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vendredi, décembre 20, 2013
Un presque jour
mardi, avril 10, 2012
Des couleurs et du détournement d'une proposition d'écriture
mardi, février 01, 2011
Air piquant sur le gras des joues, mais ciel qui se dégageait ce matin, quand j'ai forcé carcasse à s'ébranler, charrier deux grands sacs de papier et cartons et un petit de bocaux divers et nombreux jusqu'au rempart.

Et j'ai continué, remontant régulièrement mes bottes qui tombaient décidément encore plus de sommeil que moi, vers la pharmacie, pendant que le bleu fragmentait de plus en plus les moutons blancs, en photographiant quelques uns des murs souffrant depuis siècles sur mon chemin, parce que voulais une photo de pierres pour un éventuel (pas certaine, je trouvais le contenu mauvais ce matin) petit recueil à proposer à Oeuvres ouvertes. (et quelques photos témoins de cette sortie vont me servir de ponctuation).

parce que, au risque de dilater mon ego envahissant, Laurent Margantin, qui avait déjà eu la gentillesse de reprendre des petits textes issus d'ateliers ou du convoi, m'a demandé si je n'avais rien pour son infatigable mise en ligne d'e-books gratuits (acceptant ainsi de descendre des marches par rapport au reste du catalogue, http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article798 où je ne figure d'ailleurs pas et où le butinage est hautement recommandable) et que, un peu ahurie, un peu perplexe, je lui ai proposé un petit rassemblement fait à l'initiative de Nicolas Vasse, il y a près de deux ans –(retrouvé d'ailleurs cela que j'avais oublié http://levivier.wordpress.com/brindilles-brigitte-celerier/ ) et que lundi matin ai vu arriver sur son site http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article827
et j'en étais toute contente, au point de chercher dans les moments où carcasse me voulait du bien, ou ma perplexité devant les textes qui s'offraient à moi était trop grande pour que j'ouvre un fichier plutôt qu'un autre, de quoi tenter d'autres regroupements de mes ouvrages de dame, au moins pour ma gouverne, avant, pour trouver vrai plaisir, de feuilleter livres et faire collecte, un peu au hasard, plus ou moins faux :
« Il y aura toujours dans mon oeil cependant
une invisible rose de regret
comme quand au-dessus d'un lac
a passé l'ombre d'un oiseau » Philippe Jaccottet « champ d'octobre »
« O le blé vert dans une terre qui n'a pas encore sué, qui n'a fait que grelotter ! À distance heureuse des soleils précipités des fins de vie. Rasant sous la longue nuit. Abreuvé d'eau sur sa lumineuse couleur. Pour garde et pour viatique deux poignards de chevet : l'alouette, l'oiseau qui se pose, le corbeau, l'esprit qui se grave. » René Char « dans la nuit giboyeuse »
« depuis tant d'eau depuis tout
le sol et l'air et les arbres
je marche immobile d'odeurs
le soleil dans une main une
nuit dans l'autre en équilibre.. » Henri Meschonnic « puisque je suis ce buisson »
«on espère parfois un
nuage qui s'émeut au désastre, ou bien c'est lui que la
Déesse-aux-Yeux-Fermés envoie, il remonte le drap
subtil, souffle le divin songe, une sorte d'oubli, trois
pétales soyeux d'oubli qui réveillent la langue » Hélène Sanguinetti « une pie » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814502932/une-pie
« nous n'atteindrons jamais le pays du silence
où les arbres craquent avec le vent
où la nuit tombe
sur la blancheur des pierres » - Jacques Ancet « la ligne de crête »
« avec le premier lancer de couleur de la nuit sur la plaine, nous sommes arrivés à une cabane qui allait nous accueillir pour la nuit.
