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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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jeudi, octobre 01, 2009

Zeus je te pensais grand, malgré tes défauts, ma révérence était toute indulgence, misérablement.

Pour ton calme dans les disputes, lorsque chaque déesse protégeait son héros, fichant la pagaille devant Troie.

Mais je te maudis, maintenant que tu t'es incarné en gouvernements arrogants et paresseux, en égoïsmes nationaux, en zélotes des échanges durement déchaînés, et que tu nous as ravi Europe, pendant que nous, peuples, nous hurlions un temps notre peine, avant de nous détourner de vous, elle et toi, pour vaquer, comme nous le pouvions, abandonnés que nous étions à nos forces.

Alors m'en suis allée, ces soirs ci, de l'autre côté du monde, et après le charme un peu amer (mais capable de me rendre visibles et charmants même les démons) des contes retrouvés dans un abri par Osamu Dazai (« le mont crépitant »), je suis entrée dans « le passage de la nuit » d'Haruki Murakami, les petites phrases courtes, la froideur apparente et décalée des déambulations nocturnes de Mari et de Takahashi, et la naissance de leurs échanges

« - Trois heures du matin. L'heure la plus sombre, la plus difficile. T'as pas sommeil ?

- Pas spécialement, dit Mari.

- J'ai pas dormi des masses hier. J'avais un devoir à finir. Pas évident.

Mari ne dit rien. »

et tout ce qu'ils se disent, les monologues devenant dialogues, pendant que la nuit avance, et qu'ils rencontrent, croisent, parfois sans le savoir, la gérante et les servantes du love-hotel, l'informaticien-client violent (trou dans sa nuit laborieuse), la jeune prostituée blessée et les motocyclistes de la bande des chinois, et que dans leur monde se trouvent des télévisions et des crayons, que l'on retrouve dans l'univers, ou plutôt les, d'Eri, la soeur ainée de Méri, la belle « Blanche-Neige « , la chambre où elle dort profondément, élégamment, et l'autre monde, celui qui est derrière l'écran de la télévision qui s'est allumée toute seule, cette grande pièce vide et très éclairée comme le bureau de l'informaticien, d'où un homme sans visage l'observait, où elle se trouve emportée, où elle se réveille

« Une nouvelle fois, le visage d'Eri frémit. Une contraction épidermique, comme lorsque l'on veut faire fuir un moucheron de notre joue. Puis sa paupière droite tressaille à plusieurs reprises, par intermittence. Une vague mentale s'esquisse. Quelque part dans son esprit assombri, un minuscule fragment entre en résonance avec un autre, tout aussi infime, sans qu'un seul mot soit dit, provoquant des rides concentriques qui vont s'élargissant. Nous observons les étapes de ce processus. Une unité de mesure se constitue de la sorte. Ailleurs se forme une autre unité. Puis un système tout entier. Un système fondamentalement autocognitif. Pour formuler les choses autrement, on dira qu'Eri se dirige pas à pas vers le réveil... »

Et j'ai suivi la dérive de la nuit, celle là où il y a aussi des miroirs qui gardent trace des reflets, et puis les miennes où je les ai quittés pour le sommeil, mais en me réveillant un instant au coeur de la dernière, mercredi à quatre heures, pour, lamentablement, céder à ma soi et boire un peu de thé éventé, annulant mes efforts pour observer douze heures de jeûne (il fut pourtant un temps où j'étais une malade disciplinée, est ce d'être normalement portante ?)

jeudi, août 27, 2009

Paresse, donc très long - en exploration
Quelques nuages et presque de la fraîcheur mercredi matin, (et un orage un peu avant cinq heures, aura-t-il amené le petit peu d’eau qu’espéraient les vignerons pour parfaire le raisin, juste avant les vendanges imminentes ?)
Suis partie en quête d’un journal et d’un nouveau lave-pont, et suis revenue, des heures plus tard, avec un mélange balais-pâtes-livres, où manque « la vengeance du traducteur », non encore paru, remplacé par un petit tas de poches.
Et, paresseusement, longuement, je reprends, en attendant d’y mettre le nez, la première phrase, et un passage de la page 67 de chacun d’eux.

