sentaient écartés... il était intouchable pour les radieux comme il devait croire que je l'étais... il souriait et posait barrières... il était courtois et solide comme un mur... il était assez beau et savait être inaperçu...

Julia Gomez a dit – c'est un bon patron dans l'ensemble... il pourrait se suffire à lui-même mais il apprécie que le ménage soit fait plus attentivement un jour sur deux... il aime faire la cuisine et il aime parfois que je la fasse... il est gentil mais se contente de quelques mots... il est normal quoi... nous nous entendons bien

Daniel Formier a dit – Bertrand... avant tout c'est mon ami... depuis si longtemps... avec un large trou dans ce longtemps... nous nous entendons toujours et nous n'avons rien de commun que cette amitié... je ne saurais le décrire.

Codicille – je me demande pourquoi je m'entête à distiller l'ennui avec ces gens, dois être têtue comme Raoul semble le penser de Ducrozet.



mardi, avril 04, 2023

De quelques jours

 


resteront ici, ce soir, après un aller et retour, sous un ciel de pierre bleue et dans un sacré vent joyeux de force moyenne mais assez grande pour emporter petite chose, vers médecin pour qu'il remédie à ses oublis sur une ordonnance me compliquant ainsi un tantinet la remontée que veux assez grande pour repousser l'idée de la maison de fin de vie (ne pas consulter les possibilités locales à la recherche d'un truc vivable sans dépression et surtout abordable financièrement parce que même sans laisser d'adresse mail vous aurez droit ensuite à une inondation de réclames...ce qui a tout de même l'avantage de renforcer le refus de cette éventualité qu'avaient déjà amorcé une lente amélioration du fonctionnement de carcasse et la perspective de se débarrasser de meubles, bidules et surtout de tous les livres accumulés... enfin là partie remise et tant pis pour la pagaille et les bidules abîmés que laisserai)


resteront aussi des traces de samedi dernier,


d'un départ dans l'après-midi au ciel changeant, du nez passé, n'ayant pas le temps ni la force d'aller voir une belle exposition | partie remise | aux Cordeliers dans la chapelle Saint-Michel, place des Corps-Saints, avec la curiosité de voir ce qui se cachait derrière le titre de « rêveries et voyages » avec toujours la gêne en ce lieu d'être seul visiteur sous les yeux de deux personnes derrière une table et avides de discussion...


En fait il s'agissait sans doute d'une exposition à l'initiative de « La Marque du 5 » fabricant/éditeur des carrés de soie, accrochés au fond de la chapelle au dessus des deux bénévoles/gardiens, réalisés d'après certaines des œuvres de deux artistes exposés face à face sur les murs

Carole Gourrat (le titre de l'exposition s'applique surtout à elle), peintre et illustratrice, dont les voyages un peu étranges à la douceur un peu acidulée évoquaient pour moi des panneaux peints pour des cabinets ou salons de musique, non sans charme « Voyager dans des mondes oniriques m’est indispensable, tant dans des contes pour enfants que dans les scènes imaginaires que je crées. » https://carolegourrat.com/

et Matthieu Graffensttaden https://www.lm5.fr/pages/matthieu-graffensttaden (le lire si avez le temps) qui réalise des œuvres à partir de cellules fournies par le commanditaire...


et puis laissant pour un autre jour la contemplation des sculptures montrées aux Célestins m'en suis allée aussi vite que le pouvais vers la place Pie et mon petit-fils carreleur qui devient de plus en plus un homme, fier de son travail, sage mais assez ambitieux pour ne pas se laisser embaucher tout de suite, continuer en alternance jusqu'au BEP et même le concours de meilleur ouvrier de France et d'apprendre ce qu'il faut de gestion, démarchage, comptabilité etc... pour monter plus tard une petite entreprise.. admiration de la photo d'un décor, un piapia sur le monde tel qu'il va et ma grande fierté comme si j'y étais pour quelque chose



samedi, août 28, 2021

escaliers et Yan Pei-Ming dans la grande chapelle

M'en suis allée un peu après dix heures, bras frissonnants dans le mistral, point tant fort puisque ne l'avais pas deviné en regardant l'olivier fou, mais qui s'amusait avec élan sur ma montée depuis le fleuve, jouait avec ma jupe pour me faire trébucher (malicieusement mais sans réussite) et fouettait la lumière et le ciel,

monter vers la place du palais, attendre un bon quart d'heure devant l'entrée en frictionnant mes bras et parlant mistral avec des « étrangers », 

