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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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mercredi, mai 15, 2024

Mardi

 


Jour négligeable

liquide et sans relief

La vie repliée



Pour échapper dans autre temps, autre lieu, pris « la route de Tokaïdo » que publia sur son blog Francis Royo (pour ce passage le 25 septembre 2013 - archives qui m’ont été envoyées, que l’on peut trouver également  qu’ils en soient remerciés sur relire.net ) et caressé son souvenir

Hodogaya

sur le pont de Shinmachi  

quoi  

s’éveille


un oiseau   

son onde   

au coeur 

son vol


que chante  

la flûte du  Komusõ 

sinon

sourire pale  

masqué


quoi pleure   

entre deux sabres  

tendus


genou plié   

en terre   

ventre ouvert du   

vent


quoi se lève parmi   

les bambous fidèles  

 sinon

la chair immense   

infinie

voyageuse   

éternelle  

du

rien   

mardi, mars 29, 2016

D'un billet abandonné et de l'amitié


J'avais commencé un billet en parlant platement du ciel, au dessus de la cour, qui ne pleurait plus ce matin, qui avait eu un moment de lumière, m'avait offert un peu de bleu faible et puis s'était voilé pudiquement. Et je pensais reprendre la réponse qu'avais faite à la dernière proposition d'écriture de François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4315
Mais, au moment où je partais vers la place de l'horloge, la Civette, il y a eu ce billet sur Contrepoint, le blog co-tenu par Claudine Sales et Francis Royo, http://contrepoint.co/2016/03/28/epilogue/ et la peine est revenue, avec, cette fois, le besoin et la possibilité de la dire.
De dire ce manque, même si nous nous y attendions mais sans vouloir y croire, égoïstement confiants en sa force contre la maladie, ce manque qui m'avait envahie, avec une profonde insistance qui m'a presque surprise, en apprenant que la lutte était finie, manque de sa délicatesse, de sa justesse, de sa présence sur twitter chaque matin, il n'y a pas si longtemps, et, zut bien entendu ce n'était qu'amitié virtuelle, dira-t-on, mais vous jure qu'elle était vraie en ce qui me concerne et j'ai l'audace de croire qu'il la partageait un peu.
Alors me suis replongée dans Analogos http://analogos.fr puisque, au moins pour un temps, il nous reste l'accès à sa poésie, sa pensée, et je vous invite, si vous n'êtes pas des habitués, à le lire, faire lire.
Voulais faire un petit florilège, mais ce sera pour une autre fois.
Me borne à reprendre, en contrepoint de ces arbres sur ciel tristounet, pris en grimpant la côte, en pensant à lui
l'arbre fier, dru, sur un ciel plein de lumière qui est une de ses dernières photos sur son compte Facebook
Me borne à son dernier billet, publié le 9 mars dernier, dans Dire
ce grain

devenu si léger

m’affranchit de tous les nuages

saison vive

et à l'hommage de petites fleurs rencontrées en chemin.
Oh, et puis, avant de vous laisser découvrir, ou redécouvrir, toutes les facettes qu'il nous montrait, juste :
dans l'arrache-coeur, le 17 décembre 2014
jusqu’à ma paupière noircie

monde hideux


tu n’arracheras pas ma lumière

PS

finalement, en fin de journée, ai remplacé, sur http://brigetoun.wordpress.com, la lecture du passage d'un roman que venais de finir, par celle de quelques phrases et poèmes notés un peu au hasard au fil de mon errance dans Analogos.


mercredi, mars 23, 2016

En suivant les étapes

Un billet que j'ai hésité à continuer

Parce que, malgré le ciel bleu inattendu que nous offrait ce matin un petit coup de balai trop frais, mon humeur était au retrait, et que m'est venue l'envie d'un dépaysement, d'un trajet immobile en très bonne compagnie, 
et que j'ai entrepris de suivre, à travers les mots de Francis Royo, leur force d'évocation et leur élégance, les étapes du Tokaïdo http://analogos.fr/spip.php?page=rubriquechrono&id_rubrique=14 depuis le départ d'Edo, du pont sur le Nihonbashi (pont Nihonbashi à l'aube – Hiroshige via Wikipedia)
A l’aube