« -Ah ! les voilà.
Le père pose son stylo et se lève…. » (triché)
« La tortue sombra dans les profondeurs. Urashima se ressaisit, étendit les bras, fit un pas en dehors de la passerelle et se sentit agréablement aspiré vers le bas, les joues caressées par une brise rafraîchissante. »
Dazai Osamu « le Mont Crépitant »
« Madrid est plein de garçons nommés Paco (Paco est le diminutif de Francisco) et l’on raconte en ville l’histoire d’un père qui vint à Madrid et fit paraître dans les petites annonces du journal El Liberal les lignes suivantes : « Paco, vient me voir hôtel Montana mardi midi. »..
« Macomber restait là, envahi par une légère sensation de nausée, et ses mains, qui tenaient le Springfield toujours armé, tremblaient ; sa femme et Robert Wilson l’avaient rejoint. »

Ernest Hemingway « la capitale du monde »
« Dans leur petit pavillon de banlieue, les Claxton menaient une vie de la plus haute spiritualité. »…
« Enfin, nous découvrîmes que le seul moyen de communiquer avec nos propriétaires, qui vivaient dans la même maison que nous, était de descendre à Florence et de leur envoyer une lettre recommandée par exprès. »
Aldous Huxley « le jeune Archimède »
« Le téléphone a pu sonner deux fois, Vito savait qu’il ne décrocherait pas »…..
« Hors du circuit des hôtels habituels, le Parc Palace est une résidence calme et retirée, souvent fréquentée par des clients incognito, trop riches et trop puissants de toute façon pour être connus du grand public. »…

Jean Echenoz "Lac"
« « Je peux te prêter mon bras droit pour un soir » dit la fille »…
« C’est vrai. Quand j’essaie de le lire, ça me paraît très cru, et j’ai envie de le laisser de côté, comme un type qui aurait écrit son journal n’importe comment sans rien comprendre à la vie. Les aveux de Saburo Yamabe ne sont que vantardise, je trouve.»
Yasunari Kawabata « La Beauté, tôt vouée à se défaire.
« Décapsule-t-on un œuf, ou quoi, comment nommer l’opération délicate qui consiste à faire sauter le quart supérieur, prétendu supérieur, à l’aide d’une cuiller à café ? »….
« La harde n’était plus très loin ; les ronces s’offrirent à nous accompagner, comment dire non et surtout que prétexter ? Les chevreuils nous échappaient. D’une certaine façon l’ex-Chancelade paya pour eux
. »
Eric Chevillard « Palafox »
« J’ai un doute tout de même. »…
« Il n’y a plus de sens maintenant, mais, maintenant, je sais que la vie n’a aucun sens.
Sous l’impulsion de Montaigne, j’ai aussi repeint le plafond de mon appartement. »….
Vincent Delecroix « La chaussure sur le toit »
«Tu vas avoir quatre-vingt deux ans »….
« Peu après notre emménagement dans la maisonnette, tu as adopté un chat gris tigré qui, visiblement affamé, attendait toujours devant notre porte. Nous l’avons guéri de la gale. »…
André Gorz « Lettre à D. »
« AUJOURD’HUI, NOUS SOMMES LE VENDREDI 5 AOÛT 2005 »…
« Alors que je traverse le petit village de Nea Makri, des personnes âgées installées dans un café en plein air, occupées à boire lentement leur café du matin dans des tasses minuscules, me regardent en silence lorsque je passe à côté d’elles en courant. Comme si elles assistaient à une scène historique pas très brillante. »…

Haruki Murakami « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond »
« Cet incendie du Hilton comme allégorie de la ville, et la ville comme allégorie du monde : où étions-nous, quelle ville, quel monde, qui soudain basculait dans son envers ? » …
« Griserie de ces moments où un livre attrape tout, les rêves de la nuit, les insomnies qu’il provoque, ce qui t’arrive dans la journée et même ce type qui va venir te parler, là, sans que tu ais rien demandé. On marche dans une ville inconnue, et ce qu’on voit répond au livre, l’intègre. »…

François Bon « L’incendie du Hilton »
« Je pars. »….
« Nos vies sont ainsi faites que les livre, lorsqu’ils les affectent, ne les affectent que peu, happées qu’elles sont (nos vies) par mille choses hypnotiques qui nous prennent à leur piège.
Nos vies sont ainsi faites… »

Lydie Salvayre « BW »
Et les deux derniers ne sont pas sans lien, ne serait-ce que par la lecture enthousiaste du second par François Bon.
Mais, pour le moment, je viens de commencer, et j’ai encore envie d’y cheminer, « Le silence des chiens » de Jacques Ancet.
Comme les premières pages, et la présentation sont sur
http://www.publie.net/tnc/spip.php?article259, j’avance dans la longue phrase et je prélève, page 67, ceci :
« . la danse d'ombres sur le mur, plainte aussi, murmure, quelque chose d'indéfinissable, un peu comme le vent, un animal blessé, des pleurs ou, simplement, un son pur de tout sens ouvrant un espace vacant, grisaille lumineuse, écoute, basse lancinante à la racine du silence, tambour muet, rythmant quelle danse, apparitions, disparitions,… »
Et grand pardon vous demande, à vous, et au tas de chemises et jupes à repasser.

