émission où j'ai cueilli ce passage d'un des chants
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vendredi, mai 01, 2015
Poètes en rude vie
émission où j'ai cueilli ce passage d'un des chants
mardi, mai 01, 2007
La tâche de lueur s’est intensifiée légèrement pendant que je fermais les yeux, et une promesse de lumière y filtre insensiblement. L’air devient un peu laiteux.
Mes draps collent, m’enserrent. Et, en même temps, comme toujours à ces heures là, je frissonne.
Mon corps anticipe et craint la chaleur qui semble vouloir revenir, qui cet après-midi me frappera à travers la fenêtre, transformant mon lit en serre. Le prix à payer pour le privilège d’être plus près du ciel, ou de sa vision, pouvoir m’y abstraire.
Pour le moment nous flottons dans l’entre-deux, le silence se peuplant très graduellement. Je tourne la tête parce que la porte s’est ouverte
.
Mon infirmière de nuit préférée a vu par le hublot que j’étais éveillée ; elle entre pour un dernier bavardage. Nous parlons du trajet qui l’attend, pour retrouver son fils, de l’éventualité que le jour m’amène cette décision que j’attends : la suppression de la sonde stomacale.
Mais, malgré notre ton léger, ma mauvaise humeur persiste – et je grommelle « quelle… idiotie. Qu’a-t-il voulu dire ? »
« Quoi ? » - je montre le faux panneau faussement brodé au point de croix qui a atterri, on ne sait comment, sur le mur, et la légende « j’ai embrassé l’aube d’été ».
« Je ne sais pas, il paraît que c’est du Rimbaud »
Et je pense que cela sera jugé morbide, complaisant et assez gênant. Mais tant pis dans le trou des blogs je garde, et, si je suis parfois aussi bas que cette plante j’ai, par chance ou non, ses qualités.
Dans l'après midi j'ai rencontré ces vers d'Adonis : Je me suis lavé les mains de ma vie/ fragile comme un papillon/ j'ai réconcilié l'éternité et l'éphémère/ pour déserter les jours, pour accueillir les jours,/ les pétrir comme du pain, les purifier des rouilles/ de l'histoire et de la parole,/ pour me glisser dans leurs châles/ comme une chaleur ou un symbole...
lundi, août 28, 2006
deux des photos-cadeaux reçues de ma petite soeur hier soiret un dessin fougueux d'un très jeune artiste rencontré à Toulon.
Le dessin veut illustrer ma contribution à
http://coitus.impromptus.free.fr/dotclear/ : "une bouteille dans le sable.
la première photo nous reliant toutes deux, la seconde exprimant mon narcissisme.La 2cv finit de hoqueter sur les cailloux du chemin et s'arrête dans la pinède, derrière la maison de pèche. Mathilde descend les paniers et entre dans la première pièce. Jean sourit en se relevant : il a allumé du feu dans la cheminée. j'amène des pommes de pin, je propose mon aide, mais on me renvoie :
"C'est ton premier jour, profites en" - dehors le sol est souple, des taches de soleil caressent les épines et la terre blanche. Je dégringole la petite pente en prenant dans les yeux la grande ouverture sur la mer - la plage s'étend à droite vers la pointe de l'Estagnol, à cinq cents mètres à peu près, et de l'autre coté immensément avant la petite pointe plate qui limite la plage de la propriété voisine et, après un feston, là bas, le fort. Le sable est doux mais chaud - je pose mes tatanes et le tas de serviettes, prises en brasse dans la voiture, devant les portes fermées du hangar à bateau, et j'avance vers l'eau.Étonnement chaque fois de cette faible pente - je marche, l'eau verte freinant mes mollets, les yeux plissés vers le large et le soleil. Un peu sous l'horizon, les deux masses noires, parce qu'à contre-jour, de Porquerolles et Port-Cros ou le Levant. Je marche toujours sur le sable ridé très clair et, si je baisse les yeux, je vois mes jambes en raccourci, élargies, déformées par le reflet de la surface. Peu à peu, très lentement, ça n'en finit pas, je rentre dans l'eau. Je grogne un peu, elle est fraîche, elle m'entoure, glisse le long de mes bras et de mes jambes. Je nageotte un peu.
Des voix - je tourne la tête vers la droite, les trois Beausant arrivent de la petite maison en suivant la plage.
Nous nous retrouvons dans la flaque d'ombre sous un pin, en surplomb, à droite de la maison de pèche. Marie sort avec un panier de petites tomates et une salière - elle nous crie de regarder :
une voile émerge de la pointe de l'Estagnol. Ce sont les garçons qui rentrent de Cabasson.
Jean descend avec une seconde bouteille qu'il cale dans le sable humide à coté de la première.
En émergeant de sa robe, Marie annonce : "j'ai juste un rôti froid et des pommes de terre sous la cendre - la flemme - j'espère qu'ils amènent des moules..." et Jean : "avec du vin jeune, le bonheur après le bain. Vous verrez il est pas mal ; je pense qu'il sera bon dans quelques années" et nous allons nager un peu en les attendant.
Entre autres défauts (trop vite, ma fille et maintenant trop tard) : deux pointes et deux plages en une phrase. et Cabasson déménagé.
Et après cette pauvre chose, la beauté de ces vers dont j'ai eu la confirmation, sur le blog de François Bon où je les ai trouvés "tierslivre.net" (la page du dimanche) qu'ils sont d'Adonis :
Et j'ai dit, voici notre feu, voici l'emblème de la fraternité,
ce temps décharné est pareil à la corne d'un taureau
qui meurt, et la prophétie -
ô pauvres de ce monde, la prophétie est pauvreté,
pauvreté avec l'espace pour commencement.