sur le Nihonbashi

le silence s’accorde

à la grammaire des saisons

aucun pas

n’asséchera le fleuve

qui visite

les tombes
et le vent
tendrement

emporte le parfum

de nos cérémonies
(Sesshu – 15ème siècle)
à Fujisawa (6ème relais)
du temple Yugyôji

l’œil mi-clos du moine Ippen

cueille

aux pentes profondes

vers la mer

toutes nos larmes

au vent

tombées

pluie secrète

midi d’aveugles

toute la lumière est passée

par

le

torii
ai délaissé un moment la route pour sortir dans Avignon
en rentrant ai vaqué un peu en écoutant France Musique, jusqu'au choc éprouvé en entendant, avec retard, que l'horreur avait frappé Bruxelles, et en cuisinant – oreilles pendues à France Info -, en déjeunant, me disais que devais abandonner mon idée de parler de cette route à travers les poèmes du montois Francis Royo, de peur de l'instrumentaliser...
et puis finalement, gardant en tête la douleur des belges, ai repris, avec des arrêts pensifs ou des retours à l'actualité, le chemin (découverte de cette possibilité que donne le site de le suivre dans l'ordre des relais ce que je vous souhaite) de rivière en pinèdes à l’avancée virile, en montagnes, vague rocheuse, et bords de mer, rizières froides de Hamamatsu ou respiration du fleuve bleu, sous la lumière et dans le vent, la brume (à ne plus marcher prier
qu’aveuglés de fantômes), de chants de grives à l'écho des gongs, le chant qui nous porte encore, la musique des voiles, le chant perdu du shimazen, en passant devant la pierre qui pleure la nuit, du goût de l'eau fraiche en dose suffisante d'opium, vapeur du thé ou gâteaux de Futakawa
(gravure d'après Hokusaï)
et puis ai quitté un peu à regret cette compagnie que j'aimais tant (et mes incursions sur les life), pour me préparer à aller entendre, en attente distante, un opéra que n'aurais sans doute pas choisi s'il n'avait été programmé ce soir (et ce sentiment d'irréalité, ce désir aussi de beauté, m'a fait trouver un certain charme à la gentille musique de Lakmé - avec une très jeune et belle interprète), quand suis arrivée à Akazaka
le parfum sous le palmier

entêtant velouté

de l’opium

aux bains mêlé à l’indigo des soies

tsutsugaki

à peine soulevé de vent

caresse 

nuit tombée portes ouvertes

les peaux fortes

reposées

Akasaka tranquille

où les pas suspendus 

des geishas lentement

oeuvrent soleil intact

au mouvement des ailes

oiseaux purs

paupières déjà

sur le chemin

jeudi, septembre 19, 2013

Ce fut mercredi


Ce fut, mercredi, un réveil calculant ce qui m'était possible, petits soucis éclairés par la certitude que j'étais une privilégiée, que la petite gêne actuelle était passagère, que cette nécessité de compter me ramenait pour quelques jours à ma jeunesse, qu'elle était, d'ailleurs, extrêmement relative, et que cette fin de mois n'était pas tellement inférieure au mois complet des plus démunies, nombreuses, de mes consoeurs retraitées.

Air doux où rode l'automne - un ciel à grandes trouées de lumière

et froncements cotonneux...

les bras nus mais dans une veste de coton, les mollets un peu pincés, le visage qui s'éveillait à chaque contact du soleil
et les yeux saisis avec une évidence renouvelée par le scintillement des dalles, de la rue, d'une flaque éblouissantes.