J’observais ce soir-là la lune qui montait sur l’horizon, assis sur un petit banc, dehors, contre le mur de pierre. adossé à la surface tiède, je regardais, j’écoutais la fraîcheur et la nuit se diffuser dans les choses et les gens après la forge du soleil. » Fred Griot « Visions » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814500822/visions
« Le monde est un vaste pays inconnu que l'on contemple depuis les terrasses. On choisis les chambre avec vue, celles qui donnent sur la mer, même si l'on sait que la mer ne se donne pas. On l'entend crier derrière les volets : elle est la gorge de la nuit, la voix de ce qui ne parle pas, la récitation muette des lointains, la causerie assourdie du silence, une belle alliance de mots posés comme un emplâtre sur le vide de la langue... » Jean-Michel Maulpoix « une histoire de bleu »
« Bonne écurie de l'aube
repos des arbres qui peignent le crin des nuages
boirai-je ton grand seau d'eau fraîche
sous le soleil chargé d'épis à pleins râteaux. ? » Michel Leiris « haut-mal »
et puis, intruse, j'ose
« ciel qui se décolore ;
lumière gris bleue sur nous ;
les arbres s’unissent dans la nuit ;
nuages en débandade
non pas gris mais sans couleur
eux qui accrochent pourtant
les derniers rayons pour se sculpter
d’éclairs blancs ;
on regarde sans penser ;
on frémit un peu du frais ;
on se retire. » Brigitte
jeudi, juin 17, 2010
Beaucoup trop long pillage (résultat de ma paresse) - fuyez

Mardi à Draguignan les voitures flottaient dans les rues, mardi on s'y noyait. Nous nous sommes contentés d'une pluie tenace, parfois forte à gronder en cascade dans la descente contre le mur de ma chambre, mais sans véritable force, simplement omniprésente, obsédante, ennuyeuse et non-acceptée. Et un train de 640 italiens, dont 200 malades, rentrant de Lourdes, est resté abrité, dans la gare centrale, le soir et toute la nuit, en attendant que s'atténuent les malheurs des varois (photo Vaucluse-matin)
Pour me rendre la rendre aimable cette sacrée pluie, d'autant qu'elle fut absente mercredi, en notre presque nord, je l'ai cherchée, un peu, allant aux premiers souvenirs qui s'imposaient, dans mes lectures, en rentrant d'une petite incursion dans les rues, où, dans ma sotte maussaderie, plus ou moins délibérément, je ne fixais que touristes à l'élégance très relative et nos petites déchéances (ce qui m'a rendu l'humeur plus douce parce que je les aime)
pour une pluie qui ouvre un récit apocalyptique de vallées inondées
«Dieu sauveur ! Il ne fallait rien dire contre le nuage, ni contre la pluie, ni contre le soir. Le nuage était là-haut dessus et la pluie n'était pas si forte que ça pour empêcher de voir à travers. Elle n'était pas serrée du tout. Elle était bien éclaircie, au contraire, cette pluie qui ne tombait pas en taillis, mais se dressait comme une futaie avec des arbres d'eau, à travers leurs avenues bleues, drus et droits qui laissaient bien voir. Rien qu'en bougeant un peu la tête de droite à gauche. Pendant que les grandes ombres marchaient sur ce plomb mou, poussant devant elles des rides qui élargissaient de grands cercles...»
Giono «Batailles dans la montagne»
pour une pluie urbaine
«cela continuait à légèrement précipiter dehors, les gouttelettes de pluie se fixaient immobiles sur les glaces, éparses, il leur fallait se mettre à plusieurs, se syndiquer en une grosse goutte pour gaiement dévaler ensemble le pare-brise au verso duquel, à l'intérieur de la voiture, mes gouttelettes de buée s'associaient dans le même but Il arrivait que deux gouttes de différente nature dévalent en même temps, étreintes de part et d'autre de la vitre et paraissant la scier.»
Jean Echenoz «Lac»

pour une colère devant notre pluie confortable
«Ici on ne supporte pas que des personnes à ce point démunies qu'elles doivent dormir dans la rue, que ces personnes sans logement, prennent refuge dans cette pente qui sans doute les met tout juste à l'abri du vent et de la pluie. Alors on prend des mesures, on vote, et on construit, on construit, à l'économie, des blocs de parpaings et on les assemble de telle sorte qu'il soit absolument impossible de s'allonger d'aucune façon que ce soit...»