dimanche, mars 11, 2007

Velléité ma chère. Entre sommeil et mal-être, les projets que j'avais faits se sont envolés. Et je ne suis pas allée au café Ségolène, ni, peut-être surtout, aux Angles, découvrir "l'atelier du lotus sacré" d'Arlette et ses peintures sinisantes. Et le soir, au lieu de prendre un taxi pour aller écouter du Louise Labbé à la chartreuse, ce fut, en DVD, Juliette des esprits, pour la beauté totale des images et le petit sourire de Giuletta.
Le vent souffle en rafales. Et j'ai redressé moulte fois les pots renversés. Après toute les belles fleurs vues partout, ce que deviennent des plantes quand, les pauvrettes, elles vivent avec moi et sont photographiées par moi.











Chez Dazai, que des journalistes mettent en présence de vagabonds dans un tunnel pour voir ses réactions "mais j'ai tout de même remarqué que presque tous les clochards qui étaient là, dans le noir, couchés dans leur coin, étaient beaux : ils avaient les traits fins et réguliers. Conclusion : quand on est beau, on risque fort de finir comme ça, dans un souterrain.....On s'abîme dans la contemplation de son moi - et ce au mépris de tout avertissement -, et sans même avoir eu le temps de s'en apercevoir, voilà qu'on se retrouve couché au fond d'un souterrain....
.... Or, coucher à même le ciment, rester pieds nus, ils s'en moquent, du moment qu'ils peuvent continuer à fumer. J'imagine que l'homme, ou plutôt l'homme d'aujourd'hui, si bas qu'il tombe, et quand bien même il se retrouverait tout nu, ne peux se passer de fumer." En fait, il s'agit d'une part de choquer les journalistes qui ont voulu l'instrumentaliser, d'autre part de voir ce qui, en eux, est proche de lui, tel qu'il se voit Je m'étais arrêtée là vendredi soir, et j'aime son ironie plus ou moins feinte et son amertume légère.
Eole semble s'être endormi, il n'a plus que des sursauts, faisant grincer la poulie au dessus de la porte de la cuisine.

jeudi, mars 01, 2007

Les jours se suivent, et le ciel d'Avignon varie.
Aveu : j'ai peur - j'ai peur de dire des bétises, par fierté et pour ne pas faire de mal - j'ai peur des gens, de leurs regards et de leurs jugements - mais surtout, j'ai peur des chiens (sauf quand nous sommes arrivés à faire connaissance et devenons amis), et sais que c'est idiot ; avec l'âge j'apprends à ne pas le montrer mais ils le savent.
J'ai découvert dans une nouvelle gentiment ironique de Dazai le chien que je n'étais pas la seule
"J'ai finalement décidé, toutes les fois que je croisais un chien, d'arborer un grand sourire, pour bien lui signifier que je n'avais nulle intention de lui faire du mal. Et le soir, comme mon sourire ne se voyait peut-être pas, je fredonnais innocemment des berceuses, pour montrer que j'étais un humain tout à fait bienveillant. J'ai l'impression que cette stratégie a plus ou moins porté ses fruits. Aucun chien ne m'a encore sauté dessus.... .. Ma propre lâcheté me dégoûte....
Dans mon impuissance à analyser la psychologie canine, et préoccupé comme je l'étais de me concilier les bonnes grâces de tous les chiens que je croisais sur mon chemin - sans penser aux conséquences de mes actes -, je suis arrivé à un résultat qui m'a surpris : ils se sont mis à m'aimer."
et il nous raconte l'histoire d'un petit chien abandonné et d'aspect piteux qu'il adopte, soit-disant à contre coeur. C'est sans doute la nouvelle la plus légère du recueil Cent vues du mont Fuji. Et j'y ai retrouvé la façon dont rituellement, lors de nos picnics de bord de route entre août en Haute-Savoie et le soulagement de retrouver Toulon, j'adoptais un chien de passage qui venait quémander tout ce que Maman sortait du panier et de l'un spécialement touchant qui avait tenté de suivre la voiture (ça m'a tout à fait passé)