Ai fait provision de patates terreuses à belle chair farineuse, par goût et pour leur coût,

négligé les tomates sophistiquées pour la belle maturité de tomates locales, nommées platement tomates, ai regardé les superbes cèpes, les légumes miniaturisés, les fleurs de courgette, acheté une tranche de courge, des navets et un gros concombre - quant aux cocos, me suis bornée à un salut, les aime modérément et me sont interdits -

et parmi les poissons de plus ou moins nobles espèces, me suis contentée d'un filet de lieu et de deux petits maquereaux – y ai ajouté un petit fromage de chèvre frais sans pedigree, un quart de Langres, des cigares (ne devrais pas) et le Canard

et m'en suis revenue.
Place de l'horloge, pour le plaisir, une photo d'une terrasse, maintenant presque déserte, et des fauteuils luisant sous les rayons filtrés du soleil, avant le clin d'oeil soudain de la lecture de la Bribe du jour chez Francis Royo http://analogos.org/2013/09/18/bribes-6-6/
le cri blanc du soleil

sous l’impeccable lame de l’automne

et l’acier éblouissant qui murmure.....

vendredi, mai 31, 2013

Dehors, dedans, dehors/dedans


La ville était bleue, gente, parcourue d'une fine brise,

affairée, un peu, nonchalante aussi – et j'allais acheter un nouveau fer (manie de le poser à des endroits peu recommandables)

la lumière glissait sur les façades, les caressait, les ombres creusaient, dessinaient

dedans, dans l'antre, dans un intérieur indécis ou dans son moi
Brigetoun était dans l'autodénigrement, ou le constat de son peu
Brigetoun a lu, a aimé, ne dirai quoi – risque de courtisanerie
Brigetoun était mal, un peu, se moquait d'elle, un peu

dans le dehors de l'antre, les roses étaient tant épanouies qu'annonçaient le matin leur mort prochaine, étaient le soir des choux au bord de la flétrissure, coeurs à nu
dans le dehors de l'antre, dans le soleil qui la baignait, Brigetoun a eu envie de se donner le plaisir de l'admiration
admiration nostalgie pour deux séries qui se sont achevées, et qui tant étaient belles ou spirituelles

le plaisir de suivre
et tant d'autres (mais voulais me limiter aux séries)
Le frais et la pluie sont venus dans l'après-midi.

vendredi, avril 12, 2013

Par les rues


sous moutons gris semés dans ciel bleu, m'en suis allée vers les halles, manteau ouvert, pensant printemps,

pensant fleurs, pensant vie, pensant tendresse, pour encourager mes jambes qui refusaient (douleur reins, mains gourdes, c'était un mauvais jour que refusais)

ai chargé couffin de légumes de saison, d'une chayotte un peu âgée, des derniers petits navets, de joues de morue, de cabillaud, grosses gambas et d'une toute toute petite limande

ai choisi un Langres près de l'abandon, salué le comité de surveillance multi-racial, ajouté un sac plein de bintjes, pompadours et grenailles, et suis rentrée couci-couça, sourire sur lèvres

ai rencontré féminité (et mes yeux ont envoyé désir à mes mains qui ont confirmé à ma peau le délice ronronnant du contact sur elle du crêpe du chemisier,... et mes yeux ont refusé à cause de la dentelle mécanique et surtout de la taille qui ne me convenait pas... le reste devait rester secret ou n'allait ni à mon style ni à mon âge)

ai même rencontré une femme imprimée avec tags - dandysme contemporain

suis redescendue vers l'antre sous un ciel qui chantait le printemps.
Ai vaqué, ai tenté vitamines et magnésium, ai dormi, ai baguenaudé, le soir est venu quand ne l'attendais plus.
Les liens du jour, au hasard ou presque, ou prétendument au hasard
http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1499 deux fois en ville et Manganelli, lire François Bon, et avoir désir de découvrir un auteur
http://doha75.wordpress.com/2013/04/11/pluie-bulles-et-pellicule-2/ marcher entre Stalingrad et la porte menant au dernier Soderbergh, dans une humidité qui me dit loisir et Paris, et revenir avec Dominique Hasselmann qui pense à l'actrice
http://xn--chatperch-p1a2i.net/spip/spip.php?article511 tu dis 5ème d'une liste que je suis chez Michel Brosseau comme ses pertinentes injonctions
http://analogos.org/2013/04/11/bribes-5-1/ une des trop rares et belles bribes de Francis Royo
Langage oui

mais avec qui...

et puis ai commencé à me promener, à lire un peu, à retrouver, à inventorier, sur le tiers-livre premium pour inaugurer mon abonnement http://www.publie.net/fr/ebook/9782814507302 (recommandé)
que ce jour vous reçoive aimablement.