subir en souriant un contrôle pass et un contrôle sac, avant de pénétrer dans la billetterie, et là grougnasser parce que, billet pris, je découvre la dernière lubie de l'organisation qui nous fait ressortir, marcher le long de la façade du palais d'Innocent VI, grimper l'escalier du « palais des congrès » à la jointure des deux palais papaux, à l'angle de l'aile des familiers, pénétrer, grimper un nouvel escalier vers une longue salle, suivre un circuit entre des rubans (suis passée dessous) vers de nouveaux contrôles pass et sacs, assez distraits, 

monter un court escalier pour déboucher en haut de l'escalier descendant dans la cour d'honneur,

longer l'intérieur de l'aile que nous venions de longer de l'extérieur.. je morigénais mes jambes pour leurs plaintes et leur tremblement, leur ai donné raison en rentrant à nouveau dans le groupe de salles de la billetterie pour, audio-guide refusé, ressortir par seconde porte dans la cour.

Là, en vieille avignonnaise qui n'avait ni envie, ni temps, ni force de redécouvrir le circuit, les salles, le cloître, les divers escaliers, le grand Tinel etc..., fixant résolument un sourire sur ma rouspétance, j'ai pris un raccourci... salué le dessous du plateau,


grimpé en savourant mon temps les deux volées de marches tendres du grand escalier, toisé avec plaisir la cour à travers la grande fenêtre comme le faisait le pape, mais sans m'adresser aux quelques membres du peuple présent

regardé, au dessus des jeunes-vieux-mais-pas-tant assis sur le banc du portail, une partie des détails d'icelui parce que je l'aime et que reprenais mon souffle

avant de pénétrer dans la grande chapelle pour découvrir les œuvres que Yan Pei-Ming avaient conçues pour elle (et l'été 2020) et qui ont attendu sagement un an pour être montrées en 2021 (accompagnées d'une rétrospective à la collection Lambert qu'irai voir plus tard)

me tournant d'abord vers l'extrémité ouest où il a installé un grand triptyque : trois grand autoportraits, en artiste, en pape, en homme de la rue (“Je peins des portraits mais je m’intéresse plus à l’humanité qu’à l’individualité.”) au royaume du noir et blanc comme la plupart du temps avec lui et comme à sa grande exposition 2021 (il n'a pas arrêté de peindre pendant la pandémie) à Colmar « au nom du Père »,

au royaume des larges touches qui se rencontrent, se recouvrent, « Quand je suis arrivé en France j’essayais de faire des esquisses, mais souvent l’esquisse était plus vraie que la peinture, alors j’ai supprimé l’esquisse et maintenant je fais l’esquisse dans la peinture, comme ça je peux changer et modifier avec la peinture :  ainsi tous les doutes sont dans la peinture » (émission sur FC) et devant les grand panneaux alignés, la longue prédelle, occupant un côté de la nef, 


me suis autorisée une jouissance perplexe, n'identifiant que le cri de la chauve-souris à droite, et les vols et devant lire un article sur Artpress https://www.artpress.com/2021/06/25/le-chef-doeuvre-du-moment-yan-pei-ming-au-palais-des-papes/ pour préciser mes impressions et apprendre que cet exode tumultueux de chauve-souris est une protestation contre la façon dont l'homme leur a fait supporter la responsabilité de la pandémie aux animaux «  Ce sont les animaux qui sont en exode, s’indigne le peintre. Dernièrement, on a vu quinze éléphants sauvages errer dans la capitale du Yunnan… Maintenant, ce sont les animaux qui cherchent la Terre promise ! »

A l'extrémité est de la grande nef, là où devait être l'autel, entre les deux grandes fenêtres lancéolées, un très grand crucifix (dont le visage à nouveau est un autoportrait) regarde avec souffrance cet exode.


Un petit tour dans la grande sacristie du Révestiaire pour saluer les gisants d'Innocent VI en sa demeure et de trois ou quatre autres papes, sous une fenêtre ornée, je ne sais en quelle occasion, au XVIe siècle des armes de PieV.

Redescendre l'escalier (en prenant temps de saluer un vieil ami)


passer le nez, faire quelque pas, dans la belle Grande Audience de Jean de Loubières et entreprendre la suite de couloirs, escaliers, me menant au labyrinthe de la boutique et trouver enfin la sortie, un mistral presque totalement tombé par bonheur pour embouquer la rue Peyrolerie qu'il aime tant.