Philippe De Jonckeere «Désordre, un journal» http://www.publie.net/tnc/spip.php?article12 (là c'est en étendant ma recherche après la dernière citation, ci-dessous, de Nathalie Riera)

et puis, pour atteindre sa douceur
«Je me réveille il pleut. Le vent te pénètre, Douve, lande résineuse endormie près de moi. Je suis sur une terrasse, dans un trou de la mort. De grands chiens de feuillages tremblent.»
Yves Bonnefoy «Du mouvement et de l'immobilité de Douve»
ou
«De tout temps j'ai aimé sur un chemin de terre la proximité d'un filet d'eau tombé du ciel qui vient et va se chassant seul et la tendre gaucherie de l'herbe médiane qu'une charge de pierre arrête comme un revers obscur met fin à la pensée».
René Char «Le Nu perdu»
«on attend la pluie et
quand elle
tombe
on ne rentre pas on ne
sait pas danser
mais on danserait bien en
vérité on ne sait pas
grand chose sur grand chose
juste qu'on voudrait
bien danser sous la pluie»
Sophie G. Lucas
trouvé ce matin dans http://www.mphn.fr/php_livrets/livrets_2007/38.pdf sur l'indication de ne sais plus qui.
une pluie que je sens, que j'adopte, que j'aimerais mienne, qui le pourrait`(euh pas pendant le Festival, et avec pas de côté pour variances),
«Elle aime surtout la pluie d'été.
La pluie tiède et grise qui tombe en longues raies obliques sur la mer. Celle qui mouille à peine et dont on n'entend pas la voix. Elle ne cherche pas d'abri pour la fuir, mais lui tend son visage. À cause de sa douceur, elle sait, elle sent qu'elle existe. La pluie, dit-elle, lui fait don d'elle même, ou lui rappelle ce côté tendre et méconnu de soi, ce libre mouvement de chute monotone, et cette sorte d'ondée légère qu'elle n'est plus...»
Jean-Michel Maulpoix «Une histoire de bleu»
et comme Nathalie Riera, sa maison, ses livres, son ordinateur ont joué les sous-marins, comme pour l'aider, un peu, Publie.net a remis sur la première page du site son beau texte «Clairvision», http://www.publie.net/tnc/spip.php?article274 ,je l'ouvre à une page où j'avais laissé un signe (et c'est vrai..)
«La pluie sait garder secret ses éclairs ne pas tarir les ombres
nous émeut la fraîcheur
ce qui nous est doux
et quand il y va de l'étincelle
envie de vous»
(blogger bouffe la mise en page)
et puis en levant les yeux, pendant ma marche, le gris, sans pluie, était adouci par des branches, des trouées,
et puis dans l'après midi les éclaircies se sont faites longues, longues à ne plus cesser (pauvrets du sud).
Pour continuer une petite gazette fragmentaire d'Avignon, des cyprès sont abattus pour faire place à une extension du stade, puisque nous avons la joie d'avoir une vraie belle équipe de foot en partage avec Arles, le Miffel (salon des fruits et légumes) nous quitte parce que sommes pas assez gros et riches, nous avons une fête des bonbons, un village marocain que je devrais aller voir et plein d'autres choses plus ou moins gaies, et le programme du off est en ligne mais le site souffre de trop de désirs (près de 1000 spectacles - une fois encore je risque de n'avoir pas temps et tonus pour en profiter, et de me limiter au beau programme de Théâtre des Halles http://www.theatredeshalles.com/LES-SPECTACLES/ete/ ) et je n'ai pas fait mon repassage
samedi, juin 13, 2009
Parfois il pleut sur les rosiers grimpants accrochés le long du quai à des fils de fer où de grasses gouttes luisantes sont suspendues, se détachent les unes après les autres, et s'écrasent parmi les cailloux."
idée d'Hababuk le libraire (http://habakuk.fr ) à partir de laquelle je m'étais promis de délirer ou de rêver - ce que je ne ferai pas là, parce que :
- le sommeil du boa
- le sol à laver et pas envie
- du repassage et déterminer ce que j'emmène demain matin pour le mariage toulonnais en tenant le moins de place possible (cela s'annonce mal entre cadeau et chapeau gigantesque et incongru, j'avais oublié qu'il s'agissait d'un mariage citadin, et d'une charmante enfant éprise de discrétion et simplicité).
Et donc, je sais où je pars, et je suis heureuse de retrouver de très beaux, chers, intelligents (mes pieds en dedans) jeunes adultes et mes dignes contemporains, la rade vue d'en face etc..... et malgré cela désireuse de revenir vite pour acheter les places que les avignonnais m'auront laissées (aux occupations que je retarde, je dois ajouter la liste à dresser et le planning à mettre au point)
Et il faudrait que ce soit un train comme on n'en a plus, qui franchisse des plaines, des fleuves, des frontières, des déclinaisons locales de cette fichue civilisation officiellement uniforme, mais en prenant son temps, en s'arrêtant, et je me pencherais, accrochée aux barres et un pied flottant au dessus du quai, en tentant de deviner quelque chose de la ville à travers l'aspect neutre de la gare, encombrée, vivante, mais sans rapport obligatoire avec ce qui l'entoure, puis je devrais remonter ou descendre sur le quai, pour tenir compte de l'impatience des voyageurs arrivés ou futurs devant l'encombrement que je serais pour eux.
Nous repartirions, et je verrais des maisons venir vers moi, et s'en aller, déformées par l'angle que la vision contrainte que j'en aurais leur ferait subir, des champs, une lumière décolorante à travers les vitres sales ou des gouttes de pluie pressées pour trouver le paysage merveilleusement indistinct, noyé, et jouir d'être dans une boite sèche.
J'irais peut-être errer le long des cargos, et regarder les hommes et les grues, avec l'impression d'un vêtement à ma taille. Le soir je chercherais où dormir.
Et boudiou ! au boulot !
suis allée assister à 'Celtic Legends" à l'opéra, avec une légère crainte que ce soit vraiment très "Holiday on ice", et c'était le cas - mais avec un superbe entrain professionnel et plutôt agréable. A vrai dire, des lumières hideuses de show télévisé, de bons musiciens mais, à part deux ballades en anglais, dès que la cornemuse ou le violon se laissaient aller à s'alanguir ou rêver superbement, le public, qui avait été invité à se manifester par des cris fort peu celtiques (si j'en juge par l'original fourni) et des claquements de mains enthousiastes et approximatifs, les rappelaient à l'ordre. Des interventions de charmants danseurs agiles, en costumes assortis aux lumières, seulement : une gigue j'admire, deux je tapote du pied en souriant avec sympathie, trois oui c'est bien, quatre bon ça va comme ça. Je suis partie encore relativement de bonne humeur au bout de trois quart d'heures.vendredi, juin 12, 2009
Il lui semble parfois qu’elle palpite : elle devient plus vaste, puis plus petite ; elle change de couleurs, se couvre de gravures, de portraits, de bouquets de fleurs, puis d’un seul coup se vide, comme si elle éprouvait soudain le besoin de se délivrer de tout, de se rendre inhabitable et pure.
…..
Quand le corps de la chambre le refuse, il lui faut en inventer d’autres, plus petites, en posant sur la table un monceau de feuilles blanches. »
La chambre qui est une partie des « portraits d’un éphémère » de Jean-Michel Maulpoix.
Ce balcon qui n’en est qu’au début de sa parure estivale, qui devient chaque année une jungle, est il un salut à la rue, un ornement, et un sourire qui nous est dédié, ou une protection, un rempart contre les regards et le bruit de la circulation, placé qu’il est au départ d’un des axes de la ville ?
Et en marchant vers lui, détournant les yeux de la flèche de Saint Pierre pour traverser, en passant sous lui, je savoure l’avancée de la végétation et j’imagine une vie aisée, avec une indiscrète, vague et furtive interrogation sur ce qu’elle est, sur ce qui occupe les pièces derrière les portes-fenêtres, la présence de livres, de couleurs, ou d’ascèse, de convention et de fantaisie sur commande, de meubles d’acier ou de bois, de canapés ostentatoires ou de strates d’objets, musiques, tissus et livres s’épanouissant en pagaille, comme secrétés par la vie qui s’y abrite.









